La France (film)

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La France

Réalisation Serge Bozon
Acteurs principaux
Pays d’origine France
Genre drame historique (avec parties chantées)
Sortie 2007
Durée 98 min[1]

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La France est un film français réalisé par Serge Bozon et sorti en 2007.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Durant la Première Guerre mondiale, Camille, une jeune femme dont le mari combat au front, reçoit de celui-ci une brève lettre de rupture. Ébranlée, elle décide d’aller le rejoindre, mais, refoulée par le règlement de l’époque qui interdit aux femmes de se déplacer seules, elle n’a pas d’autre possibilité que de se travestir en homme pour pouvoir prendre la route à pied.

Thèmes et contexte[modifier | modifier le code]

[travail inédit ?]

L’œuvre de Serge Bozon est allégorique et pose quelques questions au spectateur : ne sommes-nous pas à la recherche d’un idéal, prisonniers de la quadrature du cercle ? Et ce cercle dans lequel nous tournons en rond, conditionnés socialement et sexuellement par des lois (ou des commandements), n’aurait-il pas, comme limites, celles des frontières d’un pays, par exemple la France, semblables à celles de nos esprits ?

On pense à l’œuvre du situationniste Guy Debord In girum imus nocte et consumimur igni (Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu). Camille devient l’un des vaillants petits soldats androgynes du groupe (ou de l'essaim), capable d’éliminer ceux qui pourraient représenter une menace pour sa survie. Dès qu’on essaie de percer la carapace d’un de ses membres (la tentative de viol de Camille), l’agresseur est immédiatement éliminé par le groupe. Le groupe marche aveuglement vers son idéal (hors des limites du cercle) totalement étranger aux lois puisque, en l’occurrence, il a nom « désertion ». Son chant (le bourdonnement de l’essaim) est à l’opposé des hymnes guerriers : c’est la complainte d’une femme à la recherche de l’amour ou de la perpétuation de l’espèce.

« La France » reste un pur esprit, le groupe ne se déplace qu’à travers champs et forêts et les seuls repères identitaires sont les casques ronds des Français, ceux bosselés des Allemands, une tranchée de poilus et un mirador.

Paradoxalement, ce film tout en extérieurs[2] risque de paraître hermétique à ceux qui attendraient (en vain) un quelconque discours militant pour l’identité d’un pays comme la France : son but est plus de délivrer corps et esprits de leurs chaînes…

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné en 38 jours avec un budget de 1,4 million d'euros[3].

Autour du film[modifier | modifier le code]

« J’avais l’impression que les chansons permettraient en effet de décupler un certain type d’émotions et de faire exister l’unité du groupe de manière plus émotive. Dans une chanson, la notion de groupe existe tout de suite de manière unitaire, ils n’ont pas besoin de raconter leur vie, de se dire qu’ils sont soudés depuis longtemps, etc., puisqu’ils chantent ensemble : la musique induit une fraternité de fait, « en action ». J’avais aussi l’impression que la piste romanesque initiale et cachée ensuite, puisque Camille ne peut parler à personne de son mari, de sa quête, resurgissait par les chansons de manière inattendue, puisque ce sont des chansons d’amour et du seul point de vue féminin. C'est-à-dire que ce sont des chansons d’amour du point de vue d’une femme qui, à chaque fois, racontent une rencontre amoureuse avec un homme étranger dans un pays étranger. Et ce n’est jamais le même soldat qui chante. Comme si les soldats avaient tous des dons musicaux cachés et qu’on ne pouvait pas anticiper jusqu’où la liste de ces dons pourrait aller. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Durée donnée sur la pochette du DVD.
  2. Serge Bozon avance 99 % de scènes en extérieur.
  3. Didier Péron, « Une cinéphilie un peu décalée », Libération,‎ 21 novembre 2007 (lire en ligne)
  4. Extrait de son entretien avec Jean Douchet le 27 avril 2007 à Paris pour le Groupement national des cinémas de recherche / CNC.

Liens externes[modifier | modifier le code]