Langues du Maroc
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| Langues du Maroc | |
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| Langues officielles | Arabe (80-90 %) Berbère (40-60 %) |
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| Langues liturgiques | Arabe (Islam) Hébreu (Judaïsme) |
| Langues étrangères | Français (32 %) Espagnol (21 %) Anglais (14 %) |
Le Maroc compte deux langues officielles : l'arabe et le berbère[1]. Chacune des deux langues est parlée sous différentes formes dialectales, alors que l'arabe classique est la langue administrative et que le berbère ne possède pas de forme unifiée.
D'autres langues comme le français, et dans une moindre mesure, l'espagnol, sont aussi très présents au Maroc, tandis que l'anglais gagne du terrain dans le monde des affaires et des échanges internationaux.
Sommaire |
Histoire [modifier]
Ère pré-islamique [modifier]
Introduite depuis au moins 5000 ans, le berbère est la langue la plus ancienne attestée au Maroc[2]. Le long de la période pré-islamique, d'autres langues ont été introduites par les conquérants au sein des territoires qu'ils ont contrôlés, tel le phénicien par les Phéniciens et les Carthaginois et le latin par les Romains, ces langues ont cependant disparu du territoire et n'ont pas influencé les parlers locaux.
D'autres populations, notamment des Juifs et des Noirs, sont attestées dans la région pendant l'ère pré-islamique[3]. Les Juifsétablis dans le Sud marocain, ont adopté la langue berbère, gardant cependant une connaissance de l'hébreu en tant que langue liturgique. Les Noirs de la région, désignés en tant que Kouchites par des manuscrits hébreux, forment selon ces manuscrits la majorité de la population de la vallée du Draâ jusqu'au Ve siècle. Berbérophones, ils seraient les ascendants d'une partie de la population noire actuelle de la Vallée.
Islamisation et « première arabisation » [modifier]
Invasions hilaliennes et « seconde arabisation » [modifier]
Évolutions pendant l'ère « classique » [modifier]
Situation linguistique actuelle [modifier]
Parlers arabes [modifier]
Parlers non-hilaliens [modifier]
- parlers montagnards[4],[5] :
- parlers citadins (fortement influencés par l'arabe andalou)[6],[4] :
- parlers citadins « purs » (vieux parlers de Fès, Rabat, Salé, Tétouan, Taza, Zerhoun)[6],[7] ;
- parlers citadins influencés par les parlers bédouins (vieux parlers de Marrakech, Meknes) ;
- parlers citadins influencés par les parlers montagnards (vieux parlers de Tanger, Ouezzane, Chefchaouen, Asilah, Larache, Ksar el Kebir) ;
- parlers judéo-marocains[8].
Parlers hilaliens et maqiliens [modifier]
- parlers hilaliens et maqiliens des plaines occidentales : Doukkala, Abda, Chaouia, Gharb[9]
- parlers hilaliens des plateaux orientaux : parlers hilaliens, parlés à Oujda et dans une partie de la région orientale[10],[11]
- koinès urbaines, résultantes des mouvements d'exode rural vers les villes au XXe siècle[6]
- parlers sahariens (maqiliens)[12],[13]
Parlers berbères [modifier]
Parlers masmoudiens et sanhajiens [modifier]
Les parlers masmoudiens et sanhajiens sont les plus parlés au Maroc, principalement dans le Souss, l'Atlas et les plaines avoisinantes, ainsi que sur le versant occidental du Rif[14]:
- le chleuh (inclut le judéo-berbère), au sud du Maroc ;
- le tamazight du Maroc central ;
- le senhaji de Srayr (en), dans la région de Ketama ;
- le ghomari (en), dans le nord-ouest du Rif ;
Parlers zénètes [modifier]
On trouve au Maroc plusieurs parlers zénètes, principalement au Nord et dans l'Est du pays:
- le rifain, au nord, dans les montagnes du Rif : inclut les parlers des Beni Snassen ainsi que le parler des Beni Snous au nord-ouest de l'Algérie, bien que ces deux derniers parlers sont parfois considérés comme distincts ;
- les parlers des Ait Seghrouchen (en) et des Ait Warain, bien que mutuellement intelligibles avec le tamazight[15] ;
- le chleuh de Figuig et des ksours longeant la frontière algéro-marocaine ;
Autres langues [modifier]
Français [modifier]
Anglais [modifier]
Espagnol [modifier]
Historique [modifier]
L'introduction de la langue espagnole au Maroc est attestée dès le début de l'afflux des réfugiés andalous, à la suite de l'avancée chrétienne en Al-Andalus. La présence de la langue espagnole est renforcée par l'afflux des Sépharades puis des Morisques, en grande partie hispanophones.
La langue castillane exercera une grande influence sur les parlers arabes citadins et juifs, demeurera parlée par une partie des descendants des Morisques en tant que langue maternelle puis que seconde langue après leur adoption de la langue arabe et donnera naissance au haketia, dialecte judéo-espagnol, qui demeure parlé par une partie des Megorashim.
L'espagnol devient une langue de communication de la diplomatie marocaine et du commerce international pendant les siècles qui suivent son introduction.
Au XIXe et XXe siècles, la pénétration coloniale espagnole au nord et au sud du Maroc donne une nouvelle impulsion à l'espagnol.
Castillan [modifier]
Au Maroc, le castillan est parlé par plus de 5 millions de personnes[16], dont 20 000 en tant que langue maternelle[17].
Haketia [modifier]
Hébreu [modifier]
Dispositions constitutionnelles et légales [modifier]
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
Références [modifier]
- Constitution, Art.5 [1]
- http://www.rdh50.ma/fr/pdf/contributions/GT9-5.pdf
- http://siteresources.worldbank.org/DEC/Resources/16678_Zainabi.pdf
- S. Levy, EDNA n°1, Reperes pour une histoire linguistique du Maroc (1996), pp.127-137 [2]
- L. Messaoudi, EDNA n°1 (1996), Notes sur l'affriquée G dans le parler des Jbala, pp.167-176 [3]
- L. Messaoudi, Cahiers de Sociolinguistique n°6 (2001), Variations linguistiques: images urbaines et sociales, pp.87-98 [4]
- M. Elhimer, Cahiers de Sociolinguistique n°6 (2001), Variations linguistiques, images urbaines et sociales, pp.129-143 [5]
- H. Zafrani, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée n°4 (1967), Les langues juives du Maroc, pp.175-188 [6]
- A. Bernard & P. Moussard, Annales de Géographie n°183 (1924), Arabophones et berbérophones au Maroc, pp.267-282
- S. Elbaz, Arabica n°28 (1981), La subordination en arabe d'Oujda, pp.333-344
- P. Behnstedt & M. Benabbou, Zeitschrift für arabische Linguistik n°44 (2005), Données nouvelles sur les parlers arabes du Nord-Est marocain, pp. 17-70
- C. Taine-Cheikh, De l'Atlantique à l'Ennedi (Catalogue de l'exposition «Sahara-Sahel»), éd. Centre Culturel Français d'Abidjan (1989), Les langues parlées au sud Sahara et au nord Sahel pp.155-173
- C. Taine-Cheikh, Peuples méditerranéens n°79 (1997), Les hassanophones du Maroc. Entre affirmation de soi et autoreniement, p.158
- W. Cline, Berber Dialects and Berber Script, dans Southwestern Journal of Anthropology Vol. 9, No. 3 (1953), pp. 268-276
- Edmond Destaing, "Essai de classification des dialectes berbères du Maroc", Études et Documents Berbère, 19-20, 2001-2002 (1915) [7]
- Selon une étude du CIDOB datant de 2005, 21,6 % de la population marocaine parle espagnol [8], [9]
- url=http://www.ethnologue.com/show_country.asp?name=MA
Voir aussi [modifier]
Article connexe [modifier]
Lien externe [modifier]
- (en) Languages of Morocco, sur www.ethnologue.com, SIL International