La Fille du puisatier

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir La Fille du puisatier (film, 2011).

La Fille du puisatier

Titre original La Fille du puisatier
Réalisation Marcel Pagnol
Scénario Marcel Pagnol
Sociétés de production Les Films Marcel Pagnol
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie dramatique
Sortie 1940
Durée 171 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Fille du puisatier est un film français réalisé par Marcel Pagnol et sorti en 1940.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1939, Patricia, la fille du puisatier Pascal Amoretti, se retrouve enceinte de Jacques Mazel, un jeune aviateur, fils de bonne famille. Or, celui-ci est mobilisé et ses parents refusent de reconnaître l'enfant. Amoretti chasse sa fille de la maison. Peu après, Jacques Mazel est porté disparu, son avion s'étant écrasé en flammes derrière les lignes allemandes. Puis survient l'armistice et les Mazel tentent maladroitement de renouer avec Amoretti dans l'espoir de retrouver un peu de leur fils dans l'enfant qu'ils ont si bassement repoussé.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Ce film témoin est peut être le seul tourné à chaud pendant l'invasion allemande de juin 1940. L'équipe de tournage se souvenait du bruit des canons, parfois, qui gênait la prise de son. Ce qui était au départ une banale histoire d'enfant naturel à la manière de Pagnol s'est retrouvé imprégné de l'actualité, bien au delà des intentions du réalisateur.
Il y avait, certes, au départ, la volonté d'ouvrir les cœurs aux courageux immigrés italiens, grands travailleurs manuels. Le puisatier s'appelle Amoretti, et son plat favori, c'est la polenta.
L'aviateur disparu est devenu un combattant en mission de combat, alors qu'initialement, il devait partir pour une mission en Afrique.

Et il y a eu, ensuite, l'inclusion du discours de Pétain du 17 juin, appelant à cesser le combat (mais pas l'appel du 18 juin de de Gaulle, le film ayant été sorti en salle sous l'occupation, et il ne fallait pas mécontenter l'ennemi occupant). C'est même sous la pression allemande qu'a été supprimée l'émouvante séquence où Josette Day parle du culte qui doit être rendu à ceux qui sont morts pour leur patrie, considérée trop patriotique par la censure qui fut appliquée jusqu'à la libération.

Cette version a été proposée sur la chaîne de TV "Paris Première" le 22 mai 2012

Le regard d'un historien[modifier | modifier le code]

François-Georges Dreyfus consacre une page à l'analyse du film qu'il juge représentatif de l'état d'esprit de l'époque[1]

"Il faut admettre que la population française, dans son ensemble, a cru à la révolution nationale. Très peu de temps, il est vrai. Quelques mois pour certains, quelques semaines pour beaucoup. (...) Un film, sorti sur les écrans en 1940, et que l'on peut encore voir de nos jours, fourni de cet événement une expression métaphorique dont ses specteteurs d'aujourd'hui sont souvent loin de se douter : il s'agit de La Fille du puisatier de Marcel Pagnol. Le héros est un humble puisatier. Chaque jour, il s'enfonce dans les entrailles de la terre, pour y trouver l'eau vive. Il en remonte le soir, plein de vertus archaïques. (...) (Il) répudie sa fille qui n'a plus aucun espoir d'échapper au destin de fille mère. Mais un miracle se produit : l'armistice. Le maréchal Pétain parle à la radio (depuis 1944 ce passage du film est remplacé par un message du général de Gaulle, ce qui rend le film inintelligible) annonçant le temps de la souffrance rédemptice. Tous pleurent. (...) Second miracle : le fils revient ; il n'était que blessé. Transformé par l'épreuve, il a acquis le sens de ses responsabilités. Il épouse la mère de son fils. La morale patriarcale et terrienne de Raimu triomphe : tous s'y rallient. Une famille est fondée."


Adaptation au théâtre[modifier | modifier le code]

Une adaptation au théâtre (Création Nationale) a vu le jour le 24 septembre 2010 au Palais des Congrès de Gruissan, due au comédien et metteur en scène Jean-Claude Baudracco (Productions Ciné-Théâtre Baudrac & Co) et Diane Lava (la fille du puisatier), Stéphane Bouby (Felipe), Julien Baudracco (Jacques Mazel), Jean-Paul Jauguin (André Mazel), Jacky Carrière (Mme Mazel), Sophie Barbero (tante Nathalie), Elodie Ruffié (Amanda) et le garçon de café Jacques Sablier. (Journal l'Indépendant)

Nouvelle adaptation au cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Fille du puisatier (film, 2011).

Une nouvelle version du film est sortie le 20 avril 2011 réalisée par Daniel Auteuil avec lui-même (Amoretti), Kad Merad (Felipe), Astrid Berges-Frisbey (Patricia), Sabine Azéma et Jean-Pierre Darroussin (les Mazel). Il s'agit de la première réalisation de Daniel Auteuil.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. F.-G. Dreyfus, Histoire de Vichy, vérités et légendes, Perrin, Paris, 1990. Pages 226-227.

Liens externes[modifier | modifier le code]