Lamotte-Beuvron
| Lamotte-Beuvron | ||
L'église Sainte-Anne et le monument aux morts |
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Héraldique |
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| Administration | ||
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| Pays | ||
| Région | Centre | |
| Département | Loir-et-Cher | |
| Arrondissement | Romorantin-Lanthenay | |
| Canton | Lamotte-Beuvron (chef-lieu) |
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| Intercommunalité | Communauté de communes Cœur de Sologne | |
| Maire Mandat |
Alain Beignet 2008 - 2014 |
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| Code postal | 41600 | |
| Code commune | 41106 | |
| Démographie | ||
| Population municipale |
4 736 hab. (2010) | |
| Densité | 203 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | ||
| Altitude | Min. 106 m — Max. 146 m | |
| Superficie | 23,34 km2 | |
| Localisation | ||
| Liens | ||
| Site web | lamotte-beuvron.fr | |
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Lamotte-Beuvron est une commune française, située dans le département de Loir-et-Cher et la région Centre.
Sommaire |
Géographie [modifier]
Situation [modifier]
Cette petite ville est située en Sologne sur le Beuvron. La forêt de Lamotte-Beuvron (forêt domaniale s'étendant en fait principalement sur Vouzon) occupe une partie de son territoire. Au début du XXe siècle, on a dit de Lamotte-Beuvron qu'elle était « la capitale de la chasse » en Sologne.
Hydrographie [modifier]
C'est à Lamotte-Beuvron qu'aboutit le canal de la Sauldre construit dans la seconde moitié du XIXe siècle pour amener au cœur de la Sologne la marne de Blancafort (Cher) en vue de l'amélioration de l'agriculture de la région.
Transports [modifier]
La commune est traversée la route nationale 20.
La sortie no 03 (Lamotte-Beuvron) de l’autoroute A71 (Orléans / Clermont-Ferrand), dessert la ville.
La commune dispose sur son territoire de la gare de Lamotte-Beuvron desservie par les trains et autocars des réseaux TER Limousin et TER Centre en direction d'Orléans, de Vierzon ou de Romorantin-Lanthenay.
Les lignes de bus no 5 (Orléans / La Ferté-Saint-Aubin / Lamotte-Beuvron) du réseau Ulys et no 2 (Blois / Chambord / Lamotte-Beuvron) du réseau TLC, desservent la ville.
Communes limitrophes [modifier]
Histoire [modifier]
Jusqu'au début du XIXe siècle Lamotte-Beuvron s'appelle La Mothe-sur-Beuvron. Ce nom rappelle son origine : une motte féodale établie près de la rivière Beuvron (étymologie de Beuvron : « rivière des castors », du mot celtique beber signifiant castor). Un château féodal (dont rien ne subsiste) couronnait cette butte artificielle. Jusqu'au XVIIIe siècle, Lamotte-Beuvron ne fut qu'un hameau de Vouzon, dont le bourg est situé à cinq kilomètres. À l'initiative de ses seigneurs, Anne de Lévis de Ventadour (vers 1660) et surtout de Jacques-Henri de Durfort, maréchal de Duras et de son épouse (fin XVIIe siècle), ce hameau devient d'abord « succursale » de Vouzon en 1692, puis paroisse autonome en 1703, mais cette indépendance ne vaut que pour les affaires religieuses. Par ailleurs, notamment en matière administrative et fiscale, Vouzon et Lamotte constituent une communauté d'habitants unique, celle de Vouzon-Lamotte. Au début de la Révolution, des divergences d'intérêts (principalement fiscaux, longtemps contenus) apparaissent au grand jour. Le 15 février 1790, Lamotte se sépare unilatéralement de Vouzon et élit comme maire Laurent Leroy. Cet état de fait n'est reconnu officiellement que le 20 janvier 1792, par une décision du Conseil général du département qui lui donne le statut de commune.
Le développement de Lamotte-Beuvron est lié à l'abandon progressif au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle de la route d'Orléans à Bourges par Ménestreau-en-Villette, Vouzon et Pierrefitte-sur-Sauldre au profit de la route royale de Paris à Toulouse (l'actuelle RN 20). La mise en service de la ligne de chemin de fer Les Aubrais - Vierzon en 1847 (qui prolonge celle reliant Paris à Orléans fonctionnant depuis 1843) accentue l'avantage de Lamotte par rapport à Vouzon.
Sous le Second Empire, Lamotte-Beuvron doit beaucoup à l'intérêt personnel que l'empereur Napoléon III porte à la localité dont il a acquis le château en 1852. L'empereur y fit construire plusieurs bâtiments dont la mairie actuelle, l'église, ainsi que le canal de la Sauldre reliant la ville à Blancafort.
Entre le 29 janvier 1939 et le 8 février, plus de 3 100 réfugiés espagnols fuyant l'effondrement de la république espagnole devant Franco, arrivent dans le Loir-et-Cher. Devant l'insuffisance des structures d'accueil (les haras de Selles-sur-Cher sont notamment utilisés), 47 villages sont mis à contribution[1], dont Lamotte-Beuvron[2]. Les réfugiés, essentiellement des femmes et des enfants, sont soumis à une quarantaine stricte, vaccinés, le courrier est limité, le ravitaillement, s'il est peu varié et cuisiné à la française, est cependant assuré[3]. Au printemps et à l'été, les réfugiés sont regroupés à Bois-Brûlé (commune de Boisseau)[4].
Administration [modifier]
Histoire administrative [modifier]
À la fin de l'Ancien Régime, Lamotte-Beuvron appartenait à la généralité, à l'élection, à la subdélégation et au grenier à sel d' Orléans. Elle dépendait du bailliage d'Orléans, et on y suivait la coutume de cette même ville. Sur le plan religieux, la paroisse faisait partie du diocèse d'Orléans et de l'archidiaconé de Sully-sur-Loire.
L'arrêté du 3 brumaire an XI (5 octobre 1802) érige Lamotte-Beuvron en chef-lieu de canton en remplacement de Chaumont-sur-Tharonne.
Démographie [modifier]
Évolution démographique [modifier]
En 2010, la commune comptait 4 736 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].
Pyramide des âges [modifier]
La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (29,6 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (26,3 %). À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (52,9 %) est supérieur au taux national (51,6 %).
La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :
- 47,1 % d’hommes (0 à 14 ans = 17,6 %, 15 à 29 ans = 14,7 %, 30 à 44 ans = 20,8 %, 45 à 59 ans = 21,1 %, plus de 60 ans = 25,8 %) ;
- 52,9 % de femmes (0 à 14 ans = 15,4 %, 15 à 29 ans = 14,5 %, 30 à 44 ans = 18 %, 45 à 59 ans = 19 %, plus de 60 ans = 33,1 %).
Économie [modifier]
- Au nord de la ville se situe le site de production de l'entreprise Philips spécialisé dans les luminaires professionnels qui est le plus gros employeur de la commune.
- Au sud de la ville se situe le Parc d'Activité de Sologne qui regroupe les principales entreprises de la commune.
Principales entreprises de la commune par ordre décroissant d'effectifs :
- Philips France : 228
- Institut Medical Les Pins : 137
- Festins De Sologne : 47
- Carrefour Market : 47
- Intermarché : 42
- Danube International : 42
- Usi'plast Sologne : 34
- Synergie Plv : 25
- Bregent : 21
- Tradition Du Terroir De Sologne : 21
Enseignement [modifier]
Lamotte Beuvron est situé dans l'académie d'Orléans-Tours et dans la circonscription de Romorantin. La commune possède une école maternelle publique, une école élémentaire publique et un collège public.
Culture locale et Patrimoine [modifier]
Patrimoine architectural [modifier]
Le château et le Domaine de Saint-Maurice [modifier]
On ne sait rien du château primitif construit sur la motte féodale. La forteresse médiévale lui ayant succédé est remaniée au XIVe siècle. Elle est rasée au XVIIe siècle, quand son propriétaire l'archevêque de Bourges Anne de Lévis de Ventadour décide de faire construire un château de plaisance à son emplacement. Dans son état actuel, le château de Lamotte-Beuvron se compose de trois éléments :
- au centre, une partie construite en 1567 par le seigneur du lieu, Gilbert de Lévis de Ventadour ;
- à gauche, une partie construite au milieu du XVIIe siècle par Anne de Lévis de Ventadour, qui possédait la seigneurie de Vouzon-Lamotte par héritage familial, et non en raison de son titre d'archevêque de Bourges ;
- à droite, une partie construite sous le Second Empire, époque où le domaine appartient à Napoléon III, d'abord à titre personnel, puis comme dotation de la couronne.
Napoléon III veut faire de ce domaine un exemple pour la Sologne sur le plan agricole. Des « fermes modèles » y sont établies et de grandes manifestations agricoles (expositions, démonstrations de matériel moderne) s'y déroulent, notamment en 1858 et 1864.
- Après la chute de l'Empire, le domaine de Lamotte-Beuvron est dévolu au ministère de la Justice, qui y fait établir en 1872 un centre de rééducation pour jeunes délinquants, appelé « Domaine de Saint-Maurice » par son premier directeur, un ecclésiastique. Sous des appellations diverses (la dernière étant celle d'« Internat Professionnel d'Éducation Surveillée »), ce centre fonctionnera jusqu'en 1993.
En 1993, devant la forte progression de ses licenciés, le Poney Club de France Poney cherche un site pour y établir fixement les championnats de France, alors organisés chaque année dans des sites éphémères. Le site de Saint-Maurice, appartenant en partie au ministère de l'agriculture, présente les qualité requises pour accueillir cette manifestation (place disponible, facilité d'accès via l'A71, placé au centre de la France...), qui s'y déroule (entre autres manifestations) chaque année depuis 1994. Après plusieurs années d'un franc succès, le site devient le Parc Équestre Fédéral de la Fédération Française d'Équitation.
La ville de Lamotte-Beuvron dispose alors d'une des infrastructures d'équitation les plus évoluées de France : manèges de 4 000 m², des carrières de saut d'obstacles, un spring-garden, un cross national, cinq rectangles de dressage, des terrains de horse-ball et de polo, un rond d’Avrincourt, plus de 500 boxes permanents, trois parkings, un restaurant de 300 personnes, des salles polyvalentes de réunion, des locaux techniques équipés, un bâtiment administratif de 2200 m², des hébergements, quatre blocs sanitaires, une sonorisation générale permanente. La Fédération française d'équitation y installe son siège social en 2008 suite à la modification de ses statuts. Elle est installée à l'emplacement des anciens bâtiments du centre pénitentiaire juvénile, en ruines depuis de nombreuses années et restauré pour l'occasion. Le château en cours de restauration accueillera un Musée.
L'église [modifier]
L'église Sainte-Anne, édifiée en 1859, est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1986[11].
La mairie [modifier]
Construite de 1860 à 1862, la mairie présente une façade évoquant celle d'un château-médiéval. Sa construction fut largement financée, comme l'église, par une forte participation personnelle de Napoléon III. Les plans primitifs prévoyaient la réalisation d'un ensemble administratif complet comprenant mairie, salle de justice de paix et école, mais la chute du Second Empire en septembre 1870, en mettant fin à la générosité impériale, fit abandonner ce projet ambitieux qui se limita à la construction de la seule mairie.
Le pavillon du Comité central agricole de la Sologne [modifier]
Le Comité central agricole de la Sologne a été créé par le ministre de l'Agriculture en 1859. C'est alors un organisme semi-public, né de l'initiative d'un certain nombre de grands propriétaires fonciers appartenant aux comices agricoles des trois départements possédant une partie de la Sologne (Loiret, Loir-et-Cher, Cher). Ces notables veulent alors coordonner les efforts en faveur de la « rénovation » de la région et en défendre les intérêts face aux pouvoirs publics. Les propriétaires et fonctionnaires qui le constituent se réunissent d'abord au château impérial de Lamotte-Beuvron. Ayant perdu toute reconnaissance officielle au début de la Troisième République, le Comité central agricole fait construire en 1908 un bâtiment où il peut se réunir et conserver ses archives. Ce pavillon est établi face au bassin du canal de la Sauldre, point d'aboutissement d'un ouvrage de 47 kilomètres.
Personnalités liées à la commune [modifier]
Les sœurs Tatin [modifier]
Sous le Second Empire et plus encore sous la Troisième République, Lamotte-Beuvron, bien reliée par chemin de fer à Paris, devient la « capitale de la chasse » solognote fréquentée par hommes d'affaires et hommes politiques. Face à la gare, l'hôtel Tatin est alors un relais gastronomique réputé. C'est là que, dans les dernières années du XIXe siècle, les restauratrices, les sœurs Tatin (Stéphanie, dite « Fanny », 1838-1917, et Caroline, 1847-1911) inventent - par hasard dit-on - la célèbre tarte Tatin. Ce dessert est révélé aux gastronomes par le plus célèbre d'entre eux, Curnonsky, surnommé « le prince des gastronomes » qui en fait l'éloge en 1926 dans le volume de La France gastronomique consacré à l'Orléanais [12]. L'hôtel des sœurs Tatin existe toujours.
Auguste Pignard [modifier]
Ce personnage imaginaire a fait les belles heures de l'émission de télévision Cocoboy et Collaro Show, produite par Stéphane Collaro.
Interprété par Alain Scoff, Auguste Pignard est le stéréotype du paysan, du plouc. Casquette vissée sur le crâne, mégot de cigarette, couperose sur le nez, Auguste Pignard est devenu un personnage récurrent de l'émission. Il se présentait toujours de la même façon : « Auguste Pignard, de la Lamotte-Beuvron ». Ce gimmick est devenu un must dans les cours de récréation quand on voulait se moquer des gens de la campagne. Le succès fut énorme. Les habitants de Lamotte-Beuvron prirent la chose avec humour. À tel point, qu'un buste d'Auguste Pignard a été installé en grandes pompes dans la salle des fêtes de la ville, en présence de l'équipe de Stéphane Collaro.
Héraldique [modifier]
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Les armoiries de Lamotte Beuvron se blasonnent ainsi : |
Événements annuels [modifier]
- Le Générali Open de France, première et troisième semaine de juillet.
- La foire au Pays de la Tarte Tatin, deuxième week-end de septembre.
- La foire de la Sainte-Anne, mi-juillet.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
- Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
- Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références [modifier]
- Jeanine Sodigné-Loustau, « L'accueil des réfugiés civils espagnols de 1936 à 1940. Un exemple : la région Centre », Matériaux pour l'histoire de notre temps. 1996, no 44. p. 43.
- Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 47.
- Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 43-44.
- Jeanine Sodigné-Loustau, op. cit., p. 46.
- Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
- Évolution et structure de la population à Lamotte-Beuvron en 2007, sur le site de l'Insee. Consulté le 8 octobre 2010
- Résultats du recensement de la population du Loir-et-Cher en 2007, sur le site de l'Insee. Consulté le 8 octobre 2010
- Site de l'école maternelle Émile-Morin
- Site du collège Jean-Rostand
- Église de l'Assomption, base Mérimée, ministère français de la Culture
- Henri Delétang, Histoire et gastronomie : les Tatin, à Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher), Bulletin du Groupe de Recherches Archéologiques et Historiques de Sologne (La Sologne et son passé n° 27), t. 22, juillet-décembre 2000
Voir aussi [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Poitou (Christian), En Sologne sous l'Ancien Régime. Vouzon et Lamotte-Beuvron de 1500 à 1790, Orléans, 2011 (828 pages).
