Lapidaire

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lapidaire
Thai Gem Cutting.jpg

Lapidaire en Thaïlande.

Code ROME (France)
B1603

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Un lapidaire (du latin lapis, "pierre") est le nom d'une technique et d'un métier qui consiste à façonner et à tailler des pierres, précieuses ou non, de façon à les rendre dignes d'orner des bijoux ou des objets d'art. Le lapidaire ne s'applique pas à la taille du diamant, qui est elle réservée au diamantaire, car cette taille est spécifique de par la dureté du diamant.

La profession de lapidaire fait partie de la liste des métiers d'art en France, telle que définie par arrêté.

En France, la région du Jura est un lieu historique du métier de lapidaire. En effet, la proximité de la Suisse facilitait le commerce des pierres dans cette zone, et de nombreux habitants de la région exerçaient la profession de lapidaire en plus de leur métier afin de subvenir à leur besoins. Les tailleries étaient installées près des cours d'eau pour que la force motrice de l'eau actionne des roues à aubes, qui elles-mêmes entraînaient les différentes meules nécessaires à la taille et au polissage des pierres. Au début des années 1930, l'apparition de l'électricité participa à la disparition de ces tailleries archaïques.

En Allemagne, la ville d'Idar-Oberstein est un centre de taille de pierres précieuses, un des rares encore actif en Europe.


Techniques de lapidage[modifier | modifier le code]

Pour obtenir des formes arrondies et douces on utilisera le polissage au tonneau ou tumbler, qui consiste à user les pierres au contact d'abrasifs. La taille cabochon connue depuis l'Antiquité, donne à la matière brute une forme généralement en ovale, avec une partie supérieure bombée et une partie inférieure plane. Enfin, la taille à facettes est principalement utilisée pour les pierres transparentes à translucides; cette taille est complexe car elle consiste à piéger la lumière dans la gemme par un jeu de facettes, aux proportions et aux angles précis.

Il existe de nombreuses techniques de tailles et autant d'outils différents. La technique française ou jurassienne repose sur l'utilisation d'une évention, (petit appareil, posé à côté des meules de poli ou de taille servant de guide et permettant de corriger les angles et formes des facettes) et d'un étui ou bâton à cimentage[1] (appareil qui permet de tenir et diviser la pierre).

Formation au métier de lapidaire[modifier | modifier le code]

Il existe en France une seule formation diplômante initiale, le CAP de lapidaire. Il s'effectue en alternance, en trois ans pour l'option « diamant », dans l'école de la rue du Louvre à Paris, et en deux ans pour l'option « pierres de couleur », dans la même école, ainsi qu'à l'Institut de Bijouterie de Saumur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Littré, 1880

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marbode de Rennes, De lapidis ou Liber lapidum, seu De gemmis (vers 1090), trad. Le lapidaire : Valérie Gontero-Lauze, Sagesses minérales. Médecine et magie des pierres précieuses au Moyen Âge, Paris : Éditions Classiques Garnier, coll. « Sagesse du Moyen Âge », 2010, 316 p., EAN 9782812401251, p. 151-176. Pierre Monat, Marbode, Poème des pierres précieuses, XIe siècle, traduit du latin, présenté et annoté…, suivi de Une lecture symboliste des lapidaires médiévaux, par Claude Louis-Combet, Grenoble, 1996, 110 p. (Petite collection Atopia, 6).[1]
  • Robert Halleux et Jacques Schamp) (éd. ), Les Lapidaires grecs : Lapidaire orphique. Kerygmes lapidaires d'Orphee. Socrate et Denys. Lapidaire nautique. Damigeron-Evax, Belles Lettres, Paris, 1985.
  • P. Meyer, «Les plus anciens lapidaires français», Romania XXXVIII (1909), p. 44-70, 254-285, 481-552.
  • Eddy Vleeschdrager, La taille des pierres de couleur, Gaston Lachuré, Paris, 1986
  • Daniel POGORZELSKI, Manuel de lapidairerie, 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]