La Nouvelle Atlantide

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La Nouvelle Atlantide
Image illustrative de l'article La Nouvelle Atlantide

Auteur Francis Bacon
Genre Nouvelle
Version originale
Langue originale latin
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Date de parution originale 1622
Version française

La Nouvelle Atlantide est une nouvelle de Francis Bacon parue en 1624 en latin[1], traduit en anglais après sa mort en 1627.

Historique[modifier | modifier le code]

À l’époque, ce roman utopiste se classe parmi les meilleures ventes en anglais, latin et français. Dès sa parution, des éditions sont disponibles dans pratiquement tous les pays industrialisés ou en voie de l’être[2].

Thème[modifier | modifier le code]

L'ouvrage décrit une île, Bensalem, qui est gouvernée par une société philosophique savante: la Maison de Salomon.

Postérité[modifier | modifier le code]

La parution de cet ouvrage aurait inspiré la création de la Royal Society.

Influences sur l'oeuvre[modifier | modifier le code]

Le laboratoire de Cornelis Drebbel aurait servi de modèle à la Maison de Salomon. Certains des travaux de Bernard Palissy auraient inspiré certains des travaux décrits pour la Maison de Salomon[3].

Analyses[modifier | modifier le code]

La Maison de Salomon contrôle et punit, agissant comme un corps social, ses savants ne révélant pas nécessairement leurs découvertes à l'État. Leur savoir fondamental consiste à pouvoir séparer le vrai du faux dans les domaines scientifique et religieux[4]. De même elle sait distinguer entre les lois de la nature et les miracles divins, ainsi dans la scène de l'arrivée de l'Arche, la Révélation prend l'allure d'une colonne car elle est donnée tout entière d'un seul coup au contraire d'une pyramide, symbole réservé aux sciences en tant qu'elles progressent[5]. Dans l'île, la classe de la noblesse est constituée de savants[6]. L'île de Bensalem a cessé tout commerce avec le reste du monde sauf en ce qui concerne le savoir et le savoir-faire[6].

Interprétations[modifier | modifier le code]

L'intention de Bacon avec cette nouvelle aurait été de séduire le Roi d'Angleterre et les décideurs de l'époque afin d'obtenir un financement pour son projet d'Institut des Sciences et des Techniques[7].
Pour l'essayiste Paul Copin-Albancelli, ce roman est une étude décrivant une île dont les habitants sont gouvernés par une société secrète créant des filiales à l'étranger dans des nations rivales aux fins de renseignement afin de profiter de l'une ou l'autre nation à un moment donné en état d'infériorité. Il y voit une origine possible de la franc-maçonnerie spéculative faisant son apparition en Angleterre moins de 20 ans après la publication de cet ouvrage, et manifestant certains des caractères indiqués dans le livre de Bacon, comme d'affecter un but d'étude mais de s'occuper de politique[8].
Pour Michèle Le Dœuff, citant Frances Yates dans son livre The Rosicrucian Enlightenment, ce seraient les Rose-Croix qui se seraient inspiré d'un autre ouvrage de Bacon The Advancement of Learning. Cette société de clercs aurait donc la même origine philosophique que les Académies nationales fondées au XVIIe siècle[9]. Dans la Nouvelle Atlantide, la croix-rouge apparaissant sur le turban de l'Intendant, en plus de constituer une Croix de saint Georges et de figurer au centre de l'emblème de l'ordre de la Jarretière, peut constituer une allusion à l'ordre des Rose-Croix[9].

Extrait[modifier | modifier le code]

« Sachez, mes amis, que parmi les choses excellentes accomplies par ce roi, il en est une qui surpasse toutes les autres. Ce fut la création et l'institution d'un Ordre ou Société que nous appellons la Maison de Salomon – la plus noble fondation, selon nous, qui fût jamais sur terre, et le flambeau de ce royaume. Elle est consacrée à l'étude des œuvres et des créations de Dieu. Certains pensent qu'elle porte le nom quelque peu déformé de son fondateur, comme si ce devait être la Maison de Solamona. Mais dans les archives le nom est écrit comme il se prononce, de telle sorte que je suis enclin à penser qu'elle fut ainsi nommée en mémoire du Roi des Hébreux, célèbre chez vous, et qui n'est pas un inconnu pour nous non plus[10].
Francis Bacon »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Servier, Histoire de l'utopie, Galliamrd, 1967 (réed. 1991), p. 165.
  2. La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, préface, par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p. 32.
  3. La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, Voyage dans la pensée baroque (postface), par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p.184.
  4. La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, Voyage dans la pensée baroque (postface), par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p.209.
  5. La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, Voyage dans la pensée baroque (postface), par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p. 168.
  6. a et b La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, Voyage dans la pensée baroque (postface), par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p. 112.
  7. La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, préface, par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p.18.
  8. Paul Copin-Albancelli, La Guerre occulte. Les Sociétés secrètes contre les nations, Paris, Perrin et Cie, 1925, p. 26-27.
  9. a et b La Nouvelle Atlantide, Payot, 1983, Voyage dans la pensée baroque (postface), par Michèle Le Dœuff et Margaret LLasera, p. 111.
  10. Bacon, La nouvelle atlantide, Payot, 1983, p. 59.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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