La Londe-les-Maures

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La Londe-les-Maures
Hôtel de Ville de La Londe - Place du 11 novembre.
Hôtel de Ville de La Londe - Place du 11 novembre.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Arrondissement de Toulon
Canton La Crau
Intercommunalité Méditerranée Porte des Maures
Maire
Mandat
François de Canson
2008-2014
Code postal 83250
Code commune 83071
Démographie
Population
municipale
9 918 hab. (2011)
Densité 125 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 08′ 17″ N 6° 14′ 04″ E / 43.1381, 6.2344 ()43° 08′ 17″ Nord 6° 14′ 04″ Est / 43.1381, 6.2344 ()  
Altitude Min. 0 m – Max. 601 m
Superficie 79,29 km2
Localisation

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La Londe-les-Maures est une ville du département du Var, en France. Elle est située sur la Côte d'Azur dans la baie d'Hyères.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune s’étend sur 7 826 hectares au pied du massif des Maures. Environ 75 % de cet espace est constitué de forêt, 22 % est consacré à l’agriculture (dont 1 170 hectares de vignobles) et 3 % sont occupés par les habitations.

La ville possède un port de plaisance : « Miramar » qui se situe parmi les plus grands en capacité d’accueil du département du Var avec plus de 1 000 places à quai ou sur ponton. Situé en face des Îles d’Or, il est le point de départ fréquent pour les touristes qui effectuent la traversée.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Londe est un toponyme récent (XVIIe siècle) qui résulte du transfert[1] du nom du village d'origine d'Antoine Lemonnier qui acquiert des terres et fait construire une demeure appelée le Château de la Londe.

Londe est un ancien terme dialectal normand utilisé comme nom commun jusqu'au XVe siècle au sens de « bois, forêt ». Il est issu du vieux norrois lundr de même sens[2],[3].

Le déterminant complémentaire -les-Maures a été ajouté par l'administration, en référence au massif des Maures, pour éviter une homonymie avec les nombreux La Londe Page d'aide sur l'homonymie normands.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de La Londe-les-Maures.

Blasonnement : « De gueules au croissant contourné d'or senestré d'une étoile du même, au chef cousu d'azur chargé de trois croisettes d'argent. »

C'est François de Leusse qui est à l'origine du blason de La Londe, ainsi qu'en témoigne son fils[4]. Il a été inspiré du blason des commandos d'Afrique auxquels appartenait F.de Leusse, et qui voulait ainsi honorer ceux qui les premiers débarquèrent sur la côte Varoise pour libérer la Provence.

Le blason est orné d’un croissant de lune et d’une étoile. Selon le Colonel Fabius (le père de Laurent),auquel F. de Leusse s'est adressé pour connaître l'origine du blason des commandos d'Afrique, le croissant était à l'origine une nef (bateau), surmontée d'une étoile. Elle avait pour fond une carte de France. F. de Leusse fit opérer un quart de tour à la coque de la nef qui prit la forme d'un croissant et plaça l'étoile en face. Une autre version de l'histoire de ce blason dit que le croissant de lune et l’étoile sont surmontés de trois croisettes, symbole de chrétienté, qui trouve leur explication dans une légende Londaise. Au retour de sa septième croisade, Saint Louis débarqua à Hyères et trois de ses chevaliers seraient venus trouver repos et guérison dans un hôpital situé aux Bormettes. Ayant retrouvé leur vaillance, chacun d’entre eux auraient offert à leurs hospitaliers une croix détachée de leur insigne en gage de reconnaissance. En fait, il ne s'agit que d'une légende, l'historique F.de Leusse étant vérifié.

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Histoire[modifier | modifier le code]

La première occupation humaine du territoire semble remonter à 2500 av. J.-C. comme en témoigne le dolmen de Gaoutabry, découvert en 1876 par le baron Gustave Charles Ferdinand de Bonstetten et situé au nord de la commune. D’après les fouilles effectuées sur le site, il daterait de la fin du néolithique. De nombreux fragments de poteries et d’outils en pierre taillée retrouvés sur le site attestent de la présence humaine bien qu’aucun vestige d’habitation n’ait encore été découvert. En 1988, le site du dolmen a été classé aux Monuments Historiques.

Dans les siècles qui suivirent, le site a probablement été occupé par d’autres peuples : Ligures, Bormani, Phocéens, etc., mais il reste peu de traces matérielles qui permettraient d’attester ces mouvements de population avec certitude.

L’Antiquité[modifier | modifier le code]

En revanche, des traces incontestables révèlent qu’entre le IIe siècle av. J.-C. et le Ve siècle ap. J.-C., le peuple gallo-romain[réf. souhaitée] s’installent sur le territoire. De nombreux vestiges de villas, des domaines viticoles, des sépultures, des poteries, et des pièces de monnaie attestent leur présence. L’activité économique de ces nouveaux arrivants est principalement agricole. Les cultures de l’olivier, de la vigne et des céréales se répandent dans la région grâce au climat favorable. Les Romains établissent un port à l’Argentière et commencent très probablement l’exploitation de la mine toute proche qui se poursuivra à l’époque médiévale.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À partir du XIe siècle, le territoire de la commune est désigné sous le nom de Bormette. Plusieurs moines de Saint Victor de Marseille puis des Chartreux de Montrieux et surtout de La Verne acquièrent d’importantes propriétés par donations. Ils construisent les premiers châteaux à vocation agricole comme celui des Bormettes (bâti sur le Pic Saint Martin au XIIIe) et celui du Bastidon bâti entre les XVIe et XVIIIe siècles.

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

En 1678, Antoine Lemonnier, sieur de la Londe, originaire de Normandie, acquiert de vastes parcelles de terres sur l’actuel territoire de la commune et se fait construire une maison nommée « Château de La Londe », qui va transmettre son nom au futur village. Curieusement, le terme de Londe convient très bien à ce village entouré de forêts, londe signifiant "forêt, bois" en ancien dialecte normand. En 1788, le hameau naissant acquiert le statut de paroisse tout en demeurant sous la dépendance de la ville d’Hyères. En 1791, le village compte 132 habitants et apparaît sur le cadastre en tant que quartier d'Hyères.

L’époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Le jardin des Oliviers.
Plage de l'Argentière (le Pellegrin se trouve derrière le premier cap).

Après la Révolution, les Chartreux sont totalement dépossédés de leurs biens. Progressivement, une nouvelle bourgeoisie arrive et s’implante sur le site au cours du XIXe. Les nouveaux arrivants bâtissent de nombreuses demeures (comme le château de La Pascalette, construit en 1889 par Victor Roux[5]), rachètent les domaines agricoles et les agrandissent. L’un de ces aristocrates, Horace Vernet (1789-1863), peintre officiel de Louis-Philippe, achète le domaine situé au lieu-dit Les Bormettes en 1855 et se fait construire un château d’inspiration classique et mauresque[6]. Grâce aux dons en terrains de certaines familles bourgeoises, le village se développe. L’église est édifiée en 1847 et une école communale voit le jour en 1884 sur la place Allègre.

L’exploitation minière[modifier | modifier le code]

Vers 1875, Victor Roux, riche financier marseillais et nouveau propriétaire du Domaine des Bormettes, redécouvre et développe la mine de l'Argentière laissé à l’abandon depuis des siècles. En 1881, il fonde la Société des Mines des Bormettes et relance l’exploitation de la mine, riche en zinc, dès 1885[7]. À partir de 1890, d’autres filons, plombifère et zincifère, sont découverts sur le territoire. La prospérité de ces mines impose alors la création d’un chemin de fer en 1899 pour le transport des mineurs et l’acheminement du minerai jusqu’à l’Argentière où s’effectuait son expédition par voie maritime. La prospérité de la mine dynamise toute l’économie de la région. Dans le village, un bureau de poste et télégraphe est créé, ainsi que des écoles et une gendarmerie.

À partir de 1890, le village s’ouvre vers l’extérieur avec la mise en service de la ligne de chemin de fer du littoral qui effectue le trajet Toulon-Saint-Raphaël. En 1897, une fonderie de plomb est construite. La plus longue cheminée-tunnel d’Europe est bâtie sur près d'un kilomètre de colline. Cependant, la fonderie est un échec économique, étant peu fonctionnelle et mal adaptée au minerai extrait. Elle ferme donc rapidement.

En 1901, le chemin de fer minier est relié à celui du littoral qui passait par le village. La Londe demande alors son détachement de la ville d’Hyères. Finalement, le 11 janvier 1901, le statut de commune lui est octroyé. La commune prend alors le nom officiel de « La Londe Les Maures ». Le mot « maures » venant du latin « mauros » qui signifie « brun foncé », évoquant la couleur du massif du même nom.

Alors que le village poursuit son expansion, à partir de 1901, l’exploitation des mines décline. L’épuisement du filon de l’Argentière et la chute des cours des métaux à partir de 1904 vont générer une baisse de productivité jusqu’à l'abandon de l’exploitation qui cesse définitivement toute activité en 1929.

De 1945 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après le mandat de André Barbier, de 1946 à 1947, le nouveau maire, le comte François de Leusse (le collège de La Londe porte son nom) demeure aux affaires pendant 24 ans, jusqu'en 1971. Après cette date, c'est le neveu du baron, Philippe de La Lombardière de Canson qui devient maire, pour une période de 24 ans, comme son prédécesseur. En 1995, la liste socialo-communiste de René Benedetto l'emporte pour être finalement battue après deux mandats, en 2008 par celle UMP de François de Canson[8].

Dans le contexte de la fin de la guerre d'Algérie, un hameau de forestage y fut installé en 1962, à destination d'anciens harkis et de leurs familles[9].


Le Cigalonde est la monnaie locale de la ville de La Londe Les Maures. Il fonctionne à parité avec l'EURO.

Le 8 avril 2012, à l'initiative de l'ACAL (Association de Commerçants et Artisans Londais), la ville de La Londe les Maures se dote de sa propre monnaie locale, le Cigalonde, qui fonctionne à parité avec l'euro. Triple enjeu pour le Cigalonde : - renforcer l'identité locale - Pérenniser le petit commerce et fidéliser les clients - Jouer un rôle social au niveau de la commune (CCAS, associations caritatives...).

Population et société[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 9 918 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1901. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 219 2 972 2 380 2 837 2 872 2 741 2 603 2 776 3 091
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
3 314 3 956 3 937 5 184 7 151 8 749 10 034 9 918 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11])
Histogramme de l'évolution démographique


Centres d’intérêt et monuments[modifier | modifier le code]

Les Bormettes, la place et le théâtre.

Le principal attrait de La Londe reste le tourisme estival. Le nombre et l’étendue des plages de la commune ainsi que sa situation privilégiée, favorisée par un microclimat, en fait une station balnéaire qui offre près de 300 jours de soleil par an.

  • Les Bormettes : construit par le propriétaire de l'usine des Bormettes pour ses employés, ce quartier est un village à part entière, groupé autour de la place Belot, typiquement provençale, où se trouve par ailleurs le Théâtre des Bormettes, non loin du port et donc des plages.
  • Le dolmen de Gaoutabry : superbe monument mégalithique perché au milieu d'une colline des Maures, dominant un panorama sur les îles d'Or.
  • Les plages : le long du littoral de la commune se trouvent quatre plages qui totalisent près de 3 km de sable naturel : Miramar, Tamaris, L'Argentière (primées par le label « Pavillon bleu d'Europe ») et le Pellegrin.
  • Le sentier sous-marin de l'Argentière : c'est une réserve naturelle protégée située à la pointe de l'Argentière abritant une faune et une flore unique, grâce aux herbiers de posidonies, par ailleurs tout à fait accessible au public.
  • Le Musée de l'école publique : il reconstitue une classe d'école en 1903, avec accessoires, ateliers, jeux...

Le jardin zoologique tropical[modifier | modifier le code]

Le jardin ornithologique et botanique de La Londe classé Jardin remarquable présente sur 6 hectares une collection d'animaux exotiques et de plantes rares. Au total, le jardin compte plus de 250 animaux répartis en 60 espèces originaires d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud.

Place André Allègre[modifier | modifier le code]

Vue du numéro 6 de la place Allègre.
Maison des associations.

Cœur de la ville, ombragée par des nombreux platanes, la place, au croisement des principales artères de la ville, est bordée de bâtiments anciens, comme la maison des associations (ancien Hôtel de Ville) et de grands immeubles provençaux.

Elle est bordée à l'ouest par l'axe formé par les rues Joseph-Laure et Maréchal-Foch, à l'est par la rue Aristide-Perrin, au nord par la rue Dixmude et enfin au sud par le boulevard Azan.

La place est formée d’un premier plateau en hauteur, en face de la maison des associations, relié par des escaliers à un second niveau damé lui-même joint à la rue Joseph-Laure par une nouvelle série d’escaliers.

Le premier niveau est articulé autour de la fontaine de la place, puis de façon concentrique, des bancs et des grandes jardinières sont disposées, rendant le lieu particulièrement agréable. Le deuxième niveau est une vaste esplanade au motif de damier bordée par des platanes. Sur le côté sud, des bancs et des jardinières sont également disposées.

Fontaine de la place Allègre.

Personnalités londaises[modifier | modifier le code]

Communes voisines[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud,‎ 1979 (ISBN 2-85023-076-6), p. 409b
  2. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, 1979, 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1) (OCLC 6403150). p. 101.
  3. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux en Normandie, OREP éditions 2003. p. 59 - 63.
  4. Anne Cantele, La Loundo Lei Mauro, d'Hyères et d'aujourd'hui, images de La Londe. pages 80 et 81.
  5. Histoire de la Pascalette.
  6. Histoire du château des Bormettes.
  7. L'exploitation minière par Victor Roux.
  8. "La Londo lei Mauro" de Anne Cantele
  9. Voir des photos du hameau de forestage de La Londe sur ce site.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011