La Léchère

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La Léchère
Établissement thermal de La Léchère
Établissement thermal de La Léchère
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Albertville
Canton Moûtiers
Intercommunalité Communauté de communes des Vallées d'Aigueblanche
Maire
Mandat
Jean-François Rochaix
2014-2020
Code postal 73260
Code commune 73187
Démographie
Population
municipale
1 899 hab. (2011)
Densité 18 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 31′ 59″ N 6° 28′ 27″ E / 45.5330555556, 6.47416666667 ()45° 31′ 59″ Nord 6° 28′ 27″ Est / 45.5330555556, 6.47416666667 ()  
Altitude Min. 411 m – Max. 2 829 m
Superficie 102,86 km2
Localisation

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La Léchère est une commune française, située à 6 kilomètres de Moûtiers et à 22 kilomètres d'Albertville dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes. Une fusion de communes a eu lieu en 1972, suite à cette décision les circonscriptions de Celliers, Doucy, Pussy, Notre-Dame de Briançon, Petit-Cœur et Nâves seront regroupées dans une seule et même entité. Bonneval en Tarentaise toutefois vota contre ce rapprochement, créant ainsi une enclave dans la commune nouvellement créé.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situé en Moyenne Tarentaise, le territoire (1755 hectares) atteint l'Isère en aval de Notre-Dame-de-Briançon et le ruisseau de Feissonnet et va jusqu’aux crêtes du Grand pic de la Lauzière (2 829 m) qui se permet même d'avoir un glacier, et du col de la Madeleine à 2 000 mètres comme l'indique la borne IGN à son sommet. Par beau temps, outre le massif du Mont Blanc, on peut apercevoir le Grand Combin en Suisse, le versant Italien du Cervin, et parfois, le Mont Rose. Les limites avec Rognaix ne suivent pas les crêtes et, en particulier de Feissonnet-aux-Îles, ne laissent que l'étroite bande de terre entre la rivière et l'escarpement dominant la vallée. C'est une commune très boisée surtout dans sa partie inférieure, le meilleur exemple est celui de la vallée de la Grande Maison connu par son peuplement en Lynx, arrivant depuis la Maurienne, et de chamois se déplaçant facilement du Beaufortain à la Tarentaise par le col du Beaufortain au pied du Grand Mont. Puis, on découvre d'immenses alpages notamment au-dessus de Grand Naves et de Celliers. La Léchère est l'une des premières localités de la Moyenne Tarentaise. La commune contribue activement à la production du fromage AOC le Beaufort, dont une grande partie du lait est transformé à la coopérative laitière de Moutiers.

À Notre-Dame-de-Briançon se trouve le verrou le plus imposant de toute la vallée, dans l'ombre des ruines du château de Briançon bâti et administré par la famille du vicomte de Briançon pendant plusieurs siècles. C'était un endroit de passage obligé facilement contrôlable de par son étroitesse. Le château réputé imprenable car érigé sur un impressionnant éperon rocheux a été vaincu après l'alliance de plusieurs nobles de la région, jaloux de son influence et des recettes découlant du péage imposé aux voyageurs. Un pont relie les deux rives de cet étroit talweg, les locaux l'appelle "Le Pont Du Diable". Cinq hameaux entourent le chef-lieu de Pussy en arc de cercle: le Crey, la Croix, la Cour, Nécuday et la Mouche.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme de La Léchère trouverait son origine dans le mot d'origine germanique Liska, qui désigne une plante de la famille des Cyperaceae (roseau des marais)[1],[2]. Le mot serait ensuite passé en latin et ses dérivés pour donner les formes liscaria, léchère et désignant un sol humide où l'on trouve des plantes endogènes[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pussy: Issu du latin Puisaco (1170) et plus habituellement Pusiaco. Pusiacum, forme originelle, est le domaine d'un Gallo-romain Pusius, nom tiré de Pusus, petit garçon.

Comme paroisse, Pussy existait au XIIe siècle. Lors du partage de 1170, elle fut attribuée au chapitre régulier de Saint-Pierre-de-Moutiers. Après 1605, date d'union des deux chapitres, le nouveau chapitre métropolitain hérita de tous les droits, en particulier de la nomination du curé, « alternativement avec Rome et après concours ».

L'église, dédiée à saint Jean Baptiste, avait en 1653 une seule nef avec transept et deux tribunes latérales en vis-à-vis. Plus tard, il en resta une seule au-dessus de la grande porte et c'est à proximité qu'on plaça les fonts baptismaux qui, autrefois, étaient près du chœur.

Quinze ans plus tard, l'église fut complètement rebâtie (prix fait 25 mars 1669), selon un plan à trois nefs. Le retable et le tabernacle furent l’œuvre de Jacques Antoine Todesco et Jean Marie Molino (prix fait 11 août 1686). L'incendie d’août 1944 fit disparaître beaucoup de mobilier.

L'église de La Léchère a été bâtie sur un endroit bien plus ancien certains historien affirment ce c'était un lieu de culte païen important à son époque.

Le recensement de 1561 donne 296 bovins, 396 chèvres et 506 moutons.

Celliers tire son patronyme de la «cella» latine, «grange», «grenier» ou «lieu de provisions». Le bas latin «Briga», «Brigantione», (lieu habité sur une hauteur) donnera son nom à Briançon.

Doucy cherche son origine dans le nom d’un propriétaire romain, Ducius.

Cor (exploitation rurale), dérivera en Cœur et Petit Cœur tandis que «Nava» (plateau), forgera l’étymologie de Naves. De part et d’autre de la voie romaine qui sillonne dès 45 avant J.C. le fond de vallée et enjambe le pont romain de Briançon, ces villages partagent leur quotidien entre agriculture, élevage et commerce.Depuis la fin du XIXe siècle La Léchère est réputée pour ses eaux thermales soignant particulièrement les jambes (phlébologie). La tradition raconte qu'après un affaissement de terrain ayant laissé place à un petit lac, les paysans s'y baignaient après une dure journée de labeur aux champs. Ils découvrirent que ces bains soulageaient leurs articulations ainsi que leurs jambes lourdes. Ainsi fut né la légende. Plus tard des scientifiques se penchèrent sur la composition de ses eaux et lui trouvèrent des propriétés médicales. Ainsi était né la station thermale. L'hôtel dominant la station est un magnifique exemple de l'architecture Art Déco.

La vallée de La Léchère fut un haut-lieu de la Résistance lors de l'occupation allemande et ceci dès l'hiver 1940-1941. Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1942, Auguste Tornier, l'un des chefs de la résistance locale est tué lors d'une opération au monument aux morts d'Aigueblanche (ref : Article du Dauphiné Libéré). À partir de mars 1943, de nombreux sabotages de voies ferrées et de pylônes ont pour but de freiner la production des usines mises au service de l'Allemagne : Pylône de la Stedda, conduite forcée de Petit Cœur (1er mai 1943), conduite forcée de Notre-Dame-de-Briançon (8 mai), explosion de deux usines (30 novembre). Les Allemands multiplient les incarcérations et les déportations. Le 29 janvier 1944, l'usine de Notre-Dame-de-Bellecombre est prise par la Résistance et une quarantaine d'Allemands sont faits prisonniers. De nos jours il n'est pas rare de croiser dans la forêt des plaques commémorative pour de jeunes résistants fusillés par les nazis. Certains n'étaient encore que tous jeunes hommes âgées de 18-19 ans.

La commune actuelle de La Léchère est issue de la fusion en 1972 des communes suivantes  : Celliers, Doucy, Naves, Notre-Dame-de-Briançon, Petit-Cœur et Pussy.

Fleurs de montagne près du hameau de Celliers (la Léchère) sur la route du col de la Madeleine
Fleurs de montagne à Celliers (La Léchère) près du col de la Madeleine.

De ce fait elle chevauche les deux cotés de la vallée. Beaucoup ont essayé de repousser la fusion pour des raison tenants plus de motivations de chasse que politiques.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 2001 René Girod Apparenté PCF  
mars 2001 mars 2008 Claude Michel    
mars 2008 en cours Jean-François Rochaix PCF  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 899 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
205 245 206 222 335 279 218 231 241
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
217 233 220 229 402 227 444 496 578
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
548 584 576 528 615 1 251 1 010 838 2 304
1982 1990 1999 2006 2008 2011 - - -
2 092 1 936 1 774 1 889 1 922 1 899 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Tourisme[modifier | modifier le code]

Vue sur le Grand pic de la Lauzière point culminant de la commune et son glacier

Les communes de La Léchère possèdent de nombreux atouts touristiques dont une station thermale réputée pour ses soins en phlébologie et en rhumatologie, mais aussi pour son Spa inauguré en 2012. L'espace thermal comporte de nombreuses possibilités d'hébergement : hôtels 1, 2 et 3 étoiles, studios meublés et campings.

Station de ski de Valmorel, Doucy-Combelouvière, le massif de la Lauzière, le Grand pic de la Lauzière (2 829 m) randonnée pédestre, raquettes, ski de randonnée, gîte, chambres d'hôtes. Naves quant à elle, est appréciée pour ces hauts plateaux enneigés, propices au ski de fond. Le célèbre Col de la Madeleine, draine de nombreux fans du Tour de France. Canyoning sur le Nant de Pussy et de l'Eau Rousse, provenant de la Vallée du col de Celliers, visites à la ferme, cyclotourisme, mototourisme variante de la route des Grandes Alpes, escalade dans le massif de la Lauzière ou randonnée dans les vallées donnant sur le Beaufortain.. Le centre nautique de Bellecombe, draine de nombreuses écoles locales pour les locaux, mais aussi des touristes en été. Un camping est d'ailleurs construit à proximité. Depuis quelques années une association veut protéger de toute activité humaine le versant tarin du Beaufortain allant des communes de la Bathie à la Léchère, afin de protéger ce site exceptionnel notamment des velléités de la station d'Arêche-Beaufort souhaitant s'étendre sur ce versant du massif. En effet, il s'agit la d'un adret vierge de toute infrastructure touristique lourde, et d'une grande qualité écologique avec de nombreux secteurs de grand intérêt tels que le col de la Bathie offrant une vue imprenable sur le mont-Blanc, la vallée de la grande Maison, ou encore les lacs des tempêtes au pied du grand Mont[5].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Marcel Léger (1888-1953), homme politique (député).
  • Michel Guméry
  • Ambroise Croizat (1901-1951), né à Notre-Dame-de-Briançon, fondateur de la sécurité sociale et du système des retraites en France. Il est également secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie et Ministre du travail et de la Sécurité sociale de 1945 à 1947

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Château de Briançon.
Article détaillé : Château de Briançon.
Vue depuis le col de la Madeleine sur le plateau de Nâves (commune de La Léchère) et le mont Blanc.
Ancien château fort du IXe siècle, au Moyen Âge, centre de la seigneurie de Briançon, élevée au rang de vicomté au XVIe siècle, puis en marquisat en 1680, aujourdh'ui en ruines.
  • Tour de Boson ou tour La Motte à Petit-Cœur
  • Château du Feuillet
  • Donjon de Pussy
  • Les Thermes
  • Le col de la Madeleine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références
  1. a et b Charles Marteaux, « Sur le sens et l'étymologie de quelques noms de lieux savoyards », Recueil des travaux de l'Institut de géographie alpine, vol. 6, no 6_2,‎ 1918 (lire en ligne), p.149.
  2. a et b Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004), 516 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 119, Article « Chavanne (La) ».
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  5. [1] Direction Régionale, de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement, le versant tarin du grand Mont, ?Projet de classement su titre des sites