Lac d'Aiguebelette

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Lac d'Aiguebelette
Le lac d'Aiguebelette, en juillet, vu du mont Grêle
Le lac d'Aiguebelette, en juillet, vu du mont Grêle
Administration
Pays Drapeau de la France France
Géographie
Coordonnées 45° 33′ 28″ N 5° 48′ 05″ E / 45.55778, 5.8013945° 33′ 28″ Nord 5° 48′ 05″ Est / 45.55778, 5.80139  
Type Naturel
Superficie 5,45 km2
Altitude 373 m
Profondeur 71 m
Volume 166 millions de m3
Hydrographie
Bassin versant 70 km2
Alimentation Leysse de Novalaise et autres ruisseaux
Émissaire(s) Thiers

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Lac d'Aiguebelette

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Lac d'Aiguebelette

Le lac d'Aiguebelette est un lac naturel situé en France dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Principal lac de l'Avant-Pays savoyard, dans l'extrémité sud du massif du Jura, il est situé à environ 10 kilomètres de Chambéry et à environ 100 kilomètres de Lyon. Il possède une superficie de 545 hectares et est à ce titre le septième lac naturel français après le lac Léman (en partie), le lac de Hourtin et de Carcans, le lac de Grand-Lieu, le lac du Bourget, le lac d'Annecy et le lac Marville. Bordé à l'est par la chaîne de l'Épine qui culmine avec le mont Grêle à 1 425 mètres et à l'ouest par le mont Tournier, sa profondeur maximale est de 71 mètres. Au premier regard, il se caractérise par sa couleur souvent verte, alors que le lac d'Annecy est plus bleu et le lac du Bourget plus souvent gris acier.

Le lac d'Aiguebelette est un lac privé qui appartient à la famille de Rivérieulx de Chambost de Lépin et à Électricité de France, qui ont confié sa gestion à la Communauté de Communes du Lac d'Aiguebelette. Ses rives se partagent quant à elles entre cinq communes riveraines que sont : Aiguebelette-le-Lac, Lépin-le-Lac, Saint-Alban-de-Montbel, Novalaise et Nances. Dans la partie sud du lac se trouvent deux îles entourées de roselières.

Afin de préserver la qualité de ses eaux et de son environnement, les bateaux à moteur sont interdits sur le lac depuis un arrêté de 1967[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte bathumétrique du Lac d'Aiguebelette publiée par Delebecque en 1898

Sur la carte ci-contre, on distingue bien les trois fosses du lac :

  • la fosse nord, près du lieu-dit « La Combe » (50 mètres) ;
  • la fosse sud-est (71 mètres), non loin du port d'Aiguebelette ;
  • la fosse sud-ouest, entre les îles et Lépin.

Volume d'eau : 166 millions de mètres cubes.

Le lac a gelé complètement lors des hivers 1909, 1929, 1941, 1942 et 1956.

Le déversoir naturel du Lac d'Aiguebelette est le Tier, un affluent de la rive droite du Guiers.

Formation géologique[modifier | modifier le code]

Le mécanisme de formation du lac d'Aiguebelette est très comparable à celui du lac du Bourget[2] :

  1. À l’ère secondaire (Jurassique et Crétacé inférieur), des masses énormes de sédiments se déposent en milieu marin.
  2. À l’ère tertiaire, les reliefs commencent à sortir de la mer. Dans la fosse de Novalaise, lagune peu profonde, la molasse se dépose, le plissement amène la montagne de l’Épine et la chaine du mont Tournier (anticlinaux) à leur altitude actuelle.
  3. À l’ère quaternaire, le glacier würmien surcreuse une cuvette au pied de la grande faille de l’anticlinal de la chaine de l’Épine. À cette époque, la glace atteint une altitude de plus de mille mètres, rabotant ainsi les reliefs et façonnant les cols de l'Épine et du Crucifix.
  4. À la fonte des glaces, le lac se remplit. La moraine, au nord, les collines molassiques au sud, les anticlinaux, à l’est et l’ouest, délimitent la cuvette. L’eau va s’écouler par le point le plus bas, qui est une zone de faille dans l’anticlinal du Mont Tournier.
Coupe géologique simplifiée du lac d'Aiguebelette passant par Novalaise, Aiguebelette et Saint-Thibault-de-Couz

Toponymie[modifier | modifier le code]

Aiguebelette est un hydronyme se composant du préfixe aigue- et du français belle[3]. Il provient du latin Carbonaria, puis Aqua Bella, l'« eau belle » ou « la belle eau »[4],[3]. Le suffixe -ette ajoute la notion de diminutif[3],[5] et de petite taille, ce qui conduit à une traduction de « belle petite eau ».

Le lac est à l'origine du nom de la commune de Aiguebelette-le-Lac[3],[4].

Toutefois, cette traduction est délaissée au profit de son équivalent pluriel « belles petites eaux », utilisée notamment par l'office de tourisme du lac d'Aiguebelette[6] ou encore par le syndicat mixte de l'Avant-Pays savoyard[7]. Une traduction par ailleurs également reprise dans l'ouvrage Lac d'Aiguebelette paru en 2005[8].

Histoire des hommes[modifier | modifier le code]

Des pieux enfoncés dans des zones peu profondes, sur la commune de Lépin, vestiges d'habitations sur pilotis, ou « palafittes », attestent d'une présence humaine dès l'époque néolithique et de l'âge du bronze. C'est au milieu du XIXe siècle que des archéologues ont découvert l'existence de ces cités lacustres. Voir ci-dessous la section Les Palafittes du Lac d'Aiguebelette. Des vestiges de l'Antiquité, un sarcophage et une pierre à trois trous ronds, appelée aussi pierre à cupule, ont été retrouvés sur la Grande île [9]

Par la suite, la région du lac d'Aiguebelette a été tantôt un lieu de passage ouest-est, tantôt un pays en marge. Une voie romaine passait par la rive sud du lac avant de gravir la côte du col Saint-Michel et de redescendre sur Chambéry qui s'appelait alors Lemencum. Cet itinéraire, direct, mais escarpé, était concurrencé par d'autres voies au nord (col du Chat) et au sud (Les Échelles), sans doute plus fréquentées si l'on en croit la pauvreté des vestiges archéologiques romains trouvés à Lépin comparés à ceux que l'on trouve vers Saint-Pierre-de-Genebroz et qui correspondent à la route des Échelles.

Le lac d'Aiguebelette aux alentours de 1860.

L'itinéraire du col Saint-Michel est resté de loin le plus fréquenté pour joindre Chambéry jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Au début du XVIIe siècle, pour un quart d'écu, des porteurs aident les voyageurs à franchir le col. Le seigneur de Villamont, qui emprunte le passage en 1588 estime qu'il est suffisamment bien gardé pour protéger le voyageur « des ours et autres bêtes sauvages » que l'on trouve dans les bois. À partir de 1665, sous le règne de Charles-Emmanuel II, duc de Savoie, de grands travaux furent initiés pour aménager la route des Échelles qui avait le grand avantage d'emprunter le col de Couz, 300 mètres plus bas que le col Saint-Michel. Désormais Aiguebelette ne sera plus un lieu de passage[10].

Avant 1860 en effet, le Lac d'Aiguebelette n'est pas en France, mais en Savoie, à quelque quinze kilomètres de la frontière avec la France, délimitée par le Guiers. Au XVIIIe siècle, les contrebandiers sont nombreux, et le plus connu est Mandrin. On peut imaginer qu'un certain nombre des compagnons de Mandrin étaient originaires des rives du lac, mais ceci n'est pas attesté.

Au Moyen Âge, la montagne de l'Épine fait partie du fief des seigneurs de Montbel qui dominaient la majeure partie de l'Avant-Pays savoyard, alors que Lépin, Aiguebelette et le lac faisaient partie du fief des seigneurs d'Aiguebelle qui avaient leur château au village d'Aiguebelette. Le nom d'Aiguebelette viendrait ainsi d'Aiguebelle[11].

Bien qu'à partir de la fin du XVIIe siècle, l'ensemble du trafic ouest-est a été détourné sur la voie des Échelles, la voie directe par les rives sud du lac n'a jamais été abandonnée et l'ancienne voie romaine devenue « Voie sarde » est restée entretenue. Un poste de la ligne de télégraphie Chappe Paris—Milan est construit en 1805 au col de l’Épine, au-dessus du lac[12]. Pendant deux siècles, les communes du sud du lac, Lépin et Aiguebelette ne connaissent donc qu'un isolement relatif qui est rompu en 1884 par l'ouverture de la ligne de chemin de fer Lyon-Chambéry. Un tunnel de 3 310 mètres avait été percé entre Aiguebelette et Saint-Cassin-la-cascade. Alors qu'auparavant, les pourtours du lac étaient une région strictement agricole, l'arrivée du chemin de fer favorise le développement d'une petite activité touristique : les hôtels-pensions-restaurants se multiplient. Les Lyonnais forment une grosse partie de la clientèle. On voit apparaître également un certain nombre de résidences secondaires.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1943, le premier camp des jeunes de la Milice française, l'Avant-Garde, a lieu près du lac[13],[14].

Après la Seconde Guerre mondiale, les activités touristiques sont dominées par le camping et le caravaning et de nombreux camps sont installés autour du lac, avec une clientèle fidèle de Néerlandais de juillet à août.

Dans les années 1960, la route nationale RN 6 est bloquée aux périodes de pointe par de terribles bouchons au tunnel des Échelles. Pour résoudre le problème, en 1974, on ouvre à la circulation l'autoroute A43 qui relie Lyon à Chambéry en passant très près de la rive nord du lac avant de s'enfoncer dans un nouveau tunnel creusé sous la montagne de l'Épine. Cette autoroute permet un accès plus facile au lac, mais elle engendre une série de menaces pour l'équilibre écologique du lac : déversement des sels de déglaçage et résidus de pneumatiques.

En mettant les communes riveraines du lac à moins de 15 kilomètres de l'agglomération chambérienne, l'autoroute transforme celle-ci en zone périurbaine. Au début du XXIe siècle, la population des communes qui avaient connu une décroissance constante correspondant à l'exode rural repart à la croissance. C'est un phénomène de rurbanisation qui se traduit par la construction de nombreuses habitations principales dans les communes riveraines.

Protection[modifier | modifier le code]

Le lac d'Aiguebelette est inscrit à l'inventaire des sites classés depuis 1930[15]. Le site est aussi proposé Natura 2000 en 2002 et ZNIEFF de type I[16].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Poissons[modifier | modifier le code]

La présence de diverses espèces de poissons dans le lac résulte à la fois d'équilibres naturels et de l'activité prédatrice des pêcheurs et de celle, compensatrice, de la société de pêche qui reconstitue chaque année les réserves d'alevins (alevinage). Les poissons du lac les plus courants sont les poissons blancs (ablette, gardon, rotengle, brème, carpe, tanche), les perches, les brochets, les lottes et les Salmonidés : (omble, truite et lavaret).

Dès l'arrivée du froid, les ablettes du lac se regroupent en bancs qui se déplacent vers le Gua ou vers le déversoir ou vers le port d'Aiguebelette, probablement parce que l'eau y est moins froide et la nourriture moins rare. Non seulement les ablettes doivent assurer leur survie, mais elles doivent se garder de leur deux grands prédateurs, les brochets et les pêcheurs. Heureusement pour la préservation de l'espèce, leur pouvoir de reproduction peut être très fort dans des conditions favorables, mais c'est néanmoins l'alevinage qui assure la forte représentation de l'espèce dans le lac.

Alors que le brochet chasse en eau peu profonde, à proximité des roselières, la truite, qui s'alimente surtout de nuit concurrence peu le brochet car elle chasse en eau plus profonde. Dans le lac, on trouve des truites arc-en-ciel, récemment introduites et des truites de lac, vivant discrètement en eau profonde, à l'abri des lignes des pêcheurs.

Les perches, très recherchées par les pêcheurs, sont à la fois en concurrence avec les lavarets, les lottes et les brochets.

L'omble chevalier n'a été introduit dans le lac que dans les années 1970. Sa reproduction qui doit avoir lieu à plus de cinquante mètres de profondeur est possible dans les grandes fosses du lac.

Le lavaret, lui ne vit qu'en profondeur, en eau suffisamment oxygénée, sauf au moment de la fraie ou il monte en surface. Assez abondant dans le lac, il représente une prise de choix pour les pêcheurs expérimentés du lac d'Aiguebelette.

La lotte, beaucoup plus rare, n'est pratiquement pas pêchée à la ligne. C'est un poisson de fond dont quelques spécimens seulement se prennent à la ligne de fond.

Oiseaux[modifier | modifier le code]

Insectes[modifier | modifier le code]

Le lac abrite un cortège de libellules (odonates) parmi lesquelles la cordulie à corps fin Oxygastra curtisii (Dale, 1834), espèce endémique du Sud-Ouest de l'Europe et protégée en France[17].

Plantes de la zone humide[modifier | modifier le code]

Problèmes écologiques[modifier | modifier le code]

L'étude d'un lac relève d'une discipline que l'on appelle la limnologie, fondée à la fin du XIXe siècle par François-Alphonse Forel.

Stratification et oxygénisation des eaux du lac[modifier | modifier le code]

Le lac d'Aiguebelette est stratifié, d'avril en décembre, en deux couches, l'épilimnion, couche de surface, d'une dizaine de mètres de profondeur, et représentant environ le tiers du volume total du lac, et l'hypolimnion qui se trouve en dessous. Ces deux couches réalisent peu d'échanges entre elles.

Au printemps et en été, l'épilimnion dont la température s'élève sous l'action de la lumière solaire devient le siège d'une activité du phytoplancton, des végétaux microscopiques qui utilisent la lumière solaire pour faire de la photosynthèse et donner ainsi une couleur verte à certaines zones du lac. Des études ont montré la présence de 93 espèces différentes de phytoplancton. En plus du phytoplancton, l'épilimnion est également habité par du zooplancton, animaux microscopiques, et des poissons. L'ensemble de ces êtres vivants consomme de l'oxygène. À la belle saison, il y a plus d'oxygène généré par la photosynthèse que d'oxygène consommé par les êtres vivants.

L'hypolimnion qui ne reçoit pas de lumière reste toute l'année à une température très basse (5 à 6 degrés). Pendant la belle saison, le zooplancton qui y habite consomme de l'oxygène ainsi que les sédiments organiques qui s'oxydent. Certains espèces particulières de poissons comme les corégones et les ombles chevaliers habitent également dans l'hypolimnion.

Pour que l'hypolimnion ne s'appauvrisse pas totalement en oxygène, il est donc nécessaire que les eaux des deux couches se mélangent. Pour le lac d'Aiguebelette, ceci se produit normalement en hiver lorsque la température de l'épilimnion descend suffisamment bas pour atteindre celle de l'hypolimnion. À température égale, les eaux des deux couches peuvent se mélanger. Le mélange est également favorisé par les tempêtes et les crues des ruisseaux qui se jettent dans le lac, les émissaires.

On considère que le lac est en bonne santé, ou encore oligotrophe lorsque les deux couches sont bien oxygénées et que par conséquent les différentes espèces végétales et animales peuvent y vivre aussi bien en surface qu'en eaux profondes. Sinon, on parle d'un processus d'eutrophisation. Y a-t-il risque d'eutrophisation pour le lac d'Aiguebelette ?

Risque d'eutrophisation[modifier | modifier le code]

Phosphates[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1970, une règlementation assez stricte a imposé l'installation d'égouts tout autour du lac. De ce fait la pollution d'origine humaine a été considérablement réduite, et l'agriculture est la source majeure de déversement de phosphates dans les eaux du lac. Les phosphates favorisent la production d'organismes végétaux : un peu de phosphate est nécessaire pour la production de phytoplancton et, donc, de l'oxygénisation de l'eau, mais trop de phosphates rendent possible la production d'une telle quantité de phytoplancton et d'algues que la transparence de l'eau en est altérée et que la lumière est arrêtée en surface. De plus, une partie des algues et du plancton qui se développent est toxique.

Pour qu'un lac ne devienne pas eutrophe, on admet une limite de 0,01 mg/l pour la teneur des eaux en phosphates[2]. Dans le lac d'Aiguebelette, cette teneur était en 1974-1976 de 0,02 mg/l. Elle était redescendue à 0,01 mg/l en 1984. À titre de comparaison, dans le lac du Bourget, la teneur était montée à 0,4 mg/l en 1978. La pollution en phosphate a donc été moins importante qu'ailleurs dans le lac d'Aiguebelette. En 2011, les études menées par l'INRA de Thonon les Bain de 1999 à 2010 montre que le lac d'Aiguebelette est en bonne santé et proche d'un état oligotrophe[18].

Sels de déglaçage[modifier | modifier le code]

Depuis 1974, date d'ouverture de l'autoroute A43, la teneur du lac en chlorures passe de 3-5 mg/l à 8-9 mg/l. En première approche, il n'y a pas lieu de considérer qu'une telle concentration pourrait avoir des effets dommageables sur la potabilité de l'eau ou sur des équilibres écologiques, mais on a observé, en 1984, l'amorce de la formation d'une « sous-couche » localisée, dont la concentration en chlorure atteignait les 10 mg/l. L'implantation durable d'une sous-couche plus dense que la moyenne du lac pourrait limiter le brassage des eaux à la couche supérieure et aurait des conséquences néfastes pour l'oxygénisation du fond[2].

Menaces sur les roselières[modifier | modifier le code]

Une grande partie des rives du lac est occupée par des roselières. Les deux îles, en particulier, sont complètement entourées de ces roselières. Les roseaux se propagent par bourgeonnement des rhizomes. La base des tiges est immergée à faible profondeur. L'enchevêtrement des rhizomes et des racines constitue l'habitat naturel des écrevisses. Les brochets viennent y frayer. Les roseaux ont un rôle épurateur, c'est la raison pour laquelle leur destruction est interdite. Néanmoins, le développement des campings et la recherche de nouveaux accès au lac entraînent chaque année la destruction de nouvelles roselières.

Activités touristiques et sportives[modifier | modifier le code]

Le lac d'Aiguebelette, en hiver, vu du hameau du Puits (Lépin-le-Lac)

De nombreux pêcheurs, occasionnels ou plus réguliers s'adonnent à leur occupation favorite — en amateurs uniquement — car le commerce du poisson du lac est interdit.

Le calme plat régnant la majorité du temps, le lac, impropre à la pratique des sports de voile, est équipé d'une base d'aviron (sport), créée en 1981, à la place de l'ancienne villa de l'écrivain Frédéric Dard/San-Antonio, où viennent s'entraîner des équipes de haut niveau. Un arrêté préfectoral de 1976 interdit l'usage de bateaux à moteurs sur le lac. Le lac a été choisi pour les championnats du monde d'aviron de 1997 et de 2015.

La chaîne de l'Épine, sur le rive nord du lac, a été équipée d'une via ferrata dite De la tête de cheval, interdite d'accès depuis 2005 pour des raisons de sécurité. Le parapente est très présent, avec un décollage de la crête de l'Épine, les parapentistes pouvant venir se poser près du lac.

Les Palafittes du Lac d'Aiguebelette[modifier | modifier le code]

Dix-huit gisements palafittiques ont été identifiés avant 2014 dans les eaux peu profondes proches des rives du lac d'Aiguebelette. Les occupations successives de ces sites ont pu être datés par le radiocarbone et la dendrochronologie: les plus anciens, Beau-Phare, sur la commune d'Aiguebelette et Le Goujat sur la commune de Novalaise, relèvent du néolithique final, l'abattage des arbres ayant servi à faire les pieux les plus anciens ayant été datés respectivement à -2702 et -2699 pour chacun de ces deux sites. Sur les autres sites, les datations de pieux correspondent aux différentes périodes du Bronze (-2200, à -800) où à l'Antiquité tardive. À Beau-Phare, plus au large que le site néolithique, d'autres vestiges relèvent du Moyen Âge[19].

La découverte de ces sites a été relatée dans les années 1860. Au début du XXe siècle, le préhistorien Louis Schaudel a mené une étude plus approfondie dont les résultats ont été présentée en août 1908 au Congrès préhistorique de France qui s'est tenu à Chambéry. Des ramassages d'objets ont ensuite été effectués par H.Müller en 1921 et H.Brun en 1938. Après la Seconde Guerre mondiale, Raymond Laurent effectue des reconnaissances subaquatiques avec des membres du Centre de recherches archéologiques lacustres de Savoie et du Dauphiné (CRALSD). Des prélèvements de pilotis résultant de ses travaux seront datés au radiocarbone à partir de 1966. Entre 1983 et 1997, de nouvelles campagnes de repérage et de datation sont menées sous l'égide du Centre national de recherches archéologiques subaquatiques (CNRAS) d'abord et du Département de recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) ensuite. André Marguet et son équipe du DRASSM croisera les datations au radiocarbone par des datations de dendrochronologie[19].

Deux des sites palafittiques du lac d'Aiguebelette ont été classés au patrimoine mondiale de l'UNESCO en 2011 (Voir l'article Sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes)

Littérature[modifier | modifier le code]

Le lac d'Aiguebelette a inspiré quelques écrivains :

  • Henry Bordeaux, écrivain d'origine savoyarde, élu à l'Académie française en 1919, a passé des vacances à Aiguebelette et y a situé le cadre de l'un de ses romans, le Paon blanc.
  • Henri Vincenot, Les voyages du professeur Lorgnon, Denoël, 1983
  • Frédéric Dard, originaire de Bourgoin, qui possédait une villa au bord du lac, situe une partie de l'action de Tango Chinetoque (1965), signé San-Antonio.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Syndicat mixte de l'Avant-Pays savoyard, « Écotourisme au lac d'Aiguebelette » (consulté le 25 avril 2014).
  2. a, b et c Michel Tissut, Pour l'amour d'un lac, édité par la FAPLA, 1987
  3. a, b, c et d « Article « Aiguebelette-le-Lac (...) » », sur le site Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, site personnel de henrysuter.ch (consulté en juillet 2014).
  4. a et b Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 516 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 17-18, Articles « Aiguebelle », « Aiguebelette ».
  5. Études littéraires, « Les suffixes », sur etudes-litteraires.com (consulté le 25 avril 2014).
  6. Office de Tourisme du Lac d’Aiguebelette, « Présentation du lac », sur lac-aiguebelette.com (consulté le 25 avril 2014).
  7. Syndicat mixte de l'Avant-Pays savoyard, « Le lac d'Aiguebelette », sur avant-pays-savoyard.com (consulté le 25 avril 2014).
  8. Collectif, Voyage à l'Œil, Lac d'Aiguebelette, La Fontaine de Siloë,‎ 2005, 62 p. (ISBN 2-8420-6286-8 et 9-782-8420-6286-6, ISSN 1769-1753, lire en ligne), p. 4.
  9. Louis Schaudel, La station néolithique du Lac d'Aiguebelette, Quatrième Congrès préhistorique de France, Session de Chambéry, 1908
  10. André Charvet, Les pays du Guiers, 1984
  11. Yvonne Coudurier, Le lac d'Aiguebelette, 1986
  12. Alain Peynichou, « Écrire dans l’air », « Cochons et cochonnailles : la quête du saint gras », L’Alpe, no 42, automne 2008, p. 72.
  13. Pierre Philippe Lambert et Gérard Le Marec, Organisations, mouvements et unités de l'état français : Vichy 1940-1944, Paris, J. Grancher, coll. « Témoignages pour l'histoire »,‎ 1992, 266 p. (ISBN 978-2733903780, lire en ligne), p. 144.
  14. Dominique et Michèle Frémy, Quid 2001, Paris, Robert Laffont (ISBN 978-2221091418), p. 691.
  15. « Arrêté de classement du 2 mai 1930 », DIREN Rhône-Alpes.
  16. « Lac d’Aiguebelette et marais riverains », DIREN Rhône-Alpes.
  17. R. Krieg-Jacquier, C. Deliry, B. Bricault et C. Jacquier, « Autochtonie d’Oxygastra curtisii au lac d’Aiguebelette (Odonata : Corduliidae) », Martinia, 2014, no 30(1), p. 23-28.
  18. F. RIMET. 2011 - Le phytoplancton du lac d’Aiguebelette (Savoie), année 2010. INRA-Thonon, Rapport SHL, 11 p + annexe.
  19. a et b MARGUET (A.), 2003, Savoie. Lac d'Aiguebelette. Elaboration de le carte archéologique des gisements du lac d'Aiguebelette.dans Bilan scientifique 1998 du DRASSM, no 26. DRASSM-Eaux intérieures. Travaux et recherches archéologiques de terrain, Rhône-Alpes. Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Direction de l'Architecture et du Patrimoine, Sous-Direction de l'Archéologie, 2003, p. 96-110.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Michel Tissut, Pour l'amour d'un lac, édité par la FAPLA, 1987Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André Charvet, Les pays du Guiers, 1984Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Yvonne Coudurier, Le lac d'Aiguebelette, 1986Document utilisé pour la rédaction de l’article

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]