Lancel

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Lancel Paris

alt=Description de l'image LANCEL logoS13 8004C.png.
Création 1876
Fondateurs Angèle Lancel
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction Marianne Romestain
Activité Maroquinerie de luxe
Produits Maroquinerie, bagages et accessoires
Société mère Richemont.
Site web www.lancel.com

Lancel est le nom d'une maison de maroquinerie fondée à Paris en 1876 par Angèle Lancel, puis développé par son fils Albert Lancel, et ses deux petites filles jusqu'en 1997.

La Maison Lancel a conçu et fait fabriquer par des artisans français, de l'orfèvrerie, des pendules, des réveils, des accessoires et des bagages en maroquinerie, des briquets, des lunettes, des baromètres, des ciseaux, des sacs à mains, des lampes, des accessoires de table, etc.

La Maison Lancel est restée propriété de la même famille jusqu'en 1997, date à laquelle elle a été rachetée par le groupe financier Richemont qui exploite sa marque au niveau international. Sa production, qui a été délocalisée en Extrême-orient, est étudiée selon les critères du marketing pour se positionner dans le marché mondial du luxe.

La Maison Lancel a cessé d'éparpiller sa production en de nombreuses gammes, pour conserver cinq lignes de produits : la maroquinerie femme, en particulier les sacs à mains, la maroquinerie homme, les accessoires de voyage, les boîtes (Daligramme). Sa production beaucoup plus ordinaire, veut répondre à une demande de masse, tout en conservant une image de luxe qui justifie des prix élevés. Aussi fait-elle la promotion de ses sacs à mains en les associant à des noms d'actrices françaises de renommée internationale comme Isabelle Adjani ou Brigitte Bardot.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Les Origines[modifier | modifier le code]

Art deco.jpg

C’est dans l’effervescence du Paris de la Belle Époque, portée par le foisonnement artistique du quartier de L’Opéra, qu’Angèle Lancel, authentique femme de tête, visionnaire et audacieuse, fonde la Maison Lancel[1].

En 1876, Angèle et son époux Alphonse créent une petite fabrique de pipes et d’articles pour fumeurs, 20 passage des Petites-Écuries, avant d’ouvrir en 1879, 17 boulevard poissonnière, une boutique d’articles précieux, « Au Phénix ». Les bourgeoises, les demi-mondaines, les cocottes et autres vedettes de music-hall se précipitaient « Au Phénix » pour acquérir leur nécessaire à fumer ainsi que les tout premiers sacs à mains, pochettes et aumônières, bravant les interdits d’une société encore corsetée[2]. Dans les années 1900, la Maison Lancel possédait à Paris une dizaine de boutiques[3] nommées « Au Sphinx », « Au Phénix », « À l’inénarrable », « À l’indomptable ».

L’essor de la petite entreprise familiale[modifier | modifier le code]

Angèle Lancel développe rapidement son négoce de détail ouvrant des boutiques en province, mais c’est son fils, Albert Lancel, qui transformera véritablement la modeste entreprise familiale en prospère maison de maroquinerie, sans jamais trahir l’esprit de sa fondatrice[3].

Albert Lancel rassasie la soif de nouveauté et de fantaisie des parisiennes des Années Folles, transformant le sac à main, objet de statut social, en accessoire intime et complice des femmes. En 1927, la Maison Lancel créé un modèle de sacs qui est devenu mythique et qui a marqué l’histoire de la maison, inspirant une partie des collections ultérieures : le Sac Seau[4].

Porté par l’élan moderniste, Albert Lancel conçoit des produits révolutionnaires tels que le Sac-Parapluie (1928), et les fameux briquets automatiques Allumette, Excelsior et Royal, qui ne salissent « ni les doigts ni le gant »[5],[3] et grâce auxquels il remporta le Grand Prix de l’Exposition international des arts et techniques en 1937. Dès les années 1930 et le lancement de la Malle Aviona, Lancel cultive un art de l’escapade, qui est encore prégnant de nos jours dans son offre de bagages.

Époque Contemporaine[modifier | modifier le code]

À la mort d’Albert Lancel en 1960, ses deux filles et ses deux gendres, Messieurs Devouge et Champagne, lui succèdent. Ils mènent à bien l’expansion internationale de la Maison grâce à une alliance, en 1972, avec les frères Zorbibe. En 1987, le Sac Seau est réédité sous le nom d’Elsa de Lancel[6] ; il deviendra une pièce majeure de l'entreprise[3].

En 1997, la marque intègre le groupe de luxe groupe financier Richemont, spécialisé dans l'industrie du luxe.

En 2006, Lancel réinvente le Sac Seau, auquel il donne le nom de Premier Flirt. Lancel commence à recentrer à cette époque son activité sur le secteur de la maroquinerie haut de gamme[7] proposant une large gamme de sacs à mains, portefeuilles, valises, sacs de voyage, et porte-documents, ainsi qu’une ligne de maroquinerie pour homme.

La Maison Lancel est aujourd’hui présidée par Marc Lelandais[8] , et depuis 2009, un nouveau directeur artistique, Leonello Borghi s'occupe des collections. En 2010, Lancel créa le B.Bardot, fruit d’une étroite collaboration avec l’actrice mythique[9]. En 2011, la Maison lance une nouvelle collection, la Collection Daligramme.

Lancel est présente dans les cinq continents et ses produits sont distribués dans plus 3000 boutiques multimarques à travers le monde et 142 points de vente en propre[7]. Malgré tout, la part de l'international dans le chiffre d'affaires ne représente que 20 % de ce dernier[7]. La marque étant rarement bénéficiaire depuis 2003, la cession de Lancel par le groupe Richemont est projetée fin 2013[7] avec que celle-ci ne fasse machine arrière[10].

Lancel et les artistes[modifier | modifier le code]

Fondée dans l’euphorie créative des Grands-Boulevards parisiens, la Maison Lancel noue, dès ses origines, des relations privilégiées avec le milieu artistique. Arletty, Mistinguett, Édith Piaf, Maurice Chevalier, Joséphine Baker, Bourvil, pour ne citer qu’eux, ne jurent que par Lancel[5]. Plus tard, la Maison Lancel collabore étroitement avec des artistes qui créèrent chacun un sac qui leur ressemble : Salvador Dalí réalise conjointement avec Lancel, en 1970, un sac de collection, Le Dalí, à partir d’un graphisme unique, « le Daligramme », qu’il avait dessiné pour sa femme et muse Gala en gage de son amour.

Isabelle Adjani, imagine en partenariat avec la marque Lancel en 2008, le sac décliné en plusieurs cuirs, un sac suffisamment grand pour pouvoir recueillir les scripts sans les froisser[réf. souhaitée]. Enfin, Brigitte Bardot, dessine un sac respectueux de l’environnement, conçu à partir de matières recyclables, et porteur de son combat pour la protection des animaux.

Création[modifier | modifier le code]

Créations emblématiques[réf. nécessaire][modifier | modifier le code]

Rétrospective :

1900 : L’Irrévérencieuse, Le Chinois

1910 : L’Aumônière, Le Quadrille, Le Galuchat, Le Drapé

1920 : Le Nouille, La Parisienne, Le Parapluie

1930 : Le Python, Le Berlioz, Le Magnifique, Les Merveilleuses, Le Misérable, La Croqueuse

1940 : Le Parfait, Le Sac à Malice, L’Amoureuse

1950 : Le Balancé, La Mystérieuse, Le Secret, La Doctoresse

1960 : Le Poudrier, Le Boudoir, L’Idéal, Le Fox-Trot, Le Boomerang, Le Balancel

1970 : L’Etrier, Le Dali

1980 : Elsa[6],[3]

Plus récemment, Lancel a créé des modèles devenus iconiques[réf. nécessaire] : le Premier Flirt (2006), l’Adjani (2008) et le B.Bardot (2010), la Collection Daligramme (2011), le L[3] (2013).

Boutiques[modifier | modifier le code]

Boutiques phares[modifier | modifier le code]

Lancel boutique Stoleshnikov.jpg

La boutique de la place de l’Opéra, qui est devenu le principal point de vente de la Maison Lancel. La boutique d’inspiration Art Déco, conçue par Lefranc[Qui ?] en 1927, avait subjugué le Tout-Paris à l’époque[réf. souhaitée] par sa modernité, son esthétique et son prodige technique. Dès lors, Lancel a mis un point d’honneur à concevoir des boutiques innovantes[5]. En 2006, Lancel a ouvert une boutique de 750 m2 en haut de l'avenue des Champs-Élysées, à deux pas de la place de l’étoile. En 2011, Lancel a inauguré sa plus grande boutique à l’étranger dans le quartier de Stoleshnikov à Moscou[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lancel », sur tendances-de-mode.com,‎ 1 août 2008 (consulté le 23 septembre 2013)
  2. Lancel, la maroquinerie de luxe, femmezine.fr,[réf. insuffisante]
  3. a, b, c, d, e et f Marta Represa, « Lancel en 4 dates », L'Express Styles, Groupe l'Express-l'Expansion,‎ 3 avril 2013, p. 14
  4. Laure Pascal, « Seaux pretty », L'Express Styles, Groupe Express, no 3247,‎ 25 septembre 2013, p. 24
  5. a, b et c Florence Müller, Lancel, Éditions du Regard, Paris, 1995.
  6. a et b Brigitte Fitoussi, Lancel, Éditions Assouline, 2001.
  7. a, b, c et d Thiébault Dromard, « Lancel, trop franco-français pour marcher », Challenges, no 358,‎ 26 septembre 2013, p. 38 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont vient de confier un mandat à la banque d'affaires Nomura pour céder sa marque de maroquinerie Lancel. […] sur les dix derniers exercices, Lancel n'a été bénéficiaire que trois fois […] »

  8. Marc Lelandais est nommé Président-Directeur Général de Lancel, Les Échos no 19617 du 2 mars 2006, page 10
  9. Quand Bardot inspire Lancel, Le Figaro-Madame-Style, 12 juin 2010 [réf. insuffisante]
  10. Thiébault Dromard, « Du luxe à trois vitesse : Les valeurs fragilisées, Lancel », Challenges, no 382,‎ 27 mars 2014, p. 26 (ISSN 0751-4417)

    « Le groupe Richemont […] a cherché à vendre ses deux marques à l'automne, avant de se rétracter devant le peu d'intérêt des marchés. […] Structurellement déficitaire, la société paie un réseau de vente inadapté et une image écornée. »

  11. Lancel et son vaisseau moscovite, le Figaro, 04/11[réf. insuffisante]

Liens externes[modifier | modifier le code]