La Sarraz

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La Sarraz
Blason de La Sarraz
Héraldique
Image illustrative de l'article La Sarraz
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
District Morges
Communes limitrophes
(voir carte)
Romainmôtier-Envy, Croy, Arnex-sur-Orbe, Pompaples, Orny, Éclépens, Lussery-Villars, Dizy, Chevilly, Ferreyres
Syndic Rosa Mischler
Code postal 1315
N° OFS 5498
Démographie
Gentilé Sarrazins
Population 2 510 hab. (31 décembre 2014)
Densité 326 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 39′ 32″ N 6° 30′ 50″ E / 46.659, 6.51446° 39′ 32″ Nord 6° 30′ 50″ Est / 46.659, 6.514  
Altitude 485 m
Superficie 771 ha = 7,71 km2
Divers
Langue Français
Localisation

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La Sarraz
Liens
Site web www.lasarraz.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

La Sarraz est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Morges.

Situation[modifier | modifier le code]

La commune se situe sur le plateau suisse, sur l'axe Vallorbe - Lausanne et à proximité de l'Autoroute A1.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La Sarraz est traversée par la Venoge qui marque la frontière avec Ferreyres et Chevilly et par le Veyron qui marque la frontière avec Chevilly.

La ligne de partage des eaux Rhône- Rhin traverse la commune. En effet, la cité se trouve au pied du Mormont, colline qui sépare la vallée de la Venoge, (bassin du Rhône) de celle de l'Orbe, bassin du Rhin. On y trouve encore des traces du Canal d'Entreroches qui reliait la Venoge à l'Orbe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Introduction et toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme « La Sarraz » est originaire du mot « serata » qui est le participe passé de serrée, fortifiée en patois. Ce nom a été énoncé pour la première fois en 1158. Au début La Sarraz s'écrivait sans le "z" mais le nom a été substitué par La Sarraz avec "z" tel qu'on l'écrit de nos jours[3].

L'histoire du lieu a commencé en 1049 par la construction du château et durant plusieurs siècles différentes familles y ont régné.

La Sarraz n'était initialement qu'un petit bourg qui a été fortifié par Aymon 1er de La Sarraz. Il établit des murailles tout autour de la ville ainsi que des hautes tours pour surveiller les environs.

Les générations se sont succédé, par l'intermédiaire de testaments et d'alliances. Les fondateurs de La Sarraz sont les Grandson-La Sarraz qui ont été au pouvoir de 1049 à 1269, puis il y a eu les Montferrand-La Sarraz de 1269 à 1541 et pour terminer les Gingins-La Sarraz de 1542 jusqu'à la révolution vaudoise, c'est-à-dire jusqu'en 1798[4].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

À la Tine de Conflent et à Châtillon (région du Jura) ont été trouvés des vestiges de refuges qui datent de l'époque préhistorique[4].

Environ un siècle avant Jésus-Christ, la colline du Mormont abritait un sanctuaire celtique (époque des Celtes et des Gaulois) constitué de 260 fosses coniques creusées dans l’humus[4]. On y a retrouvé également de nombreux fossiles.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À ses débuts, la Sarraz était un petit village né au Moyen Age et dirigé par le seigneur Adalbert II de Grandson. En 1049, cherchant à augmenter son pouvoir dans la région, le seigneur fait construire une tour sur un rocher du Mormont, pour surveiller le passage d'un des axes menant au Jura et à la France. À cette époque, quelques colons venus de France s'installent dans et autour du village, ce qui permet d'agrandir le territoire. Ces colons se devaient d'obéir à la famille royale et de protéger le château. En retour ce bâtiment leur servait de refuge. La position du château a engendré quelques conflits, car le rocher du Mormont était situé dans les territoires de Romainmôtier à Ferreyres. Les moines de Ferreyres se sont plaints auprès du pape Léon IX. Adalbert s'est ensuite rendu à Romainmôtier avec quarante vassaux et s'est entretenu avec le pape pour conclure un traité entre ces deux villages[5],[6].

Au XIIème siècle, le petit-fils d'Adalbert III, Ebal Ier de Grandson, prend le pouvoir du village. Il a fondé l'abbaye du lac de Joux. Son fils, Barthélémy de Grandson, lui a succédé et est parti en 1158 pour la terre sainte (Jérusalem).

Avec le temps, la famille de Grandson s'est divisée en plusieurs branches pour régner dans les différents châteaux et terres en sa possession.

En 1186, c'est le fils de Barthélémy, Ebal III de Grandson, qui est au pouvoir. La Sarraz s'est agrandie en assemblant plusieurs autres villages : Eclépens, Mont-la-Ville, Orny, Ferreyres, Moiry, chevilly, Cuarnens, Chavannes-sur-le-Veyron et la Vallée de Joux.

Période Savoyarde[modifier | modifier le code]

A cette période, en 1345, La Sarraz fait partie de ce qu'on appelait les bonnes villes du pays de Vaud. À la fin du 14e siècle, La Sarraz s'enrichit. De nombreux commerces, passages et artisanats se développent et deviennent importants pour la ville. La Sarraz peut désormais grâce au droit offert par les ducs de Savoie, tenir quatre foires par année[7].

Période bernoise[modifier | modifier le code]

Lors de la période bernoise, La Sarraz est sous le régime bernois et fait partie du bailliage de Moudon de 1536 à 1598. Ensuite, pendant 200 ans elle fait partie du bailliage de Romainmôtier. Dès lors et jusqu'en 2006, la commune appartient au district de Cossonay.

En 1597, un marché hebdomadaire prend place mais à la fin du XVIIIe siècle le marché décline par suite de la concurrence du marché d'Orbe.

Comme annoncé plus haut, les Gingins-La Sarraz ont régné tout au long de la période bernoise. Joseph de Gingins était le baron en 1608. A cette époque, il y avait des droits réservés aux barons sous la domination de Berne[8].

La révolution industrielle[modifier | modifier le code]

De nombreuses industries ont été construites le long du sud de la Venoge.

L'évolution de La Sarraz est basée sur la fondation de l'industrie de la commune. Les moulins et les forges sont à l'origine de l'industrie communale.

On y trouve l'usine de tannerie Knébel (1741), une fonderie de cloches (1935 mais qui aujourd'hui existe encore), une usine électrique et de papier qui en 1871 a été remplacée par une usine de couvertures de laine[4].

Musées et monuments[modifier | modifier le code]

Le musée suisse du cheval est situé face au château (fief de la famille homonyme et centre de la seigneurie locale) qui est, avec la chapelle Saint-Antoine, inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale[9].

Le temple[modifier | modifier le code]

Le temple réformé, similaire à celui de Mont-sur-Rolle a été bâti en 1835-1837 selon les plans de l'architecte lausannois Henri Perregaux[10]. Il est inscrit à l'inventaire cantonal du patrimoine en 1979[11]. Le temple de La Sarraz plus précisément la chapelle de Saint Antoine de La Sarraz a été la première église du village. François 1er voulait qu'il y ait un bâtiment saint pour chasser les mauvais esprits tel que la peste qui était bien présente à cette époque.

Après la mort de François 1er, c'est son fils Aymon III qui s'est chargé de la construction de la chapelle, en compagnie de sa femme et sa fille. Le temple a été établi hors des murs de la ville et a engendré des problèmes financiers à la famille. En 1362, la chapelle a été achevée par Marguerite de Duin à la suite de la mort d'Aymon.

Après 1380, la chapelle servit aussi de cénotaphe qui signifie tombeau vide qui avait pour but de garder en mémoire les noms des personnes importantes de la ville[12].

Le château[modifier | modifier le code]

Le château de La Sarraz fut construit en 1049 et habité par les seigneurs de la famille La Sarraz et leurs descendants jusqu'en 1948[13]. Ce magnifique château fut modifié par différentes familles qui y ont habité à leur tour.

Pour préciser, il y avait qu'un simple donjon construit par un des seigneurs Grandson. C'est aujourd'hui la tour de garde du château. En 1152 ce donjon devint important stratégiquement et économiquement car il donnait la vue sur une route reliant la France et l'Italie. Un marché économique se construisit grâce à cela car les passants voulant traverser cette route, devaient payer pour avoir un droit de passage. Le ''château'' ne contenait pour l'instant qu'un donjon et un bâtiment d'habitation[14].

Au XIVe siècle un nouveau bâtiment fut construit ainsi qu'une chapelle qui fut dédiée à Saint-Antoine. Elle hébergera la cénotaphe de François 1er, un seigneur de La Sarraz. En 1475, le Château fut brûlé et pillé par les Confédérés lors des guerres de Bourgogne[15].

En 1499, le château fut reconstruit et il y eut plusieurs changements. La salle des chevaliers fut construite et le donjon fut entouré par une galerie de briques car c'était très à la mode au 15ème siècle.

Vers la moitié du 17ème siècle, de nombreux travaux sont effectués. Il y a par exemple l'installation de nouveaux objets, la réparation de murs, la construction de planchers et le blanchissage des murs. Ces multiples travaux montrent l'envie qu'avaient à l'époque les seigneurs, de mener une vie confortable et luxueuse. Grâce à leurs travaux, deux pièces peuvent maintenant être chauffées.

Au 18ème siècle, il y avait trois enceintes pour accéder au château. Les fossés servaient de basse-cour et un appartement est créé dans l’aile ouest du bâtiment avec une entrée pour y accéder directement. De février à mai 1802, le château fut beaucoup touché par la révolte des Bourla-Papey qui signifie brûle-papiers, car les seigneurs habitant au château n'étaient pas aimés.

Plus tard d'autres transformations sont effectuées au château, les anciennes dépendances sont changées sous forme d'écuries et d'un bâtiment pour le fermier. Le donjon lui aussi est reconstruit en tant que chapelle. Le cénotaphe, qui est un monument funéraire ne contenant pas de corps, y est logé pour une cinquantaine d'années. La bibliothèque est déplacée et aujourd'hui encore est au même endroit. Cette ancienne bibliothèque contient en partie des ouvrages du trésorier Wolfgang-Charles.

En 1902, l'eau courante est pour la première fois installée dans le château et un cabinet de toilette et un appartement neuf aménagé avec un atelier furent aussi installés au château. En 1920, la Société vaudoise de généalogie est fondée, et un an plus tard la Société du Musée Romand fut créée et reçoit le château comme donation. Pour la toute première fois, la Salle des Chevaliers et la Salle à manger sont ouvertes au public.

Dans le temps, de nombreux peintres et sculpteurs étaient hébergés dans le château par un seigneur qui était passionné par les arts plastiques. Ces artistes lui offrirent beaucoup d'oeuvres en guise de remerciement et elles furent placées dans la Maison des arts. Le premier congrés de cinéma indépendant se passe en 1927 dans le Château de La Sarraz, où l'un des participants est le cinéaste russe Sergei Eisenstein. Le Musée suisse du cheval se situe, en 1982, dans la grange du Château de La Sarraz.

Vers la fin du 20ème siècle, des restaurations du château sont effectuées. Ce lieu héberge aujourd'hui des collections de meubles et tableaux de grandes valeurs qui ont été acquis à travers les générations. Le château peut être loué pour des occasions spéciales comme des mariages, bals, fêtes de famille, assemblées de sociétés, rencontres d'entreprises; des réunions de tout genre peuvent se tenir sous les voûtes de cette demeure historique.

Sport[modifier | modifier le code]

La commune accueille plusieurs sociétés sportives[16].

  • École de Tai chi chuan et Qi-Gong
  • La piscine
  • Club de Football : FC La Sarraz-éclépens
  • Club de Volleyball
  • Société de Gymnastique : FSG La Sarraz
  • Club de Judo
  • Club de Karaté
  • Club de tir (pistolet)
  • École de danse

Transport[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidante permanente au 31 décembre 2014 », sur Statistiques Vaud (consulté le 3 mars 2015)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 23 septembre 2010)
  3. « La toponymie », sur www.faovd.ch/alphabet/index/commune/81_la_sarraz (consulté en décembre)
  4. a, b, c et d Patrick-R. Monbaron, « Sarraz, La (commune) » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 16 mars 2010.
  5. « Le début du village », sur www.lasarraz.ch/xml_1/internet/FR/application/d1/f20.cfm (consulté en mars)
  6. « Au fil du temps », sur www.lacollinadeicelti.ch/FR/pdf/4.1_Au_fil_du_Temps.pdf,‎ 2008 (consulté en juillet)
  7. « Portrait de la Sarraz », sur www.lasarraz.ch/xml_1/internet/fr/intro.cfm (consulté en janvier)
  8. J.Ogiz, Histoire de LA SARRA, Cossonay, E. Jacquemard,‎ , p.91
  9. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  10. Paul Bissegger, D'ivoire et de marbre. Alexandre et Henri Perregaux ou l'Age d'Or de l'architecture vaudoise (1770-1850), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « Bibliothèque historique vaudoise 131 »,‎ (ISBN 978-2-88454-131-2), p. 240-244
  11. « Fiche de recensement 10 », sur recensementarchitectural.vd.ch
  12. « Le temple », sur www.mikulas.ch/Sarraz_chapelle.htm (consulté en décembre)
  13. « Le Château de La Sarraz et Musée du Cheval », sur www.swisscastles.ch/Vaud/lasarraz/ (consulté en mai)
  14. Georges Duplain, Château du milieu du monde, La Sarraz, Lausanne, Verseau,‎ , 128 p., p.30-31
  15. Ric Berger, La contrée de Lausanne, France, Cabédita,‎ , 283 p., p. 215
  16. « Sports La Sarraz », sur lasarraz.ch (consulté en avril)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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