Laser à cascade quantique

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Le laser à cascade quantique (abrégé en QCL pour Quantum Cascade Laser) est un laser à semi-conducteur, pouvant émettre de l'infra-rouge moyen à l'infra-rouge lointain dont le principe d’émission par cascade quantique a été initialement proposé par R.F. Kazarino et R.A. Sursis en 1971[1], mais qui a été réellement mis en œuvre pour la première aux Laboratoires Bell en 1994 par Jerome Faist (en), Federico Capasso, Deborah Sivco, Carlo Sirtori, Albert Hutchinson, et Alfred Cho[2].

Contrairement aux autres lasers à semi-conducteur, de type diode laser dont la radiation électromagnétique provient d'un recombinaison paire électron-trou à travers le gap (transition inter-bandes), les QCLs sont unipolaires et l'émission laser est obtenue par transition inter-sous-bande d'une structure à confinement quantique, un puits quantique. De plus, le composé est constitué d'une multitude d'hétérostrucutures à la suite, permettant de « recycler » les électrons, et d'avoir ainsi des rendements quantiques supérieurs à 1.

Principe d'émission[modifier | modifier le code]

Transition inter-bandes dans un laser à semi-conducteur conventionnel : l'électron dans la bande de conduction perd de l'énergie (égale à celle de la bande interdite) en retournant dans la bande de valence (« recombinaison électron-trou ») en émettant un unique photon d'énergie équivalente.

Dans le cadre de la théorie des bandes, la structure électronique d'un semi-conducteur classique (« bulk ») est constituée notamment deux bandes d'énergies continues dans laquelle les électrons de valence se situent :

Ces deux bandes sont séparées par une bande vide où aucun électron ne peut se situer, appelée bande interdite ou « gap », dont la « taille » ( = l'énergie) dépend directement de la nature du semi-conducteur. Un laser à semi-conducteur utilise cette structure pour émettre des photons qui ont une énergie équivalente à celle du gap : un électron de la bande de conduction va se recombiner avec un trou de la bande de valence (ou plus simplement il va perdre de l'énergie en retournant dans la bande de valence) et par ce fait émettre un photon d'énergie équivalente. On parle dans ce cas d'émission par transition inter-bandes. Outre le fait qu'un seul électron ne peut produire qu'un seul photon, on peut remarquer que l'énergie du photon émis (et donc sa longueur d'onde λ) dépend directement du gap du matériel, ce qui n'autorise l'émission de telle longueur d'onde à la condition d'avoir un semi-conducteur au gap équivalent.

Structure de la bande de conduction d'un laser à cascade quantique, sous tension. Un électron (arrivant par la gauche) « tombe » dans un puits quantique : il y subit une relaxation entre deux sous-bandes, émettant un photon. Il passe ensuite au puits suivant par effet tunnel, où il subira une nouvelle relaxation et ainsi de suite.

Un laser à cascade quantique n'utilise pas ce genre de matériel, mais un semi-conducteur possédant une structure à confinement quantique, un puits quantique. Ce confinement quantique, ici en une dimension créé à l'intérieur de la structure des sous-bande d'énergie. Un électron de haute énergie de la bande de conduction « tombe » alors dans le puits quantique, tout d'abord sur la sous-bande supérieure, puis est relaxé en tombant sur la sous-bande inférieure, en émettant alors un photon d'énergie équivalente à l'énergie entre ces deux sous-bandes. On parle alors d'émission par transition inter-sous-bande. Or, comme l'énergie entre deux sous-bandes dépend directement de la largeur du puits, donc de l'épaisseur de la couche de semi-conducteur constituant le puits, il est possible en contrôlant cette épaisseur de choisir la longueur d'onde émise, ce qui permet d'émettre un très large spectre avec le même type de matériel.

Afin de maximiser le rendement du QCL, celui est en fait constitué d'une multitude de puits quantiques. Une fois l'électron relaxé sur la sous-bande de plus basse énergie, il traverse l'interstice entre deux puits quantiques par effet tunnel, et, en raison de la polarisation du composé, se retrouve sur la sous-bande supérieure, d'où il pourra à nouveau se relaxer, et produire un nouveau photon, et ainsi de suite. C'est ce principe qui donne son nom de « cascade » au laser.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) R.F Kazarinov, « Possibility of amplification of electromagnetic waves in a semiconductor with a superlattice », Fizika i Tekhnika Poluprovodnikov, vol. 5, no 4,‎ avril 1971, p. 797–800
  2. (en) Jerome Faist, « Quantum Cascade Laser », Science, vol. 264, no 5158,‎ avril 1994, p. 553–556 (PMID 17732739, DOI 10.1126/science.264.5158.553, lire en ligne [abstract])