La Lamentation sur le Christ mort (Mantegna)

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La Lamentation sur le Christ mort
Image illustrative de l'article La Lamentation sur le Christ mort (Mantegna)
Lamentation sur le Christ mort
Artiste Andrea Mantegna
Date années 1480
Technique tempera à la colle sur toile
Dimensions 66 × 81 cm
Localisation pinacothèque de Brera, Milan (Italie)

La Lamentation sur le Christ mort[1] est un tableau des années 1480 du peintre de la Renaissance Andrea Mantegna, conservé aujourd'hui à la pinacothèque de Brera, à Milan.

Historique[modifier | modifier le code]

La Lamentation sur le Christ mort est un tableau en tempera à la colle sur toile de 68 × 81 cm, trouvé par Ludovico Mantegna qui mentionne un « Christ peint en raccourci » parmi les travaux laissés par son père, apparemment une œuvre sans commanditaire. Il put ainsi être exposé à la tête de son catafalque quand il est mort. Acquis ensuite par le cardinel Sigismondo Gonzaga, il est entré à la pinacothèque de Brera en 1824.

Thème[modifier | modifier le code]

Ce thème de l'iconographie de la peinture chrétienne, appelé aussi Déploration du Christ, montre le Christ mort, allongé et les personnages le pleurant, à savoir, ici, sa mère Marie de Nazareth, Marie-Madeleine et l'apôtre Jean.

Composition[modifier | modifier le code]

Dans un cadrage resserré, seuls sont visibles le Christ et les trois personnes qui lui sont le plus proches.

Le Christ, allongé sur la pierre du sépulcre (un lit de marbre), est placé de face dans une perspective centrale depuis les pieds vers sa tête, laquelle est légèrement inclinée vers sa gauche, appuyée sur un coussin (de pierre ?). Un vase (ou une lampe, une fiole d'onguent, ...) est visible aussi à droite du tableau, à la hauteur de la tête sur la pierre.

Un drapé très sculptural, lui couvre les jambes et le bassin, dévoilant un torse puissant, laissant apparaître en bas les pieds, et à mi-hauteur les bras et les mains, marquées également par les stigmates laissés par les clous de la Croix.

Les personnages pleurant (un fort rictus est visible sur leurs faces) sont placés dans la partie gauche extrême du tableau, ne laissant apparaître qu'une partie de leur visage, Marie s'épongeant les yeux, avec Marie-Madeleine en avant, puis Jean que l'on devine dans la pénombre du fond (ou l'inverse, les détails des visages étant trop minimes pour les distinguer).

Analyse[modifier | modifier le code]

Si cette mise en scène perspective est troublante car non habituelle et exagérée, elle permet au peintre de montrer dans un seul coup d'œil, les principaux stigmates dus aux clous de la crucifixion du Christ sur les pieds et les mains. On devinera, en sachant sa position, la trace également du coup de lance au flanc.

Le talent de Mantegna, dans toutes les représentations architecturales et sa maîtrise du marbre chiqueté[2], s'exprime ici par le marbre froid de la morgue, le drapé couvrant le mort, et même dans l'oreiller rose satiné, voire les veinures rouge du marbre pour le sang du Christ versé.

Le Christ semble seul dans la mort, les vivants repoussés en bord du cadre, pleurant les douleurs de sa Passion. C'est un accent clair sur l'humanité du Christ, fils de l'Homme, une figure sans symbolisme appuyé (malgré tout, la tête du Christ est auréolée - très légèrement visible).

Coïncidence ?[modifier | modifier le code]

La photographie de Che Guevara mort[3], sur une civière, sur le sol prise par le photographe de l’agence UPI Freddy Alborta dans la buanderie de l’hôpital de Vallegrande n'est pas sans rappeler le Christ mort de Mantegna, la prise de vue étant faite depuis les pieds dans une même construction perspective(moins exagérée), le buste nu, les pieds et les mains visibles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appelé souvent aussi, et simplement Le Christ mort, mais c'est faire l'impasse sur la présence de ses proches, se lamentant sur sa mort d'une façon évidente.
  2. Imitation en peinture des veines et du grain du marbre
  3. Photographie du Che mort allongé

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Alberta De Nicolò Salmazo, Mantegna, Milan, Gallimard Electa,‎ 1996, traduit de l'italien par Francis Moulinat et Lorenzo Pericolo (1997), coll. Maîtres de l'art (ISBN 2 07 015047 X)