La guerre de Troie n'aura pas lieu

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La guerre de Troie n'aura pas lieu
Image illustrative de l'article La guerre de Troie n'aura pas lieu
Hector adressant des reproches à Pâris par Pierre Claude François Delorme

Auteur Jean Giraudoux
Genre Tragédie
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Bernard Grasset
Date de parution
Date de la 1re représentation
Metteur en scène Louis Jouvet
Lieu de la 1re représentation Théâtre de l'Athénée

La guerre de Troie n'aura pas lieu est une pièce de théâtre de Jean Giraudoux, jouée la première fois le au Théâtre de l'Athénée[1] sous la direction et avec Louis Jouvet. Cette œuvre cherche à déchiffrer les motivations fratricides de la future Seconde Guerre mondiale, comme un avertissement. L'auteur y met en relief le cynisme des politiciens ainsi que leur manipulation des symboles et de la notion de droit. La pièce met en lumière le pacifisme de Giraudoux qui avait combattu en France et à la bataille des Dardanelles mais aussi sa lucidité devant « deux bêtises, celle des hommes et celle des éléments » (I, 1).

Historique[modifier | modifier le code]

Giraudoux, qui fut blessé à deux reprises durant la Première Guerre mondiale, est un ardent défenseur de la paix. Il écrit cette pièce relativement rapidement entre l'automne 1934 et juin 1935, alors que les dictatures montent en Europe et que la crise de 1929 continue de sévir, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale. Dans cette pièce qui décrit la bêtise des hommes et leur obstination, Giraudoux fait un parallèle entre la situation en Europe où tout le monde voit venir la guerre mais ne fait rien et celle de l'Antiquité avec la Guerre de Troie. Son œuvre se termine effectivement par l'inévitable guerre, reflet de la réalité.

La guerre de Troie n'aura pas lieu est créée par Louis Jouvet et sa troupe le au Théâtre de l'Athénée[2]. Giraudoux a longtemps hésité sur le titre de la pièce avec Prélude des préludes et Préface à l'Iliade en raison de la longueur du titre initial, qui en définitive s'imposera[3].

Une prépublication de la pièce a eu lieu le dans la revue La Petite Illustration puis également dans La Revue de Paris avant d'être éditée en décembre 1935 par Bernard Grasset[4]. Le livre a été traduit en anglais en 1963 par Christopher Fry avec le titre Tiger at the Gates (« Le tigre aux portes »)[5]. Le manuscrit est conservé au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France[6].

Distribution des principaux rôles à la création[modifier | modifier le code]

Mises en scènes notables[modifier | modifier le code]

La pièce[modifier | modifier le code]

Acte I[modifier | modifier le code]

Durant les 10 scènes de l'acte I, l'intrigue s'expose sous les yeux des spectateurs. Hector rentre de la guerre, las, et apprend l'enlèvement d'Hélène par son frère Pâris. Se rendant compte de l'enjeu qu'elle représente et de la guerre qui menace contre les Grecs, il décide avec son épouse Andromaque de convaincre Pâris de la leur rendre. Celui-ci s'en remet à leur père et roi de Troie, Priam, qui acceptera seulement si Hélène consent elle-même à revenir en Grèce. À la scène 7, Pâris demande à celle-ci de refuser. Puis Hector interroge Hélène, qui tergiverse. L'acte I se termine par l'apparition de la Paix malade.

Acte II[modifier | modifier le code]

Devant les portes de la guerre, qui doivent être fermées en signe de paix, Hélène tente en vain de séduire Troïlus, le jeune fils de Priam. S'ensuit le conseil de guerre, où s'opposent deux camps, les pacifiques contre les belliqueux. Après la cérémonie de fermeture des portes, Andromaque, accompagnée d'Hécube, la mère d'Hector et Pâris, et épouse de Priam, continue la négociation avec Hélène pour qu'elle parte et évite la guerre en utilisant la jeune Polyxène pour l'attendrir. C'est un échec. Oiax, un Grec belliqueux, précède l'ambassade grecque menée par Ulysse. Il provoque Hector, qui veut absolument éviter la guerre et tourne habilement la situation à son avantage et à l'encontre de Démokos, le poète troyen belliqueux. Il y a durant ces trois scènes un comique de geste avec trois gifles. Hector gagne alors l'admiration d'Oiax. Puis arrive l'ambassade grecque et les dieux interviennent via Iris la messagère pour éloigner la foule. Hector et Ulysse sont ainsi en tête-à-tête, et ce dernier, qui apparaissait avant méfiant et antipathique, se montre pacifiste à son tour. Puis, alors qu'Hector croyait avoir gagné la paix, Oiax réapparait ivre et le provoque à nouveau. Démokos crie à la vengeance et Hector, à bout de nerfs, le tue avec son javelot. Avant de mourir, le poète hurle que c'est Oiax qui l'a tué et l'on déclare la guerre. Les portes de la guerre se rouvrent sur Hélène et Troïlus qui s'embrassent. La guerre de Troie aura donc lieu.

Les camps[modifier | modifier le code]

Durant la pièce se dessinent deux camps. D'une part ceux qui veulent la paix et le départ d'Hélène regroupant Hector, Andromaque, Hécube, Cassandre, et Ulysse (bien que ses intentions soient parfois troubles). D'autre part, ceux qui veulent la guerre et ne veulent pas le départ d'Hélène : Pâris, Priam, Démokos, le Géomètre, le Gabier et les vieillards. Il y a enfin Hélène, au centre de toutes les préoccupations et dont les volontés restent mystérieuses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La guerre de Troie n'aura pas lieu, éditions de la Bibliothèque de la Pléiade, 1982, p.482.
  2. La majeure partie des éditions donne la date du 21 novembre qui en réalité est celle de la répétition générale, in éditions de la Bibliothèque de la Pléiade, 1982, p.1503
  3. Ibid, p.1495-1496
  4. Ibid p. 1492.
  5. Cohen, Robert (1968), Jean Giraudoux: Three Faces of Destiny, p. 158, University of Chicago Press, Chicago. (ISBN 0-226-11248-9).
  6. Fonds Jean Giraudoux. I-CXI Œuvres. XXXVI-LXXXIII, Nouvelles Acquisitions françaises 25365, sur le site Gallica.
  7. La guerre de Troie n'aura pas lieu sur le site des « Archives du spectacle ».

Liens externes[modifier | modifier le code]

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