Langues en Angola

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Langues en Angola
Langues officielles Portugais
Langues nationales Kikongo, kimbundu, tchokwé, oumboundou, mbunda (en), kuanyama

Le portugais est la langue officielle de l'Angola. Mais le pays compte environ deux dizaines de langues nationales dont six majeures : le kikongo, le kimbundu, le tchokwé, l'oumboundou, le mbunda (en) et le kuanyama ou oshikwanyama.

La langue officielle le portugais[modifier | modifier le code]

L'adoption de la langue de l'ancien colonisateur comme langue officielle fit partie d'un processus commun à une majorité de pays africains. Notons en Angola le fait peu courant qu'une partie de la population n'a comme unique langue celle héritée du Portugal.

Les raisons à cela sont nombreuses. La principale est l'implantation par le régime colonial portugais d'une politique d'assimilation qui visait à adopter les rites et coutumes portugaises considérées comme civilisées. De plus, un grand nombre de colons s'est dispersé à travers le pays au cours des déploiements militaires successifs portugais.

L'adoption de la langue portugaise a permis la propagation de l'émancipation. Principalement à partir de la moitié du XXe siècle, cette langue a facilité la communication entre les différentes ethnies. La guerre coloniale a été une période fondamentale de l'expansion de l'idée de conscience nationale angolaise. D'instrument de domination et de clivage entre colons et colonisés, le portugais acquit un caractère unificateur entre les peuples angolais.

Avec l'indépendance en 1975 et l'intensification de la guerre civile dans les années qui suivirent, il y a eu aussi une expansion en raison de la fuite des populations rurales vers les villes et en particulier Luanda. Le déracinement culturel a forcé ces populations à adopter rapidement le portugais.

L'État a renforcé la présence du portugais, utilisé dans l'armée, le système administratif, le système scolaire, les moyens de communication, etc.

Officiellement le gouvernement déclare défendre les langues nationales mais dans la pratique il tend à valoriser tout ce qui favorise l'unification au détriment des dialectes régionaux et ethniques.

Les langues nationales restent les langues maternelles de la majorité de la population. Mais le portugais est la première langue pour 39 % de la population angolaise[1],[2] - proportion qui est bien supérieure à Luanda. 60 % des Angolais affirment l'utiliser comme première ou seconde langue. Le dernier recensement datant de 1970, ces chiffres sont des estimations qui font polémique, il faudra attendre la publication des résultats du recensement national de 2014 pour avoir des chiffres précis.

Langue officiel et de l'enseignement, le portugais est en permanente mutation. Les interférences linguistiques avec les langues nationales génèrent l'apparition de nouveaux mots et de nouvelles expressions découlant du génie inventif populaire.

La langue littéraire est quasi exclusivement le portugais même si quelques œuvres en kimbundu et oumboundou existent.

Les langues nationales[modifier | modifier le code]

L'écrasante majorité des Angolais (près de 90 %) est d'origine bantoue.

Le principal groupe ethnique bantou est celui des ovimbundos qui se concentrent dans centre sud de l'Angola et s'exprime traditionnellement en oumboundou, la langue avec le plus de locuteurs en Angola.

À côté, les Ambundos, parlant le kimbundu, la seconde langue nationale en nombre de locuteurs, s'établit principalement dans la zone centre nord, dans l'axe Luanda-Malanje et dans le Quanza-Sud. Le kimbundu est une langue d'importance car c'est la langue de la capitale et de l'ancien règne des N'gola. Il a laissé de nombreux mots dans la langue portugaise et a assimilé de nombreux vocables de cette dernière.

Dans le nord (provinces de Uíge et de Zaire) se concentrent les bacongos de langue kikongo qui comprend divers dialectes. C'était la langue de l'ancien royaume du Congo.

Les tchokwes occupent l'est, depuis la Lunda nord jusqu'au Moxico, et parlent le tchokwe.

Le kuanyama ou oxikwanyama, le nyaneka et le mbunda sont d'autres langues d'origine bantoue parlées en Angola.

Le sud de l'Angola est aussi habité par les bosquímanos, peuple non bantou qui parle des langues khoïsanes.

Enfin près de 3 % de la population actuelle est blanche majoritairement d'origine portugaise ou métisse. C'est une population présente surtout dans les villes et qui a pour langue maternelle le portugais. Citons l'existence d'un grand nombre de personnes parlant le français et le lingala, liée aux migrations générées par la lutte pour la libération et les affinités avec les voisins venant de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo.

Promotion des langues nationales[modifier | modifier le code]

Durant la période coloniale, l'usage des langues nationales était circonscrit à l'enseignement du catholicisme. Par conséquent, la langue portugaise n'a pas réussi à s'implanter dans tout le territoire. Les zones rurales ont conservé intactes leur idiome.

Avec l'indépendance, ces langues acquirent un statut de langues nationales à pied d'égalité avec le portugais.

En vue de valoriser et de promouvoir ces langues locales, l'Institut des Langues Nationales a fixé les orthographes de 6 langues en étudiant leurs aspects phonétiques, morphosynthaxiques, phonologiques, lexicaux et sémantiques[3]. Les résultats de ce travail d'investigation servirent de base à l'élaboration de matériel didactique pour la future introduction de ces langues à l'école primaire en parallèle du portugais.

Dans les médias les langues africaines sont aussi utilisées, par exemple à la radio Ngola Yetu (Notre Angola, en kimbundu) qui émet quotidiennement programmes et nouvelles en 7 langues nationales.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • FERNANDES, João, e NTONDO, Zavoni (2002). Angola: Povos e Línguas, Luanda, Editorial Nzila.
  • HENDERSON, Lawrence W. (1990). A igreja em Angola. Lisboa, Editorial Além-Mar.
  • LUKOMBO, João Baptista (1997). "Comunidades e instituições comunitárias em Angola na perspectiva do pós-guerra: o caso das populações de origem Bakongo regressados da ex-República do Zaire e fixadas no tecido periurbano luandense". Ngola: Revista de Estudos Sociais. Vol.I, n.º1. Luanda, Associação dos Antropólogos e Sociólogos de Angola, pp. 251-278.
  • MANIACKY, Jacky (2003). Tonologie du ngangela, variété de Menongue (Angola). München: Lincom. 240p.
  • MARQUES, Irene Guerra (1985). Algumas Considerações sobre a Problemática Linguística em Angola, Luanda, INALD.
  • PEREIRA, Luena Nascimento Nunes (1999). Os regressados na cidade de Luanda: um estudo sobre identidade étnica e nacional em Angola. Dissertação de mestrado em Antropologia Social. Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas da Universidade de São Paulo.
  • PEREIRA, Luena Nascimento Nunes (2004). Os Bakongo de Angola: religião, política e parentesco num bairro de Luanda. Tese de Doutorado em Antropologia Social. Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas da Universidade de São Paulo.
  • REDINHA, José (1984). Distribuição Étnica de Angola, 8.ª ed., Luanda, Centro de Informação e Turismo de Angola.
  • UNICEF (2001). Um futuro de esperança para as crianças de Angola: Uma análise da situação da criança. Luanda, Unicef / República de Angola.
  • VIEGAS, Fátima (1999). Angola e as religiões. Luanda.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://poing.me/layar/Colombia/brochuranoCrop.pdf
  2. http://www.ethnologue.com/country/AO/languages
  3. Diarra, Boubacar (Ed), 1987. Alfabetos das línguas kikoongo, kimbundu, umbundu, cokwe, mbunda, oxikwanyama.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]