La Mamounia

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31° 37′ 15″ N 7° 59′ 50″ O / 31.62089, -7.997194

Entrée de l'hôtel de la Mamounia.

L'Hôtel de la Mamounia appelé couramment La Mamounia est un hôtel cinq étoiles situé au Maroc. Il fait face aux montagnes de l'Atlas et est au cœur de la vieille ville de Marrakech, à l'ouest. Comme le Jardin Majorelle, la mosquée de la Koutoubia ou la place Jemaâ-El-Fna, ce palace est un lieu « mythique » et incontournable de la ville. Il est la propriété de l'Office national des chemins de fer (ONCF), de la Ville de Marrakech, et de la caisse des dépôts marocaine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les remparts entourent le site, appartenant au calife Abdal-Mou'min, le premier des Almohades, dès le XIIe siècle[1].
Au XVIIIe siècle, ce qui est aujourd'hui La Mamounia est un jardin adossés aux remparts de la vieille ville, appartenant au sultan alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah et sa femme Lala Fatima. Il dessine les jardins pour son fils[2] le prince Mamoun, et lui offre comme cadeau de mariage. Le nom « Arsal el Mamoun » est alors donné par le prince[1], nom qui devient « Arsat Mamounia ». Un système d'irrigation performant y est présent.

Le premier bâtiment qui sera suivi de plusieurs autres, le Pavillon de la Mamounia, appelé par la suite le « Palais de La Mamounia », apparait au XIXe siècle et ressemble à « maison bourgeoise posée en plein désert[3] » ; celui-ci est détruit vers 1922.
Mais l'idée d'un grand hôtel germe vers 1920. L'année suivante, Albert Laprade signe les premier plans pour la future construction[N 1], suivi d'un second dessiné par Robert Lièvre ; les deux projets n'aboutissent pas. En 1923, les architectes Henri Prost et Marchisio dirigent le début des travaux de l'hôtel et sa cinquantaine de chambres sur un seul étage, pour le compte de l'Office national des chemins de fer (ONCF), le maître d’œuvre. Jacques Majorelle décore le salon[N 2] qui porte son nom. En 1925, l'hôtel, à la décoration sobre et moderne, et occupant un bâtiment central avec une unique aile nommée « Aile Koutoubia », ouvre. Celui-ci prend le patronyme féminin de La Mamounia[N 3]. Au départ, le lieu est plutôt réservé aux longs séjours : on y vient avec ses meubles.

Des scènes de L’Homme qui en savait trop de Hitchcock y sont tournées[4]. Erich von Stroheim y vient en repérages. Dès les années 1950, l'hôtel est utilisé plus régulièrement pour des tournages de cinéma.

Sur l'impulsion du roi Hassan II, André Paccard « décorateur du roi » rénove l'hôtel en cinq mois[N 4] à la fin des années 1980, avec un mélange de décoration art-déco[5] et de tradition marocaine, et en lui ajoutant un quatrième étage, une aile supplémentaire, ainsi qu'un casino[1]. L'hôtel a alors 200 chambres. Quatorze ans plus tard, c'est Alberto Pinto qui entreprend de nouveau une rénovation[6] ; depuis la fin de la seconde guerre mondiale, époque durant laquelle l'hôtel double le nombre de ses chambres pour atteindre le nombre de 100 et se voit pourvu d'une seconde aile, c'est la cinquième rénovation que compte La Mamounia[7].

Comme son père 20 ans plus tôt, le roi Mohammed VI insuffle une remise en état des lieux : La Mamounia ferme ses portes en 2006[2]. Le mobilier, fauteuils, tableaux, lampes, linge, et même les calèches, sont vendus aux enchères trois ans plus tard durant le premier semestre 2009[8].

Dernière rénovation[modifier | modifier le code]

Septembre 2009, après trois ans et 120 millions d'euros de travaux, La Mamounia ouvre ses portes[9] sur une atmosphère tout en clair-obscur et demi-teintes, réalisée par Jacques Garcia[6], décorateur connu entre autres pour sa réalisation de l’Hôtel Costes à Paris[10]. Il reconstitue les salons d'avant la rénovation des années 1980[11], et adopte une nouvelle décoration au style hispano-mauresque. Composé de plus de 200 « chambres »[N 5] et une augmentation notable des tarifs[12], l'hôtel voit sa piscine agrandie, et 2 500 m2 sont attribués au Spa[5] sous enseigne Shiseido[4],[13] comprenant plusieurs salles de soins, deux piscines à ozone, et trois hammams.
Le palace emploie environ 800 personnes au total et remet maintenant un prix littéraire[14].

Restaurants[modifier | modifier le code]

La Mamounia dispose de quatre restaurants : Jean-Pierre Vigato est le Chef de la carte française[15], Alfonso Laccarino[N 6] pour le restaurant italien[16], et Rachid Agouray pour les spécialités marocaines, ainsi qu'un buffet méditerranéen. Un potager de 1 500 m2 permet d'approvisionner de nombreux légumes[12].

Jardins[modifier | modifier le code]

Composés d'oliviers, de palmiers, de rosiers, de jacarandas, d'orangers, de pins d'Alep, de bougainvillées, de lauriers-roseset, ainsi qu'une allée de 80 cactus, les jardins occupent une surface de huit hectares[10], au sein d'un domaine de quinze hectares au total[6], et sont entretenus par 70 jardiniers. Le minaret de la Koutoubia, ainsi que les sommets enneigés de l'Atlas, sont visibles au delà des jardins.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Au cours de son histoire, le palace voit passer des nombreuses personnalités : « politiques, hommes d'affaires, stars de cinéma, écrivains ou journalistes[3] ». Maurice Ravel y joue du piano, Winston Churchill[17] y peint et boit, donnant son nom au bar de l'hôtel[18], Le général de Gaulle y dort une unique nuit dans un lit réalisé sur mesure à cause de sa grande taille, Pierre Joxe et de Pierre Bérégovoy s'y bagarrent, Philippe Douste-Blazy et Dominique Cantien y font une scène de ménage, Arielle Dombasle et Bernard-Henry Levy y ont leurs habitudes[19] Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair y dînent lors des travaux de leur riad.
Mais également depuis 1923, les chanteurs Joséphine Baker, Maurice Chevalier, Édith Piaf, Ray Charles, Brel, Aznavour, Elton John ; le monde du cinéma avec Chaplin, Marlene Dietrich, Danielle Darrieux, Michèle Morgan, Pierre Brasseur, Charlton Heston, Orson Welles, Lelouch, Nicole Kidman, Sophie Marceau[11] ou Sarah Jessica Parker pendant le tournage de Sex and the City 2[20] ; l'écrivaine Marguerite Yourcenar, ou Colette, Jean-Edern Hallier, les politiques Richard Nixon, Ronald Reagan, Jack Lang, ou Jacques Chirac, etc.

L'établissement est régulièrement cité par Nicolas Canteloup dans sa chronique La Revue de presque sur la radio Europe 1. En effet, il y décrit Jean-Pierre Elkabbach, journaliste politique sur cette antenne, comme étant un habitué de l'hôtel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes de contenu[modifier | modifier le code]

  1. Dès 1917, Albert Laprade réalise des croquis des jardins.
  2. Salon qui est en fait le hall d'entrée à l'origine.
  3. Didier Picquot, directeur de La Mamounia, précise que c'est « un des seuls grands hôtels, à ma connaissance, qui ait un patronyme féminin ». Mais le nom d'origine de l'hôtel en 1923 est « La Mamounia, Transatlantique et CTM ».
  4. Les travaux de rénovations se déroulent 24h/24, avec 2 700 ouvriers au total.
  5. 135 ou 136 chambres (suivant les sources), 71 suites. Plus 3 riads avec 3 chambres chacun et leur piscine privée
  6. 2 étoiles à Punta Campanella, face à Capri.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Philippe Couderc, « Oasis royale - La Mamounia à Marrakech », sur challenges.fr, Challenges,‎ 26 juillet 2011 (consulté le 23 septembre 2012)
  2. a et b « La Mamounia rouvre ses portes après trois ans de travaux », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 29 septembre 2009 (consulté le 23 septembre 2012)
  3. a et b Marie Bordet, « Les secrets de La Mamounia », Économie, sur lepoint.fr, Le Point,‎ 14 juillet 2011 (consulté le 23 septembre 2012)
  4. a et b Jean-Pierre Chanial, « La Mamounia, renaissance d’un mythe », Art de vivre, sur madame.lefigaro.fr, Le Figaro Madame,‎ 28 septembre 2009 (consulté le 23 septembre 2012)
  5. a et b Anne-Marie Grué, « Balade dans le Marrakech chic », Voyages, sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ 16 avril 2010 (consulté le 23 septembre 2012)
  6. a, b et c Frédérique Masquelier, « Mythique Mamounia », Société, sur lalibre.be, La Libre Belgique,‎ 31 octobre 2009 (consulté le 23 septembre 2012)
  7. « En quelques mots », Société, sur lalibre.be, La Libre Belgique,‎ 31 octobre 2009 (consulté le 23 septembre 2012)
  8. Hervé Guilbaud, « Nostalgie, nostalgie... Marrakech s'enflamme pour le mobilier de La Mamounia », Culture, sur lepoint.fr, Le Point,‎ 22 mai 2009 (consulté le 23 septembre 2012)
  9. (en) Ed Victor, « Magical Morocco: A return to La Mamounia, the grand dame of Marrakech hotels, newly restored to her (fabulous) former glory », Travel, sur dailymail.co.uk, The Daily Mail,‎ 2 mai 2010 (consulté le 23 septembre 2012)
  10. a et b Christel Brion, « Chambre avec vue : la Mamounia », Obsession, sur nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ 9 octobre 12 (consulté le 8 novembre 2012)
  11. a et b Lydia bacrie, « La Mamounia, mythique palace de Marrakech », Voyage, sur lexpress.fr, L'Express,‎ 19 janvier 2010 (consulté le 23 septembre 2012)
  12. a et b Christel Brion, « Hôtels Mythiques / La Mamounia, la Sultane Favorite », Obsession, sur obsession.nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ 21 septembre 2012 (consulté le 23 septembre 2012)
  13. Gilles Denis, « Mythique : La Mamounia, Marrakech », Série Limitée, sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 10 novembre 2011 (consulté le 23 septembre 2012)
  14. « La Mamounia dans les livres », Série Limité, sur lesechos.fr, Les Échos,‎ 11 octobre 2011 (consulté le 23 septembre 2012)
  15. Francine Rivaud, « La Mamounia rempile avec Jean-Pierre Vigato », Luxe, sur challenges.fr, Challenges,‎ 20 octobre 2011 (consulté le 23 septembre 2012)
  16. Gilles Pudlowski, « Une grande table italienne à Marrakech », sur lepoint.fr, Le Point,‎ 25 février 2010 (consulté le 23 septembre 2012)
  17. Bertrand Fraysse, « Le style Winston Churchill », Luxe, sur challenges.fr, Challenges,‎ 17 novembre 2011 (consulté le 24 septembre 2012)
  18. « City-strip Marrakech by night », sur lesoir.be, Le Soir,‎ 28 novembre 2009 (consulté le 24 septembre 2012)
  19. Catherine Tardrew, « Marrakech fait aussi courir les célébrités », sur leparisien.fr, Le Parisien,‎ 30 mars 2005 (consulté le 23 septembre 2012),
  20. Doan Bui, « Marrakech, un ghetto de riches et célèbres », sur tempsreel.nouvelobs.com, Le Nouvel Observateur,‎ 27 juillet 2011 (consulté le 23 septembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]