Lanterne rouge

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L'expression Lanterne rouge désigne le dernier d'une course sportive et, de manière générale, de toute compétition ou classement.

Cette expression est une référence au feu rouge porté par le dernier véhicule d'un convoi ferroviaire. Au sein du Tour de France cycliste, ce « trophée » était jadis recherché car il permettait à son « vainqueur » d’obtenir de meilleures primes à l’occasion des critériums d’après-Tour[1]. La tradition voulait également que le dernier fasse l'ultime étape avec une lanterne, et un tour d'honneur à l'arrivée. Celle-ci est cependant de plus en plus rare[2].

La dernière place du Tour de France reste recherchée par certains pour l'intérêt médiatique qu'elle suscite. Philippe Gaumont, lanterne rouge du Tour de France 1997, décrit ainsi son expérience : « Pour que je me retrouve en queue de classement, dans la position médiatique du « pauvre malheureux qui va au bout malgré tout », Guimard m'avait demandé de me laisser décrocher, en simulant une maladie. Pour être dernier, il fallait que je perde une bonne vingtaine de minutes. [...] Sur mon vélo, je faisais semblant d'être plié en deux, je jouais mon rôle pour les spectateurs et, à l'arrivée, il y avait quelques journalistes autour du camping-car de l'équipe Cofidis. Ils étaient venus pour moi, j'avais rempli ma mission[3]. »

Wim Vansevenant, lanterne rouge en 2006, 2007 et 2008 sur le Tour de France détient le record du nombre de places de « lanterne rouge » obtenues dans le tour de France. Il confirme l'attrait de la dernière place : « Quand tu es dernier, ça te fait beaucoup de publicité. Les gens qui regardent les classements dans les journaux regardent quoi ? Les premiers … et le dernier. Du coup, on s'en souvient ! [...] J'étais là pour boucher les trous. Une fois que j'avais fait ma part du boulot, aidé mes coéquipiers, je relâchais afin de récupérer un peu pour le lendemain. » Bernard Thévenet se souvient également que « lors du Tour de France 1973, Jacques-André Hochart et Jean-Claude Blocher, tous deux dans l'équipe De Kova-Lejeune, s'étaient disputés la place de lanterne rouge[4]. »

La lutte de certains coureurs pour être lanterne rouge n'a pas toujours été du goût des organisateurs du Tour de France. Ainsi en 1980, le coureur occupant la dernière place est éliminé[5]. Tous les coureurs et dirigeants d'équipes ne partagent pas cet intérêt pour la lanterne rouge. Marc Madiot s'exclame ainsi lorsque l'un de ses coureurs occupe la dernière place : « Dernier du Tour de France, c’est une honte ! Je n’aime pas les lanternes rouges[4] ! ».

Arsène Millocheau est le vainqueur de la lanterne rouge du premier Tour de France en 1903.

Marcel Ilpide n'a pas réussi la première fois : il n'est arrivé qu'avant-dernier en 1929 mais il a remporté la lanterne rouge en 1930.

Les lanternes rouge du Tour de France[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lanterne Rouge: The Honor of Being Last In The Tour de France.
  2. Claude Sudres, Dictionnaire du cyclisme, Calmann-Lévy, 1984, p. 246.
  3. Philippe Gaumont, Prisonnier du dopage, Grasset,‎ 2005, 300 p. (ISBN 2246684315).
  4. a et b « De l'art d'être lanterne rouge », sur francetvsport.fr,‎ 18 juillet 2010 (consulté le 17 juin 2013).
  5. « La morale de la lanterne rouge », Journal de Genève,‎ 27 juin 1980, p. 17 (lire en ligne).