La Vénus à la fourrure

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La Vénus à la fourrure
Auteur Leopold von Sacher-Masoch
Genre Roman érotique
Version originale
Titre original Venus im Pelz
Éditeur original J. G. Cotta
Langue originale Allemand
Pays d'origine Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Lieu de parution original Stuttgart
Date de parution originale 1870
Version française
Traducteur Raphaël Ledos de Beaufort
Lieu de parution Paris
Éditeur Charles Carrington
Date de parution 1902

La Vénus à la fourrure est un roman érotique allemand de Leopold von Sacher-Masoch paru en 1870.

Résumé[modifier | modifier le code]

L'auteur dévoile dans son livre ses rêves masochistes. Il tentera par tous les moyens de persuader ses compagnes d'incarner le rôle de la Vénus à la fourrure.

Analyse[modifier | modifier le code]

Leopold von Sacher-Masoch est baigné dans son milieu puritain, le christianisme du nord. Comme si le puritanisme était aussi pour lui un élément important qui alimente toute sa fantasmagorie. Il est en même temps enfermé dans la sphère chrétienne en prenant sur lui toute la charge des symboles véhiculés par le christianisme. Il a donc un rapport équivoque à la misogynie ; son rapport à la femme est subordonnée à la culture chrétienne. Côté imaginaire, c’est un mystique. L’autre versant, c’est la loi, où l'assujettissement à Dieu, patriarche divin, et la misogynie fonctionne en complément. Dans l'histoire de la Trinité, la femme est absente. Le christianisme est un passage du culte de la Déesse Mère à l'état patriarcal, à une religion dont le principe absolu est masculin. C'est un état où Dieu est homme et uniquement homme.

Dans son livre, Masoch ne laisse pas parler la femme. Elle y est un pur reflet de ses fantasmes, elle n'existe pour ainsi dire pas. C'est pour cela que lorsque le voyage dans l'imaginaire se termine et qu'il retourne au réel; la femme est complètement descendue et la misogynie est explicite.

À la fin du roman, il déclare : « J'ai été un âne et j'ai fait de moi l'esclave d'une femme comprends-tu ? D'où la morale de l'histoire : qui se laisse fouetter mérite d'être fouetté... Mais, comme tu vois j'ai bien supporté les coups, le brouillard rose suprasensuel[note 1] de mon imagination s'est dissipé et personne ne pourra plus me faire prendre les guenons sacrées de Bénarès[note 2] ou le coq de Platon[note 3] pour l'image de Dieu. »

La Vénus est un voyage mystique : « Le masochisme est une expérience mystique » pour André Pieyre de Mandiargues[1].

C'est Fanny von Pistor qui lui inspira La Vénus à la fourrure, comme Anna Kottowith lui avait inspiré La Femme divorcée. Il s'efforcera de mettre son programme en pratique avec Aurore de Rümelin qui deviendra à cet effet Wanda von Dunajev, puis Wanda von Sacher-Masoch[2].

À partir du roman La Vénus à la fourrure, Gilles Deleuze a présenté le masochisme de Leopold von Sacher-Masoch et le masochisme en général. Il démontre également la misogynie de l'auteur[3].

Fétichisme[modifier | modifier le code]

Omniprésent évidemment comme dans de nombreux écrits de Sacher-Masoch, une relation avec Le Legs de Caïn :

« Quant à la fourrure, sa présence obsédante dans la plupart des histoires galiciennes témoigne que Caïn et sa descendance sont du côté du sauvage, l'image sera si forte que la femme ne pourra être Vénus qu'ensauvagée d'une fourrure »[4].

Influences[modifier | modifier le code]

Pour Roland Jaccard, « On imagine que le masochiste idéalise la femme, qu’elle est sacrée reine et parée de toutes les vertus. C’est oublier que Leopold von Sacher-Masoch était un lecteur assidu d' Arthur Schopenhauer, il lui empruntait des réflexions misogynes (« Le sexe court de taille, étroit d’épaules, large de hanches, aux jambes torses, ne pouvait être nommé beau que par notre sexe à nous, que les sens aveuglent ») et les mettait dans la bouche de ses personnages »[5].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Venus in Furs de Christine Letailleur
  • 2010 : Venus in Furs de David Ives

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Présentations et préfaces[modifier | modifier le code]

  • Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Paris, Éditions de Minuit,‎ 1er février 1967 (ISBN 2-707-30332-1)
    Le froid et le cruel. Suivi du texte intégral de La Vénus à la fourrure.
  • Daniel Leuwers préface La Vénus à la fourrure - Éditions Pocket.
  • Œuvres maîtresses : La Vénus à la fourrure, Le Cabinet noir de Lemberg, La Pêcheuse d'âmes, Les Batteuses d'hommes, La Pantoufle de Sapho et autres contes, préface Cécile Guilbert, éd Robert Lafont
  • Préface Elisabeth Lemirre et Jacques Cotin Don Juan de Kolomea - Éditions Philippe Piquier[4]
  • Préface Fouets et fourrures Emmanuel Dazin Éditions Le Castor Astral 1995.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Supra du mot latin signifiant en haut. Le terme masochichien suprasensuel est employé par Masoch pour parler de sa sexualité, plus haut encore que la sensualité
  2. C'est ainsi qu' Arthur Schopenhauer, connu pour sa misogynie et maître à penser de Sacher-Masoch, nommait les prostituées sacrées au temple et, du reste, les femmes en général. Les prostituées sacrées adorées en tant que déesses, elles correspondent à l'image de la dominatrice d'aujourd'hui
  3. Diogène jeta un coq plumé dans l'école de Platon et s'écrira : « Voilà l'homme de Platon »

Références[modifier | modifier le code]

  1. André Pieyre de Mandiargues - Le Troisième Belvédère (1971) - La mort mithridatisée - Éditions Gallimard
  2. Jean Streff, Le masochisme au cinéma, Éditions Henri Veyrier, 1990
  3. Gilles Deleuze, Présentation de Sacher-Masoch, Paris, Éditions de Minuit,‎ février 1967 (ISBN 2-707-30332-1)
  4. a et b Preface Elisabeth Lemirre et Jacques Cotin Don Juan de Kolomea - Éditions Philippe Piquier
  5. Article Roland Jaccard. Le Monde, 13 décembre 1991
  6. Un film de Maartje Seyferth et Victor Nieuwenhuijs, 1994, 71' VO angl stf Hollande 35 mm Visa no 97756, sur k-films