Lamoral (comte d'Egmont)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Lamoral, comte d'Egmont)
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maison d'Egmont.
Le comte d'Egmont

Lamoral, comte d'Egmont, prince de Gavre, né le 18 novembre 1522 à Lahamaide en Hainaut, décapité le 5 juin 1568 à Bruxelles, a été un capitaine général des Pays-Bas et conseiller d'État de Flandre et d'Artois sous Philippe II d'Espagne. Il est le fils de Jean d'Egmont et de Françoise de Luxembourg.

Sommaire

Biographie [modifier]

Le comte d'Egmont et prince de Gavre est né dans une des familles les plus riches et nobles des Pays-Bas espagnols. Il était le neveu du roi d'Espagne par sa mère. Il reçut une éducation militaire en Espagne. En 1542, il hérita de la province de Hollande et d'autres biens à la mort de son frère Charles d'Egmont. Il épousa Sabine de Bavière (comtesse palatine de Simmern) le 22 mai 1544, ce qui le rendit encore plus riche.

Il fut nommé chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en 1546.

Faits d'armes [modifier]

Il servit dans l'armée espagnole et battit les Français à Saint-Quentin en 1557, et Gravelines en 1558. Dans son obsession de briser la suprématie des Habsbourg, Henri II de France avait cru utile de rompre la trêve de Vaucelles, qui lui était pourtant très favorable, et envahi l'Artois. À la tête de 60 000 hommes, Emmanuel-Philibert de Savoie, lieutenant-général des Pays-Bas espagnols, marche sur la forteresse de Mariembourg, occupée par les Français. Par pure tactique, il laisse entrer les renforts et, de nuit, décide de filer vers Saint-Quentin. L'armée du connétable Anne de Montmorency y est écrasée par la cavalerie de Lamoral d'Egmont le 31 janvier 1537. La voie de Paris est ouverte. La prise de Noyon est de bonne augure mais la résolution politique de Philippe II manque. À court d'argent, l'armée espagnole est contrainte de s'arrêter à Chauny et est incapable de profiter de son avantage.

Six mois plus tard, le valeureux Lamoral arrête le maréchal de Thermes dans les dunes de Gravelines. Le soulagement est général tant l'armée française s'était rendue coupable d'exactions multiples dans le comté de Flandre après la prise de Calais et de Dunkerque. Calais avait été reprise aux Anglais en janvier 1558 grâce à l'armée du duc François de Guise, après 210 ans d'occupation.

Carrière politique [modifier]

Grâce à ces victoires il monta dans l'estime du roi Philippe II, qui l'envoya en Angleterre pour lui ramener la main de Marie Tudor, reine d'Angleterre. Le roi Philippe II le nomma stathouder (gouverneur) de Flandre et d'Artois.

Il fit alors partie du Conseil d'État, aux côtés de Guillaume, prince d'Orange et du comte de Hornes. Ils s'unirent tous les trois en protestation contre les abus envers les libertés des citoyens des Provinces, que celles-ci soient religieuses ou économiques. En 1565, il fit même un voyage jusqu'à la cour d'Espagne pour informer Philippe II de ses désaccords avec sa politique. De retour aux Provinces, une insurrection survint, et Egmont appliqua les lois et édits du roi, pour preuve de soumission à celui-ci.

Statue du Comte d'Egmont et du Comte de Hornes dans le Petit-Sablon à Bruxelles

En 1567, alors que le duc d'Albe faisait route vers les provinces des Pays-Bas, Guillaume d'Orange s'échappa de Bruxelles et conseilla au comte d'Egmont et au comte de Hornes de faire de même, mais ils ne le firent pas. Lorsque le duc d'Albe mit en place le Conseil des troubles, il fit arrêter les deux comtes. Ils furent jugés et condamnés à mort, bien qu'ils ne fussent pas protestants. Ils furent tous deux décapités le 5 juin 1568 à Bruxelles, sur la Grand-Place. Cet évènement marque le début de la guerre de Quatre-vingts ans, celle qui permit aux Provinces du Nord (les Pays-Bas actuels) d'accéder à l'indépendance.

Il fut inhumé le lendemain de son exécution à Zottegem, dans la propriété de sa femme, dans une crypte où tous deux reposent entourés de leurs onze enfants.

Le comte d'Egmont dans la culture [modifier]

Lamoral d'Egmont est aussi le sujet et le personnage principal d'une pièce de théâtre homonyme de Goethe, dont Beethoven tira une musique de scène et une ouverture en 1810 (Egmont). Le compositeur avait le sujet à cœur, eu égard à ses propres convictions politiques et à son idéal héroïque.

Il est aussi le sujet de plusieurs peintures de Louis Gallait.

Armoiries [modifier]

Figure Blasonnement
Orn ext prince SERG Toison d'or.svg
Blason Lamoral d'Egmont (1522-1568).svg

Écartelé : aux 1 et 4 parti d'Egmond et d'Arkel ; au 2 et 3, parti de Gueldre et de Juliers. Sur le tout, écartelé de Luxembourg et des Baux.[1]

Notes et références [modifier]