Lac d'Annecy

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Lac d'Annecy
Vue aérienne du lac d'Annecy depuis le sud-est
Vue aérienne du lac d'Annecy depuis le sud-est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Département Haute-Savoie
Géographie
Coordonnées 45° 51′ 24″ N 6° 10′ 20″ E / 45.8567, 6.1722 ()45° 51′ 24″ Nord 6° 10′ 20″ Est / 45.8567, 6.1722 ()  
Type Naturel
Origine Glaciaire[1]
Superficie 27,59 km2[2]
Longueur 14,6 km[3]
Largeur 3,35 km
Altitude 446,69 m[2]
Profondeur
 · Maximale
 · Moyenne
 
82 m[3]
41,5 m[2]
Volume 1,1245 km3[2]
Hydrographie
Bassin versant 251 km2[3]
Alimentation Eau morte, Ire, Laudon, plusieurs autres torrents et la source sous-lacustre du Boubioz[2],[3]
Émissaire(s) Thiou[2]
Durée de rétention 3 ans et 292 jours[2]
Îles
Nombre d’îles 1
Île(s) principale(s) Île des Cygnes

Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie

(Voir situation sur carte : Haute-Savoie)
Lac d'Annecy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lac d'Annecy
Vue depuis le sud du lac
Vue du lac d'Annecy depuis le Pâquier à Annecy

Le lac d'Annecy, parfois aussi surnommé « lac bleu », est un lac de France situé dans les Alpes, en Haute-Savoie. Par sa superficie, il est le deuxième lac d'origine glaciaire de France après celui du Bourget, exception faite de la partie française du lac Léman.

Le lac s’est formé il y a environ 18 000 ans au moment de la fonte des grands glaciers alpins. Il est alimenté par sept ruisseaux et torrents, nés dans les montagnes environnantes : l'Ire, l'Eau morte, le Laudon, la Bornette, le Biolon et par une puissante source sous-lacustre, le Boubioz, qui jaillit à 82 mètres de profondeur.

Il est encadré à l’est par le massif des Bornes (la Tournette - 2 351 mètres, les Dents de Lanfon, le mont Veyrier et le mont Baron) et à l’ouest par le massif des Bauges (le Semnoz et le Roc des Bœufs), au nord par les agglomérations d’Annecy et au sud par la vallée vers Faverges qui prolonge le Bout-du-Lac.

Le lac a une périphérie praticable à pieds ou à vélo sur quarante kilomètres environ.

Le lac déverse son trop-plein d’eau dans le Thiou qui alimente le Fier à 1 500 mètres au nord-ouest d’Annecy, qui se jette lui-même dans le Rhône. C’est un lieu touristique très attractif, connu pour ses nombreuses activités nautiques, le parapente, et ses qualités environnementales permettant l'observation d'une nature préservée.

Le lac d'Annecy appartient au domaine public de l’État[4] et la seule île qu'il comprend, l'île des Cygnes, est artificielle et se trouve en face d'Annecy.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Le lac d'Annecy se trouve dans les Alpes françaises, dans le département de la Haute-Savoie, entre les massifs des Bauges au sud-ouest et celui des Bornes au nord-est. L'agglomération d'Annecy qui lui a donné son nom se situe à son extrémité nord.

Les villes et villages autour du lac

Villes et villages autour du lac

Relief[modifier | modifier le code]

  • Longueur : 14,6 kilomètres.
  • Largeur : de 800 mètres entre Duingt et le Roc de Chère à 3 350 mètres entre Veyrier et Sévrier.
  • Périmètre : 38 kilomètres.
  • Altitude : 446,80 m en moyenne au Bout-du-Lac et 446,40 mètres en moyenne à Annecy (pente 0,0027 %).

Hydrologie[modifier | modifier le code]

  • Volume : 1 234 millions de mètres cubes[5]
  • Profondeur moyenne : 41,5 mètres.
  • Profondeur maximale :
    • 80,6 m à la Puya, dans le Nord-Ouest du lac, où existe un entonnoir en forme d’ellipse sur des fonds de 20-25 m, c’est la source sous-lacustre du Boubioz,
    • 64,7 m dans le grand lac (bassin Nord),
    • 55,2 m dans le petit lac (bassin Sud).
  • Temps de renouvellement : 4 années
  • Température moyenne de l’eau : °C en janvier et 22 °C en juillet.
  • Alimentation : 7 ruisseaux et torrents principaux et la source du Boubioz.
  • Épanchement dans le Thiou : 260 millions de mètres cubes en année normale; 8 m³/s d’eau en période normale, mais 4 m³/s en étiage et 40 m³/s en crue.
  • Évaporation : 15 millions de mètres cubes en année normale.
  • Captage d'eau brute : 10 millions de mètres cubes sont annuellement captés via les stations de la Tour et de la Puya.
  • Baisse du niveau : une sécheresse particulièrement longue a été la cause de plusieurs baisses du niveau du lac au cours de certaines années : en 1817 (chaleur soutenue sans pluie du 12 juin au 22 septembre), 1906, 1947 et 2003, (le niveau du lac baisse de 35 cm par rapport au niveau d’un été normal).

Environnement[modifier | modifier le code]

Le lac d’Annecy est réputé pour sa propreté. C’est un des lacs les plus propres du monde. Le taux de nitrates est inférieur à 1 milligramme par litre bien inférieur au taux des eaux de source en bouteille (0,05 mg/l) et le taux des pesticides approche les XXX? µg/l bien inférieur au 0,1 µg/l maximum des eaux de source en bouteille.

Un collecteur situé sous la route suivant le bord, récupère les eaux usées de toutes les communes, villages et hameaux du bassin versant pour les envoyer et les traiter dans une station d'épuration située dans la banlieue d'Annecy.

Désormais l'objectif du syndicat mixte est d'étudier comment traiter les HAP (hazardous air polluants) provenant des résidus de voitures. Les autres objectifs sont l'amélioration de la gestion des eaux pluviales, la restauration des roselières, la motorisation électrique des bateaux circulant sur le lac et le développement du mouillage écologique.

Concernant les PCB (polychlorobiphényles), dissous dans l'eau et dus à la pollution atmosphériques correspondant à la période charbon, les chercheurs n'ont pour le moment pas de solution à cette pollution.

SILA[modifier | modifier le code]

Les compétences du SILA (Syndicat mixte du lac d’Annecy) sont la collecte et le traitement des eaux usées et le traitement des déchets ménagers. Il s’occupe en plus des aménagements liés au lac, notamment la piste cyclable le long du lac, qui est sur la partie ouest : dans Annecy et de Sévrier à Faverges, qui était autrefois la plateforme d'une voie ferrée unique Annecy/Albertville. La piste va maintenant jusqu'à Marlens. Une ancienne maison de garde-barrière existe toujours à l'intersection de la route menant à Doussard RD 181/RN 508.

Le SILA organise depuis 2006, chaque 3e dimanche d'octobre, le « Lac en partage » en collaboration avec la Compagnie des bateaux du lac d'Annecy.

Faune[modifier | modifier le code]

Avifaune[modifier | modifier le code]

Cygne tuberculé sur le bord du lac d'Annecy
Foulque macroule aux débarcadères du Pâquier

On trouve : bruant des roseaux, cygne (il y a même eu, en 2002 et 2003, un rarissime couple de cygne noir vers la réserve naturelle du Bout-du-Lac), cormoran, fauvettes (rousserolle turdoïde, verderolle et effarvatte), foulque macroule, goéland, grèbe huppé, héron, mouette rieuse et râle d'eau. Plus rares, goéland cendré, gros-bec casse-noyaux, martin-pêcheur. Depuis 2009, on peut également remarquer un couple de canards blancs sur le Thiou: plus trapus que les colverts, il semblerait qu'il s'agisse de blancs de l'Allier adaptés à l'état sauvage. Ceux-ci compensent l'absence de canards de Barbarie qui avaient pu être aperçus les années précédentes.

Il existe plusieurs espèces de canards. Les plus nombreux sont les canards colvert, mais on trouve aussi, eider à duvet, fuligule milouin, fuligule morillon, harle bièvre, macreuse brune. Plus rares, canard chipeau, garrot à œil d'or, harelde boréale (les hivers très froids), nette rousse.

Parmi les espèces migratrices et autres qu'on trouve autour du lac on peut citer : alouette des champs, coucou, fauvette à tête noire, guêpier d'Europe, hirondelle, martinet alpin, martinet noir, pigeon ramier, rougequeue noir et tarier pâtre.

Depuis 1999, la population d'oiseaux est en décroissance rapide. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux et la fédération des chasseurs, le nombre d'oiseaux, des espèces sur lesquelles porte l'étude, aurait diminué de 45 % sur la période 1999-2005.

1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
3 139 3 603 2 394 2 587 1 918 1 511 1 689 1 326
  • Ce recensement est fait dans le cadre du programme européen Wetlands international. Comptage exhaustif effectué chaque année en janvier depuis la berge sur les mêmes points d'observations.

Les espèces les plus en déclin sont le canard colvert (-76 %), le harle bièvre (-65 %), le fuligule morillon (-62 %) et le cygne tuberculé (-56 %).

Plusieurs facteurs semblent être la cause de cette baisse de population, alors que dans le reste de la France ou même dans la région, le nombre d'oiseaux tend plutôt à augmenter.

  • La lutte contre la puce du canard ou dermatite cercarienne — voir § Puce du canard — a eu pour conséquence d'abattre des milliers de canards colvert tous les hivers depuis 2002. Les nombreux tirs auraient eu pour conséquence de déstabiliser les oiseaux et de les pousser à se disperser et à migrer sur d'autres plans d'eau plus tranquilles.
  • Les cygnes sont en décroissance mais ne sont pas menacés (60 en 1995, 70 en 1999, 17 en janvier 2006 et 30 en décembre 2011). Selon la rumeur, ils seraient capturés pour être mangés et leurs œufs disparaissent des nids. De fait le cygne est un oiseau peu apprécié de quelques chasseurs et pisciculteurs, mais leur faible population serait essentiellement due à la diminution des roselières et à la pureté du lac.

Poissons[modifier | modifier le code]

On trouve :

Cependant la ressource piscicole est assez faible, puisqu'elle est estimée entre 90 et 100 tonnes de poisson pour tout le lac, ce qui permet une pêche annuelle maximale de 30 tonnes à répartir entre les 4 pêcheurs professionnels et les quelque 1 000 amateurs.

À la fin des années 1990, la découverte de silures dans le lac — aujourd'hui disparus — avait jeté l'émoi au sein de la communauté des pêcheurs.

Animaux[modifier | modifier le code]

Flore[modifier | modifier le code]

Les réserves naturelles (cf ci-dessous) accueillent une grande variété d’espèces, au Bout-du-Lac, on a dénombré 476 espèces végétales dont 17 orchidées, au Roc de Chère, c’est 508 espèces végétales dont 28 orchidées.

Roselières[modifier | modifier le code]

En 1928, année de l’étude de Marc Le Roux sur la faune et la flore du lac, les roselières s’étendaient sur 180 ha (1,8 km2). En 1976, elles n’étaient plus que sur 16 ha (0,16 km2) et cela s’est encore un peu amenuisé à notre époque même si des mesures ont été prises comme la création de la réserve naturelle du Bout-du-Lac, les restrictions de navigation, la plantation de pieux, etc.

La principale roselière est celle du Bout-du-Lac, il y ensuite celles de Saint-Jorioz et d’Annecy-le-Vieux au petit port.

La roselière est un élément important de la vie du lac, c’est en effet une zone d’eau peu profonde où l’eau se réchauffe très vite et où la vie permet de prospérer. D’abord les plantes aquatiques qui vont permettre aux animaux de se nourrir, mais également de se cacher et se reproduire.

Elle joue également un rôle dans la propreté du lac, à la façon d’une station d’épuration : elle filtre les matières et permettent leur décantation. De plus, les plantes comme les roseaux assimilent dans leurs tissus des polluants comme le phosphore, le nitrate, mais également le cyanure ou des hydrocarbures.

Réserves naturelles[modifier | modifier le code]

Réserve naturelle du Bout-du-Lac[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réserve naturelle du Bout-du-Lac.

La réserve naturelle du Bout-du-Lac est située à l’extrême sud du lac. Mesurant 84 ha de superficie, elle est protégée depuis 1974. Deux rivières (l’Ire et l’Eau Morte) y coulent, et son territoire est couvert de forêts et de roseaux sauvages. C’est un marais qui autrefois absorbait les variations de niveau du lac.

Un sentier en bois permet de cheminer au cœur même du marais, entre les roseaux, pendant une demi-heure de marche, jusqu’à la Tour de Beauvivier, vestige d’une maison forte du Moyen Âge.

Les foulques, les grèbes huppés, les canards colvert, les lézards et 3 familles de castors ont fait du marais leur habitat. De nombreux oiseaux aquatiques viennent y hiverner et se reproduire. On peut y admirer le colchique, le houblon, le sceau de Salomon et des orchidées. Plus dur sera d’observer la rare gentiane pneumonanthe.

Réserve naturelle du Roc de Chère[modifier | modifier le code]

Le roc de chère est un site écologique majeur, une petite avancée rocheuse au bord du lac sur la rive Est, situé sur le territoire de la commune de Talloires. C’est un espace protégé, depuis 1977 d’une superficie de 69 ha (0,69 km2).

Il est situé entre les communes de Talloires et de Menthon-Saint-Bernard, juste à la limite du grand et du petit lac et permet de découvrir de superbes panoramas tout au long des sentiers de randonnées le parcourant. Il plonge dans le lac d'Annecy par d'impressionnantes falaises de 50 à 70 m de hauteur. On peut y voir aussi des lapiaz, qui sont des roches calcaires érodées par l'eau, et qu'on retrouve souvent en Savoie.

Jadis exploité par les moines de l'abbaye de Talloires, il est aujourd'hui colonisé en majorité par les chênes sessiliflores et les charmes ; la rhodoraie s'y épanouit. Une réserve naturelle y été créée en 1978 pour protéger l'exceptionnelle richesse du site. 35 % de sa superficie appartient aujourd'hui (en 2004) au Conservatoire du littoral et des rivages lacustres. Sur ses pentes Nord s'étend un golf.

Grâce à l'alternance de sols calcaires et de sols siliceux (grès), et à la présence de microclimats différents d'un vallon à l'autre, plus de 560 espèces de fleurs et de plantes y poussent. Parmi elles, on dénombre :

Le glacier y a laissé une tourbière où l'on peut trouver des rossolis, une laîche des tourbières (Carex sp.) et la cordulie arctique, une libellule. Dans un canyon dissimulé sous la forêt, on trouve des plantes qui poussent habituellement à 2 000 m (rhododendron ferrugineux, lycopode sélagine). En revanche, côté lac, sur les falaises dans un milieu chaud et sec se sont acclimatées et développées des espèces méridionales (comme l'érable de Montpellier, etc.).

Une abondante faune s'est aussi appropriée les lieux et y trouve refuge. Parmi les oiseaux on y trouve l'hirondelle de rochers et le faucon pèlerin qui nichent dans les falaises, mais aussi le milan noir et des goélands leucophées.

Problèmes environnementaux[modifier | modifier le code]

Puce du canard[modifier | modifier le code]

Apparue en 1994, la « puce »[6] qui est en fait une cercaire, une larve microscopique, qui pénètre dans la peau de l’homme et provoque une infection cutanée, « la dermatite du baigneur » a connu son paroxysme en 2002.

Le cycle parasitaire commence par des escargots aquatiques (limnées) infectés par les excréments d’oiseaux, la larve s’échappe de son hôte pour les oiseaux, surtout des canards, le ver femelle pond des œufs qui sont évacués avec les selles de l’oiseau et le cycle recommence. Chez l’homme, hôte accidentel, la larve meurt rapidement mais provoque une démangeaison et des éruptions cutanées qui disparaissent au bout de 1 à 2 semaines.

L’homme est le vrai responsable du problème, car en donnant du pain aux canards, il favorise leur surpopulation et l’abandon de leur migration, d’autant plus que la chasse est interdite sur le lac d’Annecy.

Des canards gourmands trop nourris de pain, ont une ration excessive de gluten, ce qui entraîne pour ces oiseaux des troubles digestifs et beaucoup trop de rejet d’excréments.

À l’automne 2002, lors de la première campagne, à peu près 450 canards ont dû être abattus, dont plus de 90 % étaient infectés, d'autres ont été abattus en 2003 et en 2004.

Loi Littoral[modifier | modifier le code]

Vue panoramique du lac d'Annecy en direction du sud

L'avenir du lac est menacé par l'Abrogation partielle de la Loi littoral autour des lacs de montagne de plus de 1 000 hectares votée en seconde lecture à l'assemblée en 2005 (seuls quelques députés étaient présents) et contre laquelle se mobilisent les habitants et l'ex maire d'Annecy Bernard Bosson qui refuse le bétonnage programmé de la région.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le lac est apparu il y a environ trente mille ans vers la fin de la 4e période glaciaire, dite glaciation de Würm, pendant longtemps le niveau du lac était plus bas de 5 à 7 mètres. Une sorte de trottoir, surnommé « la baleine », fait le tour du lac sauf sous le roc de Chère qui plonge directement à 40 mètres sous le niveau de l'eau.

Le lac d'Annecy possède plusieurs exemples de cités lacustres, villages préhistoriques du Néolithique et de l'âge du bronze final, implantés tout autour du lac (à Annecy-le-Vieux, Annecy, Sevrier, Saint-Jorioz, Talloires, etc.). Parmi les sites, les plus importants : celui au large du Pâquier (Annecy), regroupant plusieurs dizaines de pilotis sur une superficie d'environ 1 200 m2 ;

  • celui près de l'île aux Cygnes (Annecy), au large du Pâquier, à environ 200 mètres du rivage, regroupe plusieurs dizaines de pilotis dispersés à faible profondeur (1,80 mètre) sur environ 1 200 m2 ;
  • celui près du Petit-Port au large d'Albigny (Annecy-le-Vieux), regroupe une série de pieux entre 1,8 et 2,8 mètres de profondeur sur environ 2 000 m2 (site protégé au titre des Monuments historiques ;
  • celui au large de Saint-Jorioz, regroupe 760 pilotis sur 1 200 m2 ;
  • celui à 800 m du « Crêt de Châtillon » (Sevrier), regroupe des pieux et un four de potier y a été découvert ;
  • celui du secteur des Mongets (Sevrier), à 180 m du débouché du ruisseau de la Planche, regroupe des 673 pilotis sur environ 600 m2 ;
  • celui au large de Duingt (le Roselet).

Le , le Comité du patrimoine mondial de l'Unesco a classé les sites palafittiques préhistoriques autour des lacs des Alpes datant de 5 000 à 500 avant J.-C.. Le dossier était porté par les six pays alpins (Suisse, France, Allemagne, Slovénie, Italie et Autriche. Le lac d'Annecy était concerné par ce classement et trois de ses sites ont été retenus (les marais de Saint-Jorioz, le Crêt de Châtillon et le secteur des Mongets.

Le niveau du lac était plus bas à l'époque et les pilotis que l'on a retrouvés, notamment non loin de l'île aux Cygnes, étaient des pieux enfoncés dans le sol servant d'armature verticale aux cabanes. Cette hypothèse a été confirmée par une datation très précise à 3 783 av. J.-C. attestant d'une occupation des marais de Saint-Jorioz avec un niveau inférieur de trois mètres et par la découverte à Sevrier d'un four de potier désormais exposé au Musée-Château d'Annecy. Ces 5 sites majeurs, il en existe d'autres, font partie du projet défendu par la Suisse, d'obtenir le classement de quelque mille sites palafittiques recensés autour des Alpes et répartis sur 6 pays (Allemagne, Autriche, France, Italie, Slovénie et Suisse).

Ces vestiges montrent que des populations occupaient déjà le bord du lac depuis le début du néolithique. Une salle entière du Musée-Château d'Annecy est consacrée. à ces populations. Dès -5600 des chasseurs-cueilleurs sont présents, puis entre -4300 et -900 av. J.-C., ils ont été rejoints par des cultivateurs, des pêcheurs, des artisans bronziers et des potiers. En -1800 (âge du bronze), le lac a encore un niveau inférieur de 2,50 m à celui d'aujourd'hui; c'est l'époque où commence une occupation intensive de ses berges. En -1200, à la suite d'une longue période de sécheresse, le niveau du lac est inférieur de 4 mètres à celui actuel, ce qui fait apparaître l'île de Chatillon (170 m de long sur 70 m de large, aujourd'hui sous l'eau. Les pêcheurs qui l'occupaient nous ont laissé une pirogue taillée dans un tronc de chêne datant de -900 av. J.-C. Cinquante ans plus tard en -850, c'est le début de l'âge du fer, une période où le climat devient plus froid et plus humide partout en Europe et lors de laquelle les villages lacustres sont abandonnés. Le niveau du lac d'Annecy se retrouve à un mètre au-dessus du niveau actuel, il s'étend alors sur une grande partie de la plaine des fins jusqu'aux premiers coteaux.

Époques allobroge puis romaine[modifier | modifier le code]

Les tribus gauloises Allobroges occupèrent très tôt les préalpes des pays de Savoie, les rives du lac d'Annecy et les terres environnantes, certainement dès le début du IVe siècle av. J.-C. et peut-être même avant. Après leur victoire, les Romains s’installent à partir de la fin du Ier s. av. J-C sur la rive nord du lac d’Annecy, dans la plaine des Fins, et fondent le Vicus de Boutae ou Bautas (la « cité des bœufs », future Annecy).

du XVIe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Lors de l'hiver 1573, alors que le lac est entièrement gelé, un riverain mesure entre le hameau de l'Étraz et le rive d'en face une largeur de 2 431 aunes.

En 1640, les eaux envahissent les bords immédiats du lac et les capucins organisent une procession pour implorer la clémence divine.

En 1655, la ville est envahie par les eaux qui submergent le puits Saint-Jean.

Lors du printemps 1711, petite époque glaciaire, le niveau du lac monte de 3,10 mètres au-dessus du niveau actuel, causant des inondations catastrophiques et d'énormes dégâts. Une partie des remparts s'effondre : « le lac a tellement enflé qu'il inonda les plaines voisines ».

En 1780, Horace Bénédict de Saussure est mandaté pour mesurer la profondeur du lac. Il effectue 47 sondages et trouve 180 pieds au Boubio soit 62 mètres.

En 1840 :

  • Les inondations sont très importantes et la ville n'est accessible que par bateau.
  • Début de l'activité du Chérubin (puissance 10 cv, 100 passagers), bateau acheté d'occasion à Lyon après une longue carrière sur le Rhône. Vieux bateau-vapeur en bois, il navigua de juillet 1840 à août 1844, pour un service de voyages. Il remorquait des barques à voile, embarquait une centaine de passagers et enfumait les rivages.

En 1843, après une importante réparation le Chérubin rebaptisé Le Dauphin reprend du service.

En septembre 1844, le Dauphin, qui n'avait pas de quille et une coque pourrie, finit par craquer sous le poids des ans.

En 1860 :

  • Un article de la Revue Savoisienne estime la profondeur moyenne à 40 mètres, et le volume d'eau contenu dans le lac à 1 120 millions de m³. Il est alors estimé qu'il pourrait être entièrement comblé dans cent mille ans.
  • En septembre, le lac reçoit la visite de Napoléon III et le couple impérial est ébloui par la beauté du lac.

En juin 1861, début de l'activité du bateau à vapeur Couronne de Savoie, (32 m x 3,90 m, 30 tonnes, 24 cv, 400 passagers), offert à la ville d'Annecy par Napoléon III. Sa propriété et sa gestion étaient municipales et sept débarcadères furent construits au frais de l'État par les Ponts et Chaussées pour l'accueillir dignement, à Veyrier, Menthon, Talloires, Doussard, Duingt, Saint-Jorioz et Sevrier. À Annecy, le chenal du petit port est ouvert.

En 1862, les travaux de Sadi Carnot permettent de rehausser le niveau du lac d'un mètre (côte 446,90 m).

En novembre 1863, le préfet publie le premier règlement de police, codifiant la navigation des bateaux de croisières et de transport de marchandises sur le lac.

En 1864, une révision du règlement de police est publiée.

Au printemps 1873, la Compagnie de navigation du lac d'Annecy est fondée par une poignée d'entrepreneurs locaux.

En mai 1874, début de l'activité du bateau à hélices à coque en fer L'Allobroge (26 m x 4 m, 15 tonnes, 24 cv, 150 passagers). Il livra une farouche concurrence au Couronne de Savoie municipal : guerre de prix et des horaires et même bagarres entre équipages.

Le , l'altitude du lac est officiellement fixée à 447,07 mètres après une série de 252 observations dont la moyenne donnait 448,02 mètres.

Lors de l'hiver 1880, le lac connaît son avant-dernière glaciation importante.

En mai 1886, la Compagnie des bateaux à vapeur sur le lac d'Annecy est fondée avec un capital de 120 000 francs et remplace la CNLA dissoute. La nouvelle compagnie récupère l'Allobroge, rachète le Couronne de Savoie pour 65 000 francs.

En juillet 1887, début de l'activité du bateau à aubes Le Mont-Blanc (40,2 m x 9,20 m, 32 tonnes, 120 cv, 350 passagers). En décembre, à cause du brouillard, il s'ensabla près du port de Sevrier.

Lors de l'hiver 1891, le lac connaît sa dernière glaciation importante. Il est complètement gelé du 31 décembre au 13 mars.

En 1898 :

  • Une mesure de la surface trouve 2 800 hectares, alors qu'après la Première Guerre mondiale, une nouvelle mesure trouve 2 759 hectares pour la surface et 65 mètres pour la profondeur maximale.

du XXe au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En juillet 1900, L'Allobroge fut coulé à quai par des gamins qui avaient ouvert un robinet de vidange. Il est renfloué après beaucoup d'efforts.

En 1902, dans le Dictionnaire géographique et administratif de la France, il est donné les chiffres suivants : altitude 446,52 mètres, surface 2 704 hectares, volume 1 123 5 millions m³, profondeur maximale 64,70 mètres avec un abîme de 80,60 mètres au Boubioz, longueur 15 km, moindre largeur 800 m entre Duingt et Talloires, plus grande largeur 3 350 mètres au niveau de Sevrier, périple 36 km, épaisseur des boues du fond du lac 50 à 55 mètres.

En septembre 1906, la sécheresse fait reculer le lac de 150 m avenue d'Albigny.

En 1908 :

  • La commune de Doussard mène une bataille pour que son débarcadère porte le nom de « Bout du Lac » en remplacement de « Lathuile », estimé trop préjudiciable à l'image de la commune.
  • En décembre, l'eau de la source du Boubioz est en partie captée.

En mai 1909, début de l'activité du bateau à aubes France (47,23 m x 12 m, 40 tonnes, 350 cv, 700/800 passagers grâce à son triple pont, 23 km/h, coût 250 000 francs).

En 1918, les eaux submergent l'avenue d'Albigny.

En 1944, les eaux submergent l'avenue d'Albigny, il s'agit de la plus importante inondation depuis 200 ans : « La préfecture est changée en île et la foire baigne dans l'eau ».

En septembre 1947, la sécheresse fait reculer le lac de plus de 150 m avenue d'Albigny. Cette année-là fut « une année de disette sans moissons ni vendanges ».

Lors de l'hiver 1963, le canal de Vassé gèle ainsi que la baie de Talloires et la presqu'île de Duingt.

Un jour de l'hiver 1971, le vieux France coule mystérieusement. Son épave qui repose au fond du lac attire depuis les plongeurs passionnés.

En mai 1984, début de l'activité du Libellule, grand catamaran de croisières (60 m x 12 m, 2x210 cv, 595 passagers). Il s'agit du plus important bateau mis en service sur le lac d'Annecy. Il a été réalisé en près d'un an par des entreprises locales. L'inauguration eut lieu le avec comme parrain l'acteur Jean-Claude Brialy et la comédienne Marie-José Nat. Le réalisateur Claude Chabrol était aussi présent.

En juillet 1996, un important tremblement de terre agite la masse d'eau et en décembre de la même année, un glissement de terrain subaquatique se produit à la Puya.

En août 2003, un coup de vent provoque une tempête particulièrement forte, qui coule plusieurs embarcations.

En mai 2010 est inauguré le « théâtre d'eau » de l'île aux Cygnes, une animation très appréciée par les touristes et qui renoue avec l'animation dites des « fontaines lumineuses » qui avait fonctionné de 1860 à 1980. Cette scène est composée de deux pyramides flottantes d'où jaillissent des jets lumineux de dix mètres de haut.

Sauvegarde[modifier | modifier le code]

Déversoir naturel de toutes les eaux usées des communes environnantes, menacé d’eutrophisation par les algues trop présentes, dès les années 1950, une vaste prise de conscience a permis la mise en œuvre de mesures qui l’ont sauvé. Certains, à l’époque, présentaient cette mort lente du lac comme une des conséquences irrémédiables du développement industriel et du progrès économique, chose qu’il fallait accepter.

Alertées par le docteur Paul Servettaz, huit communes décidèrent de s’engager en pionnières dans la sauvegarde de leur lac. Elles créèrent en 1957 le SILA (Syndicat intercommunal du lac d’Annecy), qui s’est transformé, le , en Syndicat mixte du lac d’Annecy (toujours SILA) et réunit actuellement 10 groupements intercommunaux, représentant 113 communes, soit une population de 250 000 habitants.

En 1957, un premier réseau complet d’assainissement est construit avec un collecteur situé sous la route qui borde le lac. Les effluents transitent par des stations de pompage et sont dirigés vers une station d’épuration. En 1994, une nouvelle usine de dépollution est construite. À ce jour, le lac reçoit uniquement les eaux de pluie et celles des sources et des ruisseaux qui l’alimente.

L'eutrophisation a diminué mais quelques problèmes persistent. Ainsi le , les préfets de Savoie et de Haute-Savoie ont dû interdire la pêche (pour consommation et commercialisation) de l'omble chevalier (Salvelinus alpinus) dans le lac Léman, ainsi que dans le lac du Bourget et dans le lac d'Annecy, en raison de taux très élevés de polychlorobiphényles (PCB) et dioxines. Il a été montré que les taux étaient « supérieurs aux normes réglementaires » pour deux échantillons de ces poissons « les rendant impropres à la consommation humaine et animale »[7], « jusqu’à ce qu’il soit établi par des analyses officielles que ces mesures ne s’avèrent pas utiles à la maîtrise du risque pour la santé publique » en attendant qu'une enquête de l’Agence française de sécurité sanitaire de aliments (Afssa) précise l'ampleur du problème (La pêche sans consommation du poisson reste autorisée, ainsi que la baignade et les sports nautiques, car les PCB sont faiblement solubles dans l’eau). Les dernières analyses réalisées ont permis d'autoriser à nouveau, depuis le 23 juin 2008, la consommation d'ombles chevalier dans la mesure où sa taille est inférieure à 40 cm.

Culture[modifier | modifier le code]

Fête du lac[modifier | modifier le code]

Feu d'artifice tiré lors la fête du lac d'Annecy en août 2012

C’est un spectacle pyrotechnique, l'un des plus grands feux d'artifice d'Europe (il dure environ 1 h 30) rythmé par un thème musical, qui a lieu chaque année le premier samedi d'août (depuis 1978 ; auparavant il avait lieu le dimanche). Il est tiré depuis le lac, face au Pâquier à Annecy. Des tribunes payantes sont installées, mais il est visible des hauteurs et des villes environnantes. Plus de 40 000 billets d’entrée sont vendus (gradins et pelouses) et plus de 150 000 personnes assistent à l'événement depuis les rives du lac, les collines et montagnes environnantes ou les embarcations rassemblées derrière la zone de tir du feu d'artifice.

L'origine de cette fête remonte au rattachement à la France du duché la Savoie qui a donné naissance aux départements de la Savoie et de la Haute-Savoie. Du 29 au 31 août 1860, l'empereur Napoléon III et l'impératrice Eugénie sont les hôtes de la ville d'Annecy. Ils viennent assister aux festivités en l'honneur de ce rattachement. Une fête lacustre est organisée par la ville : c'est le début de la Fête du Lac. Au cours des années, cette fête prendra différents aspects pour devenir, à partir de 1950, un grand événement touristique comme celui que l'on connaît aujourd'hui.

Dans les années 1960, un hôtelier propriétaire de l'hôtel « Villa Mary », André Basset construisait chaque année une embarcation, il a marqué la fête du lac pendant une dizaine d'années pour devenir hors concours tant ces créations étaient superbes[réf. nécessaire].

Thèmes : La Belle Époque (1968), La Révolution française (1989), Le cirque (1998), À la recherche de Poséidon (1999), Les nuits de la légende : la légende du temps (2000), Les nuits de la légende : les légendes du Brésil (2001), Le mystère des eaux de cristal (2002)[8],[9] Escales en Europe (2003), Musiques de films (2004), Les chansons d'amour (2005), Rythmes du monde, rythmes du feu (2006), 2007 tout feu, tout slam (2007), La ronde des feux (2008), Marco Polo (2009), La machine à remonter le temps (2010), La quintescence des éléments (2011), L'énergie d'une étoile (2012), Les feux de l'arc-en-ciel (2013)

Observatoire régional des lacs alpins[modifier | modifier le code]

Il se trouve au Musée-Château d’Annecy dans la vieille ville. C’est une exposition permanente sur les lacs des Alpes françaises et notamment sur le lac d’Annecy. On y découvre les différents types de lac, leur peuplement, faune et flore. Sont également exposés des objets du passé, parfois lointain (préhistoire) découverts au bord du lac.

Peintres[modifier | modifier le code]

Le lac d’Annecy, entouré de ses montagnes et de son environnement romantique et sauvage, a inspiré de nombreux peintres de sensibilités différentes, tous attirés par cette lumière particulière, changeante et se reflétant dans les eaux.

Voir à ce sujet le lac d'Annecy dans la peinture.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Bexon : Annecy & le Bourget, lacs romantiques peints par Prosper Dunant, 1790-1878, éd. Itinera Alpina, 1988
  • Alain Bexon : Annecy & La Savoie par le peintre Firmin Salabert 1811-1895, éd. Itinera Alpina, 1999
  • Alain Bexon : Le Lac d'Annecy par les peintres du XVe au XXe, éd. Itinera Alpina, 2003
  • Alain Bexon : Souvenirs d'Annecy, Écrivains et peintres , éd. Itinera Alpina, décembre 2008

Cinéma[modifier | modifier le code]

Le lac a souvent été choisi comme décor naturel dans les films suivants :

  • Les Roquevillard, 1943, film de Jean Dréville (scènes à la Villa Besnard à Talloires).
  • Rêves d'amour, 1947, film de Christian Stengel (scènes tournées à la Villa Besnard à Talloires)
  • Le Genou de Claire, film d’Éric Rohmer,
  • La série télévisée La Kinésithérapeute se déroule dans une clinique sur les bords du lac d’Annecy.
  • La série télévisée Déjà vu se déroule sur les bords du lac d’Annecy.
  • Le téléfilm Claire Brunetti (2009) pilote d'un projet avorté de série télévisée se déroule à Annecy. Le cadavre, point de départ de l'affaire judiciaire, est découvert dans le lac d’Annecy.

Navigation[modifier | modifier le code]

Le Libellule à Annecy, France, été 2004
Barque sur le lac

Il n’est pas possible de dire que le lac d’Annecy ait connu une véritable culture de la vie sur le lac, telle qu’on peut la connaître par exemple sur certains lacs italiens.

Les bords du lac ont été jusqu’à une époque récente considérés comme malsains à cause de l’humidité. Seuls quelques pêcheurs avaient élu domicile sur les bords. Les villages étaient toujours situés en hauteur à quelques centaines de mètres du lac.

La navigation ne se développait réellement qu’en été, car ce sont les touristes qui l’ont pratiquée et en ont lancé la mode.

Ports et bases de loisirs[modifier | modifier le code]

  • Cercle nautique d'Annecy.
  • Port des Marquisats à Annecy, 271 anneaux d'amarrage.
  • Port d’Albigny à Annecy-le-Vieux, dispose de 214 anneaux d'amarrage.
  • Base nautique du petit-Port à Annecy-le-Vieux.
  • Base nautique du port des Champs à Veyrier-du-Lac, 76 anneaux d'amarrage.
  • Port et base nautique du Port à Menthon-Saint-Bernard, 10 bouées d'amarrage.
  • Port de Talloires à Talloires.
  • Port d'Angon à Talloires.
  • Base nautique de Glière à Doussard, 100 anneaux d'amarrage.
  • Port et base nautique de La Nublière à Doussard.
  • Port de Duingt, 60 anneaux d'amarrage.
  • Port et base nautique de Saint-Jorioz, dispose de 342 anneaux d’amarrage.
  • Port et base nautique de Sévrier, 380 anneaux d'amarrage et parking à terre.

Débarcadères[modifier | modifier le code]

À l’époque des vapeurs à aubes, douze débarcadères furent construits par Les Ponts et Chaussées autour du lac : Annecy, Beau-Rivage, Sévrier, Saint-Jorioz, Duingt, Bredannaz, Doussard-Bout du Lac, Angon, Talloires, Menthon-Saint-Bernard, Veyrier, Chavoires. Depuis, certains ont disparu : Beau-Rivage, Bredannaz et Chavoires.

Compagnie de navigation du lac d’Annecy[modifier | modifier le code]

Barques et canots en bois[modifier | modifier le code]

Deux sortes de barques en bois ont marqué le lac d’Annecy pendant la première moitié du XXe siècle, et nous charment encore de nos jours :

  • Les canots à moteur en acajou construits par le menuisier-ébéniste Métral vers 1920, dont il ne reste plus que six exemplaires soigneusement entretenus.
  • Les barques en bois fabriquées à partir de 1920 par le menuisier-ébéniste François Beauquis dans son atelier de Saint-Jorioz, toujours exploitées aujourd’hui. Elles ont des coques de quatre à six mètres de long, en acajou ou en mélèze, avec des pièces maîtresses en chêne ou en acacia et des rivets en cuivre. L’atelier ayant pris le tournant du polyester dans les années 1960, la dernière barque en bois fut construite en 1973. Cependant, elles sont toujours soigneusement entretenues par leurs propriétaires dans l’atelier même où elles ont été fabriquées. Il est possible d’en louer à Talloires et à Menthon.

Après la Seconde Guerre mondiale, pendant les années 1950 et 1960, le lac a vu aussi apparaître des hors-bords italiens « Riva » qui étaient la coqueluche des gens du showbiz. On peut toujours en apercevoir et même en louer du côté du Pont des Amours à Annecy.

Il existe aussi une association « Les Vieux Safrans d'Annecy[10]» spécialisée depuis 1993 dans la restauration des bateaux en bois et qui est installée dans des locaux à Rumilly.

Une autre association « Voile et canots » a pour objectif de promouvoir la navigation traditionnelle sur le lac en développant tout un art de vivre sur l’eau, par exemple, accès par bateau aux hôtels et restaurants.

Sports et loisirs[modifier | modifier le code]

Le lac d’Annecy est en fait un plan d’eau de taille réduite situé au milieu des montagnes (Mont Veyrier, Semnoz, Parmelan...). Ces monts rendent la circulation des vents instable. Ils sont souvent inattendus, ce qui fait justement l’intérêt de la navigation sportive sur les lacs de montagne. Le lac a d'ailleurs été le lieu de déroulement des championnats de France des croiseurs légers en 2009.

Pêche[modifier | modifier le code]

La pêche de loisir sur le lac d'Annecy est l'activité la plus importante en nombre de pratiquants : 1 200 pêcheurs exercent leur loisir en bateau et environ 600 pêchent près du bord. La gestion de cette activité est assurée par l'association Annecy Lac Pêche sise aux Marquisats. L'association a la charge de la gestion piscicole, de la distribution des cartes de pêche ; son activité ne se limite pas à la pêche et elle est un acteur important de la protection du milieu et de son environnement.

Aviron[modifier | modifier le code]

Sur le lac d'Annecy, il y a 4 clubs d'aviron (3 dans le Grand Bassin et 1 dans le Petit Bassin).

Liste des clubs d'aviron du Lac d'Annecy :

  • Annecy : Le Cercle Nautique d'Annecy, situé aux Marquisats (plus précisément à Colmyr), est le 6e club français sur 256 en 2009 (Première Division). Celui-ci est le club du champion d'Europe et du monde 2009 d'aviron : Fabien Tillet. Le club de canoë-kayak a remporté en octobre 2009 la première finale de la coupe de France de Dragon Boat.
  • Annecy-le-Vieux : Le Club des Sports d'Annecy-le-Vieux (Aviron), situé à Albigny, est le 30e club français en 2009 (Deuxième Division).
  • Sevrier : Aviron de Sevrier (Rive Gauche) : Club de Quatrième Division (135e club français en 2009).
  • Talloires : Cercle Nautique de Talloires : Club de Quatrième Division (110e club français en 2009).

Cyclisme[modifier | modifier le code]

Il est prévu d’avoir une piste cyclable qui permette de faire complètement le tour du lac. Pour l’instant, il y a une grande portion existant d'Annecy le Vieux à Doussard, qui continue ensuite sur Faverges et s'arrête à Ugine, dans le département de la Savoie, grâce à une nouvelle extension ouverte en 2007. Ugine est ensuite reliée à Albertville. Ce tronçon débuté en 1976 reprend le tracé de l’ancienne voie de chemin de fer d’Annecy à Faverges. Le chaînon manquant entre les Marquisats (Annecy) et Sevrier est terminé depuis l'été 2005.

Des courses cyclistes autour du lac (46 km) sont également organisées tous les ans :

  • la Gentleman cycliste, une course en binôme, qui n'existe plus à la suite d'un accident mortel.
  • l’Ancilevienne, une course également en binôme mais avec un seul vélo, pendant que l'un pédale l’autre court !

Actuellement il existe un projet de créer une piste cyclable sur la rive Est du Lac. Cette piste suivrait la route départementale mais aurait comme inconvénient de supprimer l'accès aux rives du lac par la suppression des emplacements de parkings donnant un accès aux habitants et aux touristes.

La 18e étape du Tour de France 2009 fut un contre-la-montre autour du lac.

Natation et baignades[modifier | modifier le code]

Plage d’Albigny avec le mont Veyrier

Le lac, très propre, permet de s’adonner en de nombreux endroits à la natation et au plaisir de la baignade. L’été, la température de l’eau atteint 22 à 24 °C. Tous les ans depuis 1931, le 15 août, une traversée du lac ouverte à tous est organisée : 1 000 m entre la Plage de l'Impérial et les Jardins de l'Europe, 2 400 mètres au départ des pontons en bois du Petit Port sur la Commune d'Annecy-le-Vieux.

Planche à voile[modifier | modifier le code]

Les véliplanchistes disposent de deux lieux particuliers où ils peuvent faire de la planche à voile, mais aussi à partir d’une dizaine d’autres endroits. La pratique du « kite-surf » est autorisée uniquement vers Saint Jorioz (source : Service de la navigation).

  • À Annecy-le-Vieux au petit port d’où ils peuvent naviguer le long de la rive jusqu’à l’Impérial Palace.
  • À Veyrier d’où ils peuvent enchaîner les traversées du lac en profitant des vents de nord et de sud.

Plongée sous-lacustre[modifier | modifier le code]

Le lac permet la pratique de la plongée sous-marine en de nombreux endroits et à diverses profondeurs, été comme hiver (eau à °C). Des commerces spécialisées possèdent des écoles et il existe bon nombre d’associations tout autour du lac. Des sites archéologiques lacustres et des épaves (notamment le France qui repose à -42 mètres) peuvent ainsi être visités.

Skate et roller[modifier | modifier le code]

Le lac est un cadre exceptionnel pour la pratique du roller que se soit sur la piste cyclable ou sur le Pâquier.

De plus, un skatepark assez bien aménagé existe derrière la plage des Marquisats (1 bowls, 1 snake à 3 hauteurs, 1 langue, 2 curbs et quelques barres et le nouveau parc street inauguré en octobre en forme de parcours zigzag en descente, sets de marches, etc.).

Ski nautique[modifier | modifier le code]

Certaines bases nautiques disposent de bateaux puissants pour pratiquer le ski nautique. Cette discipline trouve sur le lac des conditions optimales même meilleures qu’en mer. Avant la guerre, Annecy fut un grand centre de pratique du ski nautique en France et surtout de centre d’essai pour les nouveaux équipements.

Certains bateaux sont équipés de barres latérales pour permettre aux débutants d’apprendre à skier sur l’eau sans être tiré par une corde, avec une réussite garantie. Pour les plus expérimentés le « wakeboard », qui est une sorte de « snowboard » sur eau, leur est proposé. Les professionnels disposent à Sévrier d’un slalom et d’un tremplin pour le ski nautique de compétition.

L'Association française de Wakesurf organise à Talloires et Duingt depuis 2003 (8ème édition début septembre 2011) la « King of the lake », première coupe européenne de cette discipline.

Voile[modifier | modifier le code]

Avec ses 14,5 km de long et une largeur correcte, le lac permet une bonne pratique de la voile, les vents dominants du nord ou du sud étant dans le sens de la longueur. On trouve des clubs de voile dans la plupart des ports des communes riveraines.

Événements sportifs[modifier | modifier le code]

Traversée du lac à la nage[modifier | modifier le code]

Elle est organisée tous les 15 août. Il y a deux courses organisées (2 400 m et 1 000 m) ouvertes aux licenciés mais également aux amateurs. Pour la première fois en 2008, la Traversée du Lac intègre le circuit de la coupe de France de natation en eau libre. En plus des deux courses habituelles, un nouveau tracé de 5 km sera réservé aux licenciés.

Ancilevienne[modifier | modifier le code]

C’est une course en binôme avec deux coureurs et un vélo. Ils doivent se relayer durant les 46 km du tour du lac.

Citations[modifier | modifier le code]

Astolphe de Custine, vécu à Annecy-le-Vieux et à Brédannaz en 1838. Pour célébrer ce séjour il écrit en 1841 un poème, intitulé Au lac d'Annecy :

Abandonnant le monde à son inquiétude,
Sur ces bords orageux j'ai trouvé le repos.
Miroir qui du désert trouble la solitude,
Où s'empreint le reflet du ciel et des coteaux,
Où brille la lumière, âme de la Nature,
Qui d'heure en heure prête aux monts un autre aspect
Et sans changer le site en change la parure :
Heureux lac, je t'approche avec un saint respect.
Loin des froides beautés d'un monde qui grimace,
C'est l'image de Dieu qui se peint sur ta glace.

Eugène Sue, vécut ses dernières années à Annecy-le-Vieux, de 1851, après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, jusqu'à sa mort en 1857. Voici comme il décrit le lac et son environnement :

… Sur le lac d'Annecy, dont les bords sont couverts
De noyers jaunissants : son onde diaphane,
Frais miroir transparent,
Reflète la beauté
D'un paysage alpestre et ses rochers noirâtres,
Ses prés, ses grands sapins, leur sombre majesté,
Puis, la lueur des feux allumés par les pâtres
Lorsque la nuit descend sur leurs monts sourcilleux…

et dans son roman La Marquise Cornélia d'Alfi, il décrit :

… (Le) lac d'Annecy, lac enchanteur, dont les aspects variés sont disposés, groupés, proportionnés par la nature, avec un bonheur qui défie l'idéal de l'art (…) L'œil ravi s'arrête tour à tour sur les bords riants, mélancoliques ou grandioses du lac, et plonge dans des horizons lointains, découverts par l'abaissement des pentes de quelques-unes des montagnes dont il est encadré…

Eugène Sue

Dans Çà et là, un long poème en prose, Louis Veuillot (1813-1883) déclare :

Que le brouillard léger du matin les voile, que le plein soleil en éclaire la splendeur, que le soir les revête d'une gaze de feu, que le flot s'endorme ou que le vent murmure, toujours sur ces doux rivages habite la paix.

Louis Veuillot

Un autre grand voyageur, l'archéologue Gaston Deschamps a aussi beaucoup apprécié le lac dans les années 1890.

Gaité du lac. Les eaux molles et tièdes, couleur d'azur et couleur d'argent, frôlent de leurs franges d'écume les grosses pierres noires amoncelées sur la rive. L'eau est si pure, qu'on voit, comme à travers une glace, la végétation des fonds. (…)
Au soleil de la chaude saison, le lac resplendit : son azur calme est chatoyant, plissé par les remous qu'éveillent les brises, nacré de vert par les fonds de sable, pailleté de vif-argent par les caprices de l'écume. (…)
Nuit très douce. L'eau, qui chuchotait le long du bordage, semblait me dire des mots de consolations. J'ai vu un paysage merveilleux, tout baigné de lumière bleue et de clartés dormantes. La Roche-Murraz, la Tournette semblaient aériennes, irréelles, perdues dans une brume d'argent qui grandissaient les formes en estompant les contours. Une planète d'or scintillait au-dessus des crêtes dentellées de Lanfon.

Gaston Deschamps, Le Chemin fleuri, 1896

Un auteur-compositeur-interprète britannique, également instrumentiste, arrangeur musical et producteur, Bill Pritchard a été charmé par le lac en 2005.

Mon Dieu, le van commence vraiment à sentir mauvais. Malgré nos meilleurs efforts. Même moi je l'ai remarqué. Bon il faut dire que nous roulons sans climatisation en pleine canicule cette semaine. Annecy est en fait tout près de la frontière Suisse et franchement c’est (incroyablement) pittoresque. Il y a un lac, le plus joli et le plus propre que j’ai jamais vu de ma vie — en dehors de la Suisse. Concernant le concert, la salle et le public étaient aussi impressionnants que ce lac. Aussi un mot pour le gars qui était le réalisateur du Brise Glace : merci Bertrand, c’était sincèrement un grand plaisir.

Bill Pritchard, journal de la tournée française, 28 mai 2005

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Philippe Grandchamp, Annesci, Société des amis du vieil Annecy,‎ 1985, 341 p. (ISBN 2-900566-01-0), p. 174-175
  2. a, b, c, d, e, f et g (fr) Henri Onde, Annesci, Société des amis du vieil Annecy,‎ 1985, 341 p. (ISBN 2-900566-01-0), p. 15-16
  3. a, b, c et d (fr) Gérard Balvay, Annesci, Société des amis du vieil Annecy,‎ 1985, 341 p. (ISBN 2-900566-01-0), p. 179
  4. Syndicat mixte du lac d'Annecy (SILA)
  5. selon le SILA
  6. tourisme-annecy [1]
  7. Arrêté préfectoral du 2 avril 2008
  8. Plage d'Albigny le 3 aout 2002 - production exécutive :Société SSF; Sylvie Dervaux coauteur et co-metteur en scène
  9. tourisme-annecy [2]
  10. site : Les Vieux Safrans d'Annecy

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cent ans de tourisme au lac d'Annecy, Georges Grandchamp, publication de la Société des amis du vieil Annecy, 1996.
  • Annecy entre lac et montagne, éd. des Trois Roses, 2003.
  • Lac d'Annecy de Béatrice Chauveau
  • Panoramas du lac d'Annecy de D Rigault
  • L'Empreinte des pionniers : la naissance de la plongée dans le lac d'Annecy
  • Lumières sur le lac d'Annecy de Pierre Bondier (auteur), François Garagnon (préface)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Films tournés sur le site du lac d'Annecy (liste non exhaustive) :

Liens externes[modifier | modifier le code]