La Opinión (Argentine)

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La Opinión (« L'Opinion ») était un journal argentin fondé en 1971, sous la dictature de la « Révolution argentine », par Jacobo Timerman, le premier numéro étant publié le . Adoptant une ligne de centre-gauche, son format était inspiré par Le Monde. Il comptait parmi les meilleurs journalistes de l'époque [1].

Rédacteurs du quotidien[modifier | modifier le code]

Le poète et critique Raúl Vera Ocampo était directeur du supplément culturel du journal, et l'écrivain Mario Diament travailla dans la section internationale avant de devenir chef de rédaction. Le sous-directeur était Julio Algañaraz, et deux des secrétaires de rédaction étaient le journaliste Horacio Verbitsky (qui écrivit par la suite un des compte-rendus les plus fouillés du massacre d'Ezeiza) et Juan Carlos Algañaraz. À la première réunion, Jacobo Timerman aurait dit : « C'est très facile. Copiez Le Monde », et, au sujet de l'orientation politique: « À droite en économie, centriste en politique et à gauche dans la culture ».

Différentes personnalités culturelles importantes de l'époque participèrent à La Opinión, dont le poète Juan Gelman, Miguel Bonasso, Carlos Ulanovsky, l'écrivain Tomás Eloy Martínez ainsi qu'Ernesto Sábato, Pompeyo Camps, Osvaldo Soriano, Ricardo Halac, Enrique Raab, Hermenegildo Sabat, Roberto Cossa, le journaliste Rodolfo Walsh, Maria Esther Giglio, Hugo Gambini, etc. Plusieurs d'entre eux appartenaient à la gauche péroniste (Gelman, Bonasso, Verbitsky, Walsh, etc.). Le sénateur uruguayen Zelmar Michelini, assassiné en 1976, écrivit aussi dans ce journal.

La dictature[modifier | modifier le code]

Dans les premiers temps qui suivirent le coup d'état de mars 1976, le journal adopta une ligne ambiguë, justifiant le putsch militaire par la crise politique antérieure du pays[1], tout en considérant le général Videla, nommé à la tête de la junte, comme un frein contre les courants les plus à l'extrême-droite du régime, incarnés par les généraux Ramón Camps, Ibérico Saint Jean et Guillermo Suárez Mason[1].

Malgré cette ligne prudente, le journal fut fermé et exproprié en 1977, tandis que son directeur, Jacobo Timerman, d'origine juive, fut fait desaparecido, le par un groupe paramilitaire dirigé par le général Ramón Camps. Son enlèvement fut décidé par les militaires les plus radicaux, présents en particulier dans la province de Buenos Aires, et qui escomptaient ainsi démontrer l'allégeance prétendue de Timerman au communisme et ses prétendus liens avec le banquier David Graiver, accusé par la revue antisémite Cabildo de financer (prétendument) la guérilla des Montoneros[1].

Timerman resta enfermé dans des centres clandestins de détention pendant deux ans et demi, avant que sa détention ne soit légalisée sous la pression internationale, et qu'il ne soit finalement libéré.

La dictature argentine publia ensuite, de 1977 à 1981, un journal du même nom, mais avec une ligne éditoriale totalement asservie à la junte militaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jorge Saborido (2004), « El antisemitismo en la Historia argentina reciente: la revista Cabildo y la conspiración judía », Revista Complutense de Historia de América ISSN: 1132-8312, 2004, vol. 30 209-223

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raab, Enrique. Selection et prologue d'Ana Basualdo (1999), Crónicas ejemplares. Diez años de periodismo antes del horror (1965-1975), Buenos Aires, Perfil Libros, 1999, 311 p.
  • Rotenberg, Abrasha (1999). Historia confidencial. La Opinión y otros olvidos, Buenos Aires, Sudamericana, 1999, 330 p.
  • Ruiz, Fernando J. (2001), Las palabras son acciones. Historia política y profesional de La Opinión de Jacobo Timerman (1971-1977), Buenos Aires, Perfil Libros, 2001, 456 p.


Source originale (partielle)[modifier | modifier le code]