La Trinité (Martinique)
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| La Trinité | |
|---|---|
| Administration | |
| Pays | France |
| Région | Martinique |
| Département | Martinique |
| Arrondissement | La Trinité |
| Code Insee abr. | 97230 |
| Code postal | 97220 |
| Maire Mandat en cours |
Louis-Joseph Manscour 2001-2008 |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Nord Martinique |
| Démographie | |
| Population | 12 890 hab. (1999) |
| Densité | 282 hab./km² |
| Géographie | |
| Coordonnées géographiques |
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| Altitudes | mini. m — maxi. m |
| Superficie | 45,77 km² |
La Trinité est une commune française située dans le département de la Martinique et la région Martinique. Ses habitants sont appelés les Trinitéens.
[modifier] Géographie
Située sur la côte atlantique de la Martinique, La Trinité en est une des trois sous-préfectures de la Martinique. La sous-préfecture de La Trinité a été créée par le décret du 15 septembre 1965.
Elle compte sur son territoire Tartane et la presqu'île de la Caravelle, au bout de laquelle le château Dubuc surplombe une mangrove.
[modifier] Toponymie
[modifier] Histoire
Nous ne pouvons pas parler de l'histoire de La Trinité sans la resituée dans le contexte de la Martinique, des Antilles, de la France et de l'Europe. Le 15 juin 1502, Christophe Colomb, en route pour les indes, fait escale en Martinique pour s'approvisionner en eau et en fruits frais et continue sa quête des indes.
Il n'est pas le premier a s'être arrêté en Martinique.
Des vestiges humains attestent de la présence de l'homme remontant au 2 ème millénaire avant notre ère.
Dès cette époque, des indiens Arawaks, peuple de marins, venus de l'Orénoque et du Vénézuéla s'implantent dans toute les îles de l'arc antillais.
Bien plus tard, l'arrivée des indiens Caraïbes, guerriers venus de Guyane, entraîne la disparition du peuple Arawaks.
En Martinique, comme partout dans l'arc Antillais, les Caraïbes se sont installés, principalement sur la côte au vent appelée Capesterre qui est leur domaine exclusif.
En 1625, Urbain de Roissey, corsaire normand et son lieutenant Belain d'Esnambuc écument la mer des Antilles sus aux navires espagnols de retour vers l'Europe.
Allant se "frotter" à beaucoup plus gros que lui, la "Marquise" avec ses 80 tonneaux et ses 60 hommes ne fait pas toujours le poids et est contraint de relâcher sur l'île de Saint Christophe pour réparer.
Ils y trouvent des anglais (?) et des français, quelques années plus tard ils s'entendent pour chasser les caraïbes et se partagent l'île.
[modifier] La compagnie de Saint Christophe.
De retour au Havre, de Roissey et d'Esnambuc sont convoqués à la cour par Richelieu.
Le 31 octobre 1626, le cardinal leur accorde la concession des îles de Saint Christophe, de Barbuda et de toutes autres îles circonvoisines.
La compagnie de Saint Christophe est fondée, l'actionnaire principal en est le Cardinal de Richelieu, d'Esnambuc et Roissey, eux, se réservant 10 % des bénéfices de la compagnie.
C'est la première colonie française des Antilles.
De retour aux Antilles, nos deux corsaires tentent de développer les affaires de la compagnie. Livrés à eux même l'affaire périclite, les anglais en profitent pour essayer de reprendre possession de la totalité de l'île.
D'Esnambuc et les colons français survivants se réfugient à Saint Martin et Saint Barthélémy, ils parviennent à regagner Saint Christophe, mais sans aide de la compagnie ils ne peuvent pas s'imposer.
Les espagnols profite de la situation pour récupérer Saint Christophe.
Ecoeurés, d'Esnambuc et Roissey rentre en France et protestent auprès de Richelieu. Roissey se retire de la compagnie.
[modifier] La compagnie des îles d'Amérique.
La compagnie de Saint Christophe a vécu et le 12 fevrier 1635, sous l'impulsion de d'Esnambuc est créée la compagnie des îles d'Amérique.
Son objet : fonder des établissements dans toutes les îles d'Amérique qui ne sont pas encore occupées par des roi chrétiens et la conversion des "Sauvages" à la religion catholique apostolique et romaine.
La nouvelle compagnie accordent aux sieurs Liénard de L'Olive et Duplessis d'Ossonville le privilège de coloniser la Guadeloupe, la Dominique ou la Martinique.
Richelieu obtient la nomination de Pierre Belain d'Esnambuc comme gouverneur général pour le Roi des Isles d'Amérique, commandant aux gouverneurs nommés par la nouvelle compagnie.
Et voilà de nouveau d'Esnambuc sur les mers.
[modifier] Implantation en Martinique.
Avec une centaine de colons qui ont vécus l'expérience de Saint Christophe, ils débarquent, en cette fin d'année 1635 en Martinique, dans la première grande baie rencontrée lorsque l'on vient du nord, la baie de Saint Pierre.
Ils y établissent et arment un fortin. D'Esnambuc qui est avant tout un corsaire, nomme Jean Du Pont comme gouverneur et rembarque pour Saint Christophe.
Les Caraïbes de Martinique, alliés à ceux de Guadeloupe, de Dominique et de Saint Vincent attaquent les colons de Saint Pierre.
Ils seront repoussé et concluent un traité.
En 1636, Jean Du Pont embarque pour aller rendre compte à d'Esnambuc mais il est retenu prisonnier pendant trois ans par les Espagnols.
D'Esnambuc nomme son neveu, Jacques Dyel du Parquet, gouverneur de la Martinique.
En décembre de cette année 1636, d'Esnambuc décède de maladie.
La compagnie nomme du Halde comme lieutenant gouverneur de Saint Christophe.
Le 2 décembre 1637, la compagnie confirme la nommination Jacques Dyel du Parquet au poste de lieutenant gouverneur de la Martinique pour les trois années suivantes.
Les efforts de du Parquet pour développer la nouvelle colonie porte ses fruits, de nouveaux colons viennent grossir les rangs des pionners arrivés avec d'Esnambuc.
Les rapports avec les indiens caraïbes ne posent pas de problèmes.
Le 21 novembre 1647, au Carbet, il épouse Marie Bonnard avec laquelle il a des enfants. Deux seulement vécurent.
En 1649, la compagnie des îles d'Amérique ayant fait faillite, chaque île est revendue.
[modifier] Des îles à vendre ...
Le 27 septembre 1650 du Parquet se porte acquéreur de la Martinique, Sainte Lucie, Grenade et les Grenadines.
En 1654 débute une longue période troublée avec les caraïbes. A Sainte Lucie, les caraïbes chassent les français les massacrants presque tous.
En représailles, du Parquet enverra M. de La Perrière à la tête de ses troupes à Saint Vincent; qu'ils mettront à sac.
Le 28 septembre 1656, du Parquet vend Grenade et les Grenadines au comte de Cérillac.
Il conclue un pacte de paix avec les caraïbes le 18 octobre 1657.
Le 3 janvier 1658, le gouverneur du Parquet meure.
Marie Bonard, sa veuve, à quelques difficultés à faire valoir les droits de ses enfants, Jean-Jacques Dyel d'Esnambuc (huit ans) et Louis Dyel du Parquet (cinq ans) à la succession de leur père.
Le père Feuillet est envoyé auprès de Louis XIV pour que la succesion leur revienne. Madame du Parquet est nommée régente pour ses enfants.
Le 15 septembre 1658, le roi nomme Adrien Dyel de Vaudroques, gouverneur avec sa belle-soeur, Marie-Bonnard jusqu'à la majorité de l'ainé de ses fils.
La vie des petits colons de Saint pierre n'est pas trop perturbée par toutes ces intrigues.
Le sieur Belin, au cours d'une partie de chasse, s'aventurent, avec ses compagnons en cabesterre, ils furent massacrés par des Caraïbes.
Mme du Parquet, réunit en conseil les officiers et les principaux habitants et décide d’une expédition.
[modifier] Naissance du quartier de La Trinité.
Monsieur de Loubières prend le commandement de cinq barques transportant 200 hommes, pour gagner la Capesterre par la mer pendant que deux groupes de 200 hommes les rejoindraient par la terre, un par la Montagne Pelée et l’autre par le morne des Gommiers.
Plusieurs escarmouches eurent lieu sur le chemin, dont une au quartier de Sainte Marie.
Les Caraïbes n’opposèrent pas une grande résistance et vaincus, s’embarquèrent pour la Dominique ou fuirent vers le sud de la Martinique.
La facile victoire, remportée par les colons, les mit en possession de tout le nord de l’île jusqu’à La Trinité.
De Loubière avait apporté de Saint Pierre, la charpente d’un petit bâtiment, elle fut rapidement érigée, en modeste fortin, sur les limites des possessions nouvellement acquises.
Le choix se porta sur une petite presqu’île au nord de La Trinité. (actuelle pointe Sainte Catherine).
Nous sommes à la fin de l’année 1658.
Pour inciter l’implantation de colons dans cette nouvelle possession, Mme du Parquet promet une exemption de droits et d’impôts pendant 10 ans, à tous ceux qui s’établiraient en Capesterre pendant le cours de la prochaine année.
[modifier] Le quartier s'organise.
Un détachement militaire reste sur place, la défense s’organise sous forme de 2 milices, la première sous les ordres d’André Poret, sieur de la Garenne, la seconde sous les ordres de Jaham de Vertpré.
Les colons s’implantèrent assez rapidement dans ce nouveau quartier, d’abord aux environs du fort afin d’y trouver protection en cas de danger, puis vers la baie de La Trinité, la côte nord de la Caravelle et vers le nord dans les parages de Petite Rivière Salée.
En 1661, une chapelle est édifiée à proximité du fortin et sert d’église aux premiers habitants du quartier. Un terrain de 50 pas de large et de 1000 pas de haut lui est affecté.
En 1678, la population de La Trinité est de 544 habitants.
Les plus anciens habitants connus sont les sieurs Stel, Ragot et La Croix, ils sont là depuis 1661.
Dix ans plus tard, on y trouve Yves Venant, Antoine des Rochers et Dubucq ; plus au nord, Olivia Ragot, Pierre l’Hermite, Marin de la Houssaye et Pierre Launay.
[modifier] Quand le corsaire pose son sac à terre.
En 1660, Pierre Dubucq épouse, Renée Blondeau, veuve Duclos, deux enfants naissent de cette union, Jean Dubucq de l'Etang (1672-1739) et Balthazard Dubucq de Bellefond (1675-1753).
Il développe la plantation de cacao qui poussait naturellement et établit une sucrerie, ce fut certainement la première.
1687, voit la fin des travaux de construction d’un presbytère. Il s’élève sur la presqu’île, à côté du fortin maintenant armé de quatre canons pour défendre la baie de La Trinité .
Le 26 juin de cette même année, Pierre Dubucq se remarie avec Françoise Thérèse Gombault, trois enfants naissent de cette union, Pierre Dubucq de d' Estret, Marie Anne Dubucq (1701-1739), Elisabeth Dubucq d'Enneville (1707-1777).
La dynastie de la famille Dubucq se met en place.
Il est indéniable que Pierre Dubucq a été un des premiers habitants de La Trinité et qu’il a contribué à sa prospérité en y développant les plantations.
Le 28 mars 1689, Blénac qui a reçu l’ordre de conquérir plusieurs îles du nord, Saint Eustache entre autre, part de Martinique avec les troupes régulières et les milices.
Au cours d’un engagement, Pierre Dubucq, lieutenant de la milice de La Trinité est grièvement blessé.
De retour en Martinique, il reprend ses activités.
Jean Dubuc ou Dubuc de l’Etang, fils ainé de Pierre, après une carrière militaire, épouse le 17 juillet 1691, Elisabeth Jaray des Marinières, Ils viennent s’établir non loin de son père sur une propriété qui, aujourd’hui encore, s’appelle habitation Desmarinières.
De cette union naissent sept enfants:
* Jean Pierre Dubuc Duferret(1692-1742) * Elisabeth Dubuc l'Etang (1693-1781) * Isaac Dubuc l'Etang (1695-1730) * Louis Abrham Dubuc Baudoin (1698-1763) * Camille Dubuc (1702-1772) * Alexis Pierre Dubuc Desmarinière (1709-1777) * Jean François Dubuc de Cacrel (1712-?).
Il se remariera le 20 juin 1719 avec Marthe Le Boucher de Rivery, ils eurent trois enfants:
* Henri Daniel Jacob Dubuc de Marcussy (1720-1771) * Pierre Alexis Dubuc. * François-Henri Dubuc de Rivery (1728-1763)
Le cadet, Balthazard Dubuc de Bellefond, a eu un enfant avec Marie Marthe Blondeau, Jeanne Dorothée Dubuc de Bellefond. En 1694 il épouse Marie Anne Monnel, ils s'installent sur la Caravelle à l'habitation Spoutourne, de cette union naissent sept enfants :
* Louis Dubuc du Galion * Jacques Dubuc Mondésir * Anne Dubuc de Bellefond * Rose Dubuc de Bellefond * Aline Dubuc de Bellefond * Victorine Dubuc de Bellefond * Pierre Dubuc de Bellefond
[modifier] Rien ne va plus.
Pendant ce temps, la cohabitation des militaires et du clergé à la pointe Sainte Catherine ne se passe pas très bien et le « scandale » éclate.
Le capitaine Coulet, commandant la compagnie de La Trinité, fait battre, par un de ses esclaves, le nègre du Père Martelli venu couper de l’herbe pour son cheval.
S’ensuivi toutes sortes d’intrigues qui eurent pour conséquences de voir le Père Martelli expédié à Saint Domingue et le capitaine Coulet à Paris. Le partage de la pointe de la batterie entre le commandant du fort et le curé ne pouvait plus durer.
La chapelle est transférée à l’emplacement actuel du marché.
[modifier] L'essor de La Trinité.
Vers 1675, Blénac fait ouvrir des chemins, vers Fort Royal. S’ils n’eurent le rôle stratégique qu’il en attendait, ils permirent des échanges avec le Gros Morne et les autres quartiers.
Le tabac (pétun), la première culture mise, en place fit place à la canne et au cacao.
Pendant quelques années le cacao, très en vogue à Paris, se vend très cher, les grandes habitations avec sucreries, les habitations plus modestes et les habitants en profitent pour s'enrichir.
[modifier] La Trinité devient un quartier prospère...
Cette importante production de tabac, de cacao et de sucre, attire de nombreux marchands et de nombreux vaisseaux , particulièrement ceux de Nantes.
La large baie de La Trinité qui forme un port naturel la désignait comme le centre de commerces le plus important de la côte au vent.
Blénac en 1684, délimite les paroisses, celle de la Trinité s'étend de la Petite Rivière Salée, au nord et la Pointes de Salines, au sud. C'est un quart de la Martinique.
Le prêtre de la paroisse ne peut faire face au développement des nouveaux quartiers du Robert et du François, La paroisse du Robert est décidée en 1694, celle du François en 1696.
La population de la Trinité croit rapidement et l’église est à nouveau trop petite.
Le sieur La Guarigue de Survilliers, fait don à la paroisse d’un terrain pour y établir une nouvelle église, le presbytère, le cimetière et une savane « à l’usage du curé » en échange d’une concession à perpétuité, d’un droit à un banc et un droit de sépulture dans l’église. Cette concession fut obtenue le 14 juin 1699.
[modifier] ... et se structure.
Sous l'influence de Dubucq un lieutenant du juge y fut établi 1706. C'est M. Jacques Le Quoy qui est nommé à cette fonction le 19 novembre 1706, c'est le premier juge de La Trinité.
En 1710, s’achevait le portail de la nouvelle église.
En 1713, des travaux importants sont entrepris à la Pointe Sainte Catherine, les constructions transforment le fortin en véritable fort.
Une compagnie de 50 hommes de troupe y est affectée.
Le 17 août 1718, M. Bernard Poymiro, est nommé greffier.
La justice est rendue dans une maison d'habitation jusqu'en 1722. A cette date l'intendant Bénard fait l'acquisition d'un immeuble réservé aux audiances. Il servait à la fois de palais de justice et de prison. (il a existé, jusqu'en les années 1950 une prison, derrière le marché actuel, était-ce le même immeuble ?)
Cette même année 1718, voit l'installation d'un tribunal maritime, M.Louis Lemoine, lieutenant général de l'amirauté nomme Jean Hory à la Trinité.
On voit que l'évolution économique du quartier de La Trinité précède de peu l'installation des représentants des compagnies et de l'administration.
[modifier] Ça se gate !
Par lettres-patentes d'avril 1717, concernant le commerce étranger aux iles et colonies d’Amérique, le "système de l'exclusif" fait obligation aux Messieurs des Colonies :
* de ne commercer qu’avec la France, dans les deux sens, * en utilisant que des navires battant pavillon français, * de ne fournir aucun produit manufacturé, (le sucre est raffiné en métropole), * de ne produire quoi que ce soit qui ne le fut en métropole.
"l'exclusif" ne leur laisse aucune marge de manoeuvre économique et d'extension. Il était cependant toléré, voir recommandé, de faire commerce avec les colonies espagnoles, il s’agissait de placer des marchandises françaises contre de l’or.
De la contrebande avec les espagnoles à la contrebande avec les autres îles et les navires de toutes nationalités, la tentation était grande.
La chose était d’autant plus facile dans certains quartiers comme au Galion et à Tartane.
Ceci explique peut être la réputation "sulfureuse" de l’habitation Dubucq à la pointe de la Caravelle. Elle aurait été construite vers 1725 par Louis Dubuc du Galion, fils de Balthazard Dubucq (2ème fils de Pierre Dubucq).
La réaction de nos planteurs ne se fait pas attendre, quelques mois plus tard nous retrouvons Jean Dubucq de l’Etang (fils aîné de Pierre Dubucq), son fils aîné, Dubucq Duferret et d'autre colons à la tête du Gaoulé.
Sans entrer dans les détails, le gaoulé est une insurrection des colons contre le pouvoir royal de métropole.
[modifier] Le duc de Saint Simon relate dans ses mémoires le "gaoulé":
"Il arriva à la Martinique une chose si singulière et si bien concertée qu'elle peut être dite sans exemple. Varennes, y avait succédé Phélypeaux, qui avait été ambassadeur à Turin, et comme lui était capitaine général de nos îles. Ricouart y était intendant. Ils vivaient (Varennes et Ricouart) à la Martinique dans une grande union, et y faisaient très bien leurs affaires. Les habitants en étaient fort maltraités. Ils se plaignirent à diverses reprises et toujours inutilement. Poussés à bout enfin de leur tyrannie et de leurs pillages et hors d'espérance d'en avoir justice, ils résolurent de se la faire eux-mêmes. Rien de si sagement concerté, de plus secrètement conduit parmi cette multitude, ni de plus doucement ni de plus plaisamment exécuté. Ils les surprirent un matin chacun chez eux au même moment, les paquetèrent, scellèrent tous leurs papiers et leurs effets, n'en détournèrent aucun, ne firent mal à pas un de leurs domestiques, les jetèrent dans un vaisseau qui était là de hasard prêt à partir pour la France, et tout de suite le firent mettre à la voile. Ils chargèrent en même temps le capitaine d'un paquet pour la cour dans lequel ils protestèrent de leur fidélité et de leur obéissance, demandèrent pardon de ce qu'ils faisaient, firent souvenir de tant de plaintes inutiles qu'ils avaient faites, et s'excusèrent sur la nécessité inévitable où les mettait l'impossibilité absolue de souffrir davantage la cruauté de leurs vexations. On aurait peine, je crois, à représenter l'étonnement de ces deux maîtres des îles de se voir emballés de la sorte, et partis en un clin d'oeil, leur rage en chemin, leur honte à leur arrivée. La conduite des insulaires ne put être approuvée dans la surprise qu'elle causa, ni blâmée par ce qui parut du motif extrême de leur entreprise, dont le secret et la modération se firent admirer. Leur conduite, en attendant un autre capitaine général et un autre intendant, fut si soumise et si tranquille, qu'on ne put s'empêcher de la louer. Varennes et Ricouart n'osèrent plus se montrer après les premières fois, et demeurèrent pour toujours sans emplois. On murmura fort avec raison qu'ils en fussent quittes à si bon marché. En renvoyant leurs successeurs à la Martinique, pour qui ce fut une bonne leçon, on n'envoya point de réprimande aux habitants par la honte tacite de ne les avoir pas écoutés et de les avoir réduits par là à la nécessité de se délivrer eux-mêmes."
Après le passage éphémère du gouverneur Varenne (7 janvier 1717 - 23 mai 1717), c'est le lieutenant du roi Bègue qui assurera le commandement de La Martinique jusqu'au 28 septembre 1717.
Le Chevalier de Feuquières, gouverneur de la Grenade qui venait d'être nommé en Guadeloupe, à peine débarqué, reçoit l'ordre de se rendre en Martinique en qualité de lieutenant général.
D'humeur paisible et plutôt conciliant il essaie de contenter les planteurs et la mère patrie.
Il plaide pour une amnistie des auteurs du gaoulé.
Elle arrive le 6 août 1718 avec le nouvel intendant, Silvécane, qui débarque avec un batailllon de troupe. Elle concerne les quatres officiers qui ont arrêté Arenne et Ricouart, Bourgelas et Dubuc, deux noms sont laissés en blanc, à la discrétion de Feuquière et de Silvécane.
Dubucq se rend volontairement à Fort Royal ou il mis "aux arrêts".
Après maintes péripéties, interrogatoires, le procès suit sont cours, Silvécane, atteint de "la maladie de Siam" (fièvre jaune), meure le 2 octobre 1718.
Le 22 octobre Feuquières écrit un long rapport circonstancier au roi et conclu en demandant la grace de Dubucq.
Le 5 mai 1719, l'amnistie tant attendu est signée et expédiée. Elle sera communiquée à Dubuc le 25 juin, il avait passé 9 mois en "détention".
Si Feuquières concourut à la libération de Dubucq, il semble que se soit plus pour appaiser les esprit et rétablir le calme dans la colonie que par sympathie pour Dubucq et les siens.
La Guarigue de Survilliers ne semble pas non leur porter beaucoup d'estime.
[modifier] La famille Dubuc, La Trinité et la Martinique.
Il faut dire que la prolifique famille Dubucq a la main mise sur toute la paroisse de La Trinité.
Aujourd'hui encore le nom de bon nombre de quartiers de La Trinité est là pour nous le rappeler : Anse l'Etang, Pointe Marcussy, Desmarinière, La Camille, Duferret.
La famille devait continuer à contribuer à l'évolution de l'économie de la Martinique.
Louis Dubuc du Galion, petit fils de Pierre Dubucq, qui fixe dans la pierre la puissance de cette famille en construisant l'habitation Caravelle, qui deviendra le "Château Dubuc".
En effet, Louis Dubuc du Galion se marie en 1725 avec Marie Menant, fille d'un Conseiller au Conseil Souverain de la Martinique et choisit de s'installer à l'extrémité de la Caravelle, séduit sans doute par le port naturel que constitue l'actuelle Baie du Trésor, la présence sur place de tous les matériaux de construction et peut-être également par l'absolue tranquillité des lieux.
Vers 1740, un presbytère est adjoint à l'égise, à l’emplacement où on le connaît encore maintenant.
Le quartier de Tartane, se développant, est érigée en paroisse en 1750.
La pénurie de prêtre et la pauvreté du quartier font qu'en 1780 c'est le curé de La Trinité qui dessert les deux paroisses.
Le 10 décembre 1759, un arrêt de Conseil d'Etat, décide la création d'une chambre d'agriculture et du commerce de la Martinique et de Guadeloupe.
Elle doit nommer un député pour siéger à Paris au bureau du commerce. Jean Baptiste Dubucq est choisi par la chambre de Martinique.
Nommé premier commis au bureau des colonies, il est remplacé au bureau du commerce par son frère Julien-Antoine.
[modifier] Les anglais occupent la Martinique.
Le 13 janvier 1762, une flotille anglaise dirigée par l'Amiral RODNEY débarque 1200 hommes à Sainte-Anne, en bombardant violemment les fortins des pointes Borgnesse et Dunkerque qui commandent l'entrée de la baie du Marin, commandées par DE FOLLEVILLE, lieutenant du Roi.
Les anglais occupent la Martinique.
[Traité de Paris 10 février 1763] Le traité de Paris, signé le 10 février 1763, entre la Grande-Bretagne, la France et l'Espagne, devait ramener la paix aux Antilles.
Les anglais restituent la Guadeloupe, Marie Galante, la Désirade et la Martinique, mais les français perdent Grenade, les Grenadines et le canada.
Il ne semble pas que cette incursion est beaucoup perturbé la vie de La Trinité.
Au lendemain du traité, en 1765, le duc de Choiseul entreprant une réflexion sur la liberté du commerce.
Cette même année, le service de la poste est organisé en Martinique avec un bureau particulier à La Trinité.
Le 13 août 1766, un cyclone endommage l'habitation de la Caravelle. Le déclin de l'habitation commence dès 1770, la participation des Dubucq aux différentes campagnes contre les anglais ne leur permet pas de s'occuper comme il devrait de la gestion de cette grande habitation.
Jean Baptiste Dubucq, combat avec ardeur l'exclusif. Il obtient en 1784 (arrêt du conseil du roi du 30 août), la libre exportation des sirops et des tafias qui jusqu'à présent restaient à peu près inutilisés contre lesquels on pouvait importer des bois, du charbon de terre, des bestiaux, des salaisons de boeuf, du riz, du maïs et des légumes.
A la veille de la Révolution française, en 1788, Brissot crée la Société des amis des Noirs, mais malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l'abbé Grégoire ou Condorcet, il ne peut obtenir l'abolition de l'esclavage auprès de la Constituante.
Cette même année, le 14 août, un cyclone ravage l'habitation de la Caravelle. Jean Baptiste Dubuc de Saint-Prix de passage en Martinique essaie de redresser la situation économique.
Au mois de novembre 1789, Louis François Dubucq, est nommé président de l'Assemblée Coloniale de la Martinique, le 8 décembre 1792 il est envoyé comme député à Paris. La révolution, la peur des grands planteurs.
[modifier] La révolution inquiète beaucoup les grands colons.
Par décret de l'assemblée nationale, du 29 novembre 1790, le roi prend des dispositions pour ramener le calme en Martinique.
Ce même décret, précise que l'Assemblée nationale décrète qu'il sera ouvert, provisoirement, un second port d'entrepot à la Martinique, il sera à La Trinité.
Pour sauver leur tête et leurs biens, Dubucq, Curt, député de Guadeloupe , et le baron de Claire Fontaine, s'enfuient en Angleterre rencontrer Henry Dundas, ministre des colonies, pour livrer la Martinique et la Guadeloupe aux Anglais.
Le roi Louis XVI monte à l'échafaud le 21 janvier 1793.
Ce n'est que le 4 février 1794 (décret du 16 pluviose an II) que la Convention, sous la pression de la société des amis des noirs et d’humanistes, abolit l'esclavage.
Mais cette mesure ne sera pas appliquée à la Martinique, les anglais l'occupant à nouveau depuis le 6 février 1794.
[modifier] Les anglais reviennent.
Le 17 pluviose, les anglais arrivent à La Trinité par la pointe Marcussy et la baie du Galion, ils se mettent en mouvement pour gagner le Vertpré, mais se heurtent à la garde nationale.
Après quelques escarmouches, ils décidèrent de se porter vers La Trinité et bousculèrent sans grande peine les chasseurs de Bellegarde et la garde nationale du Gros Morne et restèrent maître du quartier.
Bellegarde abandonnant la position mis le feu à tout un pâté de maisons du bourg de La Trinité; plusieurs d'entre elles étaient propriétés de la famille Dubucq.
Les anglais dans la place c'est un retour pur et simple à l'ancien régime monarchique.
Nos grands colons y retrouvent leurs propriétés, leurs places et leurs prérogatives, les esclaves retrouvent leur condition et l'on oublie le décret du 4 février 1794.
Jean Baptiste Dubuc de Saint-Prix qui assure la gestion de l'habitation de la Caravelle depuis 1789 met fin à l'activité industrielle de l'habitation vers 1797.
[modifier] Le traité d'Amiens, retour à l'esclavage.
Bonaparte, 1 er consul signe le Traité d'Amiens le 27 mars 1802 (6 germinal an X) qui met fin à l'occupation de la Martinique, de la Guadeloupe, de Tobago et de Sainte Lucie.
Les 16 et 18 mai suivants, Bonaparte faisait voter le maintien de l'esclavage dans ces colonies restituées :
* "Art. 1er. Dans les colonies restituées à la France, en exécution du traité d'Amiens, l'esclavage sera maintenu, conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789. * Art. 3. La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.
Le 26 mai 1802 (6 prairial an X), un arrêté du consulat réorganise l'administration dans les colonies.
* Un Capitaine Général, aux fonctions essentiellement militaires, l'équivalent du gouverneur. * Un Préfet Colonial, hiérarchiquement soumis au Capitaine Général, mais disposant en réalité d’une large autonomie pour l’administration proprement dite de la colonie, l'équivalent de l'intendant. * Un Grand Juge ou Commissaire de Justice chargé de faire régner l’ordre.
En avril 1802, le Comte Louis Thomas Villaret de Joyeuse est nommé capitaine général de la Martinique et de Sainte-Lucie. Il les gouverne jusqu'en 1809.
[modifier] Encore eux, les anglais occupent à nouveau la Martinique.
Le traité d'Amiens n'a pas fait long feu,le 30 janvier 1809, les Anglais occupent à nouveau la Martinique.
En 1805, la paroisse de Tartane est rattachée à la paroisse de La Trinité.
Le 23 juillet 1813, un violent cyclone frappe la Martinique (200 morts). Ce fut un désastre pour La Trinité.
Maisons renversées, cultures détruites, l'église y perd son toit. La situation critique des paroissiens, même avec la meilleure volonté ne permet pas d'envisager la réparation de l'église.
Paris le 31 mars 1814, les alliés (l'aristocratie exilée dans les cours européennes), occupent la capitale.
Le Sénat et le Corps législatif avaient proclamé le 2 avril la déchéance de Napoléon 1er et demandé à Louis XVIII de reprendre en main les affaires du pays.
Fontainebleau le 6 avril 1814, l'Empereur abdique et est exilé sur l'île d'Elbe.
Le traité de Paris du 30 mai 1814 fixe les frontières de la France après la défaite de Napoléon Ier.
Les Anglais rétrocèdent à la France, la Martinique la Guadeloupe.
La Charte constitutionnelle, promulguée le 4 juin 1814, comporte un préambule et seulement 76 articles, c'est le 73 èmequi nous intéresse : "Les colonies sont régies par des lois et des règlements particuliers", de fait rien ne change on retrouve la forme de gouvernement de l'ancien régime.
Pierre René Marie, comte de Vaugiraud est nommé gouverneur en 1814 et le restera jusqu'en 1818.
L'état de l'église est tel qu'en octobre 1815, il est décidé le la démolir au plus tôt.
L'ordre de démolition n'est pas plus exécuté que les réparations qui avaient été prévues.
Les anglais étant rentré chez eux, une commission composée de MM. de Juppeaux, Baret, d'Arnaudot, Dubuc Desturet et de Noël se charge de faire exécuter la démolition et la reconstruction de l'église endommagée.
Tous les Trinitéens sont mis à contribution pour financer ces travaux qui se terminent en 1817.
C'est le curé de Grande Anse, qui le 30 avril vient consacrer la nouvelle église.
Par l'arrêté ministériel du 10 septembre 1817, les pouvoirs se trouvent désormais confiés au gouverneur, l’intendant étant supprimé.
Le 16 décembre 1827, après de long pourparlés sur le financement des travaux, la décision est prise de réaliser une adduction d'eau dans le bourg. Il s'agit de canaliser les eaux de l'Epinette.
Ces installations devant faciliter l'approvisionnement en eau des navires, de la garnison et des maisons particulières, devaient durer jusq'en 1831.
Le 11 janvier 1839, un violent séisme, secoue la Martinique, l'égise est fortement endommagée, on est obligé de démolir les deux pignons des chapelles, la charpente de la nef s'est affaisée, la toiture a beucoup souffert, le clocher et les murs de l'église sont lézardés, la charpente du clocher est endommagée.
Les réparations sont urgentes, heureusement, la colonie vient au secours de la paroisse et les travaux commencent le 16 décembre 1839.
[modifier] Économie
- Antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de la Martinique.
[modifier] Lieux et monuments
[modifier] L'usine du Galion.
Au 18ème siècle, l'habitation " Le GALION " située à l'embouchure de la rivière du même nom appartient comme toute la région à la célèbre et puissante famille des Dubuc.
On ne sait pas exactement quand les deux habitations sucrières contigües " Galion " et Grands-Fonds " sortent du patrimoine des Dubuc mais en 1842 elles sont la propriété d'un certain Jacques-Marie LALANNE.
A la mort de ce dernier, les habitations sont mises en vente aux enchères.
Jean Emile MERLANDE et Paul LALANNE (on ignore s'il est ou non apparenté au défunt), propriétaires à Saint Pierre, se portent conjointement acquéreurs.
Les propriétés sont grévées d'hypothèques et ils doivent faire appel pour se procurer les moyens de les acquitter à un négociant de Saint-Pierre : Eugène Eustache.
En contrepartie, ils doivent lui abandonner l'administration des exploitations jusqu'au remboursement intégral de leur dette.
Vers 1861, Eugène EUSTACHE envisage de créer sur ses terres une usine car les vieilles habitations sucrières vivent leurs dernières années.
L'Etablissement est construit sur l'habitation " Grands-Fonds " mais s'appelle " Usine du Galion ".
Il est équipé par la maison CAIL (spécialiste en matériel pour les usines sucrières) et Eugène EUSTACHE empruntera 1 200 000 F à la Société du Crédit Colonial.
Grâce au profit sucrier des années 1870, il peut rembourser son emprunt par anticipation.
Pour assurer l'approvisionnement en cannes de son usine, il cherche à se constituer un domaine agricole propre.
Il rachète systématiquement toutes les habitations qui sont mises en vente autour de Grands-Fonds Galion : Bord-De-Mer, Desmarinières, Morne-Galbas, Malgré-Tout, Fonds Galion et Mignot.
Il se trouve ainsi à la tête d'un vaste domaine de 2 344 ha disposé en arc-de-cercle autour de la Baie du Galion et fournissant toutes les cannes nécessaires au bon fonctionnement de l'usine.
Eugène EUSTACHE meurt le 6 mars 1883, à la veille de la grande crise qui frappe l'économie sucrière antillaise.
[modifier] Le Galion et la grande crise sucrière (1884-1905)
EMILE BOUGENOT, gendre d'E. EUSTACHE, est chargé, à sa mort, de la gestion de l'usine. On sait aujourd'hui qu'il est le plus grand nom de l'histoire économique de la Martinique entre 1870 et 1890.
Il est né en 1838 dans un petit village de la côte d'or, issu d'un milieu paysan aisé, il poursuit des études d'ingénieur et entre en 1859 au service de la Maison CAIL.
L'année suivante, il est envoyé à la Martinique pour diriger le montage de l'installation de l'usine de Lareinty ; C'est à lui que E. EUSTACHE fait appel pour monter l'usine du Galion.
Il épouse la fille du propriétaire.
Les années suivantes sont celles d'une ascension sociale et patrimoniale rapide.
Sur les 21 usines sucrières en activité dans la 2ème moitié du 20ème siècle, il a été gérant de 9, actionnaire de 15, et copropriétaire de celle du Galion, touchant ainsi des revenus importants.
E. BOUGENOT a les connaissances techniques qui lui permettent de s'imposer dans le milieu créole.
Il bénéficie de la conjoncture économique en hausse mais c'est surtout, un gros travailleur exigeant envers lui-même comme envers les autres, qui sait tirer parti de toutes les opportunités qui s'offrent à lui. Lorsqu'il devient propriétaire du Galion, il abandonne la direction de toutes les autres usines.
Il confie en 1892 l'administration de l'usine à Joseph de LAGUARIGUE, un blanc créole de la Trinité et rentre définitivement en France d'où il continue à suivre la gestion de son usine.
La crise prend fin autour de 1905.
La production sucrière du Galion se solde par des bénéfices dès les années suivantes, d'importants investissements sont réalisés pour augmenter la capacité de broyage, renouveler le matériel et les plantations sur lesquelles on remplace la vieille canne dite " D'OTAITE " par une nouvelle espèce la BIG TANA.
[modifier] Evolution et problèmes de 1905 à 1939
Avant la 1ère guerre mondiale, la demande en alcool (fabrication des explosifs) est très forte. Beaucoup d'usines négligent de plus en plus la production de sucre pour se consacrer à celle du rhum plus rémunératrice.
On assiste alors à un effondrement de la production sucrière à la Martinique.
Il semble cependant que la politique de production au Galion était plus prudente et n'a servi qu'à rentabiliser l'exploitation.
Son chiffre d'affaires est multiplié par 5 et son bénéfice par 7,8 au cours de la période.
La fin de la guerre entraîne un effondrement de la production du rhum et l'instauration du contingent réparti entre les usines. De nombreux petits distillateurs finissent par être ruinés.
Au Galion, cette crise se traduit simplement par un manque à gagner.
A partir de 1920, la consommation métropolitaine s'accroît non seulement en rhum mais surtout en sucre à la suite de la destruction des industries betteravières du Nord et de la Picardie.
Le Galion accroît sa production et sa productivité par la modernisation du matériel (reconstruction des voies ferrées, renouvellement du matériel roulant, introduction de nouvelles espèces de cannes).
Ainsi l'année 1925 est marquée par l'établissement de records qui ne seront pas battus avant le boom de la décennie de 1950. (4 725 000 F de bénéfices pour le Galion en 1925, soit un rendement financier de 90 %), mais aussi par le décès d'Emile Bougenot.
Après 1926, l'activité du Galion retrouve une vitesse de croisière plus normale, sous la pression des usines métropolitaines rétablies, l'expansion martiniquaise s'arrête, la production se stabilise.
Après cette même décennie de 1920, commence la 3ème génération de l'histoire du Galion. Après la disparition d'E. BOUGENOT et de J. de LAGUARIGUE, les cohéritiers conservent le domaine en indivision, la direction effective est assumée par Carl PELLE et l'administration par Louis de LAGUARIGUE, fils du précédent administrateur.
La crise mondiale (1930 - 1939) provoque une récession, le manque à gagner du Galion est impressionnant : c'est le sucre qui est surtout responsable du recul (son coût de production restant constamment supérieur à son prix de vente).
Le Galion parvient tout de même à équilibrer ses comptes de fabrication grâce aux sirops.
Malheureusement, les cours diminuent eux aussi entraînant des pertes en 1934 et 1935 (imputables en partie à des erreurs de gestion).
Les résultats sont donc catastrophiques pour le sucre mais sont finalement compensés par les profits réalisés sur la fabrication du rhum particulièrement du " Grand Arôme " pour lequel le Galion jouit d'un quasi-monopole.
La crise frappe surtout les petites distilleries dont le nombre tombe de 155 en 1930 à 120 en 1937.
La reprise survient à partir de 1937 et sera extrêmement vigoureuse jusqu'à la 2ème guerre mondiale.
Si le secteur sucrier antillais bénéficie d'une conjoncture internationale favorable (reprise économique générale dans les pays Capitalistes, contingentement de la production, déficits répétés de la production betteravière) au Galion, comme ailleurs, on met en œuvre une politique systématique d'accroissement des rendements.
[L'usine du Galion (La Trinité), cliquez pour agrandir.] De nouveaux moulins et des générateurs plus puissants sont installés, le matériel de cuisson et d'évaporation est renouvelé, une nouvelle espèce de canne plus riche en saccharine, la BH 10-12 est introduite sur les plantations où l'usage du tracteur et le labourage mécanique s'étendent ; l'emploi des engrais devient systématique.
Les petits enfants de Carl PELLE hériteront de l'usine et du domaine foncier, entre autres, en 1949.
En 1958, ils constituent une SCI nommée "Exploitation Agricole du Galion" dont le siège social se trouve à l'habitation du Galion à La Trinité, son objet est "l'administration du domaine agricole du Galion ..."
Cette société comporte une assemblée générale des actionnaires et un conseil d'administration, émanation du premier organe. L'activité de l'usine du Galion est indépendantede celle de l'Exploitation agricole du Galion.
[modifier] L' usine sort du patrimoine des héritiers BOUGENOT
En 1973, le groupe Rémy-Cointreau, se porte acquéreur des usines Saint James à Sainte Marie, et de l'usine du Galion.
[L'usine du Galion (La Trinité)] En 1984, le groupe cède l'usine du Galion aux collectivités territoriales, il est constitué d'une Société Anonyme d'Economie Mixte sous l'appellation SAEM Production Sucrière et Rhumière de la Martinique.
S'ensuit alors une vingtaine d'années de difficultés et de déficits, l'activité de cette usine n'a pu être maintenue que grâce à l'injection massive et régulière de fonds publics.
En 2003, un accord cadre est signé entre les actionnaires de la SAEM PSRM (conseil général, conseil régional, état, communes, ...) et la COFEPP pour concrétiser l'entrée de cette dernière dans le capital de la SAEM PSRM à hauteur de 20% dans un premier temps, puis 15% supplémentaire dans un deuxième temps.
Il est demandé à cette occasion à la COFEPP de prendre une part active à la gestion de cette structure. La COFEPP, Compagnie Financière Européenne de Prise de Participation est la holding (société mère) de LA MARTINIQUAISE propriétaire de Dillon, Depaz, Négrita, etc. Elle n'est rien moins que le 3ème groupe de spiritueux (alcools) français et aussi le 1er client de la SAEM PSRM. Intéressée par le « potentiel de développement offert par le site de La Trinité », cette compagnie y envisage :
* la mise en place d'une unité bagasse-charbon, qui fournirait près de 20% de la production d'électricité de la Martinique. * la création d'une distillerie de rhum traditionnel de sucrerie (RTS). * divers investissements, etc.
La SAEM du Galion devrait alors se recentrer sur la seule activité de production sucrière. Quant à la production de RTS, elle devrait être gérée par une nouvelle société, chargée de l'exploitation de la future distillerie.
[ centrale thermique au Fioul de production d'électricité à La Trinité, cliquez pour agrandir.] Cette même année 2003, un projet voit le jour au ministère de l'industrie dirigé par Mme Nicole FONTAINE pour la création d'une centrale thermique (dite de pointe) au Fioul en Martinique afin de répondre à la consommation croissante d'électricité.
Une société, la Compagnie de Cogénération du Galion (créée en juillet 2004), soumissionne et remporte l'appel d'offres avec un projet adossé à l'usine du Galion pour une unité de production de vapeur et d'électricité (Cogénération).
Cette société, la CCG, est la propriété à 80% de la Séchilienne-Sidec et à 20% de la COFEPP.
En 2007, cette centrale est inaugurée et commence à produire de l'énergie électrique.
Au-delà de ses caractéristiques propres, l'histoire du Galion apparaît comme un bon résumé de celle du secteur sucrier martiniquais en général, depuis les années 1870.
Sites qui m'ont permis d'élaborer cette page :
* LOS MUESTROS, la voix des sépharades. * ACER, Centre de recherche, de développement et de transfert technologique acéricole inc. * LAMECA - Médiathèque Caraïbe Bettino Lara. * Académie de la Martinique. * Collectif Sauvegarde de la Qualité de l'Air.
Bibliographie :
Emile BOUGENOT : Sucre et industrialisation à la Martinique de 1860 à nos jours de M. Emile EADIE.
--92.136.135.219 (d) 17 juillet 2009 à 18:40 (CEST)Jean TROUPEL
[modifier] Distillerie Hardy
La distillerie fut fondée en 1830 par Emilien Bonneville. Suite au mariage d'une de ses filles, l'exploitation fut achetée par son époux Gaston Hardy en 1905. Depuis, la distillerie appartient à la famille Hardy. Elle est non fumante depuis 1996.
L’usine en ruine présente un enchevêtrement de tôles et de vieilles machines à vapeur noirâtres, complètement rongées par l’humidité et peu à peu gagnées par la végétation. Si de nos jours la distillation se fait désormais à l’usine Saint-James à Sainte-Marie, la recette originale à 55° des Rhums Hardy est fidèlement respectée et on continue de boucher les bouteilles à la cire. Produit au faible volume annuel de 120 000 litres, le rhum Hardy est toujours tenu par le dernier des héritiers de la grande famille Hardy de Tartane, Jean-Claude Hardy.
[modifier] Autres monuments
- Château Dubuc
- Réserve naturelle de la Caravelle
- Tartane

