Lac de Longemer

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Lac de Longemer
Le lac de Longemer, vu de la Roche des Vieux Chevaux.
Le lac de Longemer, vu de la Roche des Vieux Chevaux.
Administration
Pays Drapeau de la France France
département Vosges
Géographie
Coordonnées 48° 04′ 13″ N 6° 57′ 02″ E / 48.07028, 6.9505648° 04′ 13″ Nord 6° 57′ 02″ Est / 48.07028, 6.95056  
Type Lac d'origine glaciaire
Superficie 76 ha
Longueur 1,950 km
Largeur 550 m
Altitude 736 m
Profondeur 34 m
Hydrographie
Alimentation la Vologne

Ruisseau de Saint-Jacques Ruisseau de la Basse de la Mine

Émissaire(s) la Vologne

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lac de Longemer

Le lac de Longemer est l'un des hauts lieux du tourisme vert dans le département des Vosges, sur la commune de Xonrupt.

Caractéristique[modifier | modifier le code]

Le lac de Longemer est un lac de barrage morainique, donc formé par des amas rocheux à la fois fins et grossiers d'origine glaciaire, traversé par la Vologne. Il s'étire sur plus de 76 ha dans le sens de la vallée. Ses dimensions maximales sont de 1 950m de longueur sur 550m de largeur. Sa profondeur dépasse 30 mètres.

Formation de la vallée des lacs[modifier | modifier le code]

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Au cours du quaternaire, le massif vosgien a connu des glaciations successives, mais c'est pendant la dernière phase, celle de la glaciation de Würm (80 000 à 10 000 ans avant J.-C. environ) que sont nés les trois lacs :

  • le premier, le lac de Retournemer est un lac de cirque glaciaire ;
  • le deuxième, le lac de Longemer occupe un bassin dans l'ancien lit d'alluvions fluvio-glaciaires laissées par le glacier ;
  • le troisième, le lac de Gérardmer est retenu par une moraine terminale bloquant définitivement la vallée vers l'aval.

Histoire religieuse[modifier | modifier le code]

Sur la rive ouest se trouve une petite chapelle dédiée à saint Florent, présente déjà au milieu du XVe siècle, reconstruite en 1449, tombée en ruine puis reconstruite sous le nom de Saint-Laurent des Graviers en 1727[1]. Elle occupe la place d'un oratoire dédié à saint Barthélémy qui serait, suivant une légende, l'ermitage érigé en 1056 par le pieux ermite Bilon, ancien officier du duc Gérard Ier de Lorraine[2].

Le lac dans les contes vosgiens[modifier | modifier le code]

Différents contes vosgiens, rapportés par la tradition orale, notamment dans les anciens loures de Xonrupt, rapportent le statut autrefois infâmant du lac. Il existait une période où les paysans ne pouvaient librement s'y rendre sans susciter l'ire et les représailles des autorités religieuses chrétiennes. L'explication la plus plausible est que ce lac était autrefois un lieu de culte et de pèlerinage païen, fort apprécié à l'époque gallo-romaine pour ses eaux pures et purgatives soignant nombre de maladies, dont en particulier les coliques insidieuses et maladies digestives[3]. Les Anciens expliquaient malicieusement le lieu dédié à Saint Fiôrent par saint Fiârant (Foirant en français) ou saint Fieurant (fieurent de même racine que fleurer a aussi le sens d'apporter une odeur plus ou moins agréable).

La végétation montagnarde de ses rives a fait naître aussi la légende chrétienne, souvent prohibée, de l'arbre-géant du lac pestilentiel, maléfique par son ombre gigantesque réduisant à néant toute vie végétale, animale et humaine et rappelant par son odeur un dragon enfoui. Elle est aussi révélatrice de la présence d'arbres-dieux, sanctuaires du paganisme, qu'il fallait extirper par la propagande chrétienne[4]. L'arbre-géant monstrueux est détruit finalement selon deux versions :

  • soit par une collusion agressive des oiseaux et mammifères, qui, armés par le Bon Dieu, se rue à l'attaque sur le monstre végétal non sans victimes ni holocauste animaux.
  • soit par la simple hache d'un moine guerrier analogue de saint Martin ou saint Boniface.

La pestilence disparaît, l'eau pure réapparaît miraculeusement. Il ne reste que le lac et la lumière que la vie animale et végétale peuvent coloniser pour le bien de tous. Ainsi l'accès à la vraie et unique vie spirituelle chrétienne passe par la libération et la double-lumière de l'espace christique né du lac (de sève et de sang).

Il n'empêche, cette violence destructrice monothéiste imposant l'abandon de cet ancien lac-sanctuaire englobé anonymement dans la foresta mérovingienne, n'a pas empêché la reprise timide, puis dûment autorisée au Xe siècle par l'évêque Gérard de Toul imposant le patronage du saint apôtre Barthélémy sur les rares ruines-sanctuaires dévastées par le zèle fanatique des premiers Chrétiens envers les premières populations, leurs pratiques multiséculaires et leurs paysages familiers.

Accessibilité et tourisme[modifier | modifier le code]

La vocation touristique du lieu se traduit par la présence de plusieurs terrains de camping (13 sur la commune) et les nombreuses possibilités de promenades, pêche et autres loisirs aquatiques. C'est grâce à ses qualités tant d'accessibilités qu'halieutique que le lac de Longemer a été choisi pour accueillir certaines manches du championnat du monde de pêche à la mouche, organisé par la France, la FIPS et la FFPML en juillet 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives paroissiales de Corcieux-Gerpébal. Les deux dates étaient visibles sur la plaque commémorative du monument il y a trente années. Ladite chapelle a été consacrée en 1739.
  2. Les archives de Bruyères témoignent d'un pèlerinage annuel ancien, probablement avant le XIVe siècle, vers ce lieu. Il s'agissait aussi d'ailleurs d'une obligation faite à divers officiers de la ville.
  3. Un pèlerinage antique ou du moins très ancien caractérise dans les contes paysans d'ailleurs aussi les deux autres lacs de la vallée des lacs,
  4. Ces arbres sont probablement des sapins remarquables et des hêtres multiséculaires divinisés, ainsi que des lieux de culte sacrificiel ou rituel d'animaux pour les augures, les fêtes calendaires de transition luni-solaire. Mais il s'agit là de chrétiens fanatiques qui associent le lieu aux pratiques rivales ou non-orthodoxes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul von Eller, Guide géologique Vosges-Alsace, guide régionaux, collection dirigée par Charles Pomerol, 2° édition, Masson, Paris, 1984, 184 pages (ISBN 2-225-78496-5)
  • Jean-Claude Flageollet, Sur les traces des glaciers vosgiens, CNRS éditions, 2002, 212 pages (ISBN 2-271-05960-7)
  • Yves Sell (dir.), L'Alsace et les Vosges, géologie, milieux naturels, flore et faune, La bibliothèque du naturaliste, Delachaux et Niestlé, Lausanne, 1998, 352 pages (ISBN 2-603-01100-6)
  • Charles-Michel Sigendaler, Les lacs des Hautes Vosges, éditions Coprur, Balades & Loisirs, Strasbourg, 1996, 118 pages. (ISBN 2-84208-006-8)