Lac du Mont-Cenis

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Lac du Mont-Cenis
Lac du Mont-Cenis et sa chapelle
Lac du Mont-Cenis et sa chapelle
Administration
Pays Drapeau de la France France
département Savoie
Géographie
Coordonnées 45° 14′ 16″ N 6° 56′ 03″ E / 45.23778, 6.9341745° 14′ 16″ Nord 6° 56′ 03″ Est / 45.23778, 6.93417  
Type artificiel
Superficie 6,68 km2
Altitude 1 974 m

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lac du Mont-Cenis

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Lac du Mont-Cenis

Le lac du Mont-Cenis est un lac situé à proximité du Col du Mont-Cenis, à 1 974 m d'altitude[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme Mont-Cenis désignerait le « mont des cendres ». Il est ainsi composé des termes mont, une grande élévation naturelle (lat. Montem), et de Cenis, un lieu de « la couleur de la cendre, cendré, gris » (lat. Cinicius)[2],[3].

Selon la tradition, à la suite d'un incendie de forêt, une grande quantité de cendres se serait accumulée sur le sol, d'où le nom. Le sentier de cendres a été retrouvé lors des travaux de construction de la route[4].

Le mont Cenis est ainsi mentionné en 739 par Alpes in Cisinio[2], Monte Ciniso en 756[2]. Le Frédégaire (compilation historiographique de 768) l'indique sous le toponyme Mons Cinisius[3]. Il est par la suite désigné par les toponymes Montem Cinisium ou clusas Montis Cenisii au IXe siècle, Mont Cinis en 1275, Mons Sinisius au XIIIe siècle, Mont de Senis 1518[2].

Description[modifier | modifier le code]

C'est un lac artificiel, retenu par un barrage, situé près de la frontière entre la France et l'Italie. Bien que se trouvant entièrement sur le territoire français, le lac est situé sur le versant italien du Col du Mont-Cenis. Rattachée à la vallée de la Maurienne tant d'un point de vue historique, culturel et économique, la combe est administrée par les communes de Bramans, Sollières-Sardières et Lanslebourg. Autour du lac se trouvent la Pointe de Ronce (3 612 m), la Pointe du Lamet (3 504 m), le Mont Giusalet (3 312 m) et le Mont Malamot (2 917 m). À près de 2000 mètres d'altitude, ce barrage d'une contenance de 315 millions de mètres cubes, est la sixième plus grande retenue d'eau artificielle française[5] .

Le lac se déverse dans la Cenise (Cenischia en italien), qui elle-même se jette dans la Doire ripaire, affluent du . Le lac fait donc partie du bassin versant du Pô.

Le lac du Mont-Cenis est situé sur le passage le plus fréquenté au Moyen Âge entre la France et l'Italie, le col du Mont-Cenis, sur l'axe Lyon-Turin-Milan, alors que le col du Montgenèvre nécessitait un premier franchissement, celui du col du Lautaret et que le col du Petit-Saint-Bernard était plus haut de 107 mètres.

Barrage du Mont Cenis

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le traité de Paris de 1947 voit le territoire de la province de Maurienne s'agrandir d'une superficie de 81,79 km2[6]. Ce nouveau tracé frontalier englobe désormais le col et la combe du lac du Mont-Cenis franchissant ainsi la ligne du partage des eaux[7]. La démarcation de 1947 a été faite pour deux raisons : dans un premier registre, en vertu des réparations de guerres de l'Italie envers la France, le rattachement de cette combe protégeant ainsi la vallée d'une éventuelle nouvelle invasion militaire[8] ; mais également afin de restituer ces territoires aux communes savoyardes du canton de Lanslebourg-Mont-Cenis, en Haute Maurienne, le traité d'annexion de la Savoie de 1860 faisant passer ces alpages de l'autre côté de la frontière nouvellement créé, la Maurienne retrouvant finalement ses frontières historiques[9].

La construction du barrage entre 1962 et 1968[10] a un impact direct sur le col et son plateau. Les chalets d'alpage séculaires, l'hospice et son prieuré sont engloutis par la montée des eaux. Bien que ce lac eut un impact moins important sur l'économie locale que son homologue de Roselend, car étant principalement un lieu d'estive, cela changea de manière définitive le visage du col et le mode de vie des habitants du cœur de la Haute Maurienne.

La disparition du prieuré est pris en compte par EDF qui édifie à la place une chapelle, consacrée le 21 juillet 1968 par André Bontemps, archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et de Tarentaise[11]. Celle-ci de forme de pyramidale en béton a été imaginée par Philippe Quinquet[12].

Tourisme[modifier | modifier le code]

C'est dans cette optique que la combe a vu naître en 1970, sous l'impulsion du père Fritch, un jardin alpin. Faute d'entretien, ce dernier s'est détérioré jusqu'au début des années 2000. Cette dégradation avancée déclencha une prise de conscience, et grâce aux efforts conjoints du parc national de la Vanoise et des communes environnantes, une zone de protection du biotope accompagnée d'une longue restauration et réaménagement du jardin alpin fut entrepris[13],[14]. Cette valorisation était d'autant plus nécessaire, car non seulement 700 espèces florales de montagne y prospèrent, mais trois d'entre elles se trouvent uniquement dans cet espace protégé et au Spitzberg[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. carte IGN, geoportail
  2. a, b, c et d Ernest Nègre, Toponymie générale de la France. Formations préceltiques, celtiques, romanes, vol. 1 : Formations dialectales (suite) et françaises : étymologie de 35000 noms de lieux, Genève, Librairie Droz,‎ 1990, 708 p., p. 320.
  3. a et b Charles Marteaux, « Sur le sens et l'étymologie de quelques noms de lieux savoyards », Recueil des travaux de l'Institut de géographie alpine, vol. 6, no 6_2,‎ 1918 (lire en ligne), pp. 139.
  4. Gianni Bisio, article du quotidien la Stampa du 18 avril 2001, p. 51 chronique de Turin.
  5. [PDF]EDF, Groupe d'Exploitation Hydraulique, Vallée de la Maurienne Plaquette de présentation octobre 2011
  6. Hervé Chabaud, L'Italie dans la 2e guerre mondiale : les chemins de la liberté (décembre 1944 - janvier 1945) - Le traité de paix de 1947
  7. [PDF] ONU, Recueil des Traités (vol.49), « Article 9 - 1. Plateau du Mont-Cenis » p. 10-11, p. 57, Annexe III p. 65
  8. Daniel David, « Géographie militaire et fortification : cinq siècles d’histoire en Maurienne », Revue historique des armées, no 243,‎ 2006, p. 89-107 (lire en ligne).
  9. Collection de cartes anciennes des Pays de Savoie, 1562-1789, Archives départementales de la Savoie
  10. Bernard Demotz et François Loridon, 1000 ans d'histoire de la Savoie : La Maurienne, vol. 2, Cléopas,‎ 2008, 845 p. (ISBN 978-2-9522-4597-5), p. 339.
  11. Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche et Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette, vol. 3, Roanne, Éditions Horvath,‎ 1983, 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5), p. 165.
  12. Article de Christian Sorrel, « Catholicisme, tourisme et sports d'hiver en Savoie », p.374, paru dans Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d'Europe : Actes du colloque "Religion et Montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002, vol. 49, Publications de la Sorbonne,‎ 2005, 427 p. (ISBN 978-2-85944-516-4).
  13. Dépliant de l'APPB du mont Cenis
  14. Arrêté préfectoral de protection du biotope du mont Cenis
  15. Mont-Cenis les couleurs du temps, La fontaine de Siloë, page 56

Article connexe[modifier | modifier le code]

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