Lanterne des morts

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Lanterne des morts de Sarlat-la-Canéda dite tour Saint-Bernard, (Dordogne), France
Lanterne des morts à Saint-Goussaud (Creuse), France
Lanterne des morts à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime), la plus haute de France (23 m).

Une lanterne des morts est un édifice maçonné, de forme variable, souvent élancé, en forme de tour, généralement creux et surmonté d'un pavillon ajouré (au moins trois ouvertures), dans lequel, au crépuscule, on hissait, souvent avec un système de poulies, une lampe allumée, supposée servir de guide aux défunts.

Sommaire

[modifier] En France

En France, la plupart de ces édifices furent construits aux alentours du XIIe siècle. Ils sont pour l'essentiel concentrés dans une zone du centre-ouest de la France, incluant les départements de l'Allier, de la Charente, de la Charente-Maritime, de la Corrèze, de la Creuse, de la Dordogne, de l'Indre, de la Loire, du Lot, du Puy-de-Dôme, des Deux-Sèvres, de la Vendée, de la Vienne et de la Haute-Vienne, ces 13 départements correspondant grosso modo au territoire nominal du duché d'Aquitaine au Xe siècle. Un petit édifice désigné sous ce nom est situé près de l'église de Guégon (Morbihan) [1].

Cette concentration particulière n'a jusqu'ici reçu aucune explication satisfaisante. Les hypothèses les plus diverses ont été émises quant à leur fonction : phares destinés à guider les voyageurs égarés; enseignes indiquant un cimetière, donc un lieu dangereux à éviter; fanal permettant aux morts quittant leurs tombes pour hanter les vivants de retrouver leur cimetière à l'aube...

Toutefois, il est vraisemblable que les lanternes aient été des fanaux funéraires. Dès l'Antiquité, il était de tradition d'entretenir une flamme auprès des tombes. Cette coutume fut reprise par les premiers chrétiens pour qui la mort n'est qu'un passage de la lumière terrestre vers la lumière céleste. Les tombeaux s'ornèrent de bougies. Elles furent ensuite remplacées par une bougie de pierre, plus solide, résistante aux intempéries : la lanterne des morts.

Après la Première Guerre mondiale, des lanternes des morts ont été élevées sur les cimetières militaires (voir Douaumont et Dormans). Le monument aux morts de La Châtre représente une femme debout au pied d'une lanterne des morts.

[modifier] Hors de France

On note également un certain nombre de lanternes des morts en Irlande, un seul exemple en Angleterre à Bisley, Gloucestershire, et dans plusieurs pays d'Europe centrale (dans ce dernier cas, la construction des lanternes semble plus tardive que les lanternes françaises).

[modifier] Dénominations

[modifier] Formes

  • hexagonale :

[modifier] Noms additionnels

La lanterne des morts de Sarlat-la-Canéda est aussi appelée lanterne des Maures[1].

Celle de Carlux (Dordogne) est appelée cheminée sarrasine, même si elle n'a rien à voir avec les cheminées sarrasines de Bresse.

Celle de Vergèze (Gard) est appelée et lanterne des Maures, et cheminée sarrazine[2].

[modifier] Notes et références

  1. André Goinaud-Bérard, Templiers et hospitaliers en Périgord, Pilote 24, 2002, 279 p. (ISBN 2-91234722-X) [présentation en ligne] 
  2. http://www.cc-rhony-vistre-vidourle.fr/ot/monuments.htm

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Bibliographie

  • Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture, volume VI
  • Roland Engerand, « les Lanternes des morts », dans L'Illustration, no 4574, 1er novembre 1930, p. 281-288 
  • René Crozet, « Lanternes des morts du centre et de l'ouest », dans La Grand'Goule, décembre 1936 
  • René Crozet, « les Lanternes des morts », dans Bulletin de la société des antiquaires de l'Ouest, 1er trimestre 1943, p. 115-144 
  • Léo Fayolle, « Origine et destination des lanternes des morts », dans Bulletin de la société des antiquaires de l'Ouest, 1er trimestre 1943, p. 145-154 
  • Michel Plault, Les Lanternes des morts. Inventaire, description, histoire et liturgie, Poitiers, Danièle Brissaud, 1988, 200 p. (ISBN 9782902170586) 
  • Cécile Treffort, « Les lanternes des morts : une lumière protectrice ? », dans Cahiers de recherches médiévales, vol. 8, 2001 [texte intégral (page consultée le 13 mars 2010)] 

[modifier] Liens externes

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