Laparade

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Laparade
Halle de Laparade
Halle de Laparade
Blason de Laparade
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Lot-et-Garonne
Arrondissement Arrondissement de Marmande
Canton Canton de Castelmoron-sur-Lot
Intercommunalité Communauté de communes Lot et Tolzac
Maire
Mandat
Gislain Gozzerino
2014-2020
Code postal 47260
Code commune 47135
Démographie
Population
municipale
442 hab. (2011)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 23′ 21″ N 0° 26′ 55″ E / 44.3892, 0.4486 ()44° 23′ 21″ Nord 0° 26′ 55″ Est / 44.3892, 0.4486 ()  
Altitude Min. 32 m – Max. 192 m
Superficie 16,22 km2
Localisation

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Laparade

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Laparade

Laparade est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de Lot-et-Garonne (région Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Laparadais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Perchée sur un plateau étroit à plus de 190 m d’altitude, la bastide de Laparade offre un point de vue remarquable sur la vallée du Lot.

Sur les remparts, depuis la table d’orientation, vue panoramique à 180° de Tournon-d'Agenais aux coteaux de Buzet-sur-Baïse. Par temps clair, la chaîne des Pyrénées, à 250 km de là, se détache à l’horizon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Aux temps préhistoriques, il est assez vraisemblable qu'il y ait eu un établissement humain sur l'escarpement qui domine la vallée : des haches de pierre et des silex taillés ont été trouvés en divers points de la commune.

La fondation[modifier | modifier le code]

La bastide de Laparade fut fondée en 1265 par Alphonse de Poitiers, frère de Louis de France, sous le nom de Castelseigneur.

Elle fut fondée sur la paroisse de l'église matrice Notre-Dame-de-Touraille, par contrat de paréage entre l'abbaye de Clairac, propriétaire des terres, et Alphonse de Poitiers. L'acte de paréage fut signé le 4 juillet 1265.

Castelseigneur fut construit suivant un compromis entre le plan dit "en échiquier" et le plan en fuseau des bastides de promontoire. Une partie du territoire était destinée aux maisons, la deuxième aux jardins, la troisième aux champs ou aux vignes. Des terrains, les "communaux", étaient laissés indivis afin que les pauvres gens puissent faire pâturer leurs bêtes ou ramasser des fagots. Les forêts et les carrières voisines fournirent le bois et la pierre à bâtir. Une fois le plan tracé, les lots, tous égaux, furent attribués par adjudication, l'acte de paréage fixant les redevances à payer. Les habitants s'étaient engagés à construire leur maison dans l'année sur une ossature de pans de bois garnie de torchis, de pisé ou de tuiles plates disposées en épi.

La protection d'Alphonse de Poitiers la mettant à l'abri de l'oppression seigneurale et des exactions des pillards, la bastide se peupla vite.

À la mort du prince (en 1271), Guillaume de Cohardon reçut au nom du roi le serment de fidélité de Castelseigneur.

La Parade[modifier | modifier le code]

En 1277, Castelseigneur devient Laparade. On ne connaît pas la raison exacte du changement de ce nom. Peut-être à cause de l'idée de défense. Ou en référence à la "Parade" des villes anglaises, le lieu "d'où l'on découvre la plus belle vue".

Au Moyen Âge, la bastide jouit d'une organisation politique très complète et de précieux privilèges : pas de servitudes corporelles, pas de taille arbitraire, un régime municipal et la sauvegarde royale. En outre, elle jouissait du droit de douze grosses foires par an.

La juridiction de Laparade comprenait, outre la ville et le faubourg de Touraille, les paroisses de Roubillon (commune de Castelmoron sur Lot), Saint-Jean-des-Peyrières (sur le coteau), Sermet et Suberbos (ou Subrebosq) (commune de Castelmoron sur Lot).

Au sud, sur l'emplacement actuel de l'ancienne école maternelle et de la promenade publique, s'élevait un château fort, flanqué d'au moins deux tours et de donjons. Au nord et à l'ouest, il y avait de profondes douves, dont une partie existe toujours. Il était défendu de faire boire les animaux dans les fossés et d'y laver le linge.

Le bourg était entouré de murs solides : les remparts, percés de trois portes : l'une vers Monclar (en face du temple actuel), les autres vers Clairac et les fossés.

Autrefois, le commerce y était prospère et la population beaucoup plus nombreuse qu'aujourd'hui. Le village était réputé pour ses vignobles, ses prunes, ses figues séchées, ainsi que pour ses tisserands et ses chapeliers Les chapeaux de feutre étaient faits d'un mélange de laine et de poils de lapin ou de lièvre. en particulier dans le faubourg de Touraille. On y travaillait aussi le cuir.

Laparade possédait deux églises et un hôpital. Le clocher de l'église actuelle (au centre du village) est le seul élément à avoir subsisté de cette époque.

Pendant la Guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

En 1344, Laparade est concédé à Guillaume-Raimond 1er, seigneur de Caumont.

En 1348, une terrible épidémie de peste noire décime la moitié de sa population.

En 1360, après la défaite de Jean le Bon à Poitiers, le Traité de Brétigny livre l'Agenais aux Anglais. Tous les seigneurs et toutes les villes, dont Laparade, prêtent serment de fidélité au roi d'Angleterre et au Prince Noir, nommé gouverneur de Guyenne.

En 1370, Charles V, aidé de son frère, le duc d'Anjou, et de Du Guesclin, entreprend de reconquérir la Guyenne. Laparade redevint française.

Tout est remis en question par Charles VI et la querelle des Armagnacs et des Bourguignons. Pris d'assaut au profit de Henri VI d'Angleterre par les bandes armées de Rodrigue Larivadin en 1434, le village est repris en 1437 par Rodrigue de Villandrando, autre mercenaire espagnol, surnommé "l'écorcheur", pour le compte de Charles VII.

Sous la Réforme[modifier | modifier le code]

Le voisinage de Clairac, important foyer protestant, favorise le développement de la Réforme au XVIe siècle. Laparade abrite de nombreux huguenots.

En 1573, la bastide est prise d'assaut par les troupes catholiques de M. de La Vauguyon. Les protestants se réfugient dans la tour du château. Celui-ci est incendié et plus d'une centaine de personnes y périssent.

Laparade, cependant, reste une ville profondément protestante. La halle est transformée en temple.

Henri de Navarre vint chasser en 1583 aux environs de Clairac et de Castelmoron, et il est fort possible qu'il soit venu à Laparade.

Le 12 février 1616, les Consuls déléguèrent auprès du duc de Rohan et des députés des églises réformées assemblées à Loudun, le sieur Janin pour les informer que Gabriel de Gervain, écuyer, sieur de Roquepiquet, avait été choisi comme gouverneur de la ville. Le 14 mars 1617, le Conseil de Basse-Guyenne, assemblé à Bergerac, confirma ce choix. M. de Roquepiquet fut placé à la tête d'une compagnie de mousquetaires à cheval, sous l'autorité de M. de La Force.

Lorsque la guerre de Guyenne éclata, Laparade fut frappée d'une contribution pour l'entretien de la garnison en place à Clairac. Les Consuls, trouvant l'imposition trop lourde, refusèrent de payer. Deux d'entre eux furent arrêtés et emprisonnés.

Le 20 décembre 1621, Louis XIII donna l'ordre au conseiller Duduc de faire démolir et abattre les fortifications. En 1622, les remparts sont rasés.

En 1631, une épidémie de peste survient à nouveau dans les environs et est particulièrement meurtrière dans le village.

Durant le régime de l’Édit de Nantes, le culte catholique fut rétabli et la messe célébrée sous l’arceau du clocher.

De 1645 à 1648, le culte catholique fut de nouveau supprimé. Mais le clergé ne désarma pas et en 1648, il obtint du Parlement de Nérac, la réouverture de l’église. L’abbé de Clairac, accompagné de 20 prêtres, planta une croix sur l’emplacement de l’église, et, en attendant sa reconstruction, les offices furent célébrés dans la vieille tour, dernier vestige du château incendié.

Sous Louis XIV[modifier | modifier le code]

Mazarin ayant confirmé les édits garantissant leurs libertés, la communauté protestante de Laparade fait allégeance au jeune Roi et à la Reine régente.

La misère était grande. En 1650, les Consuls Étienne Saffin, Jacob Badel, Pierre Desclaux et Joseph Gaches. s'adressant au Roi " lui représentaient que de depuis de longues années la communauté de Laparade avait souffert des dépenses extraordinaires par raison des gens de guerre, que les plus pauvres des habitants étaient réduits à la mendicité et pressés d'abandonner leurs logis ". M. de Maleprade et le pasteur Brignol furent envoyés " au-devant de Sa Majesté, à Libourne ou tout autre endroit pour l'assurer de la fidélité des habitants, de leur obéissance jusqu'à exposer leurs vies et pour l'implorer de prendre en considération leurs souffrances et de leur donner quelque soulagement ".

Mais le 5 octobre 1650, sur ordre du Maréchal de Camp, la ville dut fournir au régiment de Roquelaure, cantonné à Saint-Barthélemy-d'Agenais, " quatre-vingt pains, deux veaux, six moutons, un tonneau de vin, six sacs d'avoine et trente quintaux de foin par jour, jusqu'à nouvel ordre" . Cette lourde contribution ne fit qu'amplifier la misère dans le village.

Les Réformés avaient pu un moment espérer que le Roi leur serait reconnaissant de leur loyalisme et de leur attitude lors des troubles de la Fronde. Il n'en fut rien : Louis XIV était décidé à rétablir dans le royaume l'unité religieuse. Les protestants subirent à nouveau la persécution. Les Dragons obtinrent de nombreuses conversions par la force. Un certain nombre de familles avaient préféré s'expatrier plutôt de que de renier leur foi : les Galliné, les Dubosc, les Latané, les Montilhaud. La population du village baissa d'un tiers.

En avril 1685, le temple est démoli Les pierres et les matériaux du temple restèrent sur place pendant plus de vingt ans, personne ne voulant les enlever. Le 25 mai 1714, la Loi donna ces décombres à l'évêque d'Agen, "ainsi que ceux d'une vieille tour découverte dans l'enceinte de la ville, tour échappée à la ruine du château". et une croix est plantée au milieu par le curé, le père Guérin.

La dépopulation, importante dans la juridiction depuis la révocation de l'Édit de Nantes, se traduisit intra muros à la fin du XVIIIe siècle par l'abandon ou la ruine de nombreuses maisons Le faubourg de Touraille devint désert. Le coteau de Saint-Jean, qui avait été pendant des siècles un des plus riches vignobles de l'abbaye de Clairac, ne fut plus que pierres et broussailles. De fait, l'agglomération est restée un village agricole, fossilisé dans son tracé médiéval et plutôt dépeuplé.

Sous Louis XVI[modifier | modifier le code]

En 1776, une terrible épizootie fit des ravages parmi le bétail. On mit en place des cordons de soldats pour entourer les régions infectées. Dès qu'une ferme contaminée était signalée, on abattait toutes les bêtes et on les enterrait profondément. Mais la maladie ne cessait d'empirer. Les foires à bestiaux avaient été interdites pendant un an pour éviter toute contagion. Le Roi ordonna de tuer toutes les bêtes et d'en saler la viande. Plus tard, l'épidémie cessa mais avait fortement accru la misère : il y avait dans la commune 138 indigents.

Pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1789, il y avait à Laparade trois foires annuelles. Le village produisait du blé, du tabac, du seigle, du maïs, du millet, des pois, des fèves, du chanvre, du lin, des figues sèches et du vin.

En mars, Laparade envoya une délégation (l'avocat Paul Geneste, le notaire royal Étienne Geneste, Abraham Feuillerade et Mathieu Maures) à Agen, à l'Assemblée des Trois Ordres, pour rédiger les cahiers de Doléances et préparer la réunion des États Généraux.

La première Garde nationale est constituée le 19 mars 1790.

La mairie est aménagée dans la maison du citoyen Geneste.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

Le 12 juillet 1944, six résistants, dont une femme, furent fusillés par des soldats allemands contre un mur du village. Une cérémonie du souvenir a lieu tous les ans pour honorer leur mémoire.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Laparade Blason D'argent au puits de gueules, maçonné de sable; au chef de gueules chargé d'un léopard d'or[1].
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2003 en cours Gislain Gozzerino    
2001 2003 Jacky Mahieu    
1965 2001 Raymond Galliné    
Thermidor an XI  ???? P J Martineau    
1791  ???? Paul Geneste Fondelaville    
Les données manquantes sont à compléter.

Raymond Galliné fut le plus jeune maire de France en 1965. Maire de Laparade pendant 36 ans, la salle des fêtes du village porte son nom.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 442 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 475 1 132 1 111 1 113 1 243 1 168 1 121 976 976
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 069 989 960 900 888 851 814 737 708
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
648 686 656 507 537 472 474 458 490
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
441 447 479 497 526 408 447 454 445
2011 - - - - - - - -
442 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le panorama de Laparade est l'un des plus beaux de France.

La construction de l'église actuelle débuta vraisemblablement vers 1763. Le clocher et la flèche furent restaurés en 1928 par l'architecte villeneuvois Gabriel Teysséré.

Une promenade dans les rues du village permet de découvrir : - une place encadrée par deux puits - une vieille halle, aux robustes piliers de chêne et à la charpente très élaborée (classée monument historique) - des maisons en colombage - un temple néo-classique (édifié en 1825) - les vestiges des remparts - un belvédère - une partie des anciennes douves.

Situé à l'écart du village, à flanc de coteau où se trouvent les sources, on peut admirer un lavoir récemment restauré.

Dans la salle de la mairie est accrochée une galerie de portraits de tous les présidents français.

En été, Laparade est réputé pour ses marchés aux produits biologiques et pour sa fête de la Saint Jean.

Le village de Laparade abrite la plus ancienne troupe de théâtre amateur du département de Lot-et-Garonne : Altitude 182, dirigée par Josette Pose, propose de nombreux spectacles de divertissement tout au long de l'année depuis plus de 30 ans.

Le Jardin Public en 1908 :

JardinPublicLaparade.jpg

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Une commune rurale en 1896 : Laparade - Cornelis de Witt. (1897) - Imp. Georges Ferrier et Cie
  • De Castelseigneur à Laparade - Pierre Magot. (1899)
  • Notes sur une Bastide huguenote (Extrait du Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français) (1910)
  • Une bastide nommée La Parade - Jean Caubet. (1972)
  • Atlas des villes et villages fortifiés en France (Moyen Âge) - Charles-Laurent Salch. (1978) - Éditions Publitotal.
  • Inventaire topographique - Alain Beschi (1999)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Armorial de France
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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