Lady Randolph Churchill

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Lady Randolph Churchill

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Lady Randolph Churchill

Nom de naissance Jennie Jerome
Alias
Jeanette
Naissance 9 janvier 1854
Brooklyn (New York)
Décès 9 juin 1921 (à 67 ans)
Londres
Nationalité Américaine et britannique
Conjoint

Lord Randolph Churchill George Cornwallis-West

Montague Phippen Porch
Descendants

Lady Randolph Churchill, (9 janvier 1854 - 9 juin 1921), CI, CSTJ, née Jennie Jerome, est la femme de Randolph Churchill et la mère de Winston Churchill.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et origine[modifier | modifier le code]

Elle est née le 9 janvier 1854 dans le quartier de Rochester (New York)[1]. Elle est la seconde des trois filles de l'homme d'affaire Léonard Jerome et de sa femme, Clara. Ses deux sœurs s'appellent Clara et Leonie. Léonard Jerome serait aussi le père de Minnie Hauk (1851-1929), une chanteuse lyrique américaine[2].

Le nom de Jennie viendrait de la soprano suédoise Jenny Lind que son père appréciait beaucoup.

Selon certains membres de sa famille, Jenny aurait un arrière-grand-père iroquois[3]. Moshe Kohn, dans un article du Jerusalem Post du 15 janvier 1993, suppose lui que le nom d'origine de la famille Jerome est Jacobson, et que les ancêtres de Jennie étaient en fait juifs, au moins du côté de son père. Il n'y a cependant aucune preuve de cette affirmation. Le nom de la famille a toujours été Jerome depuis que l'ancêtre de la famille, un immigrant huguenot, Timothy Jerome, a débarqué en Amérique en 1717.

Jennie et son père Leonard avait des intérêts communs. Ce dernier a acheté l'hôtel particulier Bathgate, à l'ouest de Fordham, dans le Comté de Westchester (aujourd'hui dans le Bronx) et y a construit un champ de course, le Jerome Park Racetrack. Vivant à l'hôtel particulier de son père, Jennie s'est mise à l'équitation, comme son père s'est mis aux paris. C'est là qu'elle a rencontré son futur mari : Randolph Churchill.

Réputée pour sa beauté - un admirateur dira qu'elle tenait plus de la panthère que de la femme dans son apparence - Lady Randolph a d'abord travaillé dans un magazine.

Selon la rumeur, elle avait un tatouage en forme de serpent au poignet, qu'elle dissimulait avec un bracelet. La mode à l'époque pour certaines femmes était de se faire tatouer mais il n'y a cependant aucune preuve de l'existence de ce tatouage et l'historien officiel de la famille Winston Churchill, Martin Gilbert, considère cette rumeur comme peu probable.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

avec ses fils

Longtemps considérée comme l'une des plus belles femmes de son temps, Jennie Jerome se marie en 1874 à l'ambassade britannique de Paris avec Lord Randolph Churchill (18491895), second fils de John Spencer-Churchill, 7e duc de Marlborough[4]. Par ce mariage, elle devient Lady Randolph Churchill et est citée dans les conversations comme Lady Randolph.

Les Churchill ont deux fils : Winston (1874-1965), né moins de huit mois après le mariage, et John Churchill (1880-1947). Les sœurs de Jennie pensent que le père biologique de ce dernier est Evelyn « Star » Boscawen, 7e vicomte de Falmouth[5].

Lady Randolph a eu de nombreux amants durant son mariage, notamment le Comte Charles Andreas Kinsky et Édouard VII du Royaume-Uni.

Comme le voulaient les mœurs de son époque, Jennie Churchill n'a joué qu'un rôle limité dans l'éducation de ses fils. Elle a principalement été assurée par des nourrices, comme Mrs Everest, que Winston adorait. Ce dernier a cependant aimé tendrement sa mère. Il lui a écrit de nombreuses lettres durant ses séjours en pension, la suppliant de venir le voir, ce qu'elle fit rarement. Néanmoins, une fois Winston devenu adulte, lui et sa mère sont restés proches, voire alliés forts : il la considérait comme un mentor politique, plus une sœur qu'une mère.

Dotée d'une forte personnalité, Jennie était respectée et influente dans la haute société britannique et parmi la classe politique. On la décrit comme très intelligente, pleine d'esprit et prompte au rire. La reine Alexandra de Danemark elle-même appréciait sa compagnie, malgré la liaison de Jennie avec son mari, Édouard VII, qu'elle n'ignorait pas[6]. Grâce à tous ses contacts, familiaux et à ses liaisons, Lady Randolph a largement contribué à lancer la carrière politique de son mari et plus tard celle de son fils.

En 1909, quand l'imprésario américain Charles Frohman devient directeur du Gielgud Theatre, sa première production fut His Borrowed Plumes, écrit par Lady Randolph.

Autres mariages[modifier | modifier le code]

En 1900, cinq ans après la mort de Randolph, elle épouse George Cornwallis-West (18741951), un capitaine des Scots Guards, qui a le même âge que son fils aîné. À cette époque, elle est reconnue pour avoir fait affréter un bateau humanitaire lors de la Guerre des Boers. En 1908, elle écrit The Reminiscences of Lady Randolph Churchill. Elle se sépare de son second mari en 1912 et divorce en avril 1914. Cornwallis-West épouse peu après Mrs. Patrick Campbell, une actrice anglaise. Jenny abandonne alors le nom de Cornwallis-West et reprend officiellement celui de Lady Randolph Churchill.

Le 1er juin 1918, elle épouse en troisièmes noces Montague Phippen Porch (18771964), un membre du Civil Service anglais au Nigéria. Ce mariage a lieu trois ans après celui de son fils cadet. À la fin de la Première Guerre mondiale, Porch démissionne du service colonial et repart en Afrique en 1921 pour refaire sa fortune.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1921, Jennie glisse d'un escalier alors qu'elle se trouvait chez un ami. Une gangrène survient et sa jambe doit être amputée au-dessus du genou. Elle meurt à Londres à l'âge de 67 ans d'une hémorragie liée à cette amputation.

Elle est enterrée aux côtés de son premier mari dans le caveau des Churchill à Bladon.

Héritage[modifier | modifier le code]

D'après la légende, Jennie Churchill est à l'origine de l'invention du cocktail Manhattan. Elle a prétendu avoir commandé à un barman une boisson spéciale pour fêter l'élection du gouverneur Samuel Jones Tilden en 1874. Il est cependant prouvé qu'elle était en Angleterre à la même période pour donner naissance à son fils.

La BBC a réalisé sur Jennie une série télévisée où elle est incarnée par Lee Remick. Dans le film Les Griffes du lion, c'est Anne Bancroft qui lui prête ses traits.

Jennie Churchill a été une source d'inspiration pour de nombreux écrivains. Elle est décrite par Edith Wharton dans son dernier roman, resté inachevé, The Buccaneers. Le personnage de Lizzy Elmsworth présente avec elle de nombreuses similitudes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lady Churchill to Wed », The New York Times, August 4, 1899
  2. Anne Sebba, American Jennie, Norton, 2008, page 13
  3. Ralph G. Martin Jennie: The Life of Lady Randolph Churchill- The Romantic Years, 1854-1895
  4. Anita Leslie. Lady Randolph Churchill: The Story of Jennie Jerome, 1968
  5. Anne Sebba, American Jennie: The Remarkable Life of Lady Randolph Churchill, Norton, 2008
  6. EdwardVII

Liens externes[modifier | modifier le code]