Laisenia Qarase

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Laisena Qarase (né le 4 février 1941 à Vanuabalavu dans les îles Lau, aux Fidji[1]) est un homme politique fidjien de tendance nationaliste indigène. Il dirige le principal parti de droite, le Soqosoqo Duavata ni Lewenivanua (SDL), dont il est le fondateur[1].

Éduqué à l'Université d'Auckland, il devient gérant de la Development Bank de 1983 à 1998, puis de la Merchant Bank of Fiji de 1998 à 1999. Il se lance ensuite en politique, et devient sénateur[1].

En juillet 2000, Laisenia Qarase est nommé premier ministre des îles Fidji, à la tête d'un "gouvernement de transition", en pleine période de crise politique. En effet, le premier ministre démocratiquement élu, Mahendra Chaudhry, est tenu en otage depuis mai par un extrémiste nationaliste, George Speight.

En 2001 ont lieu des élections législatives, remportées par le SDL: Qarase conserve son poste de premier ministre. Il est réélu en 2006.

Lors du coup d'État militaire de décembre 2006, Laisenia Qarase est destitué par le chef des armées Frank Bainimarama et remplacé par Jona Senilagakali. Il est transporté avec son épouse vers leur île natale, Vanuabalavu, dans l'est de l'archipel. En octobre 2007, Qarase demande aux tribunaux de se prononcer sur la légalité du coup d'Etat de 2006[2].

En août 2012, Qarase est condamné par la Haute Cour à un an de prison pour actes de corruption commis alors qu'il était au pouvoir[3]. Après huit mois de prison, il est libéré début avril 2013[4].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Qarase s'est fait le défenseur de la majorité indigène, qu'il décrit comme souffrant de désavantages socio-économiques. Sa politique fut axée sur une volonté de "discrimination positive" en faveur des indigènes, critiquée par Bainimarama car elle négligeait les personnes désavantagées au sein des autres communautés et risquait (aux yeux de Bainimarama) d'aviver les tensions inter-ethniques.

Également très controversée fut sa tentative de faciliter l'amnistie pour les complices de Speight. Qarase affirma vouloir promouvoir la réconciliation, en offrant aux victimes du coup d'État et des violences anti-indo-fidjiennes de 2000 la possibilité de pardonner aux auteurs du coup d'État. Bainimarama, qui avait échappé de peu à une tentative d'assassinat par des partisans de Speight en 2000, s'opposa fermement à toute idée d'amnistie; cette controverse fut l'une des raisons avancées par Bainimarama pour justifier son propre coup d'État contre Qarase en 2006.

Bien que certains membres de son gouvernement aient proféré des propos ouvertement racistes à l'encontre de la minorité indo-fidjienne, Qarase a toujours nié être raciste. Néanmoins, il affirma dès le début de son premier mandat vouloir défendre "la suprématie des intérêts indigènes".

Qarase s'est dit méfiant vis-à-vis de la démocratie, "concept étranger", et a affirmé son attachement à la société hiérarchique traditionnelle des indigènes fidjiens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) "Authors' biographies", in Jon Fraenkel, Stewart Firth & Brij V. Lal (éds.), The 2006 Military Takeover in Fiji: A Coup to End All Coups?, avril 2009, ISBN 978-1-921536-50-2
  2. Search - International Herald Tribune
  3. (en) "Ousted Fiji PM Laisenia Qarase sentenced to year’s mail", Radio New Zealand International, 3 août 2012
  4. (en) "Lau retreat for Qarase", Fiji Times, 3 avril 2013