La Maison de Matriona

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La Maison de Matriona est une nouvelle d’Alexandre Soljenitsyne écrite en 1959 et publiée dans la revue russe Novy Mir en 1963. Elle a été publiée en France chez Julliard en 1966.

Résumé[modifier | modifier le code]

Pendant l’été 1953, Ignatitch arrive à la gare de Torfprodoukt, il vient de passer une petite dizaine d’années dans un goulag d’Asie centrale, libéré, il a été nommé professeur de mathématiques à sa demande dans les entrailles de la Russie. Torfprodoukt est une ville nouvelle sans aucun charme, pour se loger on lui indique le village de Talnavo.

Une vieille femme, Matriona Vassilievna, accepte de lui louer une chambre. Dans l’isba misérable, il n’y a qu’un poêle hollandais, une table, une chaise, pleins de cafards et de souris. Matriona, ancienne ouvrière du kolkhoze est à la retraite, elle ne touche pas encore sa retraite à cause de tracasseries administratives et pour survivre, elle cultive des pommes de terres et va voler à l’entreprise d’état voisine de la tourbe pour se chauffer l’hiver. C’est un cœur généreux qui rend service à tout le monde, c'est elle que les habitants de Talnovo sollicitent quand ils ont trop de travail et jamais ils ne la paient.

Une relation de confiance naît entre Ignatitch et Matriona, il lui parle de la prison, elle lui raconte sa vie. Elle devait épouser initialement son beau-frère actuel Faddeï, mais la première guerre mondiale est arrivée, il a été fait prisonnier et après l’avoir attendue trois ans, elle s’est mariée avec le frère de Faddeï, Efime. Ils auront six enfants qui mourront tous.

Le drame va se jouer quand Faddeï demande à Matriona de donner à Kira la chambre construite séparément de son isba. Le démontage de la chambre est rondement mené par Faddeï, toutes les planches et rondins sont placés dans deux traîneaux tirés par un tracteur dont le chauffeur doit être rentrés avant l’aube, il n’a pas l’autorisation de l’emprunter. Lors de la traversée du passage à niveau le câble casse ; arrivent deux locomotives en marche arrière et sans feu, Matriona, son neveu et le conducteur du traineau sont tués sur le coup, le mari de Kira est arrêté.

Puis c’est la ruée des proches sur les possessions de Matriona. L'auteur comprend que tous dans le village méprisaient Matriona car elle n'a pas su accumuler de biens pendant sa vie.

Extraits[modifier | modifier le code]

  • Je voulais m’enfoncer et me perdre dans les entrailles mêmes de la Russie, s’il en est.
  • Tourfprodoukt? Diable ! Tourgueniev ne se doutait pas qu'on pouvait fabriquer des noms comme celui-là en russe !
  • Elle n’avait rien amassé pour l’heure de sa mort. Une chèvre d’un blanc pisseux, un chat éclopé, des ficus. Tous nous avions vécu auprès d’elle sans comprendre qu’elle était le juste du proverbe sans lequel il n’est village qui tienne. Ni ville. Ni notre terre entière.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Matriona Vassiliévna, la soixantaine, veuve, a perdu ses six enfants en bas âge.
  • Ignatitch, le narrateur, vient d’être libéré des camps, professeur de mathématique.
  • Macha, une amie de Matriona
  • Kira, fille de Faddeï que Matriona a élevé dix ans chez elle.
  • Efime Anton, mari de Matriona, mort au début de la guerre de 1941-1945
  • Faddeï Mironovitch Anton, soixante cinq ans, beau-frère de Matriona, il bat sa femme tous les jours.
  • Grigoriev Anton, élève d’Ignatitch, dernier fils de Faddeï, cancre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Édition française[modifier | modifier le code]

  • La Maison de Matriona, traduit par Léon et Andrée Robel, Pavillon poche, Robert Laffont, 2009, Isbn 9782221 112311.