Langues bamiléké

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Bamiléké
spécifique
Pays Cameroun
Région Région de l'Ouest
Nombre de locuteurs 3 millions[réf. nécessaire]
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-2 bai
ISO 639-5 bai
IETF bai
Linguasphère 99-AGE-c à 99-AGE-h

Stricto sensu, il n'existe plus une langue bamiléké, mais des langues ou dialectes bamiléké.

Selon le linguiste Dieudonné Toukam, historiquement, le proto-bamiléké, langue unique du peuple du même nom, disparaît peu à peu au profit d'un « bamiléké-bafoussam » et du bamoun, au lendemain de la mort du dernier souverain bamiléké, du nom de Ndéh, qui meurt dans la région tikar (Mbankim) vers 1350-1360 (XIVe siècle ap. J.-C.).

Du bamiléké-bafoussam naitront plusieurs dialectes et sous-dialectes bamiléké, qui constitutent les groupes dialectaux connus aujourd'hui (gham'a-lah, ngomba, medumba, fè-fèè, yembaa). Le bamiléké-bafoussam reste aujourd'hui la langue principale de la grande division Mifi, Ouest Cameroun, alors que le medumba, par exemple, melting pot dialectal des variantes bamiléké du département du Ndé, fait l'unanimité en matière d'unicité linguistiquemelting pot dialectal des variantes bamiléké du département du Ndé, fait l'unanimité en matière d'unicité linguistique[réf. nécessaire] pour le département en question.

Les Bamilékés, selon des estimations récentes, seraient plus de 7 millions (y compris les Bamoun)[réf. nécessaire] : près de 3 millions originaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest camerounais (régions anglophones); plus d'un million également en diaspora et près de 3 millions hors des régions originellement bamiléké du Cameroun [réf. nécessaire].

Langues et classifications[modifier | modifier le code]

La classification de SIL International[réf. à confirmer] identifie 11 groupes de dialectes bamiléké différents :

En fait, il s'agit bien de groupes (sous-groupes) dialectaux bamiléké, les dialectes proprement dits se comptant par dizaines en pays bamiléké. Pour des besoins de recherche et d'étude, les linguistes les ont classés en groupes (même si de graves confusions persistent).

Les travaux de Dieudonné Toukam, auteur de « Parlons bamiléké » (Paris, L’Harmattan, 2008) ont quelque peu battu en brèche ceux de SIL et ne reconnaissent que cinq sous-groupes linguistiques bamiléké : le gham'a-lah (synonyme de ghomala') dans le grand département de la Mifi; le medumba, qui englobe les 14 sous-variantes dialectales du département du Ndé; le yemba, dans la Menoua; le fè-fèè dans le Haut-Nkam; et le Ngomba'a dans les Bamboutos. Historiquement, il est admis que le bamoun est une langue bamiléké, la deuxième née (après le bamiléké-bafoussam) de la défunte langue bamiléké qui s'est disloquée à partir du XVe siècle, consécutivement à la division des Bamiléké en région tikar (région actuelle de Banyo, Mbankim…). NB : Traditionnellement les termes « Bamiléké » ou « bamiléké » reste invariable en genre et en nombre.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon le linguiste Dieudonné Toukam, les Bamiléké seraient des descendants des Baladis, un peuple ayant ses origines dans l'actuel territoire de l'Égypte. Les Bamiléké sont communément qualifiés de « semi-bantous ».

Sources: Dieudonné Toukam, « Parlons bamiléké » (L’Harmattan, 2008)et Dieudonné Toukam, « Peuples bamiléké et bafoussam. Des repères historiques et culturels » (chez le même éditeur, 2009).

Il existe cinq sous-groupes dialectaux bamiléké: le ghom'a-lah (grande Mifi); le medumba (département du Ndé); le fè-fèè (Haut-Nkam); le yemba (Menoua) et le ngombaa (Bamboutos). Les conclusions des travaux de Ethnologue et de SIL semblent dépassées en la matière[12].

Note sur la grammaire[modifier | modifier le code]

La langue bamiléké-bafoussam possède presque tous les modes de conjugaison classiques : l’indicatif, le subjonctif, le conditionnel, l’impératif et le participe. Le mode indicatif possède neuf temps, qui sont : le présent (de l’indicatif), le passé immédiat, le passé récent, le parfait, l’imparfait, le plus-que-parfait, le futur immédiat, le futur proche et le futur lointain. « O go kouong’é » (littéralement traduit : tu vas aimer, tu aimeras [à un moment très proche]) est l’un des trois futurs de l’indicatif en bafoussam. Il s’agit du futur immédiat, les deux autres étant le futur proche (« O ti kouong’é ») et le futur lointain (« O lah kouong’é »). Pour rappel, l’infinitif des verbes porte toujours la particule « né » : né kouong = aimer) [12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 260 000 personnes, 1982, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  2. 124 000 personnes, 1982, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  3. 10 000 personnes, 1990, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  4. 300 000 personnes, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  5. 210 000 personnes, 1991, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  6. 2 000 personnes, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  7. 73 000 personnes, 2001, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  8. 20 000 personnes, 1993, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  9. 100 000, 1987, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  10. 63 000 personnes, 1999, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  11. 45 000 personnes, 1993, (en) Fiche langue, dans la base de données linguistique Ethnologue[réf. à confirmer]
  12. a et b Extrait de : Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké. Langue et culture de Bafoussam, Paris, L'Harmattan, 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. B. Ngangoum, Grammèr ghë nglafi fe'fe' : éléments de grammaire bamiléké, Abbaye Sainte-Marie de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban, France, 1960, 54 p.
  • Dieudonné Toukam, Parlons bamiléké, Paris, L’Harmattan, 2008, 256 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]