La Gueule de l'autre

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La Gueule de l'autre est un film de Pierre Tchernia sorti en 1979.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1978, à Paris. En pleine campagne électorale, le politicien Martial Perrin, Président du parti centriste des Conservateurs Indépendants Progressistes (CIP) apprend par la radio et la télévision l'évasion de Richard Krauss, un ancien mercenaire qui s'est promis de tuer tous ceux de son entourage qui l'ont fait condamner il y a plus de dix ans lors d'une action violente contre le pouvoir à Djibouti qui était à cette époque encore une colonie française. Industriels, financiers, politiciens… lors de son jugement il avait promis publiquement la mort tôt ou tard à tous ceux qui avaient fait rater son coup d'état. Il se trouve que Martial Perrin était dix ans plus tôt un de ces politiciens débutants capables de tout… et il faisait partie de ceux qui ont été responsables de l'échec du groupe de terroristes. Ce que savent très bien ses actuels compagnons politiques : il ne manque pas de se faire traiter par exemple de « belle ordure » par Constant, son conseiller, ou d'homme « au passé discutable » par Garrivier, son rival du parti.

Dès les premières heures après l'évasion du tueur les premiers assassinats commencent parmi les anciens proches de Krauss. Autoritaire et méprisant auprès de ses compagnons politiques, fier de son statut social et professionnel, mais se révélant soudain profondément couard et poltron, Martial Perrin a alors tellement peur que désormais son comportement devient à chaque instant celui d'un homme traqué, s'éloignant de toute lumière, n'approchant plus des fenêtres de son appartement, quittant l'immeuble de son domicile par des portes secondaires, ne voulant même plus monter à la tribune pour ses discours. Très vite son attitude est la risée de ses compagnons du parti, et surtout de son rival pour les Primaires du parti qui devront désigner le futur candidat aux élections nationales. Jean-Louis Constant, son fidèle conseiller depuis plusieurs années, lui suggère alors de se faire remplacer secrètement par son cousin et sosie, Gilbert Brossard, un comédien raté, et de se cacher le temps que le tueur soit retrouvé par la police. Gilbert Brossard y voit tout d'abord un amusement et un moyen de gagner un peu d'argent mais aussi il découvre bientôt que ce petit rôle lui permet d'exercer son « art » de comédien au point de berner non seulement la population mais même la police, les compagnons politiciens de Martial Perrin… et jusqu'à la propre épouse de celui-ci dans son lit ! Un grand face à face télévisé avec le Secrétaire Général de l'Union des Centres (Roger Carel), parti politique rival, est prévu dans les prochains jours. Gilbert Brossard, comédien raté mais amusé par cette aventure, va devoir se surpasser pour faire croire à tout le monde qu'il est le grand politicien Martial Perrin… en restant aussi lamentable que l'authentique Perrin dans le face à face. La grande question angoissante est : le tueur se laissera-t-il lui aussi berner par la substitution ?

Sur le thème de l'homme au pouvoir remplacé par un obscur, on avait eu Le Dictateur de Charlie Chaplin en 1940, et plus tard, en 1993, il y aura aussi Président d'un jour d'Ivan Reitman. Critiquant sans détour les mœurs et travers des politiciens, La gueule de l'autre de Pierre Tchernia en 1979, est un exemple représentatif de la comédie à la française satyrique.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Quelques répliques situant les personnages[modifier | modifier le code]

  • Un cadre du CIP : Remettre Perrin en question à 5 jours des élections, c'est vraiment du suicide.
  • Raoul Garrivier : Il n'y a pas que Perrin ! Le CIP, c'est pas uniquement Perrin. Pour affronter Favereau, il ne manque pas d'hommes au passé moins discutable.


  • Gilbert Brossard : En tout cas, tout le monde n'a pas eu la chance de se retirer à 28 ans après s'être fait siffler une demi-heure dans le Lac des Cygnes.
  • Gisèle Brossard : Faut se produire pour se faire siffler ! C'est déjà une chose que t'as pas à craindre…
  • Gilbert Brossard : Tout ça parce qu'on ne veut pas jouer n'importe quoi. Parce qu'on a une conception un peu élevée de l'art dramatique, alors voilà ce qu'on entend.
  • Gisèle Brossard : (imitant la pub pour le déodorant) Pschitt pschitt !


  • Un flic en civil : (tapotant sur le toit de la voiture, une R5 Alpine) Ça marche bien ces petites choses-là, on a eu du mal à vous suivre ! (puis se présentant) Commissaire Javert !
  • Jean-Louis Constant : … ! … ! Javert ???
  • Le flic en civil : Oui, oui, c'était mon arrière grand-père.


  • Emma Sardieu : Cher Martial, çà ne vous gêne pas ce type qui vous ressemble à la télévision ?
  • Jean-Louis Constant : Qui lui ressemble, n'exagérons rien !
  • Emma Sardieu : Ah si ... je trouve.
  • Madame la Ministre : De qui parlez vous ?
  • Hervé Bidart : (levant le bras et faisant le geste de projeter du désodorisant sous son l'aisselle comme dans la publicité où apparait Gilbert Brossard) Je sens mauvais mais je me soigne.
  • Florence : Mais çà n'a rien à voir ... il a une tête tellement vulgaire.
  • Madame de la Tournerie : Il a l'air d'un vrai con, non ?
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : (buvant un verre d'alcool puis trébuchant en se levant) Mais moi je le trouve très bien ce garçon, Il .... c'est pas facile ... c'est pas facile ...
  • Marie-Hélène Perrin : Enfin Martial tu divagues !
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Oh ... oui ...
  • Marie-Hélène Perrin : Toi qui fais une poussée d'urticaire chaque fois que tu le vois à la télévision.
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : (en s'adressant à Constant) Epatant ... je croyais que Perrin l'aimait beaucoup mon ... l'aimait beaucoup son cousin.
  • Marie-Hélène Perrin : Tu parles de toi à la troisième personne maintenant ?
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : (en se resservant un verre d'alcool) Oui madame ... oui madame ... comme le Roi.
  • Emma Sardieu : Vous êtes parent avec cet homme ?
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Oui madame, oui madame ... c'est mon cousin germain.
  • Emma Sardieu : Ah ? je ne savais pas.
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : (bredouillant de plus en plus) Oui madame. Et Il y a pas ... il y a pas .. il y a pas a en avoir honte.
  • Jean-Louis Constant : Mais ... certainement!
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Un Brossard ... un Brossard vaut bien un Perrin vous savez ... Qu'est-ce que j'ai ... Qu'est-ce que j'ai ... Qu'est-ce que j'ai ... Qu'est-ce que j'ai ... Qu'est-ce que j'ai de plus que lui ?
  • Marie-Hélène Perrin : Tu es plus intelligent.
  • Florence : Vous avez plus de charme ...
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Ah ben j'ai ... j'ai plus de ... j'ai plus de charme que Brossard ah ... dites en ce mom... vous ... vous voulez rire non ? ...

(se mettant à sangloter et s'adressant à Constant) Il a pas eu de chance hein Brossard parce que .... il boulonne lui et ... il, il mange pas toujours à sa faim.

  • Jean-Louis Constant : Non mais il boit bien.
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Oui, d'accord il boit bien seulement ... Il a peut-être ... il a peut-être des excuses ... Tiens, en ce moment, je voudrais bien savoir où il est mon cousin ...


  • Jean-Louis Constant : Vous êtes une belle ordure, hein !
  • Martial Perrin : Mesurez vos paroles, Constant ! C'est moi (Perrin) !
  • Jean-Louis Constant : Oui, oui, je sais bien !


  • Roland Favereau : (lançant le débat télévisé) Eh bien, puisque nous en sommes à la minute de vérité, dites-nous donc, Perrin, le rôle exact que vous avez joué dans cette mystérieuse affaire de Djibouti.
  • Gilbert Brossard (dans la peau de Martial Perrin) : Ah ! Ah ! Je suis heureux… je suis heureux que vous me posiez la question. C'est une question intéressante. (Long silence, puis soudain, surprenant tout le monde) Laissez-moi finir ! Je ne vous ai pas interrompu quand vous parliez !

Lien externe[modifier | modifier le code]