La Porte de l'enfer (film)

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La Porte de l'enfer

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Affiche du film

Titre original Jigokumon
Réalisation Teinosuke Kinugasa
Scénario Teinosuke Kinugasa
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau du Japon Japon
Sortie 1953
Durée 86 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Porte de l'enfer (地獄門, Jigokumon) est un film japonais de Teinosuke Kinugasa, sorti en 1953. Il remporta le Grand Prix au festival de Cannes 1954.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Japon, 1159. Les luttes entre clans font rage. Celui du Minamoto tente de renverser le Taira au pouvoir. Afin de protéger la fuite de la Princesse, une de ses Dames de compagnie, Kesa (Machiko Kyo) est envoyée comme leurre sous la protection du valeureux guerrier Morito (Kazuo Hasegawa) qui lui sauve la vie et tombe fou amoureux d'elle. Après que la rébellion a été matée, le Seigneur Kiyomori promet à Morito la récompense qu'il demandera et cela quelle qu'elle soit. Morito, ignorant qu'elle est mariée au noble garde Wataru (Isao Yamagata), réclame de son maître qu'il intervienne afin de favoriser son mariage avec Kesa. Sa découverte de l'état marital de la jeune femme ne freine en rien ses ardeurs, bien au contraire. Il sombre vite dans une passion de plus en plus folle et agressive tandis que Kesa entend rester fidèle à son mari...

Critique[modifier | modifier le code]

Sous la forte influence de son président Jean Cocteau, le jury du Festival de Cannes décida à la surprise générale d'accorder son Grand Prix (équivalent alors de la Palme d'Or) à La Porte de l'enfer, du Japonais Teinosuke Kinugasa, déjà vieux routier de la profession et dont le plus grand succès, Une page folle, datait de... 1926 !

L'attribution du prix fut (et reste encore aujourd'hui) sujet à controverses, ses contempteurs lui reprochant la banalité de l'histoire, des faiblesses dans le scénario et une artificialité trop importante... Cocteau, lui, affirmait que ce film possédait "les plus belles couleurs du monde." Et il est vrai que de ce côté le film est un pur enchantement visuel, l'Eastmancolor faisant des merveilles grâce au travail du caméraman Kohei Sugiyama qui accentua les teintes bleues et vermillons… Les kimonos brillent tout particulièrement de mille couleurs resplendissantes ! La mise en scène joue beaucoup avec les décors, aussi bien intérieurs qu'extérieurs ainsi qu'avec certains accessoires tels les voiles transparents. Si le début du film est plus rythmé (la séquence d'ouverture est superbe), le film devient ensuite plus statique, sans tomber cependant dans l'immobilisme. Le personnage de Morito (interprété par une très grande star du cinéma nippon d'alors, Kazuo Hasegawa) évolue fortement durant le film. Valeureux, honnête et noble au début, il change très vite une fois tombé amoureux de Kesa. Sa passion l'aliène complètement et l'aveugle jusqu'au drame final.

Machiko Kyo qui joue la douce et fidèle Kesa était elle aussi une immense vedette, notamment chez Akira Kurosawa (Rashomon, 1950) ou Kenji Mizoguchi (Les Contes de la lune vague après la pluie, 1953 et La rue de la honte, 1956) sans oublier Yasujiro Ozu (Herbes flottantes, 1959). Elle joue avec grâce et retenue un personnage dont on se demande pendant quelque temps vers où vont ses inclinations, son mari ou son soupirant, avant de pouvoir admirer sa fidélité "jusqu'au boutiste"...

Quant à Isao Yamagata, il donne beaucoup de noblesse à Wataru, le mari qui refuse toute idée de vengeance.

La Porte de l'enfer reste un film très rare qui, s'il ne possède pas le souffle des œuvres de Kurosawa ou de Mizoguchi, n'en reste pas un moins une très belle œuvre dont l'esthétique ne pourra qu'enchanter...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]