Lambretta

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Lambretta

alt=Description de l'image Lambretta logo.jpg.
Création 1947
Disparition 1972
Fondateurs Ferdinando Innocenti
Siège social Drapeau d'Italie Milan (Italie)
Activité Constructeur de cyclomoteurs
Un Lambretta

Lambretta est un constructeur italien de cyclomoteurs, qui doit son nom à son usine de Lambrate près de Milan. Elle a été créée en 1947 et a cessé ses activités en 1972.

Historique[modifier | modifier le code]

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise Innocenti, spécialisée dans le tube industriel en acier, voit, comme la majorité de l'industrie Italienne, son activité reprendre fortement.

À la recherche de nouveaux marchés pour étendre son champ d'action, Ferdinando Innocenti tournera ses pas vers un besoin particulier de la nouvelle vie civile : le transport populaire.

À l'instar de Piaggio et sa Vespa, le scooter allait devenir le produit principal d'Innocenti.

La maison Innocenti dessine son premier scooter (dit modèle A) en 1947 dans son usine de Lambrate près de Milan.

L'endroit donnera son nom au scooter et à la marque : Lambretta. Elle fera figure d'icône au sein du mouvement Mods.

Les modèles[modifier | modifier le code]

Lambretta 125 B

Le Lambretta A est un scooter biplace à moteur central monocylindrique 2 temps, 123 cm3, avec transmission par arbre sous carter faisant bloc avec le moteur. Il possède trois vitesses au pied et atteint les 70 km/h sur ses roues de 8 pouces. Le châssis tubulaire comprend une partie centrale à section carrée surmontée de tubes ronds portant selle, réservoir et coffre. Il n'y a pas de suspension arrière.

Il est suivi, en 1948, par le modèle B, assez similaire, mais avec une suspension arrière, des roues plus larges, une commande des vitesses par poignée tournante et un compteur de vitesse.

En 1949 apparaît le premier triporteur sous la marque LAMBRO sur une base de modèle B. En France, mais avec un moteur différent, le triporteur sera diffusé sous le label P. Vallée

Lambretta 125 LD

1950 voit l'arrivée du modèle C qui abandonne le cadre à section carrée pour un cadre monotube rond, mais conserve la même disposition de base sous un aspect simplifié, réduit à l'essentiel.

Une version luxe du C est produite avec des ailes pour couvrir le moteur et un tablier complet : le Lusso C ou LC.

Après quoi, sortira, en 1951, le modèle D en 125 et 150 cm3, très proche du C, avec un refroidissement par air forcé pour le 150D et une vitesse maximum de 80 km/h. La version carénée suit également, c'est le fameux LD qui sera produit jusqu'en 1959 en 125 et 150 cm3 pour 5 et 6 ch, y compris en France près de Troyes. C'est l'Industrielle de Troyes qui produira les LD françaises. Au début, la carrosserie était similaire à celle du LC, seule la couleur différait (marron pour LC, gris bleu pour LD). Toutefois, la réglementation française imposait un phare de plus grande dimension. Les premières LD avaient dont une collerette agrandisseuse pour accueillir un phare aux normes françaises, avant que soit construit un élément central de tablier, comportant un logement de phare redessiné et agrandi, en 1953. Dans le même temps, la selle, qui était celle du LC (cuir, et ressorts) deviendra sur le LD une élégante selle en caoutchouc galbé de couleur bleue.

Lambretta new look

Le LD se fera au fil des années d'emploi une solide réputation de fiabilité auprès de ses utilisateurs, et son moteur centré lui donnera également une prétendue meilleure tenue de route que son concurrent Vespa .

Des essais de scooters économiques seront aussi réalisés avec les modèles F et E, forcément moins prestigieux. Ils sont plus rares aujourd'hui .

1957 sera un tournant pour les scooters Lambretta. Le Turismo Veloce 175 apparaît. C'est un design entièrement neuf, toujours sur châssis tubulaire avec deux particularités qui suivront maintenant Lambretta jusqu'à son extinction : le moteur horizontal refroidi par air forcé et le garde-boue avant fixe.

Le TV 175 serie I se veut sportif, équipé de 4 vitesses, de roues de 10 pouces, son 175 cm3 de 8,6 ch lui permet de dépasser (de peu) le mur des 100 km/h. Il porte encore le feu avant dans le tablier et est équipé en série d'une grande selle biplace. Produit jusqu'en 1959, son moteur souffre de soucis de jeunesse et d'une étonnante fragilité.

Sur la même base, Innocenti sort les LI 125 et 150, plus populaires avec leur deux selles individuelles et des performances de 75 et 85 km/h. Le LI série I bénéficie d'un moteur horizontal fiabilisé, à transmission par chaîne sous bain d'huile, qui demeura la base technique de tous les moteurs Lambretta à suivre.

La série II en 1959 transformera un peu les TV 175 et LI 125 et 150 en déplaçant le feu avant dans le guidon et apportera quelques menus modifications techniques et avancées dans les performances.

La série III sort en décembre 1961, pour une fois le modèle populaire LI est le premier à être traité.

Le changement est assez drastique, la ligne ronde et curviligne des séries I et II est abandonnée au profit de ce qu'on appellera la " Slim line" (ligne étroite). La ligne générale du scoot est beaucoup plus tendue, et le voir de dos suffit pour comprendre le nom de la ligne.

Innocenti Lambretta Lui

Mais il y a plus qu'un changement de ligne unique, le TV 175 série III sort en 1962 avec une évolution supplémentaire de la slim line : guidon avec feu octogonal, nouvelle descente et grille de klaxon, garde-boue redessiné. Nouvelle avancée technique, le TV est un des premiers deux-roues équipé de série d'un frein avant à disque (mécanique, flottant dans le moyeu). Il sort tout d'abord avec les mêmes ailes que le LI, mais bénéficie bientôt d'un nouveau design d'ailes.

Le TV partagera d'ailleurs son design (hormis le frein à disque) avec le LI 150 Special (1963) modèle intermédiaire entre le populaire LI et le sportif TV . Sur cette base seront déclinés les Special 125 et SX150 quasi identiques au Special, et le SX200 en 68 avec frein à disque, dont la nouvelle paire d'ailes cache un 200 cm3 de 11 ch, donné pour 107 km/h.

Innocenti fera aussi quelques tentatives de design type Vespa avec coques autoporteuses (Cento, J50...) pour des résultats et des succès très relatifs.

En 1968, la firme fait appel aux services du designer auto Bertone pour ses nouveaux modèles. Il va tout d'abord concevoir une nouvelle gamme de petites cylindrées avec les Vega, Lui, sorte de scooters minimalistes et futuristes, trop peut-être. La niche marketing que le Ciao de Piaggio prendra plus tard échappe à Lambretta : il est trop tôt.

En 1969, Bertone pousse la Slim line à son paroxysme, en tirant encore plus les lignes et en adoptant l'esthétique et le feu rectangulaire à la mode pour les voitures de rallye de l'époque : ce sera le DL (De Luxe) 125, 150 et 200. Les performances des 3 motorisations sont également revues à la hausse, le DL 200 (appelé Grand Prix sur le marché britannique) atteignant la barre des 110 km/h.

Ce scooter sera malheureusement le dernier des Lambretta.

La fin[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1960, Innocenti produisait déjà des minis. La firme sera finalement rachetée par British Leyland, qui stoppera la production des scooters. L'entreprise rencontrait déjà un certain nombre de problèmes, dus, selon les historiens officiels, à la situation du marché, l'action des syndicats, le manque de support des politiques et l'état de santé de Luigi Innocenti qui avait succédé à son père Ferdinando, décédé en 1966. La complexité de production des scooters Lambretta n'est sans doute pas étrangère non plus à cette situation, le nombre de pièces et les processus de construction étant, par exemple, beaucoup plus nombreux que ceux d'une Vespa.

Lambrettas français[modifier | modifier le code]

En 1952, Fenwick a obtenu une licence pour la fabrication de scooters Lambretta en France. 200 000 scooters et 10 000 triporteurs ont été construits au cours des 10 années suivantes dans une usine à Saint-Julien-les-Villas. Production arrêtée en 1960 lorsque la demande a diminué[1]. Celui-c- était décoré sur le tablier avant, à l'extérieur, de l’écusson de la Champagne.

Lambretta et le sport[modifier | modifier le code]

Les records sur circuit ou autoroute[modifier | modifier le code]

Motivé par la concurrence avec Vespa et le besoin de reconnaissance, Lambretta s'attachera à battre des records de vitesse non seulement scooter, mais deux roues en général, entre 1949 et 1951 dans les catégories 125 et 175 cm3. Des versions diverses des modèles C et D, du légèrement caréné à la torpille battront plus d'une cinquantaine de records pendant cette période, jusqu'au km lancé à 201 km/h heure en 125 cm3, record après lequel Piaggio déclara finalement forfait. Ce record demeure encore à ce jour en seconde position dans la catégorie 125 cm3. À noter que beaucoup de ces records eurent lieu sur l'autodrome de Linas-Montlhéry.

Les courses sur routes[modifier | modifier le code]

Particulièrement prisées des Britanniques, les courses amateurs sur différents types de voies dans la même épreuve connurent un certain succès.

L'Île de Man, Mecque du Deux-roues motorisé, fut, par exemple, dans les sixties et début seventies, le théâtre sur ses routes improbables et ses sentiers de multiples épreuves du genre. Les série III purent croiser le fer avec les SS180 et rally de chez Vespa, en profitant des légendaires conditions météo du coin. Clou de l'épreuve, le passage à pleine vitesse du Druidhale, sympathique mare barrant l'un des sentiers du prétendu circuit. Qui a déjà tenu un guidon sur les minuscules routes de cette île comprendra aisément l'aspect totalement déraisonnable de ces épreuves, et donc leur attrait sans pareil… Beaucoup de lambrettistes accordent d'ailleurs aujourd'hui plus d'importances à ces épreuves amateurs qu'aux records d'usine, et les configurations racer qui leur sont attachées sont toujours très appréciées.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lambretta, an illustrated history- Nigel Cox
  • lambretta catalogue- Lambretta club of Great Britain
  • Lambretta the definitive history- Vittorio Tessera, 2000 (ISBN 8879112147)

Liens externes[modifier | modifier le code]