La Promesse de l'aube

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La Promesse de l’aube
Auteur Romain Gary
Genre roman autobiographique
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gallimard
Date de parution 1960

La Promesse de l’aube est un roman autobiographique de Romain Gary, paru en 1960. Le livre est adapté au cinéma par Jules Dassin en 1971 et au théâtre.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ce livre parle de l'amour d'une mère envers son fils et si celui-ci est trop fort cela est un poids pour l'enfant. Vilna, ville lituanienne (Vilnius en lituanien) successivement russe et polonaise, qu'il appelle de son nom polonais Wilno dans son livre, après avoir parcouru la Russie avec sa mère, une ancienne actrice juive qui l’élève seule.

Le récit reprend ensuite dans son enfance. La mère de Romain rêve qu'il devienne célèbre : il essaie donc toutes sortes d'activités artistiques, peinture, musique et danse, et ne se trouvant pas de talent dans aucune d'elles, se tourne vers l'écriture. Romain et sa mère mènent une vie assez paisible et connaissent même une certaine aisance lorsque les ventes de chapeaux et de vêtements dont ils vivent s'avèrent fructueuses. Mais avec l'arrivée d'Hitler au pouvoir ils sont forcés de partir, ce qui les ruine et les conduit à s'installer à Nice : en effet, la France représente tous les idéaux de la mère de Romain, et elle porte à ce pays une très grande admiration.

Dans la deuxième partie, le narrateur évoque leur vie à Nice : après des débuts difficiles, la mère de Romain trouve la stabilité en devenant gérante de l'hôtel pension Mermonts. Romain se consacre pleinement à ses études et à l'écriture. Il part à Paris faire une licence de droit, puis, en 1938, il devient élève-officier à l’école de l’air de Salon-de-Provence. Mais sa promotion est refusée car il est naturalisé de trop fraîche date, et il doit alors inventer un mensonge pour éviter à sa mère une trop douloureuse déception. Lorsque la guerre éclate, il part comme simple caporal, la laissant très souffrante.

La troisième partie est consacrée aux années de guerre, durant lesquelles il reçoit de sa mère d'innombrables lettres d'encouragement et d'exhortation à la vaillance. Ayant rejoint l’aviation de la France libre, il combat en Grande-Bretagne, en Afrique (dont l'Éthiopie et lors de la campagne de Syrie) et termine la guerre avec le grade de capitaine. Il est fait Compagnon de la Libération et se voit proposer d’entrer dans la diplomatie pour « services exceptionnels ». Il publie alors en 1945 Éducation européenne en Angleterre. Revenant à Nice à la fin de la guerre, il découvre que sa mère est morte trois ans et demi avant son retour à l'hôtel-pension Mermonts (Nice), après avoir chargé une amie de transmettre au fur et à mesure à son fils les centaines de lettres qu'elle avait écrites pour lui les jours précédant sa mort.

Analyse[modifier | modifier le code]

La filiation de Romain Kacew/Gary avec l’acteur Ivan Mosjoukine reste ambigüe ; Gary admirait cet homme mais ne l'a peut-être jamais vu réellement, et celui-ci n'est d'ailleurs sûrement pas son véritable père. Son géniteur serait un anonyme, qui se serait séparé de sa mère lorsque Roman Kacew était encore petit… La difficulté identitaire de l'auteur Gary provient donc notamment de cette ambiguïté.

La Promesse de l'aube est surtout un roman sur l'amour maternel. Le récit se veut autobiographique, bien que certains passages tiennent plus de la fiction que du vécu, mais le véritable objet du livre n'est pas tant de retracer la vie de l'écrivain que de rendre hommage à sa mère. La mère de l'auteur est à ce titre le personnage principal du roman, c'est son amour et son ambition pour son fils qui vont le porter au-delà de tout ce qu'il aurait pu espérer pour lui-même (Gary mènera une carrière militaire et diplomatique sous les honneurs et est le seul écrivain à avoir reçu deux fois le prix Goncourt, dont l'un sous le pseudonyme d'Émile Ajar).

Elle croit en un destin extraordinaire pour son seul fils, nourri de tous ses espoirs déçus d'ex-actrice juive exilée. « Tu seras un héros, tu seras général… ambassadeur de France ». Cet amour maternel à la fois exubérant et constructeur est le point d'ancrage du livre. Les nombreux contrastes entre les émotions du jeune Gary (à la fois gêné, plein de rancune et de gratitude pour sa mère) et du narrateur adulte (dont le regard rétrospectif et nostalgique est à prendre en compte) font de ce roman un des récits les plus émouvants jamais écrit sur l'amour maternel.

Le titre : thème central du roman[modifier | modifier le code]

« Avec l'amour maternel, la vie vous fait, à l'aube, une promesse qu'elle ne tient jamais. Chaque fois qu'une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d'amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n'y a plus de puits, il n'y a que des mirages. Vous avez fait, dès la première lueur de l'aube, une étude très serrée de l'amour et vous avez sur vous de la documentation. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères aient encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine. Malheureusement pour moi, je me connais en vrais diamants. »

Cette citation illustre bien la signification du titre de l'œuvre. La promesse est double : c'est celle que la vie a faite à Romain en lui offrant dès son plus jeune âge un amour passionné et inconditionnel : promesse que la vie ne tient pas, puisqu'il ne rencontrera jamais plus une femme capable d'un tel amour. Mais c'est aussi la promesse du fils à la mère : il se doit de remplir ses attentes, de devenir écrivain et célèbre. Il se consacre pleinement à la réalisation du dessein maternel et finira par devenir Consul Général de France et écrivain célèbre, malheureusement trop tard pour que sa mère puisse le voir.

Cette citation a été reprise dans le film La Tête en friche.

Éditions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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