Langues en Algérie

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Langues en Algérie
Langues officielles Arabe littéral
Langues principales Arabe algérien, langues berbères
Langues nationales Langues berbères
Principales langues étrangères Français
Pancarte de bienvenue multilingue de la commune des Isser (Boumerdès) transcrit en arabe, en berbère (tifinagh), et en français.

On peut dénombrer plusieurs langues en Algérie.

Arabe[modifier | modifier le code]

La langue officielle de l'Algérie est l’arabe littéral.

Arabe algérien[modifier | modifier le code]

L'arabe algérien (ou darja) est la langue utilisée par la majorité de la population. C'est la principale langue véhiculaire d'Algérie, utilisée par 70 à 90 %[1] de la population.(les statistiques sur bases linguistiques étant interdites en Algérie, il est difficile de donner un chiffre plus précis).

C'est un idiome arabe rattaché au groupe de l'arabe maghrébin, et qui a pour origine lexicale et grammaticale l’arabe principalement, mais aussi d'importants apports du berbère et de manière plus relative de l'espagnol et du français, ainsi l'influence de ces langues diffère d'une région à une autre : on peut citer le arabe bougiote influencé par le turc et le kabyle, l'arabe oranais présentant des mots d'origine ibérique influencé par le zénète, l'arabe tlemcénien, et le Nedromi influencés par l'arabe andalou, l'arabe sétifien influencé par l'arabe irakien. L’accent du pays diffère d'une région à une autre. À titre d'exemple, un Annabi pourrait avoir plus de difficulté à comprendre un Oranais qu'un Algérois et vice versa. Cependant, ce n'est généralement un obstacle pour la communication, l'accent sert plus souvent à reconnaître l'origine régionale du locuteur.

Du fait des mouvements profonds qu'a connus la population depuis l'indépendance, une variété standard de cette langue a tendance à émerger, amplifiée par la musique populaire et les séries télévisées. À cet arabe algérien qu’on a tendance à appeler arabe par extension s’ajoute des dialectes locaux, qu'ils soient berbères ou arabes.

Autres dialectes arabes[modifier | modifier le code]

Dans le Sahara, on atteste d'autres dialectes bédouins plus conservateurs, regroupés sous le nom "Arabe saharien" ou l'arabe algérien du Sahara[2]; en outre, les nombreux sahraouis réfugiés à Tindouf parlent l'arabe hassaniya.

La plupart des Juifs d'Algérie parlaient des dialectes de la langue arabe spécifiques à leur communauté, collectivement appelées judéo-arabe ; cependant, la plupart communiquaient en français durant la période coloniale, bien avant l'indépendance.

Berbère[modifier | modifier le code]

Les îlot berbérophones en Algérie occidentale.

Le 10 avril 2002, une révision de la constitution algérienne ajouta l'article 3bis, reconnaissant le « tamazight » comme langue nationale[3].

La langue berbère (Tamazight) est composée de plusieurs langues différentes ou dialectes dans le pays, dont les plus importantes et par ordre alphabétique sont :

  • Kabyle (taqbaylit) : est parlé principalement en Kabylie (région du centre-est de l'Algérie), le nombre de locuteurs est estimé à plus de 5 millions en Kabylie et dans l'Algérois[4], c'est la première langue au nombre de locuteurs berbèrophones dans le pays. Il se présente sous la forme de quatre zones dialectales.
Pourcentage de Berberophones dans chaque wilaya en 1966
  • Chaoui (tachawit) : le chaoui appartient au groupe zénète[5],[6], cette langue est parlée par les Chaouis, habitants des Aurès et ses régions attenantes en Algérie. C'est la deuxième langue berbère la plus parlée en Algérie.
  • Le Kabyle extrême occidental (tassahlit) se différencie nettement du kabyle de grande Kabyle (kabyle des Igawawen), il forme un continuum linguistique entre le kabyle et le chaoui.
  • Mozabite (Tumzabt) : c'est la langue vernaculaire dans la vallée du Mzab (au sud de l'Atlas saharien), parlé par plus de 200 000 locuteurs.
  • La variante algérienne et libyenne du touareg (tamajaq, appelé localement tahaggart dans le Hoggar) : elle est parlé dans l'extrême sud du pays, en particulier dans le massif du Hoggar et le tassili n'Ajjer.

Jusqu’en 1936, des îlots berbérophones ont continué d'exister à travers toute l'Algérie ; dans l'Oranie (Mascara, Mostaganem), dans le Chélif (Chlef, Khemis Miliana), dans la plaine de Annaba (Chétaïbi) , celle de Sétif (El Eulma) ou encore la Mitidja (El-Affroun, Bourkika, Hadjout, Beni Merad)[8].

L'Algérie compte environ 30 % à 40 % de berbérophones — selon le professeur Salem Chaker, de l'INALCO[9].

Français[modifier | modifier le code]

Selon l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), le « nombre de personnes âgées de cinq ans et plus déclarant savoir lire et écrire le français, d'après les données du recensement de 2008 communiquées par l'Office national des statistiques d'Algérie », est de 11,2 millions[10]. Cela représente un tiers des 34,4 millions d'Algériens, et plus en termes de pourcentage en excluant les moins de 5 ans (qui en Algérie ne sont pas encore scolarisés).

L'Algérie, bien que non membre de l'Organisation internationale de la francophonie, reste citée en 2012 comme le deuxième pays francophone dans le monde, après la France, avec près de 16 millions de locuteurs[11]. Il s'agit là d'une convention, voire d'un lieu commun, considérant que, en l'absence de chiffres précis, un autre pays peut aussi prétendre au « titre ». L'Algérie comme « second pays francophone dans le monde après la France » sert en général à mettre en relief son absence de l'OIF.[réf. nécessaire]

Selon un sondage publié par l'institut Abassa, 60 % des foyers algériens comprennent et/ou pratiquent le français[12] et selon une étude du conseil supérieur de l'enseignement, 70 % des parents d'élèves souhaitent que leurs enfants apprennent le français[13].Pour Jacques Attali, la proportion de Francophones serait plus importante.

En Algérie il y a 111 000 personnes qui ont le français pour langue maternelle, pour la plupart des descendants de Pieds-Noirs[14].

Espagnol[modifier | modifier le code]

La langue espagnole est surtout présente dans l’Ouest du pays, en effet cette région a subi une forte influence espagnole attestée dans la variété oranaise de l’arabe algérien. Son développement s’explique par des facteurs sociaux et économiques ainsi que la proximité géographique avec l’Espagne et les brassages des populations qui ont permis les phénomènes des emprunts linguistiques et l’engouement des Oranais pour l’apprentissage de cette langue[15].

Autres[modifier | modifier le code]

Les langues étrangères comme l'anglais, l'espagnol, le russe et l'allemand sont enseignées dans les écoles et aux universités. Plusieurs réformes des différents gouvernements ont apporté des rectifications dans le volume horaire à enseigner[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  2. (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue
  3. Abdelaziz Bouteflika, « Loi n° 02-03 du 27 Moharram 1423 correspondant au 10 avril 2002 portant révision constitutionnelle »,‎ 2002
  4. (fr) - « Langue et littérature berbères », article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco, et directeur du Centre de Recherche Berbère.
  5. DIELEMAN F. 1994 – Esquisse de description de la langue berbère chaouïa : variations lexicales et phonétiques et investigation sociolinguistique
  6. GUEDJIBA A.2000 – Description morphosyntaxique du parler des At Bouslimane du Zalatou
  7. a et b Gilles Manceron, Farid Aïssani, Algérie: comprendre la crise, Editions Complexe, coll. « Interventions », 1999 (ISBN 978-2870276617), page 157
  8. Ahmed Amiri « Mythes et réalités d'une logique de mutation de la société algérienne », Sud/Nord 1/2001 (no 14), p. 123-134.
  9. (fr) « Langue et littérature berbères », article de Salem Chaker, professeur de berbère à l'Inalco et directeur du Centre de recherche berbère.
  10. Organisation internationale de la francophonie, La langue française dans le monde 2010, Nathan, 2010 (ISBN 978-2-09-882407-2), p. 9.
  11. Délégation générale à la langue française et aux langues de France, « Références 2012 : la langue française dans le monde », 2012 (ISSN 1958-525X), p. 3.
  12. Où va l'Algérie By Ahmed Mahiou, Jean-Robert Henry, p286
  13. Où va l'Algérie By Ahmed Mahiou, Jean-Robert Henry,p284
  14. http://www.ethnologue.com/show_country.asp?name=DZ dans ethnologue.com
  15. Le Français en Algérie: lexique et dynamique des langues, par Ambroise Queffélec, p:38,39.
  16. Langues étrangères en Algérie : Enjeux démocratiques, Lakhder Baraka, Sidi, Mohamed, 2002, page 6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]