La Grande Muraille (film, 1933)

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La Grande Muraille

Titre original The Bitter Tea of General Yen
Réalisation Frank Capra
Scénario Edward Paramore
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Mélodrame
Sortie 1933
Durée 88 minutes (1 h 28)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Grande Muraille (The Bitter tea of General Yen) est un film américain réalisé par Frank Capra, sorti en 1933.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Megan Davis arrive à Shanghai pour épouser le docteur Robert Strike, missionnaire américain dans une Chine ravagée par la guerre civile. Le mariage est cependant reporté, car la région connaît des troubles causés par le général Yen. Celui-ci a déjà remarqué Megan à son arrivée lors d'un incident de circulation. Robert se rend chez le général Yen lui demander un sauf-conduit pour évacuer des orphelins se trouvant en pleine zone de guerre. L’opération menée par Robert et Megan est réussie malgré le faux sauf-conduit délivré par Yen qui voulait les piéger. Mais au retour Megan est emportée par la foule de réfugiés et s’évanouit. Elle se réveille dans un convoi militaire du général qui séduit par la jeune femme l’a kidnappée, sachant que tout le monde la croit morte. Conduite dans la résidence d'été de Yen, Megan est condamnée à y être séquestrée tant que le pays sera en guerre. Elle se lie d’amitié avec Mah-Li, la concubine de Yen. Condamnée à mort pour infidélité, Mah-Li est sauvée par Megan qui a plaidé sa cause auprès de Yen. Là, Megan éprouve alternativement de la répugnance et de l'attirance pour son ravisseur dont la cruauté peut faire place à beaucoup de sensibilité mais elle refuse toujours ses avances. Le général est une nouvelle fois trahi par Mah-Li qui livre ses secrets militaires à ses opposants. L’armée de Yen est en déroute et le général se retrouve seul. Il décide de se suicider en buvant du thé empoisonné, lorsque Megan bouleversée lui avoue son amour en fondant en larmes. Yen rejette pourtant son sacrifice et se résout à consommer son funeste breuvage…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Loin de ses comédies qui feront plus tard son succès, Frank Capra inaugure les années trente avec une série de drames, voire mélodrames (Ladies of Leisure, Dirigible, The Miracle Woman, Amour défendu, La Ruée, La Grande Muraille), ayant pour la plupart d’entre eux comme interprète principale Barbara Stanwyck, une de ses actrices préférées[1].

En 1932, Capra constate avec dépit qu’une nouvelle fois son dernier film, La Ruée, n’a non seulement pas obtenu d’Oscars mais de plus n’a reçu aucune nomination. Depuis que la cérémonie existe, le réalisateur n’aspire qu’à recevoir la précieuse statuette mais malgré quelques grands succès commerciaux, l’Académie semble l’avoir oublié et Capra n’a jusqu’à présent pas été nommé une seule fois[2]. Son rêve de trophée tourne à l’obsession et persuadé que pour être récompensé d’un Oscar il lui faut faire un film à prétentions artistiques, il entreprend son prochain film et décide que ce sera « de l’Art avec un grand A »[2]. Justement, un projet l’intéresse, le producteur Walter Wanger prépare un film tiré d’un roman de Grace Zaring Stone, The Bitter Tea of General Yen, pour la Columbia[2]. Le sujet, plutôt brûlant pour l’époque, raconte une histoire d’amour interraciale entre un général chinois et une jeune missionnaire américaine sur fond de guerre chinoise. Walter Wanger accepte, à condition que son nom apparaisse au générique en tant que producteur, de confier le film à Capra[2]. Le réalisateur est persuadé qu’il tient enfin son film à Oscars[2] et la Columbia lui donne carte blanche[3].

Il confie le rôle principal à Barbara Stanwyck qu’il avait révélé dans Ladies of Leisure, il impose Nils Asther[3], acteur suédois dont ce sera le plus grand rôle, pour incarner le général asiatique et prend pour le personnage de Jones, conseiller du général, un acteur reconnu de Broadway, Walter Connolly, qu’il retrouvera par la suite dans plusieurs de ses films. Ce dernier se cassera la jambe pendant le tournage[4] et terminera le film sur des béquilles[5].
La distribution sera admirable et Barbara Stanwyck « se révèle prodigieuse et d’une sensibilité très moderne »[6]

Le film est une des plus belles réussites personnelles du Capra de cette période[6], grâce également à son chef opérateur Joseph Walker[7], il va réaliser un film élégant, sombre et mystique[8] avec une atmosphère à la Sternberg[6], dont le point culminant sera la scène onirique du rêve où l’héroïne attaquée par un monstre asiatique est finalement sauvé par un héros qui se révèle être le général Yen[3].

Mélodrame accompli, Capra donne le meilleur de lui-même et comme le souligne Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier : « …Les rapports interraciaux sont décris avec beaucoup de franchise et d’audace pour l’époque. Capra n’ayant pas craint de traiter le sujet, contrairement à ce qui s’était passé pour The Miracle Woman. »[6]

Le film fut choisi pour la cérémonie d'ouverture, en 1933, du Radio City Music Hall, à New York[2].

Malheureusement, malgré un très bon accueil de la critique[5], le film est un échec commercial, de plus il est interdit dans tout l’Empire britannique à cause de l’histoire d’amour inter-racial entre un chinois et une femme blanche[9].

Le film ne reçoit, une nouvelle fois, aucune nomination, et Capra à sa grande fureur voit ses espoirs d’Oscars s’envoler[2].

Désormais il ne quittera pratiquement plus le chemin de la comédie qui le couvrira de gloire et d’Oscars.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Cinéma Grande histoire illustrée du 7e art. Volume 4. Éditions Atlas.
  2. a, b, c, d, e, f et g Frank Capra - Hollywood Story - Autobiographie - Ramsay poche cinéma, (ISBN 2-84114-815[à vérifier : ISBN invalide]).
  3. a, b et c Larousse.fr
  4. Durant la séquence du train
  5. a et b Allocine.fr
  6. a, b, c et d 50 ans de cinéma américain par Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier – Éditions Nathan - 1991, 1995 - (ISBN 2-258-04027-2).
  7. Joseph Walker a été le directeur de la photographie dans pratiquement tous les films de Capra
  8. Moncinema
  9. Le Cinéma Grande histoire illustrée du 7e art. Volume 2. Éditions Atlas

Liens externes[modifier | modifier le code]