La Résurrection (Piero della Francesca)

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La Résurrection
Image illustrative de l'article La Résurrection (Piero della Francesca)
Artiste Piero della Francesca
Date 1463-1465
Type fresque et détrempe
Dimensions (H × L) 225 × 200 cm
Localisation Museo Civico di Sansepolcro, Sansepolcro (Italie)
Lignes de force de la composition.
Autoportrait de Piero dans un des personnages

La Résurrection (La Resurrezione) est une œuvre de Piero della Francesca réalisée entre 1463 et 1465, de 2,25 m par 2,00 m, figure toujours sur le lieu de sa création : un des murs de ce qui est aujourd'hui le Museo Civico di Sansepolcro et qui était la sala magna de la Residenza où se tenaient les réunions du Conseil.

C'est une fresque avec ajouts à la détrempe.

Thème[modifier | modifier le code]

Jésus, après sa mort sur la Croix et enseveli, est vu sortant de son tombeau ou sarcophage, des soldats endormis sont allongés autour (ils peuvent être éveillés et surpris de l'apparition), le mont Golgotha de son supplice peut être visible avec les trois croix. Le Christ apparaît en buste ou s'élève dans les airs arborant sa bannière. La présence d'anges témoins de la scène est possible.

Description[modifier | modifier le code]

Le Christ debout, sortant du tombeau, fait face au spectateur, portant la bannière symbolique de la Résurrection, blanche à croix rouge (celle des Croisés),

Avec sa main qui relève la toge rose et le pied posé sur le rebord du tombeau, toutes ses plaies sont apparentes.

Le Christ en entouré d'arbres de part et d'autre d'un paysage de collines. Les deux troncs d'arbres et la hampe de la bannière forment une grille verticale ; la ligne passant par la hampe croise l'horizontale, du dessus du sarcophage, par la tête du soldat adossé de face.

Les soldats endormis par terre sont séparés du Christ par la ligne horizontale du sarcophage.

La cadre peint continue le support architectural des moulures[1] et fait la transition entre l'espace mural et l'espace pictural.

Analyse[modifier | modifier le code]

La composition se pose en profondeur sur trois plans : le paysage au fond, le Christ sortant du tombeau au milieu, les soldats endormis en premier plan.

Une composition est pyramidale avec à la base, l'alignement des soldats endormis, et au sommet le Christ debout.

Le Christ en entouré d'arbres morts de l'hiver, symbolisant la mort, à sa droite et d'arbres feuillus, vivants à sa gauche du printemps, symbolisant la nouvelle naissance.

L'autoportrait supposé de l'auteur du tableau est la rencontre de la verticale de la hampe de la bannière et de l'horizontal du dessus du sarcophage.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Aldous Huxley, l'auteur du Meilleur des Mondes, fait allusion à cette œuvre dans son livre de voyages Chemin faisant[2].

Lui qui qualifiait la fresque de la Résurrection « de plus belle peinture jamais réalisée » (the greatest painting in the world), l'a sauvé indirectement au plus fort de la Seconde Guerre mondiale : En 1944, Sansepolcro se trouvait sur la ligne de front. Anthony Clarke, officier dans l’artillerie, qui avait lu le livre de voyage de Huxley, n’entendait pas endosser la responsabilité de la destruction de la fresque de Piero della Francesca. Il donna l'ordre de cesser temporairement le feu. Le lendemain, les forces alliées purent s’emparer de la bourgade sans coup férir. Clarke demanda ensuite qu’on lui indique où se trouvait la fresque et la trouva intacte.

Albert Camus dans Noces, (dans la nouvelle intitulée Le désert) s'émeut ainsi de La Résurrection à la suite d'un voyage en Toscane : « C’est sur ce balancement qu’il faudrait s’arrêter, singulier instant où la spiritualité répudie la morale, où le bonheur naît de l’absence d’espoir, où l’esprit trouve sa raison dans le corps. S’il est vrai que toute vérité porte en elle son amertume, il est aussi vrai que toute négation contient une floraison de « oui ». Et ce chant d’amour sans espoir qui naît de la contemplation peut aussi figurer la plus efficace des règles d’action : au sortir du tombeau, le Christ ressuscitant de Piero della Francesca n’a pas un regard d’homme. Rien d’heureux n’est peint sur son visage - mais seulement une grandeur farouche et sans âme, que je ne puis m’empêcher de prendre pour une résolution à vivre. Car le sage comme l’idiot exprime peu. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. le cadrage serré n'en rend pas compte sur l'image de cette page (un peu en haut)
  2. Le texte d'Huxley :

À noter[modifier | modifier le code]

Aldous Huxley qui admirait les œuvres de Piero de la Francesca exposées à Sansepolcro, disait du Christ de la Résurrection qu'il était « athlétique ».

Sources[modifier | modifier le code]

  • Daniel Arasse, Note sur La Résurrection du Christ de Piero della Francesca, 8 min 28 s, entretien réalisé en 2001 par Olivier Capparos et Pascal Gibourg, enregistré par Laetitia Coïa, montage : Eric Beauron