La Nouvelle rêvée

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La Nouvelle rêvée
Auteur Arthur Schnitzler
Genre Nouvelle fantastique
Version originale
Titre original Traumnovelle
Langue originale Allemand
Pays d'origine Autriche
Date de parution originale 1926
Version française
Lieu de parution Paris
Éditeur Le Livre de poche
Collection Biblio Romans
Date de parution 20 février 2002
Nombre de pages 190
ISBN 9782253933588

La Nouvelle rêvée (titre original allemand : Traumnovelle) est une nouvelle de l'écrivain autrichien Arthur Schnitzler, publiée à Berlin chez S. Fischer en 1926. Elle fut adaptée au cinéma en 1999 par Stanley Kubrick sous le titre Eyes Wide Shut. Son univers a servi de base aux livres-jeux de la série Traumnovell-gameBooks.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action de la nouvelle se déroule dans la Vienne du début du XXe siècle. Le protagoniste de l'histoire, Fridolin, est un médecin prospère de 35 ans vivant avec son épouse Albertine (ou Albertina, selon la traduction) et leur jeune fille. Un soir, Albertine lui confesse que l'été précédent, alors qu'ils étaient en vacances au Danemark, elle a eu une fantaisie sexuelle à propos d'un jeune officier militaire danois. Fridolin admet alors que pendant la même période, il avait été attiré par une jeune femme sur la plage.

Plus tard cette soirée-là, le médecin est appelé au chevet d'un patient important. Le trouvant mort à son arrivée, il est troublé quand la fille du défunt, Marianne, lui déclare son amour. Agité, Fridolin quitte l'endroit et se met à déambuler par les rues. Il refuse l'offre d'une jeune prostituée appelée Mizzi même s'il est tenté d'accepter. Fridolin rencontre ensuite son vieil ami Nachtigall, qui lui dit qu'il jouera du piano cette nuit lors d'une orgie de débauche sexuelle secrète dans la haute société. Intrigué, il se procure masque et costume pour l'occasion et suit Nachtigall à la fête dans une résidence privée. Fridolin est troublé de voir plusieurs hommes masqués et costumés ainsi que des femmes masquées et dénudées s'adonnant à diverses activités sexuelles. Quand une jeune femme lui demande de quitter les lieux, Fridolin ignore son avertissement et se trouve bientôt identifié comme étant un intrus. La jeune femme annonce alors à l'assemblée qu'elle se sacrifiera pour lui afin qu'il soit autorisé à partir.

À son retour, Albertine s'éveille et lui décrit le rêve qu'elle vient d'avoir : tandis qu'elle faisait l'amour avec l'officier danois de son fantasme, elle regardait sans sympathie aucune Fridolin se faire torturer puis crucifier devant ses yeux. Fridolin est indigné, car il croit que cela prouve que sa femme souhaite le trahir, le tromper. Il se décide à poursuivre ses propres tentations sexuelles.

Le lendemain, Fridolin apprend que Nachtigall a été emmené par deux hommes mystérieux. Il se rend ensuite au magasin du costumier pour rendre son costume et découvre alors que le propriétaire prostitue sa fille adolescente. Fridolin retrouve l'endroit où l'orgie eut lieu la veille ; avant même qu'il puisse y entrer, on lui remet une note adressée à son nom qui lui enjoint de laisser tomber cette affaire. Plus tard, il rend visite à Marianne, mais elle ne manifeste plus aucun intérêt pour lui. Fridolin part à la recherche de Mizzi, la prostituée, mais est incapable de la retrouver. Il lit qu'une jeune femme a été empoisonnée. Soupçonnant qu'il puisse s'agir de la femme s'étant sacrifiée pour lui, il se rend à la morgue pour voir la dépouille mais ne parvient guère à l'identifier.

Fridolin retourne à la maison cette nuit-là et trouve sa femme endormie, son masque de la nuit précédente placé sur l'oreiller de son côté du lit. Quand elle se réveille, Fridolin lui raconte tout ce qu'il a fait. Après l'avoir écouté en silence, Albertine le réconforte. Fridolin dit que cela ne se reproduira plus jamais, mais elle lui répond de ne pas regarder trop loin dans l'avenir. L'histoire rêvée prend fin et ils accueillent le nouveau jour en compagnie de leur fille.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Avec cette nouvelle, Schnitzler creuse dans l'inconscient humain. Il met en scène un couple heureux en mariage dans une société viennoise étouffée par les conventions. La mère de famille (Albertine) ne doit alors plus être considérée comme un objet de désir mais respectée comme une entité sacrée, dévouée à son rôle de maîtresse de maison. Mais elle est avant tout une femme, avec des désirs inavoués et refoulés qui la conduisent à se livrer à des jeux de séduction dangereux. Fridolin est quant à lui dévoré par la nostalgie de ses jeunes années. En rencontrant une jeune fille sur la plage, puis son vieil ami Nachtigall, puis des jeunes hommes de confrérie qui le défient, il replonge dans son passé et tente d'assouvir ses désirs par tous les moyens (prostitution, orgie). Le carcan des conventions entrave le couple qui, lorsqu'il s'en libère, connaît un plaisir charnel inégalé. Le roman, clairement lié à la pensée freudienne, joue sans cesse sur les niveaux de conscience. Tandis qu'Albertine rêve d'ébats torrides avec un inconnu, les événements vécus par Fridolin au cours de la même nuit de débauche sont-ils réels ou fantasmés ? Le rêve selon Freud est en effet le lieu d'expression de la pulsion refoulée... Cette nouvelle débridée est une sorte de voyage initiatique à travers Vienne et l'inconscient des deux personnages, qui les conduira à se montrer tout à fait honnêtes l'un envers l'autre, mais à quel prix ? Celui de la vengeance. Car ils prennent un malin plaisir à rendre l'autre jaloux en dévoilant des secrets parfois insignifiants mais révélateurs de leurs désirs cachés. Pour bien analyser cette nouvelle, une connaissance préalable de la psychanalyse peut être la bienvenue.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]