Larry Holmes

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Larry Holmes
Holmes en 1979
Holmes en 1979
Fiche d’identité
Nom complet Larry Holmes
Surnom L'assassin d'Easton
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Date de naissance 3 novembre 1949 (64 ans)
Lieu de naissance Cuthbert, Géorgie
Taille 1,93 m (6 4)
Catégorie Poids lourds
Palmarès
  Professionnel
Combats 75
Victoires 69
Victoires par KO 44
Défaites 6
Titres professionnels Champion du monde poids lourds WBC (1978-1983) et IBF (1983-1985)
Dernière mise à jour : 7 février 2014

Larry Holmes est un ancien boxeur américain né le 3 novembre 1949 à Cuthbert, Géorgie. Il a été champion du monde des poids lourds de 1978 à 1985. Il détient le 3e plus longue règne en tant que champion du monde poids lourds (7 ans et 2 mois) derrière Joe Louis et Wladimir Klitschko.

Carrière sportive[modifier | modifier le code]

Amateur[modifier | modifier le code]

Larry Holmes se lance dans la boxe à l'âge de 19 ans. Après 21 combats amateurs, il tente de se qualifier aux Jeux olympiques de 1972 à Munich, mais échoue face à Duane Bobick, il est disqualifié pour accrochages répétés[1].

Débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Il combat pour la première fois en professionnel le 21 mars 1973. En début de carrière, il est le sparring-partner de plusieurs sommités de la boxe, parmi lesquels Mohamed Ali (accompagnant même ce dernier au Zaïre pour le match contre George Foreman), Joe Frazier, Jimmy Young ou Earnie Shavers.

Holmes contre Shavers I[modifier | modifier le code]

5 ans après ses débuts professionnels, après 26 victoires consécutives, il affronte justement Earnie Shavers le 25 mars 1978. Le vainqueur de ce match affrontera le tenant du titre WBC dont Leon Spinks vient d'être déchu, désormais détenu par Ken Norton. Le match sera à sens unique, Holmes va dominer son adversaire, deux juges donneront tous les rounds à Holmes, le troisième juge lui en accordant 11 sur 12[2].

Champion du monde WBC[modifier | modifier le code]

Holmes contre Norton[modifier | modifier le code]

Larry Holmes affronte Ken Norton le 9 juin 1978 au Caesar Palace de Las Vegas[3]. Plus jeune et avec une meilleure allonge, Holmes se présente de surcroît à moins de 95 kilos, son poids le plus bas depuis janvier 1977. Néanmoins, 4 jours avant le match, il se fait une élongation à l'épaule. Holmes remporte la majorité des rounds de la première partie du combat, Norton étant actif de manière très sporadique. À partir du 8e round, Norton réagit, répondant aux jabs d'Holmes par des puissants crochets, le touchant sévèrement en fin de 11e round. Holmes réagit à son tour, et au 13e round, Norton encaisse un nombre considérable de coups. Norton pourtant revient à nouveau dans le match et remporte le 14e round. La 15e et dernière reprise, considérée comme l'une des meilleures fin de combat de tous les temps, devant un public debout et surexcité, sera particulièrement violente. La décision est partagée, les 3 juges donnant un point d'écart entre les deux combattants. 2 juges donnant Holmes vainqueur, il remporte le combat et le titre de champion du monde WBC par décision partagée.

Holmes contre Shavers II[modifier | modifier le code]

Holmes défend son titre en battant plusieurs adversaires avant la limite, dont le futur champion du monde Mike Weaver en 1979 au Madison Square Garden à New-York. La même année, il accorde sa revanche à Earnie Shavers[4]. Larry domine le début du combat, mais celui-ci semble basculer quand Shavers l'envoie à terre au 7e round d'un puissant crochet du droit. Holmes va pourtant récupérer et gagner les rounds suivants. Dans les rounds 10 et 11, Shavers, épuisé, le visage ensanglanté, ne se protège pratiquement plus des jabs de Holmes, qui ne se précipite pas. L'arbitre arrête le combat en fin de 11e reprise.

Holmes contre Ali[modifier | modifier le code]

En 1980, Holmes défend son titre à 3 reprises, avant de rencontrer son ancien patron, Mohamed Ali, le 2 octobre 1980 au Caesar Palace[5]. Le combat, surnommé « The Last Hurrah » est très attendu, mais il ne va pas tenir ses promesses : En effet, Ali fait son come-back de trop. Ce dernier s'est plus concentré sur son poids que sur sa condition physique, il n'a plus boxé depuis deux ans, et commence à ressentir les effets de la maladie de Parkinson. Le combat va être à sens unique : Ali sera inactif durant tout le match, Holmes se contentant de marquer des points avec son jab. L'entraineur d'Ali, Angelo Dundee, refusera de le laisser reprendre à l'appel du 11e round. Holmes admettra même par la suite que bien qu'il dominât le combat, il retenait un peu ses coups par pur respect pour son idole et ancien employeur.

Holmes contre Cooney[modifier | modifier le code]

Holmes défend 3 fois supplémentaire sa ceinture, entre autres le 12 juin 1981 contre l'ancien champion du monde Leon Spinks dont il dispose en 3 rounds seulement. Lors de son combat suivant contre Renaldo Spines à Pittsburgh en Pennsylvanie, Holmes chute dans la 7e reprise mais remporte finalement le combat par KO technique au 11e round. Spines affirmera plus tard qu'Holmes avait bénéficié d'un long compte par l'arbitre du combat Rudy Ortega.

Le 11 juin 1982, Holmes rencontre le grand espoir blanc de l'époque : Gerry Cooney, invaincu en 25 combats. Ce combat est très attendu, à l'époque, il engrange le record de gains pour un match de boxe. Larry Holmes remporte les deux premiers rounds, envoyant même Cooney à terre à la fin du second. Cooney revient dans les rounds suivants, plaçant plusieurs bons coups, travaillant beaucoup au corps. Holmes reste patient et envoie beaucoup de jabs, bientôt, l’œil de Cooney se ferme et il a une coupure sur le nez. À la fin du 6e round, Cooney est proche d'aller au tapis une nouvelle fois. Il reste pourtant l'agresseur dans les rounds suivants, Holmes parvenant toutefois à le contrer. À 3 reprises, Cooney sera pénalisé pour coups bas. Le 10e round sera particulièrement acharné et violent, les deux hommes donnant un nombre élevé de coups. À partir de la fin du 11e round, Cooney lève le pied, il reçoit de plus en plus de jabs. Il touche Holmes moins souvent et moins efficacement. Ébranlé par une série de coups à la fin du 13e round, son entraineur monte sur le ring et l'arrête, Holmes conserve sa ceinture une 12e fois[6].

Différent avec la WBC[modifier | modifier le code]

Holmes défend son titre encore 4 fois, notamment contre le français Lucien Rodriguez, champion d'Europe des poids-lourds, et le futur champion du monde Tim Witherspoon. Après sa 16e défense de titre contre Scott Frank le 10 septembre 1983 (une victoire par KO à la 5e reprise), il souhaite affronter Marvis Frazier, le fils de Joe Frazier. La WBC s'y oppose et veut qu'il affronte le challenger no 1, Greg Page. Le promoteur Don King lui proposera une somme qu'il jugeait insuffisante pour affronter Page, gagnant plus d'argent en affrontant le fils Frazier. La WBC ne reconnaitra pas ce combat (Holmes obtenant une victoire facile, mettant Frazier KO au premier round) et destituera Holmes, qui sera néanmoins nommé champion du monde de la nouvelle fédération IBF.

Combat avorté contre Gerrie Coetzee[modifier | modifier le code]

Après cette victoire facile contre le fils de Joe Frazier, Larry Holmes devait ensuite normalement affronter le champion WBA des poids lourds, le sud-africain Gerrie Coetzee, pour l'unification des ceintures WBA et IBF des poids-lourds le 15 juin 1984 au Cæsars Palace à Las Vegas, dans ce qui devait être le combat de l'année 1984 mais les responsables annulèrent le combat en déclarant que les promoteurs (JPD Inc) n'avaient pas respecté les conditions financières : ils avaient promis 13 millions de dollars à Holmes et 8 millions de dollars à Coetzee mais même après avoir sérieusement réduit les bourses, ils n'avaient toujours pas l'appui financier suffisant pour assurer l'organisation.

Don King (qui était devenu promoteur de Coetzee après avoir rompu avec Holmes) avait ensuite prévu de promouvoir ce combat mais Holmes a perdu un procès intenté par l'avocat de Virginie Richard Hirschfeld (qui avait un contrat avec Holmes) lui donnant le droit de refuser l'affrontement Holmes-Coetzee. L'américain a alors renoncé et s'est concentré sur la défense de la ceinture IBF.

Champion du monde IBF[modifier | modifier le code]

Premières défenses de son titre IBF[modifier | modifier le code]

Holmes combat le futur champion du monde WBA James Smith pour sa première défense du titre IBF, le 9 novembre 1984, et l'emporte par KO technique au 12e round. En 1985, il bat David Bey au 10e des 15 rounds prévus, puis Carl "The truth" Williams par décision unanime le 20 mai 1985.

Holmes contre Michael Spinks I & II[modifier | modifier le code]

Le 21 septembre 1985, il affronte l'ancien champion du monde incontesté des poids mi-lourds Michael Spinks, qui combat pour la première fois en poids lourds[7]. Holmes a l'occasion d'égaler le record de Rocky Marciano, de 49 victoires et aucune défaite. Pourtant, Michael Spinks va remporter le combat par décision unanime, les juges lui donnant entre 1 et 3 points d'avance sur Holmes. Cette défaite de Larry Holmes sera déclarée surprise de l'année 1985 par Ring Magazine. Battu pour la première fois, Holmes déclarera que Marciano ne pouvait même pas porter sa coquille. Cette déclaration sera très critiquée, Holmes s'en excusera par la suite.

La revanche contre Spinks, le 19 avril 1986, sera particulièrement controversée[8]. Les juges accorderont une nouvelle fois la victoire à Michael Spinks, par décision partagée cette fois-ci, mais beaucoup d'observateurs estiment que la victoire aurait du revenir à Holmes. Ce dernier critique sévèrement les juges à l'issue de combat. 3 jours après avoir fêté ses 37 ans, il décide de se retirer des rings.

Premier come-back[modifier | modifier le code]

Le manager de Mike Tyson, Jim Jacobs, avait tenté d'organiser un combat contre Holmes dès 1986 après la victoire de Tyson contre Marvis Frazier, mais les négociations avaient alors avortées. Le match a finalement lieu en janvier 1988, Holmes ayant l'occasion d'obtenir les ceintures WBA, WBC et IBF. Mais il est donné perdant à 8 contre 1 car à l'exception de sa taille, il accumule les handicaps face au champion : Inactif depuis deux ans, il est pesé à 102 kilos, plus lourd que jamais durant un combat, mais il a surtout 17 ans de plus que Tyson. Il parvient à tenir les 3 premières reprises, où les deux boxeurs échangent peu de coups et s'accrochent beaucoup. Enhardi, au début du 4e round, Holmes commence à danser, mais chute sur une droite du champion, puis une nouvelle fois sur un crochet du droit. Relevé, il tente de terminer le round, mais il tombe une 3e fois sur un nouveau crochet du droit, et perd pour la 3e fois de sa carrière, la première et unique fois par KO[9]. Holmes se retire une nouvelle fois des rings.

Second come-back[modifier | modifier le code]

Holmes contre Holyfield[modifier | modifier le code]

Holmes tente pourtant un nouveau retour en 1991, à l'âge de 42 ans. Encore alourdi, il ne se bat pas immédiatement pour un titre mondial, et bat d'abord 5 faire-valoir durant l'année 1991. Le 7 février 1992, il combat l'ancien champion du monde WBO Ray Mercer, invaincu en professionnel après 18 combats, et l'emporte par décision unanime. Ce résultat lui permet de combattre le champion du monde incontesté des poids lourds, Evander Holyfield, le 19 juin 1992[10]. Holyfield va prendre les commandes de la majorité du combat, pour une victoire par décision unanime des juges, sans avoir donné l'impression d'être jamais en danger, mais le combat aura été au terme des 12 rounds. Toutefois Holyfield s'était mal préparé à rencontrer Holmes, troublé par la mort de son frère cadet (son beau-frère avait été accusé du meurtre).

Holmes contre McCall[modifier | modifier le code]

Holmes continue à boxer. En 1993 et 1994, il remporte 7 victoires de rang contre des faire-valoirs. Le 8 avril 1995, il fait face à Oliver McCall pour le titre WBC des poids lourds[11]. À 45 ans, il affronte un adversaire bien plus jeune, réputé pour savoir encaisser les coups. Le combat sera serré, mais à l'issue des 12 rounds, les juges déclarent McCall vainqueur par décision unanime, Holmes échoue une 4e fois dans sa tentative de reconquérir le titre de champion du monde des lourds. Il ne combattra plus jamais pour un titre mondial.

Derniers combats[modifier | modifier le code]

Après 4 nouvelles victoires en 1995 et 1996, il combat le danois invaincu Brian Nielsen pour la ceinture mineure IBO, le 24 janvier 1997[12]. La décision des juges sera partagée, mais Holmes connaitra la 6e et dernière défaite de sa carrière. Par la suite, il combattra plus rarement, montant sur le ring de plus en plus lourd. En janvier 1999, George Foreman et lui étaient censés s'affronter, l'année de leur 50e anniversaire. Mais le combat sera annulé suite à des problèmes financiers avec le promoteur.

Le 18 juin 1999, il retrouve l'ancien champion du monde James Smith, 15 ans après leur premier affrontement, et remporte le combat par KO technique au 8e round. Le 17 novembre 2000, il bat un autre ancien champion du monde et ancien adversaire, Mike Weaver, plus de 20 ans après leur premier combat ! Il livre son dernier combat le 27 juillet 2002, contre Eric Esch, surnommé Butterbean. Malgré une chute au 10e et dernier round, Holmes, âgé alors de 52 ans, sera déclaré vainqueur du combat par décision unanime avec une belle avance aux points.

Bilan sportif[modifier | modifier le code]

Larry Holmes détient la distinction du troisième plus long règne comme champion du monde des poids lourds, (7 ans et 2 mois) derrière Joe Louis et Wladimir Klitschko, et le second plus grand nombre de défenses de titre (20 fois) derrière Joe Louis. Il a détenu durant une période un record de 48 victoires en 48 combats, soit deuxième derrière Rocky Marciano (49 victoires), autre champion du monde, avant de perdre contre Michael Spinks, comme précité.

Style[modifier | modifier le code]

Holmes était rapide avec ses pieds et ses mains. Il était un excellent boxeur avec un très bon jab (direct) du gauche, mais sans être un super puncheur, bien qu'il ait gagné souvent par KO en amenant son adversaire au tapis par une multitude de coups. Il gagnait souvent ses combats dans les derniers rounds, grâce à sa condition physique hors du commun. Il est également allé souvent au tapis, avant de se relever pour gagner le combat.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Activités extra-sportives[modifier | modifier le code]

Larry Holmes a démontré qu'il avait le sens du business, car sa fortune est toujours considérable. Il possède de nombreuses entreprises, comme des commerces, restaurants, casinos sur internet, salles d'entraînement. Il a écrit son autobiographie « Against The Odds » (St-Martins Press, 1998),, ainsi qu'un manuel technique de boxe nommé « Larry Holmes' Boxing Tactics and Techniques », écrit en collaboration avec Roy G. Nelson.

Références[modifier | modifier le code]


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]