La Route du sel

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La Route du sel

Description de l'image  SaltMounds.jpeg.
Réalisation Ulrike Koch
Scénario Pio Corradi
Acteurs principaux

Margen
Pargen
Zopon
Bopsa

Sociétés de production Catpics Zurich
D.U.R.A.N. Berlin
Pays d’origine Drapeau de la Suisse Suisse
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Documentaire
Sortie 1997
Durée 108 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Route du sel est un film documentaire germano-suisse réalisé par Ulrike Koch, sorti en 1997.

Ulrike Koch est une sinologue et réalisatrice suisse. Elle a mis plus de deux ans à réaliser ce film. Elle a longuement travaillé sur la traduction des dialogues. Deux ans après le tournage du film, Ulrike Koch est retournée au Tibet voir les nomades du sel qu'elle avait filmés. Ils ne sont pas retournés au lac salé depuis. Ulrike Koch a recherché des financements pour les aider à poursuivre leurs voyages. Elle évoque des difficultés lors du tournage en Chine communiste[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film décrit la vie des nomades du sel, au nord du Tibet. Quatre hommes préparent une caravane de yaks pour aller chercher du sel. Le voyage est aussi de nature initiatique, démontrant un respect de la nature, mais aussi de rites, notamment à la divinité du lac salé. Cette tradition millénaire est menacée par la concurrence des camions[2].

Le sel est le principal moyen d'échange de ces nomades pour des biens tels que l'orge, d'autres aliments de base et du thé.

Le film commence avec l'épopée du roi Gesar chanté par Yumen, une Tibétaine barde célèbre née en 1957 dans le Kham[3].

Le film montre que la récolte du sel au Tibet peut s'apparenter à une quête identitaire. Quatre nomades organisent une caravane de yaks. Chaque année, ils partent sans leur famille depuis leur village des versants du nord de l’Himalaya pour un voyage de plus d'un mois à travers le plateau tibétain jusqu'au lac Tsen-tso, appelé aussi le « cœur de Karmapa »[4], à quatre milles mètres d’altitude. L’accès au lac est interdit aux femmes. Seuls des hommes, initiés, peuvent ravir aux dieux le sel doté de ses pouvoirs bénéfiques. Après des jours de marche dans les steppes, ils atteignent le « Rocher aux Chèvres », un géosymbole délimitant l’entrée d’un territoire sacré où est situé le lac. Les hommes y rendent hommage aux dieux. Chacun doit n'avoir ni pensée, ni parole, ni acte pouvant nuire aux autres, à soi-même et aux animaux, et a contrario avoir des comportements bénéfiques. Arrivés au lac, le jour précédent leur travail qui ne doit pas durer plus d'une semaine par respect des dieux, les hommes accomplissent un cérémonial de bienvenue. Ils amoncellent d'abord le sel en petits tas alignés. Séché, il est alors rassemblé puis mis dans des sacs qui seront chargés sur les yaks. À la fin du travail, des tormas représentants des yaks sont modelées en tsampa et offertes aux dieux en retour du sel[5].

Une langue connue des seuls initiés est utilisée. Le film suggère l'extinction programmée de cette tradition tibétaine. Dans ces mines de sel, les Chinois envoient des camions[6].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteur Personnage Commentaires
Margen Mère âgée
Pargen Père âgé
Zopon Seigneur des animaux
Bopsa Novice

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Année Prix Catégorie Résultat
1997 Festival international du film de Pusan Prix Sonje Ulrike Koch gagné
1997 Festival du film de Taormine Prix ​​du Public et du Meilleur Film Etranger Film
1997 Cineprix Swisscom Swiss audiences Meilleur documentaire
1998 Dix-septième Bilan du Film Ethnographique Prix Nanook (Grand Prix)
1998 Festival du film de San Francisco Golden Spire Ulrike Koch

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charlie Buffet, Un documentaire plein de poésie sur la récolte du sel chez les nomades tibétains. Pas à pas sur le toit du monde. La Route du sel, Documentaire de Ulrike Koch, 110 min, Libération, 16 décembre 1998
  2. La Route du sel au Tibet
  3. Janet Gyatso, Hanna Havnevik Women in Tibet, p. 221
  4. Bardic Visionaries
  5. Gaëtan Desmarais, Les centres organisateurs de l’écoumène : des formes structurantes pour l’identité culturelle, Institut national des sciences appliquées de Strasbourg, 26 février 2008
  6. Marine Landrot, La Route du sel au Tibet, Télérama, 16 décembre 1998