Lakshmî Bâî

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Portrait de la rânî de Jhânsi (en attire de « sowar »)
La rânî de Jhânsi, Chambers's History of the Revolt in India; Londres: Chambers, 1859

La rânî Lakshmî Bâî (19 novembre 182818 juin 1858)[1],[2],[3] (Marathi - झाशीची राणी लक्ष्मीबाई) de la principauté de Jhânsi en Inde du nord est une héroïne de la révolte des Cipayes, considérée comme la première guerre d'indépendance indienne par les nationalistes d'Inde. Elle est devenue un symbole de la résistance à la colonisation britannique.

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Elle naît en novembre 1828 (date probable) à Varanasi dans une riche famille de haute caste sous le nom de Manukarnika, un des noms du Gange. Elle reçoit une excellente éducation et apprend à monter à cheval et à manier les armes tout en jouant avec ses frères. Elle prend le nom de Lakshmî Bâî lors de son mariage avec Gangâdhar Râo, le mahârâja de Jhânsi.

Gangâdhar Râo était dans sa quarantaine à l'époque de leur mariage, en 1842. Il avait été marié en premières noces mais sa première épouse était morte sans donner naissance à un héritier. En 1851, la nouvelle rânî accouche d'un fils qui ne survit que trois mois. Conformément à la tradition indienne, en 1853, Gangâdhar adopte un parent, Damodar Râo, pour lui succéder sur le trône.

Succession et régence[modifier | modifier le code]

Au décès de son père adoptif en 1853, Damodar Râo étant mineur, c'est la rânî Lakshmî Bâî qui assure la régence.

Le Gouverneur-Général Dalhousie décide alors que, suivant la doctrine de préemption qu'il a lui-même définie, puisque Gangâdhar Râo n'a laissé aucun héritier, l'état de Jhânsi est annexé par la Compagnie anglaise des Indes orientales, rejetant les prétentions de Damodar Râo comme héritier de droit. La rânî envoie une pétition à Dalhousie, puis en appelle à Londres, mais sans succès.

Héroïne de la révolte des cipayes[modifier | modifier le code]

Statue équestre de la rânî à Shivranjini, Ahmedabad

Refusant de renoncer à son royaume, Lakshmî Bâî rassemble en plein révolte des cipayes une armée de volontaires forte de 14 000 hommes et fait améliorer les défenses de la ville qui est attaquée par les Britanniques le 25 mars 1858. La bataille de Jhânsi est féroce, hommes et femmes participent à repousser les assiégeants et la rânî elle-même mène ses troupes pour la défense de la ville qui finit par tomber, après deux semaines de siège.

Un prêtre hindou (Vishnubhat Godse)[4], témoin de la victoire britannique, relate qu'elle fut suivie de quatre jours d'incendies, de pillages et de meurtres, et que l'air empestait l'odeur forte de la chair brûlée. Les historiens britanniques, de leur côté, affirment que seuls quatre à cinq mille combattants ont été exécutés tandis que les civils étaient épargnés[5].

La rânî réussit cependant à s'échapper à dos de cheval à la faveur de l'obscurité et parcourt en vingt-quatre heures les cent cinquante kilomètres qui la séparent de la forteresse de Kalpi où elle est rejointe par plusieurs princes rebelles. Là, elle les persuade de reprendre l'offensive et de s'emparer de la forteresse de Gwâlior. La réussite de cette opération resserre les rangs des rebelles. Mais les forces britanniques (les "Irish Hussars") ne tardent pas à reprendre la forteresse et Lakshmî Bâî meurt le deuxième jour des combats, le 18 juin 1858.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs statues équestres monumentales à son effigie sont visibles à Agra, Gwâlior, Jhansi, etc.
  • Son nom a été donné à la première unité féminine des forces armées indiennes[6].
  • Plusieurs timbres postaux à son effigie ont émis en Inde 1957 et elle figure sur le timbre de la première guerre d'indépendance en 1988[7].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jhansi Ki Rani Lakshmibai Biography (contenant comme date de naissance 19 novembre 1835)
  2. Meyer, Karl E. & Brysac, Shareen Blair (1999) Tournament of Shadows. Washington, DC: Counterpoint; p. 138--"The Rani of Jhansi… known to history as Lakshmi Bai, she was possibly only twelve in 1842 when she married the .. Rajah of Jhansi…"
  3. Le jour du mois est très probable mais les historiens avaient disputé l'an de naissance; différentes suggestions sont 1827, 1830 et 1835.
  4. Vishnubhat Godse était un natif de Varsai, un village près de Pen, Présidence de Bombay.
  5. Meyer, Karl E. & Brysac, Shareen Blair (1999) Tournament of Shadows. Washington, DC: Counterpoint; p. 144: «In his… "The Great Mutiny" (1978) Christopher Hibbert asserts that five thousand were slain… Assistant surgeon J. H. Sylvester noted that… hundreds of corpses were thrown in heaps and set afire… the city looked like one large burning ground».
  6. Une formation du régiment féminin Rani of Jhansi en entraînement voir ici in Azad Hind. Revue mensuelle pour l'indépendance de l'Inde no 3, 1944
  7. (en)Timbres indiens à l'effigie de la Rani Lakshmi bai

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Shyam Narain Sinha, Rani Lakshmi Bai of Jhansi, Chugh, 1980
  • (en) Shyam Narain Sinha, The revolt of 1857 in Bundelkhand, Publications Anuj, 1982
  • (en) Mahasweta Devi, The Queen of Jhansi, Seagull Books Pvt.Ltd, 2000 (ISBN 978-8170461753)
  • (en) Rainer Jerosch, The Rani of Jhansi, rebel against will, Aakar Books, 2007 (ISBN 9788189833145)
  • (fr) Michel Naumann et Fabien Chartier, La guerre d'indépendance de l'Inde : 1857-1858, l'harmattan, 2008 (ISBN 978-2296058064)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]