La Victoire en chantant

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La Victoire en chantant est un film français réalisé par Jean-Jacques Annaud, sorti sur les écrans en 1976. Le titre est emprunté au Chant du départ, que l'on entend pendant le générique.

Il reçut l'Oscar du meilleur film étranger aux États-Unis en 1977, ce qui motiva une nouvelle sortie en France sous le titre Noirs et Blancs en couleurs, traduction du titre anglais Black and White in Color.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se situe en Afrique-Équatoriale française à la frontière entre les limites d'influence d'un poste militaire français et d'un poste militaire allemand, au début de 1915.

Les deux postes cohabitent parfaitement. Le poste allemand, plus petit, vient se ravitailler auprès d'une épicerie du poste français tenue par Paul Rechampot (joué par Jacques Dufilho).

Les coloniaux manifestent un certain mépris pour les indigènes. Les missionnaires ne sont intéressés que par propager la foi à tout prix. Les militaires ont enrôlé des indigènes pour constituer des troupes.

Hubert Fresnoy (joué par Jacques Spiesser) est un jeune botaniste-géographe qui fait figure d'intellectuel parmi les autres Français. Il est très déçu par l'ambiance morne et veule.

Le scénario comporte de nombreux points de détail reconstituant l'ambiance locale : les chansons des porteurs noirs se plaignent en fait du poids des Blancs qu'ils portent, certains Noirs pratiquent l'islam en cachette, des Français boivent régulièrement de l'absinthe.

En recevant du courrier, le groupe de Français apprend que la guerre contre l'Allemagne a été déclarée 5 mois plus tôt en août 1914. Il en résulte un sursaut de nationalisme qui doit s'exercer contre le poste allemand. Pourtant, Hubert Fresnoy les met en garde.

Le sergent Bosselet (joué par Jean Carmet) déclare la mobilisation sans enthousiasme, mais le sursaut patriotique galvanise tout le groupe. Les Africains sont enrôlés manu militari. Des prénoms chrétiens leur sont imposés.

Après un entrainement sommaire des Africains, les Français les emmènent à la conquête du poste allemand. Sûrs de leur victoire en raison de leur forte supériorité numérique, ils se sont fait accompagner par les civils et les épouses, portés à dos d'homme. Ils poussent le ridicule jusqu'à assimiler la traversée d'un minuscule marigot séparant les deux territoires au franchissement du Rhin.

Les civils s'installent sous un arbre à l'ombre et pique-niquent pour observer l'attaque du poste allemand. Hubert veut aller parlementer avec les Allemands, mais le groupe des Français l'en empêche. C'est pendant le copieux pique-nique qu'ils entendent des bruits de mitrailleuses que les Allemands utilisent pour se défendre.

Le groupe de Français s'enfuit, sans même soigner les Africains qui ont été tués ou blessés. Le sergent Bosselet se replie et tout le monde rentre au village.

Malgré ses intentions initialement pacifiques, Hubert essaie d'organiser une riposte. Il réquisitionne les vivres de l'épicerie que Réchampot avait essayé de dissimuler. Il obtient du chef de tribu que son peuple aille capturer des Africains de la savane pour grossir les effectifs.

Ils rallient un grand nombre d'Africains en leur faisant une démonstration de vélo et en leur faisant croire que c'est le dieu des Blancs qui réussit à les faire rouler.

Hubert mène une nouvelle attaque contre le poste allemand qui résiste toujours grâce à sa mitrailleuse. La saison des pluies arrive et le terrain se met à ressembler aux tranchées européennes.

Une troupe étrangère s'approche. En fait, ce sont des Anglais qui viennent annoncer que les Allemands du territoire se sont rendus et que le territoire est attribué aux Anglais.

Tout le monde fraternise en oubliant complètement ce qui s'est passé. Réchampot révèle bien l'esprit de l'époque en concluant que "La seule différence est que les nègres qui étaient Allemands, ils tournent Anglais".

Hubert trouve chez les Allemands un jeune diplômé de son âge dans lequel il se reconnaît tout à fait et avec lequel il fraternise.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en salles en France en , le film ne connaît pas le succès escompté. Cela ne l'a pas empêché d'être proposé aux Oscars en 1977 dans la catégorie du meilleur film étranger, qu'il obtiendra. Lors de sa ressortie en salles sous un nouveau titre en France, il ne connaîtra pas plus de succès. Mais c'est l'un des films les plus importants et aboutis de Jean-Jacques Annaud, qui réalisait là son premier long-métrage.[réf. nécessaire]

La Victoire en chantant permet de mettre en vedette Jean Carmet, Jacques Dufilho et Jacques Spiesser dont les deux premiers étaient entre autres cantonnés aux seconds rôles (Carmet avait eu le rôle principal du film Dupont Lajoie, d'Yves Boisset en 1975).

L'échec du film ne découragea pas Jean-Jacques Annaud, qui deux ans plus tard, réalise Coup de tête (sur un scénario de Francis Veber) avec Patrick Dewaere, qui connaîtra un succès.

Connu à l'époque comme compositeur de musique de films (notamment Emmanuelle), Pierre Bachelet collabora deux fois avec Jean-Jacques Annaud pour La Victoire en chantant et Coup de tête.

Le film a reçu l'oscar du meilleur film étranger en 1976. Jean-Jacques Annaud affirmera n'avoir « jamais vu cet oscar ». C'est Arthur Cohn, l'un des producteurs du film, qui est allé le chercher, ne voulant pas que Jean-Jacques Annaud y aille car les Américains pensaient qu'il était noir ![réf. nécessaire]

La chanson "La victoire en chantant" est interprétée par Georges Thill[1].

Tournage[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commentaire de Jean Jacques Annaud dans le DVD

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]