La Journée de la jupe
La Journée de la jupe
Isabelle Adjani à la 35e cérémonie des Césars.
| Réalisation | Jean-Paul Lilienfeld |
|---|---|
| Scénario | Jean-Paul Lilienfeld |
| Acteurs principaux | |
| Sociétés de production | Arte France Mascaret Films Fontana Film |
| Pays d’origine | |
| Genre | Comédie dramatique |
| Sortie | 2009 |
| Durée | 88 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
La Journée de la jupe est un film français de Jean-Paul Lilienfeld, tout d'abord diffusé le 20 mars 2009 sur Arte, puis sorti en salles le 25 mars 2009.
Sommaire |
Synopsis[modifier]
Sonia Bergerac est professeur de français dans un collège de banlieue. Elle vit difficilement le quotidien de la relation avec ses élèves et est de plus fragilisée par le départ de son mari. Lors d'une répétition pendant un cours de théâtre avec une de ses classes, elle découvre un pistolet dans le sac d'un élève. En cherchant à s'en emparer, un coup de feu part et blesse un élève à la jambe. Dans la confusion du moment, elle craque et prend une partie de sa classe en otage. Alors qu'à l'extérieur, les autorités scolaires, policières et politiques peinent à comprendre et à réagir à la situation, Sonia impose à ses élèves sa vision et leur démontre leurs contradictions. A tel point que plusieurs élèves - qui souffrent du système machisme/délinquance en vigueur dans la cité - lui apportent une aide plus ou moins directe pour maintenir la situation. Quand la police lui demande ses revendications, madame Bergerac, adepte du port de la jupe, imagine de le rendre obligatoire pendant une journée. Mais la situation dérape et, alors que la négociation allait réussir, un jeune garçon s'empare de l'arme et en tue un autre, qui le menaçait de représailles. Lors de la libération de la classe, un policier tue délibérément Sonia. À son enterrement, ses anciennes « otages » portent toutes une jupe.
Autour du film[modifier]
Comme pour plusieurs productions précédentes d'Arte, le film est d'abord présenté sur la chaîne avant sa sortie publique en salles en France. Lors de sa diffusion sur Arte, le film a réuni plus de 2,2 millions de téléspectateurs, avec 9,6 % de part de marché, soit le record d'audiences de l'histoire de la chaîne[1]. Il était initialement prévu deux pré-diffusions sur Arte ; elles avaient été annoncées par la presse télévisée. La seconde diffusion (du 23 mars 2009) a été supprimée ainsi que tous les moyens de diffusion ordinairement utilisés par la chaîne sur le web.
La chaine indique que « suite au succès de la première diffusion sur l'antenne d'Arte de La Journée de la jupe, [elle] a, en concertation avec les producteurs et exploitants de salle, décidé de différer ces rediffusions (date non encore déterminée pour l'instant)[1]. » D'après le réalisateur, le film a été diffusé sur Arte faute de financements suffisants pour une sortie en salle de façon habituelle. Le film est sorti au cinéma, quelques jours plus tard, dans cinquante salles dans toute la France ; à l'origine, les diffuseurs n'ont pas été intéressés par une sortie plus large de ce film. Le film a été également présenté en avant-première à la Berlinale 2009.
Le thème du film, son traitement ainsi que les difficultés de diffusion, à la télévision comme en salles, ont suscité un début de polémique : ce film serait-il « politiquement incorrect », surtout quelques mois après le succès de Entre les murs[2] » ?
Un élément du scénario (débutant dès 2005), s'est récemment[Quand ?] concrétisé. La revendication réclamée au ministre de l'Éducation nationale par le personnage principal, élément qui a d'ailleurs donné son titre au film, a provoqué en France une demande effective de la part d'élèves de certains établissements scolaires, ceci avant même la sortie en salle du film. Cette revendication naît en 2006, au lycée agricole catholique d’Étrelles, à 40 km de Rennes, où l’association Libertés Couleurs, spécialisée dans la prévention des conduites à risques, anime un atelier sur la sexualité. La journaliste Brigitte Chevet suit ces débats et réalise en 2007 le documentaire « Jupe ou pantalon ? » qui montre une culture juvénile marquée par un mélange de puritanisme plus ou moins religieux et une influence du « porno », et qui prend conscience du tabou qu'est devenue la jupe[3].
Jean-Paul Lilienfeld, réalisateur du film Quatre garçons pleins d'avenir, a retrouvé dans le casting deux de ses « garçons pleins d'avenir » : Olivier Brocheriou et Stéphan Guérin-Tillié.
Lors de la remise de son prix de meilleure actrice aux Globes de Cristal 2010, Isabelle Adjani a dit : « Une jupe, ce n'est qu'un bout de tissu, mais qu'elle soit courte ou qu'elle soit longue, ce symbole peut nous aider à gagner une bataille contre l'obscurantisme, et même contre ce qu'il convient d'appeler, la haine des femmes[4] ».
Distinctions[modifier]
- César du cinéma 2010 :
- César de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani
- Nomination au César du meilleur film
- Nomination au César du meilleur scénario original pour Jean-Paul Lilienfeld
- Prix Lumière 2010 : Prix Lumière de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani
- Globe de Cristal de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani
- Étoile d’or du premier rôle féminin français pour Isabelle Adjani
Distribution[modifier]
- Personnages principaux
- Isabelle Adjani : Sonia Bergerac
- Denis Podalydès : le brigadier-chef Labouret, négociateur
- Jackie Berroyer : le principal
- Yann Collette : Bechet, le supérieur interventionniste de Labouret
- Élèves de la classe
- Yann Ebonge : Mouss
- Kévin Azaïs : Sébastien
- Karim Zakraoui : Farid
- Sonia Amori : Nawel
- Khalid Berkouz : Mehmet
- Sarah Douali : Farida
- Salim Boughidene : Jérôme
- Hassan Mezhoud : Akim
- Fily Doumbia : Adiy
- Mélèze Bouzid : Khadija
- Personnages secondaires
- Nathalie Besançon : la ministre de l'Intérieur
- Marc Citti : Frédéric Bergerac, le mari de Sonia
- Olivier Brocheriou : Julien
- Anne Girouard : Cécile
- Stéphan Guérin-Tillié : François
- Sarah-Laure Estragnat : la journaliste
- Feliciano López : un homme du RAID
- Jean-Raoul Lacote : un policier
- Régis Romele : le lieutenant du RAID
- Koceila Aït-Ghezali : le copain de Mehmet
- Dominique Caché : un homme du RAID
- Hadjra Fares : la mère de Farid
- Xiaxing Chang : le père de Kim
- Gilles Flamand : le perchman
- Laurent Hennequin : un homme du RAID
- Mariam Kaba : la mère de Mouss
- Cyrille Kervestin : le caméraman
- Jean-Raoul Lacote : un policier
- Jean Charles Manuel : un homme du RAID
- Bendit Rat : un homme du RAID
- Véronique Ruggia : la mère de Sébastien
- Emmanuel Vieilly : le policier 1
- Omar Yami : le frère de Sonia
- Ahmet Zirek : le père de Mehmet
- Cédric Delahays : pompier
- Malika Kadri : la mère de Sonia
- Benaissa Ahouari : le père de Sonia
Fiche technique[modifier]
- Réalisation : Jean-Paul Lilienfeld
- Scénario et dialogues : Jean-Paul Lilienfeld
- Photographie : Pascal Rabaud
- Son : Philippe Richard
- Casting : Cendrine Lapuyade
- Costumes : Chattoune, Agnès Beziers, Julien Reignoux
- Décors : Olivier Jacquet
- Montage image : Aurique Delannoy
- Montage son : Hélène Ducret
- Mixage : Emmanuel Croset
- 1re assistante à la mise en scène : Leslie Tabuteau
- Production : Bénédicte Lesage et Ariel Askénazi pour Arte et Mascaret Films
- Distribution : Rezo Films
- Langue : Français
- Dates de tournage : du 21 avril au 21 mai 2008
- Dates de sortie :
Notes et références[modifier]
- arte.tv
- Adjani - La Journée de la jupe : retour sur la genèse difficile d'un succès - Emmanuel Berretta, Le Point, 23 mars 2009. Extraits de l'interview du réalisateur, Jean-Pierre Lilienfeld : « [...] le sujet a fait peur... », « [...] le sujet est sensible [...] », « Et puis, il y a la peur irraisonnée. L'un d'entre eux a justifié son refus en disant : « Je n'ai pas envie que ma maison saute. » Comme s'il allait encourir je ne sais quelle fatwa en distribuant La Journée de la jupe... »
- C'est une demande de l'association Libertés Couleurs, initiatrice d'un « Printemps de la jupe et du respect » (Le Printemps de la jupe et du respect - Présentation [PDF])
- Isabelle Adjani: "La jupe est une anti-burqa contre l'obscurantisme et la haine des femmes" - LePost.fr, 10 février 2010