Laboratoire de l'accélérateur linéaire

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LAL
Image illustrative de l'article Laboratoire de l'accélérateur linéaire
Logo du laboratoire
Image illustrative de l'article Laboratoire de l'accélérateur linéaire
Vue du bâtiment principal

Création 1956
Domaines Physique des particules, astroparticules & cosmologie, physique & technologie des accélérateurs
Directeur Achille Stocchi
Effectif total 307 personnes au 01/09/2013
Rattachement CNRS/IN2P3 et Université Paris-Sud
Code UMR 8607
Localisation
Coordonnées 48° 41′ 56″ N 2° 10′ 16″ E / 48.699, 2.17148° 41′ 56″ Nord 2° 10′ 16″ Est / 48.699, 2.171  
Ville Orsay
Pays Drapeau de la France France
Campus Orsay
Site web http://www.lal.in2p3.fr

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Laboratoire de l'accélérateur linéaire

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Laboratoire de l'accélérateur linéaire

Le Laboratoire de l'accélérateur linéaire (en abrégé LAL) est une Unité Mixte de Recherche (UMR 8607) de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) du CNRS et de l’Université Paris-Sud. Il est situé sur le campus d'Orsay et occupe plusieurs bâtiments au sud de l'Yvette.

Le Laboratoire de l'accélérateur linéaire est un laboratoire de physique fondamentale dont les thèmes de recherche principaux sont la physique des particules (l'étude des constitutants les plus élémentaires de la matière, le coeur de métier historique du LAL), les astroparticules (l'étude de rayonnements en provenance de l'univers) et la cosmologie (histoire, composition et évolution de l'univers). Le LAL inclut un département accélérateurs dont les compétences vont de la physique des accélérateurs de particules aux technologies nécessaires pour concevoir, construire et faire fonctionner de tels instruments. Le LAL comporte plusieurs services techniques (électronique & instrumentation, informatique et mécanique) auxquels s'ajoutent les services administratif et infrastructure.

Au 1er septembre 2013, 307 personnes travaillaient au LAL.

  • 119 chercheurs : 60 chercheurs permanents (chercheurs CNRS ou enseignants-chercheurs), 14 chercheurs en CDD, 32 doctorants et 13 chercheurs émérites
  • 188 ingénieurs & techniciens : 173 permanents et 15 CDDs.

Historique[modifier | modifier le code]

Sous l'impulsion de son directeur le professeur Yves Rocard, le laboratoire de physique de l'École normale supérieure à Paris démarra en 1955 la construction du Laboratoire de l'accélérateur linéaire à Orsay pour donner aux scientifiques un accélérateur d'électrons.

La construction fut achevée en 1958 et les premières expériences eurent lieu en 1959.

Le personnel était composé des chercheurs et du personnel technique de l'École normale supérieure trop à l'étroit dans ses locaux parisiens. La première tranche d'énergie de 1,3 GeV fut achevée en 1962, ainsi que l'anneau de collision électrons-positrons ACO (Anneau de collision d'Orsay) qui était un accélérateur circulaire où était étudiée l'annihilation matière-antimatière.

De 1965 à 1968 construction de la dernière tranche qui porta l'énergie à 2,3 GeV. À cette époque, le Laboratoire de l'accélérateur linéaire était un des plus grands laboratoires au monde dans le domaine de la physique des hautes énergies. Mais, peu à peu, des outils plus performants au CERN ou à DESY (Hambourg) vont éloigner les physiciens de cet outil de proximité.

En 1973 un nouveau laboratoire fut créé pour utiliser le faisceau de l'accélérateur, il s'agissait du Laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique (en abrégé LURE).

L'année 1976 vit la mise en service de l'anneau de stockage et de collision DCI pour la physique des particules et en tant que source de rayons X pour le Laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique.

En 1985 le Laboratoire de l'accélérateur linéaire et le Laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique (LURE) devinrent deux entités distinctes. Le Laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique continuant à exploiter l'accélérateur, ACO et DCI, tandis que le personnel du Laboratoire de l'accélérateur linéaire participait de plus en plus à des grosses expériences internationales.

À partir de 1987, une partie de l'activité du Laboratoire de l'accélérateur linéaire va s'orienter vers des expériences de physique sans accélérateur et vers l'astrophysique.

En 2001, une société civile appelée Soleil reprit en les développant les expériences du LURE.

Les bâtiments du Laboratoire de l'accélérateur linéaire (LAL) dans le campus d'Orsay (Université Paris-Sud)

En décembre 2003, le Laboratoire pour l'utilisation du rayonnement électromagnétique cessa l'exploitation de ses deux synchrotrons (DCI et SuperACO) et de son accélérateur d'électrons, le (Linac).

En 2004 commença le démantèlement de l'accélérateur linéaire qui va durer entre cinq et dix ans.

Les activités techniques et de recherche continuent au Laboratoire de l'accélérateur linéaire en participant aux différentes expériences internationales dans lesquelles les équipes sont impliquées depuis de nombreuses années.

Durant ces cinquante ans d'existence, onze directeurs se sont succédé à la tête du Laboratoire de l'accélérateur linéaire :

En juin 2006 le laboratoire a fêté son cinquantenaire en présence de personnalités scientifiques.

Une première mondiale[modifier | modifier le code]

En 1962, l'anneau de collision AdA (anello di accumulazione) construit à Frascati près de Rome, en Italie fut transporté à Orsay au Laboratoire de l'accélérateur linéaire pour y observer des collisions entre électrons et positrons. Ce transport donna lieu à quelques péripéties, un douanier à la frontière voulant "voir" le vide qui était maintenu à l'intérieur de l'anneau durant le transport. Les collisions e+ / e- y furent observées pour la première fois au monde en décembre 1963. Cette expérience ouvrit la voie pour la construction dans le monde entier de collisionneurs électrons-positrons.

Domaines de recherche[modifier | modifier le code]

Les domaines de recherche des physiciens du Laboratoire de l'accélérateur linéaire sont les suivants :

Physique des particules[modifier | modifier le code]

Auprès des accélérateurs[modifier | modifier le code]

Expériences ALEPH et DELPHI : ces deux expériences étaient installées auprès du Collisionneur électron positron (LEP). Leur construction a duré près de dix ans, la prise de données aussi. Cela a permis de rechercher en particulier le Boson de Higgs, elles sont maintenant terminées.

Expérience Atlas : cette expérience est une énorme collaboration internationale puisque, depuis dix ans, 1 700 personnes (physiciens et ingénieurs) sont dans ce projet. Elle sera installée auprès du LHC qui est un collisionneur proton-proton qui va fournir une énergie de plusieurs TeV(Tera électronvolt=1012 eV) et un taux de collision cent fois supérieur à celui des collisionneurs plus anciens. Le détecteur Atlas est composé de trois sous-systèmes. Le LAL est impliqué dans l'un de ses ensembles : le calorimètre électromagnétique.

Expérience LHCb(Large hadron collider beauty experiment) : Comme son nom l'indique cette expérience sera installée auprès du LHC, elle étudiera la violation de la symétrie particule-antiparticule lors de la désintégration de mésons « beaux » (méson B). Les dix milliards de particules générées quotidiennement au point d'interaction permettront la mesure des diverses manifestations de cette dissymétrie. Peut-être y trouvera-t-on l'explication de l'absence d'antimatière dans la nature. C'est aussi une collaboration internationale au sein de laquelle le LAL a en charge l'électronique associée aux calorimètres.

Expérience D0 : On y a découvert en juin 2007, une nouvelle particule : le baryon xi-b dont la masse est 6 fois celle du proton. Il est composé de trois quark différents : un quark « beau », un quark « down » et un quark « étrange ».

Physique du neutrino[modifier | modifier le code]

Expérience NEMO : pour être à l'abri du rayonnement cosmique, le détecteur NEMO 3 est installé dans le laboratoire souterrain de Modane (LSM), grotte située perpendiculairement au tunnel routier du Fréjus, à égale distance de l'Italie et de la France. Le but de l'expérience et de déterminer la nature des neutrinos. NEMO signifie Neutrino Ettore Majorana Observatory. Avec cette expérience on cherche à répondre à deux questions :

Le LAL s'est impliqué d'un point de vue technique dans la construction mécanique du détecteur et dans l'électronique d'acquisition des données.

Expérience Opera (Oscillation project whith emulsion tracking apparatus)  : un faisceau de neutrinos produits au CERN à Genève va parcourir 732 km à travers la croute terrestre pour arriver dans le laboratoire du Gran Sasso près de l'Aquila en Italie. Là, deux grands détecteurs de quelques milliers de tonnes chacun attendent ces neutrinos. C'est une collaboration internationale de trente laboratoires.

Physique des accélérateurs de particules[modifier | modifier le code]

Astrophysique[modifier | modifier le code]

  • Expérience Planck lancement de la sonde dans l'espace le 14 mai 2009. Le LAL a eu la responsabilité du calculateur de contrôle d'un des deux instruments embarqués.Planck_(spacecraft)
  • Expérience EROS à la Silla dans la Cordillère des Andes au Chili :
  • Expérience Auger à Malargüe en Argentine :
  • Expérience Virgo à Cascina, à côté de Pise en Italie : c'est un détecteur interférométrique d'ondes gravitationnelles. Le projet a été initié en 1993 et l'installation des bras s'est terminée en 2002. Le principe est celui d'un interféromètre de Michelson, dont les bras mesurent 3 km de long, ce qui est énorme, et techniquement très difficile à réaliser, car il faut à l'intérieur des bras un vide meilleur que 10-8mb. Huit physiciens du LAL travaillent sur cette expérience ainsi qu'une équipe technique pour l'étude et le suivi en usine de la fabrication des tubes formant les bras, et pour le contrôle de la source lumineuse (un laser de puissance).

En projet[modifier | modifier le code]

ILC (International linear collider), anciennement FLC (Future linear collider) : c'est un collisionneur électrons positrons de très hautes énergies (1 TeV) et forte luminosité qui pourrait voir le jour après 2015, dans le cadre d'une collaboration mondiale. Il pourrait faire progresser la recherche par des mesures de précision : du ou des bosons de Higgs, du quark top, des particules supersymétriques, des couplages des bosons Z et W.

Liens externes[modifier | modifier le code]