La Marche de l'empereur

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La Marche de l'empereur

Réalisation Luc Jacquet
Scénario Luc Jacquet
Acteurs principaux (voix)
Romane Bohringer
Charles Berling
Jules Sitruk
Sociétés de production Bonne Pioche
Pays d’origine France
Genre Documentaire
Sortie 2005
Durée 84 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les personnages du film sont des Manchots empereurs (Aptenodytes forsteri).

La Marche de l'empereur est un film documentaire français réalisé en 2004 par Luc Jacquet et sorti en 2005.

Sommaire

[modifier] Synopsis

Ce film, tourné en Antarctique, traite des Manchots empereurs (Aptenodytes forsteri) et de leur mode de reproduction. La narration utilise la méthode du récit à la première personne, qui imagine les pensées d'un couple de manchots et de leur petit, qui racontent les obstacles de leur vie dans la région la plus rude et isolée du monde.

[modifier] Fiche technique

Émilie Simon (ici en 2007), compositrice de la bande originale.

[modifier] Distribution

Charles Berling (ici en 1998), l'un des narrateurs de la version française.
Romane Bohringer (ici en 2009), l'une des narratrices de la version française.

Narration de l'histoire en version originale :

À l'étranger, la narration a souvent été simplifiée et confiée à une ou deux personnes :

[modifier] Autour du film

[modifier] Genèse et tournage du film

En 1992, lors de ses études dans une faculté de Lyon, Luc Jacquet répond à une annonce cherchant quelqu'un pour aller en Antarctique étudier des manchots empereurs[3]. Ce sont alors ses premiers contacts avec ce continent et ces animaux. Il commence à écrire le scénario de La Marche de l'empereur quatre ans avant sa sortie[3], suscitant rapidement un intérêt chez ses producteurs[3].

Lors du tournage, 60kg de matériel sont portés sur un traîneau et l'équipe ne se déplace qu'à pied dans des conditions physiquement très dures[3]. Les caméras ont été équipées spécialement pour résister à une température qui pouvait descendre jusqu'à -30 °C[3]. Les caméramen Laurent Chalet et Jérôme Maison, qui ont tourné la majorité des images, ont failli mourir lorsqu'ils ont été piégés par un blanc dehors[3] ; ils ont eu besoin de six heures pour parcourir les 3km qui les séparaient de la base Dumont d'Urville[3]. Pour sa part, Luc Jacquet est resté cinq mois sur place[3]. Pour filmer l'entièreté du cycle de reproduction des manchots, le tournage a duré un an pour 120 heures de rushes[3].

[modifier] Accueil critique

En France, la critique est plutôt positive voire enthousiaste : selon AlloCiné, qui répertorie les notations de 23 titres de presse, le film recueille une moyenne de 4/5 avec des notes toujours supérieures à 3 et avec neuf notes maximales[4].

Les critiques soulignent régulièrement le côté hybride de La Marche de l'empereur, qui est qualifié dans France Soir de « quasi révolutionnaire, à la frontière entre le documentaire animalier, la fiction, le reportage[4] » alors que le magazine Première parle de « véritable docu-drame mis en scène avec un souci esthétique et un art du suspense typiquement cinématographiques[4] », ce qui permet, selon Le Nouvel Observateur, de « concilier naturalisme et création[4] ». Selon TéléCinéObs, le film « confirme l'existence d'une école française de haute volée dans le domaine du cinéma animalier[4] ». Le city-guide Zurban regrette toutefois « que Luc Jacquet ait privilégié au montage le romanesque au détriment du scientifique[4] ».

La poésie du film est souvent mise en avant, comme dans Brazil, où Caroline Vié le considère « instructif sans être didactique, poétique juste ce qu'il faut pour ne pas devenir lourdaud[4] », ou dans Le Nouvel Observateur, pour qui « Luc Jacquet a su insuffler une merveilleuse poésie à son film, qui prend des allures d'hymne à la vie[4] ». La qualité esthétique est également mise en valeur par de nombreuses critiques : « les images sont absolument sublimes » pour Brazil[4], « impressionnantes » pour Ouest France[4], « d'une beauté inouïe » pour Zurban[4], pendant que France Soir applaudit « l'inventivité des cameramen[4] ». L'avis de Positif est plus mitigé à ce sujet : « Les images en plan d'ensemble présentent de beaux cadrages, mais souffrent d'une pauvre définition numérique. Les plans rapprochés et les gros plans pris au téléobjectif sont, en revanche, mieux réussis[4] ».

L'accueil de la musique d'Émilie Simon ne fait pas l'unanimité. Pour Première, « la musique et la voix björkiennes d'Emilie Simon font [...] écho à la beauté cristalline des paysages[4] » et Les Inrockuptibles affirment que le film est « bien servi par la BO d'Emilie Simon[4] ». En revanche, Positif considère que « la bande sonore [...] est riche en sons réels, mais est anéhantie par la composition musicale totalement inadéquate d'Emilie Simon[4] » et le site aVoir-aLire.com affirme que cette bande originale n'est « pas le point fort du film avec ses airs kitsch [...] loin de l'envergure de la musique d'un Bruno Coulais pour Le Peuple migrateur[4] ». Libération va plus loin en parlant de « gros handicap pour ces manchots » à cause de la musique mais aussi des commentaires, qui « squattent ce film qui ne se voulait surtout pas documentaire animalier [...] comme si les manchots étaient condamnés à prendre leurs spectateurs par la main[4] ».

Le commentaire à trois voix est d'ailleurs considéré comme « naïf et redondant » par Ouest France[4], de même Le Monde, pour qui « cet effet de rhétorique un peu naïf est problématique[4] », pendant que Télérama parle d'« anthropomorphisme excessif » qui semble être fait « pour apprivoiser le jeune public[4] » et que Positif considère que ce commentaire « sombre instantanément dans la bêtise infantile[4] ». En revanche, Le Figaroscope considère que le commentaire participe à créer la dimension poétique du film[4] et Le Nouvel Observateur souligne un choix différent des commentaires habituels du cinéma documentaire[4].

[modifier] Accueil du public

[modifier] Box-office

Selon l'Observatoire européen de l'audiovisuel, le film a totalisé 5 752 244 entrées sur les 36 États européens membres de l'OEA, dont 1 872 100 en France, 1 467 392 en Allemagne, 701 199 en Italie et 641 990 au Royaume-Uni[5]. L'OEA comptabilise également 12 080 690 entrées aux États-Unis[5].

Le film a engrangé 127 392 693 dollars de recettes dans le monde[2], dont 77 437 223 aux États-Unis[2] et 12 037 751 en France[6]. Outre les États-Unis et la France, il dépasse le million de dollars de recettes dans neuf autres pays[6] : Allemagne (9 228 926), Royaume-Uni (5 490 891), Italie (4 036 047), Japon (3 559 414), Australie (3 099 368), Suisse (2 191 483), Mexique (1 725 783), Norvège (1 488 185) et Pays-Bas (1 169 525).

[modifier] Notations

Sur de nombreux sites web à travers le monde, La Marche de l'empereur obtient un accueil public plutôt favorable :

Site web Pays d'origine
du site
Situation au 16 janvier 2012
Note moyenne Nombre de votes Commentaires
IMDb[7] Drapeau des États-Unis États-Unis 7,7/10 26 041 IMDb utilise un système de moyenne qui lui est propre. Le site indique néanmoins la moyenne arithmétique, 7,9, et la note médiane, 8. D'autre part, 19,2% des votants ont attribué la note maximale et IMDb indique que 12 553 votants ne sont pas américains.
Filmweb (pl)[8] Drapeau de Pologne Pologne 7,8/10 5 239
Filmstarts[9] Drapeau d'Allemagne Allemagne 3,5/5 5 225
AlloCiné[10] Drapeau de France France 3,4/5 4 607 36% des votants ont attribué la note maximale.
Kinopoisk[11] Drapeau de Russie Russie 8,111/10 1 031 32,01% des votants ont attribué la note maximale.
MovieMeter (nl)[12] Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 3,59/5 736 La note moyenne est relativement stable (autour de 3,6) depuis 2007 après avoir atteint la maximale de 3,74 en 2006 avec moins de votants[13].
Moviepilot (es)[14] Drapeau d'Allemagne Allemagne 6,6/10 674

[modifier] Succès du film aux États-Unis

Morgan Freeman (ici en 2006), narrateur de la version américaine.

Sorti aux États-Unis le 24 juin 2005 dans deux salles à New York et deux salles à Los Angeles, le film y bénéficie d'une excellente critique et surtout d'un bouche à oreille remarquable qui le hissent quatre semaines plus tard à la dixième place du box-office américain, avec 700 écrans sur tout le territoire, au plus fort annuel[Quoi ?] de la saison cinématographique[réf. nécessaire]. La bande son a été totalement retravaillée par Warner, le distributeur du film : une nouvelle musique a été composée par Alex Wurman et la narration, beaucoup plus classique avec une voix unique, a été confiée à l'acteur Morgan Freeman.

À la mi-août 2005, le film, distribué par Warner Independent Pictures dans plus de 2 000 salles, se place au septième rang du box-office américain, devenant le deuxième documentaire le plus vu en salles aux États-Unis derrière Fahrenheit 9/11[15], et, avec plus de 77 millions de dollars de recettes cumulées, le plus gros succès commercial du cinéma français aux États-Unis, devant Le Cinquième Élément et Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain[1]. Sur l'ensemble de l'année 2005, le film se classe à la 27e place des plus grosses recettes en salles aux États-Unis[16].

En septembre 2005, il est diffusé dans 2 500 salles dans tout le pays et totalise plus de 70 millions de dollars de recettes, devenant alors le plus gros succès commercial d'un film français sur le marché américain. Ce succès est d'autant plus notable que l'été 2005 enregistre les plus mauvais résultats depuis 20 ans[réf. nécessaire].

En septembre 2005, un article du New York Times explique que la droite protestante conservatrice récupère le film et en détourne le message pour démontrer qu'il défend la famille et le droit à la vie, donc le refus du droit à l'avortement : « Ce film est la démonstration de la beauté de la vie et du bien-fondé qu'il y a à la protéger », explique alors WorldNetDaily (en), un site de lutte contre l'avortement[17]. Le New York Times explique également que « lors d'une conférence organisée par les jeunes conservateurs, le rédacteur en chef du magazine National Review a encouragé les participants à voir le film parce qu'il fait la promotion de la monogamie »[17]. D'autre part, pour les partisans du créationnisme comme le magazine World Magazine (en), le mode de vie des manchots est selon eux trop complexe pour être expliqué par la sélection naturelle[17]. Cependant, le New York Times précise que les auteurs du films croyaient fermement à la théorie de l'évolution de Darwin et au réchauffement climatique[17].

[modifier] Impacts et influence du film

Souhaitant trouver une utilité concrète à sa notoriété internationale acquise grâce à ce film, c'est dans cet esprit que Luc Jacquet fonde l'association Wild-Touch en 2010[18].

[modifier] Parodies et détournements

Fin 2005, la chaîne Canal+ a diffusé un spot de publicité, à la télévision et au cinéma, qui met en scène un homme racontant à une collègue La Marche de l'empereur[19]. Comme la jeune femme ne connaît pas le film, elle imagine qu'il s'agit de Napoléon Bonaparte, et le quiproquo va crescendo (elle se représente des dizaines de Napoléon dans la neige, glissant sur le ventre, attaqués par un phoque géant, s'échangeant des œufs, pour s'arrêter aux accouplements). Le décalage comique est renforcé par le ton académique de celui qui raconte, sur fond de 7e symphonie de Beethoven. Ce film publicitaire réalisé par l'agence de publicité BETC Euro RSCG a obtenu le prix "Grand Cristal de la création française" au festival de la publicité de Méribel en décembre 2005[19].

En 2006, La Marche de l'empereur a donné lieu à une parodie américaine, Farce of the Penguins (en), un faux documentaire dont la narration est assurée par Samuel L. Jackson[20].

[modifier] Distinctions

Sauf mention contraire ou complémentaire, les données de cette section sont issues du site IMDb[21].

[modifier] Récompenses

[modifier] Nominations et sélections

[modifier] Notes et références

  1. a et b "La marche de l'Empereur" bat "Amélie" en Amérique sur tempsreel.nouvelobs.com. Mis en ligne le 17 septembre 2005, consulté le 22 janvier 2012
  2. a, b et c (en) March of the Penguins sur boxofficemojo.com. Consulté le 20 janvier 2012
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j La Marche de l'empereur : les secrets de tournage sur AlloCiné. Consulté le 13 janvier 2012
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x La Marche de l'empereur - Critiques Presse sur AlloCiné. Consulté le 16 janvier 2012
  5. a et b La marche de l'empereur sur lumiere.obs.coe.int. Consulté le 20 janvier 2012
  6. a et b (en) March of the Penguins (2005) - Internation Box Office Results sur boxofficemojo.com. Consulté le 20 janvier 2012
  7. (en) User ratings for "La marche de l'empereur" sur IMDb. Consulté le 16 janvier 2012
  8. (pl) Marsz pingwinów sur filmweb.pl. Consulté le 16 janvier 2012
  9. (de) Die Reise der Pinguine - Userkritiken - Aktuelle Userkritiken sur filmstarts.de. Consulté le 16 janvier 2012
  10. La Marche de l'empereur - Critiques Spectateurs sur AlloCiné.fr. Consulté le 16 janvier 2012
  11. (ru) Все оценки - Птицы 2: Путешествие на край света sur kinopoisk.ru. Consulté le 16 janvier 2012
  12. (nl) La Marche de l'Empereur (2005) sur moviemeter.nl. Consulté le 16 janvier 2012
  13. (nl) La Marche de l'Empereur (2005) - Statistieken sur moviemeter.nl. Consulté le 16 janvier 2012
  14. (de) Die Reise der Pinguine sur moviepilot.de. Consulté le 16 janvier 2012
  15. Documentary Movies at the Box-Office sur boxofficemojo.com. Consulté le 20 janvier 2012
  16. (en) 2005 Yearly Box Office Results sur boxofficemojo.com. Consulté le 20 janvier 2012
  17. a, b, c et d (en) (en) Jonathan Miller, « March of the Conservatives: Penguin Film as Political Fodder », dans The New York Times, 13 septembre 2005 [texte intégral (page consultée le 13 janvier 2012)] 
  18. Entretien audio avec Luc Jacquet : Ziad Maalouf, « Wild Touch, le projet humaniste de Luc Jacquet » sur atelier.rfi.fr. Mis en ligne le 4 février 2011, consulté le 15 janvier 2012
  19. a et b Canal + : le succès de l'Empereur saute du cinéma à la pub sur ac-nice.fr, 2005. Consulté le 13 janvier 2012
  20. Farce of the Penguins sur AlloCiné. Consulté le 20 janvier 2012
  21. (en) Awards for La Marche de l'empereur , Internet Movie Database. Consulté le 29 décembre 2011
  22. Julien Dokhan, « B.O : La "Marche" victorieuse d'Emilie Simo » sur AlloCiné. Mis en ligne le samedi 4 mars 2006, consulté le 13 janvier 2012
  23. Trophées du Film français 2006 (édition n°13) sur Allociné. Consulté le 25 décembre 2011
  24. Mathilde Bonnassieux, « A Pyongyang, un festival de cinéma qui attire du monde » sur coree.aujourdhuilemonde.com. Mis en ligne le 29 septembre 2008, consulté le 30 décembre 2011
  25. Prix et nominations : Trophées Jeunes Talents 2006 sur Allociné. Consulté le 25 décembre 2011

[modifier] Liens externes

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