La Maestà (Duccio)

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La Maestà
Image illustrative de l'article La Maestà (Duccio)
Artiste Duccio di Buoninsegna
Date 1308-1311
Type Partie centrale du retable
Dimensions (H × L) 214 × 412 cm
Localisation Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, Sienne (Italie)
Panneau central du verso : La Crucifixion.

La Maestà est une peinture religieuse de Duccio di Buoninsegna, réalisée au début du XIVe siècle et conservée au Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo (Sienne).

Il s'agit d'une œuvre aux dimensions insolites, à peine moins de cinq mètres de haut sur autant de large dans son entier, peinte au recto et au verso car portée lors des processions. Destinée au maître-autel de la cathédrale de Sienne, elle peut être tenue pour le plus important des retables de l'art italien. Elle est visible au Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, près de la cathédrale[1].

La commande de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Destinée au maître-autel du Dôme de Sienne, elle a été commandée à Duccio le 9 octobre 1308. Le peintre conclut un accord avec l'Ouvrier du Dôme pour peindre un tableau destiné à être placé sur le maître-autel de la cathédrale, selon un mode de paiement particulier : on le rétribuerait pour son travail, tandis que l'ensemble des matériaux serait à la charge de l'Ouvrier ; en outre, il toucherait, en tant que salarié et non pour la valeur de l'œuvre, un salaire de seize sols de deniers siennois par journée de travail. Duccio devait s'engager à ne pas faire, ni accepter d'autres travaux avant d'avoir achevé son œuvre. John Pope-Hennessy pense que l'accord du 9 octobre 1308, n'est pas un acte de commande proprement dit, et que Duccio, à l'époque, avait déjà entrepris de travailler à la Maestà, car trois ans semblent un délai bien court pour une œuvre de cette envergure. En effet, dès le 9 juin 1311[2], le grand retable est apporté en la cathédrale au cours d'une fête à laquelle prend part l'ensemble de la population.

La signification du terme Maestà[modifier | modifier le code]

La signification de ce mot nous est donnée par Cennino Cennini dans son Traité sur la peinture : pour lui, est dite « en majesté » une figure vue de front. À partir du IVe siècle, on représentait ainsi le Christ, mais au XIIIe siècle, avec l'intensification du culte marial, c'est la Vierge qui est représentée « en majesté », et qui devient la « Majesté » par antonomase.

Une Maestà est donc une représentation de la Vierge à l'Enfant « en Majesté », soit de face, avec une attitude hiératique, sur un trône, entourée d'anges et des saints apôtres.

Les différents lieux qui ont accueilli La Maestà[modifier | modifier le code]

La Maestà était placée sur le maître-autel, qui se trouvait alors directement sous la coupole, au croisement du transept. Elle fut rapidement enrichie de baldaquins, suspendus au-dessus d'elle, de quatre angelots et d'une tenture rouge pour la couvrir. En juillet 1506, la Maestà fut enlevée du maître-autel. Elle fut déplacée dans l'abside et accrochée à un mur du transept de gauche, où elle demeura pendant près de deux siècles et demi. Le 16 juillet 1771, le grand retable fut scié en plusieurs parties. Une partie fut placée dans la chapelle Sant'Ansano et l'autre dans la chapelle San Vittore. En 1878, les panneaux principaux passèrent au Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo.

Description[modifier | modifier le code]

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Bandeau apposé par louis-garden (lui écrire) • 24 janvier 2013
Autre reconstruction du recto
... et du verso.

La face antérieure couronnante[modifier | modifier le code]

Panneau central

La Vierge, avec l'Enfant Jésus dans les bras, assise sur un grand trône de marbre, est entourée de sa cour céleste de saints, de saintes et d’anges. De chaque côté du trône se trouve, à gauche, sainte Catherine d’Alexandrie, saint Paul, saint Jean l’Évangéliste et dix anges répartis sur les trois rangées. À droite, saint Jean-Baptiste, saint Pierre, sainte Agnès et dix anges sur trois rangées ; enfin, à genoux au premier plan, les quatre saints protecteurs de Sienne, à gauche, Ansanus et Savinus, à droite, Crescentius et Victor.

Arcatures du haut 

Au-dessus de la Vierge « en majesté » vêtue de bleu, dans une zone privée des encadrements originaux, se tiennent dix apôtres en buste. Dans l'arcade de droite, les apôtres Matthieu, Jacques le Mineur, Barthélemy, Thomas et Mathias ; dans celle de gauche, Thadée, Simon, Philippe, Jacques le Majeur et André.

Entre la rangée des apôtres et le panneau central (hypothèse) 

Y aurait été placés des épisodes de la vie de la Vierge après la mort du Christ (par défaut conservées à Sienne) :

  • Annuncio della morte alla Vergine
  • Congedo di Maria da Giovanni
  • Congedo dagli apostoli
  • Incoronazione della Vergine, Musée des beaux-arts de Budapest
  • Dormitio Virginis
  • Funerali di Maria
  • Sepoltura di Maria.
La prédelle 
  • Les figures de prophètes de l'Ancien Testament : Isaïe, Ézéchiel, Salomon, Malachie, Jérémie, Osée
  • et, interposées, des scènes de l'iconographie de l'enfance du Christ :
    • Annunciazione, National Gallery, Londres
    • Natività tra i profeti Isaia ed Ezechiele, National Gallery of Art, Washington[3]
    • Adorazione dei Magi, Museo dell'Opera del Duomo de Sienne
    • Presentazione al tempio, Museo dell'Opera del Duomo
    • Strage degli innocenti, Museo dell'Opera del Duomo
    • Fuga in Egitto, Museo dell'Opera del Duomo
    • Disputa con i dottori del tempio, Museo dell'Opera del Duomo

La face postérieure couronnante[modifier | modifier le code]

Sont représentées 26 épisodes de la Passion du Christ avec, en élément central, La Crucifixion.

  • L'Entrée à Jérusalem
  • Le Lavement de pieds
  • La Cène
  • Le Christ quittant les apôtres
  • La Trahison de Judas
  • La Prière sur le mont des Oliviers
  • L'Arrestation de Jésus
  • Jésus devant Anne
  • Le Premier Reniement de Pierre
  • Jésus devant Caïphe
  • Le Christ bafoué
  • Le Christ accusé par les Pharisiens
  • Jésus devant Pilate
  • Jésus devant Hèrode
  • Le Deuxième Interrogatoire par Pilate
  • La Flagellation
  • Le Couronnement d'épines
  • Pilate se lave les mains
  • La Montée au Calvaire
  • La Crucifixion
  • La Déposition
  • La Mise au tombeau
  • Les Saintes Femmes au tombeau
  • La Descente aux Limbes
  • Noli me tangere
  • Le Chemin vers Emmaüs
Haut du panneau
  • Apparizione a porte chiuse
  • Incredulità di Tommaso
  • Pentecoste
  • Apparizione sul lago di Tiberiade
  • Apparizione sul monte di Galilea
  • Apparizione alla cena degli apostoli.
La prédelle
  • Tentazione sul tempio, Museo dell'Opera del Duomo)
  • Tentazione sul monte, Frick Collection, New York
  • Vocazione di Pietro e Andrea', National Gallery of Art], Washington[4]
  • Nozze di Cana, Museo dell'Opera del Duomo
  • Incontro con la Samaritana, Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid
  • Guarigione del cieco nato, National Gallery, Londres
  • Trasfigurazione, National Gallery
  • Resurrezione di Lazzaro, Kimbell Art Museum, Texas

Analyse[modifier | modifier le code]

La Vierge trônant est vêtue de bleu, symbole de la royauté. Elle a une attitude de mère avec sa main qui protège l'enfant. Elle a un regard triste.

Le grand trône de la Vierge, vu selon une perspective centrale est comme un livre ouvert. Sur l'estrade du trône, se lit la célèbre inscription, en vers léonin[5] : Mater Sancta dei, sis causa senis requiei. Sis Ducio vita te quia pinxit ita (Sainte mère de Dieu, sois cause de paix pour Sienne ; et de vie pour Duccio parce qu'il t'a ainsi peinte).

La réunion d'anges et de saints fait penser à l'art byzantin. Les racines de l'art de Duccio plongent dans le XIIIe siècle et dans la peinture de Cimabue qui apporta des modifications à cette tradition picturale. Les anges ont des visages d'une beauté extrême, des longs cheveux bouclés et des expressions d'une douceur voilée de tristesse : ils songent au destin de Jésus, promis à une mort précoce et terrible.

Les vêtements de l'Enfant peints par Duccio sont somptueux. Il porte une fine tunique blanche recouverte d'une cape de couleur rouge clair qui présente de nombreux plis et qui est décorée de broderies dorées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Madone, pour Sienne, remplissant la fonction de souveraine de la ville, on peut y admiser cette Maestà décrite et aussi celle de Simone Martini au Palazzo Pubblico.
  2. Maestà sur Encyclopediae universalis
  3. (en) « Notice NGA n° 1937.1.8 », sur le site de la National Gallery of Art
  4. (en) 1939.1.141 « Notice NGA n° 1939.1.141 », sur le site de la National Gallery of Art
  5. Se dit de vers dont les deux hémistiches riment ensemble.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]