La Place de l'Étoile

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La Place de l'Étoile
Auteur Patrick Modiano (Prix Nobel de littérature (2014))
Préface Jean Cau
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur éditions Gallimard
Date de parution 1968
Chronologie
La Ronde de nuit Suivant

La Place de l'Étoile est un roman de Patrick Modiano paru en 1968 chez Gallimard et récompensé par le Prix Roger-Nimier et le Prix Fénéon.

Résumé[modifier | modifier le code]

Le roman raconte, sur un mode en partie autobiographique, l’histoire de Raphaël Schlemilovitch, juif français né juste après la guerre et hanté par l’image de cette guerre et par la manie de la persécution. Le héros, qui est aussi le narrateur, raconte son histoire de manière complètement hallucinée, mélangeant réalité et fictions personnelles.

Se présentant d’abord comme un juif antisémite appartenant à la Gestapo française, il vit à Genève et se lie avec Des Essarts, un aristocrate français, et Maurice Sachs, miraculeusement réapparu. Après leur disparition, il retrouve son père, gros industriel israélite de New York, lui lègue toute sa fortune héritée d’un oncle, puis s’inscrit en khâgne à Bordeaux, où il subit l’influence de Debigorre, professeur de lettres, ancien pétainiste raillé par ses élèves et dont il prend la défense. Il rencontre ensuite Lévy-Vendôme, aristocrate juif spécialiste de la traite des Blanches, et réalise pour lui quelques « prises » dans le terroir français (qui l’attire énormément), d’abord en Savoie puis en Normandie. Il s’enfuit alors à Vienne, où il devient proxénète, croyant devenir le Juif officiel du Troisième Reich, ami de Heydrich, proxénète officiel des SS et amant d’Eva Braun. On le voit ensuite partir en Israël dans un camp de rééducation qui ressemble fort à un camp de concentration, où l’armée israélienne « réforme » les juifs européens pour en faire de bons Israéliens délivrés de leurs obsessions au sujet du malheur juif, de la pensée juive, de l’esprit juif. Mais tout ceci semble n’être qu’illusion, car après une dernière scène où tous les personnages réapparaissent, on retrouve Schlemilovitch sur un divan à Vienne, en train de se faire psychanalyser par un médecin qu’il prend manifestement pour le docteur Freud.
Le nom du narrateur, Schlemilovitch, évoque un personnage classique de la culture yiddish : le shchemiel [1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Dans Dora Bruder, publié en 1997, où il cherche à reconstituer la vie d'une jeune fille juive, le narrateur présenté comme Modiano découvre que le titre La Place de l'Étoile, qu'il a donné à son premier roman, est aussi celui d'un livre de Robert Desnos.

Sortie et accueil critique[modifier | modifier le code]

Jean Cau, qui préface le roman, est un ami de la mère de l'auteur. En 1967, Cau prend contact avec Claude Durand, responsable de la collection « Écrire » des Éditions du Seuil, et lui envoie le manuscrit. Selon Durand, Modiano préfère signer chez Gallimard. La maison d'édition redoute que les thèmes du roman déclenchent une polémique durant la guerre des Six Jours et attend l'année suivante pour publier La Place de l'Étoile[2].

Pour son roman, Patrick Modiano reçoit le prix Roger-Nimier ainsi que le prix Fénéon, deux récompenses destinées aux jeunes auteurs[2].

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Le nom schlemiel désigne en yiddish une sorte d'anti-héros, qui se moque de lui-même et des choses pour mieux survivre dans un univers menaçant, celui des Gentils" FRIEDMAN M. J. Studies in the Literary Imagination 1976, vol. 9, no1, p. 139-153, cité par Refdoc
  2. a et b Jean-Claude Lamy, « Patrick Modiano sur la piste d'une étoile », Le Figaro,‎ 10 juillet 2008