Langues mandées

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Les langues mandées sont parlées dans plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest par les populations mandées. Les langues mandées constituent un vaste continuum linguistique recouvrant une zone de l'Afrique de l'Ouest qui s’étend de l’embouchure de la Gambie à l’ouest à la frontière occidentale du Nigéria à l’est. Elles comprennent, parmi les plus importantes le bambara (bamanakan), le dioula (dioulakan), le malinké (mandinka), le soninké. Elles comptent plus de 30 millions de locuteurs, principalement au Mali, en Guinée, en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, en Sierra Leone, au Libéria, en Guinée-Bissau, au Sénégal, en Mauritanie et en Gambie. Cette famille linguistique représente une branche de la macrofamille des langues nigéro-congolaises.

Sommaire

Contexte historique [modifier]

L’extension actuelle des langues mandées résulte du mouvement de la population vers le sud lors du dessèchement du Sahara dès le quatrième millénaire avant Jésus-Christ [1], et plus tard, de l’expansion de l’Empire du Mali par les conquêtes de l’Empereur Soundiata Keïta au XIIIe siècle et du rôle considérable joué depuis des siècles par les Mandingues dans les circuits commerciaux ouest-africains[2].

Classification [modifier]

Le groupe a été reconnu pour la première fois en 1854 par S. W. Koelle dans son Polyglotta Africana (en). Il y mentionne 13 langues sous le titre North-Western High-Sudan Family, or Mandéga Family of Languages. En 1901, Maurice Delafosse distingue deux groupes dans son Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue : l'un au nord qu'il nomme mandé-tan et l'autre au sud qu'il nomme mandé-fu. Cette distinction provient de l'usage qui est fait par les langues du nord du terme tan pour dix, alors les langues du sud utilisent le terme fu.

En 1924, L. Tauxier note que cette distinction n'est pas bien fondée, et qu'il existe au moins un troisième sous-groupe qu'il nomme mandé-bu. Ce n'est qu'en 1950 que ce point de vue reçoit un soutien de la part de A. Prost, qui fournit des détails complémentaires. En 1958, Welmers publie un article The Mande Languages dans lequel il sépare les langues en trois sous-groupes - nord-ouest, sud et est. Il base sa conclusion sur des statistiques lexicales. Greenberg suit cette classification (1963) dans The Languages of Africa. Long (1971) et G. Galtier (1980) retiennent également, malgré des différences notables, une classification en trois groupes.

La classification de R. Kastenholz (1997) comprend quatre sous-ensembles, regroupés deux par deux : est et sud-est d'une part, sud-ouest central (le plus important, incluant notamment toutes les langues mandingues) et nord-ouest d'autre part. Une des classifications les plus récentes est celle de Valentin Vydrine [(2009)]. Elle est faite à partir de la méthode glottochronologique de Maurice Swadesh et les resultats sont très proches de ceux obtenus par R. Kastenholz. En plus de cela, cette classification a l'avantage de présenter les distances chronologiques entre les principales langues du groupe. La classification la plus récente de la famille mandé est celle de V. Vydrin[3], et se base sur la méthode de la « glottochronologie améliorée » de Sergei Starostin. Selon cette classification, la profondeur de la famille mandé est d'environ 5300 ans, et ses deux grandes branches sont ouest (groupes mandingue + mokolé + vaï-kono + jogo; sud-ouest + sosso-dialonké; soninké-bozo; bobo; samogho) et sud-est (sud: dan, guro, tura, yaure, mano, wan, mwa, beng, gban; est: san, bisa, busa + boko + bokobaru, kyenga, shanga).

Les langues [modifier]

Répartition géographique [modifier]

Les langues mandées sont parlées dans les pays suivants :

Écriture [modifier]

L’écriture n’ko, développée par Souleymane Kante pour les langues mandé, est largement utilisée en Guinée, mais aussi dans les autres pays ayant une population mandingue importante[5].

L'écriture winanckôkrousè, très peu connue, a été développée par l'Ivoirien Dr. Souleymane Chérif alias Dr. Biyayaibe Nbasolômon Bamba. Le Winanckôkrousè est aussi adaptable à toute langue africaine[6].

Liens externes [modifier]

Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Delafosse, Maurice (1901) Essai de manuel pratique de la langue mandé ou mandingue. Paris, Leroux, 304 p.
  • Delafosse, Maurice (1904), Vocabulaires comparatifs de plus de soixante langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes, avec des notes linguistiques et ethnologiques. Paris, Leroux. 285 p.
  • Greenberg, Joseph H. (1963), The Languages of Africa, International Journal of American Linguistics, 29, 1, part 2.
  • Greenberg, Joseph H. (1966), The Languages of Africa (2nd ed. avec additions et corrections), Bloomington, Indiana University.
  • Nazam HALAOUI, Kalilou TERA, Monique TRABI (1983) Atlas des langues mandé-sud de Côte d'Ivoire, Abidjan, ACCT-ILA.
  • Vydrin, Valentin, On the problem of the Proto-Mande homeland, Вопросы языкового родства – Journal of Language Relationship, 1, 2009, pp. 107-142.
  • Welmers, William E.(1971), Niger-Congo, Mande. In Linguistics in Sub-Saharan Africa (Current Trends in Linguistics,7), Thomas A. Sebeok, Jade Berry, Joseph H. Greenberg et al. (eds.), 113–140, The Hague, Mouton.

Notes et références [modifier]

  1. [1] Valentin Vydrin. On the problem of the Proto-Mande homeland // Вопросы языкового родства – Journal of Language Relationship 1, 2009, pp. 107-142.
  2. [2] « Le Marka dans l'ensemble dialectal mandingue » de Mohamadou Diallo
  3. [3] Langues mandé sur la page web du Musée d'Anthropologie et d'Ethnographie, St. Petersbourg
  4. [4] Système alphabétique de la langue ligbi
  5. Son inventeur a publié une vingtaine d'ouvrages en n'ko (mandén fodoba-kan), notamment un dictionnaire de 6000 mots et des livres d'histoire mais aussi des livres de sciences.
  6. The mandingo academy.