La Frontière

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Reconstitution d'une cabane de pionnier dans un musée de l'Indiana

La Frontière (the Frontier) ou Mythe de la Frontière est la ligne marquant la zone limite de l'implantation des populations d'origine européenne dans le contexte de la conquête de l'Ouest. Elle est l'un des mythes historiques des États-Unis.

Définition et développement[modifier | modifier le code]

Évolution territoriale des États-Unis.

Le mot Frontier fut emprunté aux français par les anglophones au XVe siècle et avait la signification française de frontière, soit la région d'un pays qui fait face à un autre pays. L'utilisation du mot frontier désignant « une région aux confins d'un territoire civilisé » est une acception nord-américaine. Elle désigne donc plus un front pionnier qu'une frontière telle qu'on l'entend généralement en France. Son existence a joué un rôle très fort dans l'imaginaire américain et dans la construction même de la société et de l'identité américaines. Ainsi, de John Ford à John Wayne, c'est le sujet de nombreux westerns lyriques, tournés dans les années 1960. Elle fait aussi une apparition dans les jeux vidéo, comme Assassin's Creed III, où s'y passe une très grande partie de la campagne.

À travers l'histoire du Canada et des États-Unis l'expansion de la colonisation se faisant surtout d'est en ouest, ce terme désignait le plus souvent la partie ouest de ces deux pays. Sur la côte pacifique, la progression était quant à elle orientée vers l'est et en Nouvelle-Angleterre plutôt vers le nord.

Les six États de la Frontier strip.

Alors que le recensement de 1880 établit encore une Frontier strip, bande de frontière (en) allant du Dakota du Nord au Texas, l'existence officielle de la frontière prit fin en 1890 lorsque le Bureau du recensement des États-Unis déclara que l'ensemble du territoire dévolu aux États-Unis était dorénavant suffisamment maîtrisé pour qu'il puisse se dispenser d'étudier le mouvement vers l'ouest de la population. Après cette date, on se mit à réfléchir sur le rôle qu'avait joué la frontière dans l'histoire et la psychologie collectives des Américains : en 1893, l'historien Frederick Jackson Turner exprima ses réflexions sur le sujet lors de l'exposition universelle de Chicago. Il affirmait que l'esprit de la frontière avait entièrement modelé la société américaine. Les colons avaient vécu dans un monde vierge qu'il leur avait fallu conquérir en faisant preuve d'un exceptionnel esprit d'initiative et d'innovation, la frontière les avait délivré du fardeau de l'habitude en « offrant de nouvelles expériences, en faisant appel à de nouvelles institutions et à de nouvelles activités ».

La Nouvelle frontière[modifier | modifier le code]

Si l'existence de la frontière parait avoir été à l'origine d'un modèle américain basé sur l'innovation, il peut sembler raisonnable de s'efforcer d'en créer de nouvelles pour rendre aux États-Unis leur vigueur passée. Cette considération justifie l'emploi de la formule « New Frontier » dans le discours électoral de J.F. Kennedy en 1960. L’Amérique devait s'assigner un nouvel objectif, une nouvelle barrière devait être surmontée : celle de l'atonie et des inégalités économiques, des fractures sociales et raciales.

Voir aussi pour cette partie

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) The Frontier In American History; Frederick Jackson Turner; publié par Henry Holt and Company, 1935, New York.
  • (en) Gregory H. Nobles American Frontiers, Cultural Encounters And Continental Conquest, Hill and Wang, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]