La Femme du boulanger

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Marcel Pagnol, scénariste et réalisateur du film La femme du boulanger, ici avant 1931.

La Femme du boulanger est un film français réalisé par Marcel Pagnol d'après un passage du roman Jean le Bleu de Jean Giono, sorti sur les écrans en 1938.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un village de haute Provence, un boulanger récemment installé découvre un matin que sa jeune femme est partie avec un berger. Il décide de faire la grève du pain tant que sa femme n'est pas revenue. Le village se mobilise pour pouvoir retrouver sa boulangerie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Quand Pagnol prépare le tournage de La Femme du boulanger, il est alors en froid avec Raimu. L'auteur envisage de confier le rôle du boulanger à l'un de ses interprètes habituels, Maupi[1]. Mais bientôt une évidence s'impose, et Maupi lui-même reconnait qu'« il n'y a qu'un comédien pour jouer le rôle du boulanger, c'est Jules [Raimu] ». Raimu se fait prier, et Pagnol, agacé par son « numéro de coquette », décide d'engager Henri Poupon. Finalement, après des réticences de part et d'autre, Raimu accepte d'interpréter Aimable[2].
  • Pour le choix de l'interprète du rôle-titre, le cinéaste-auteur hésite longuement. Pendant un moment, il pense engager l'actrice américaine Joan Crawford, dont l'agent est contacté ; elle ne parle pas le français, Pagnol réduit donc au minimum les répliques du personnage d'Aurélie. Raimu suggère alors le nom d'une comédienne qui a été sa partenaire sur scène, Ginette Leclerc ; grâce à ce rôle, elle devient une vedette[2].
  • Le tournage a eu lieu dans le petit village du Castellet, près de Bandol[3].
  • Jusqu'à présent, il n'existe aucune version DVD du film.

Histoire du texte et première adaptation par Pagnol[modifier | modifier le code]

Marcel Pagnol avait écrit une historiette destinée au cinéma sous le titre Le Boulanger Amable. Amable est un boulanger ivrogne sauvé de la déchéance par l’amour d’une servante d’auberge qui devient sa boulangère.

Ce récit devait devenir un film, mais Pagnol lut une nouvelle de Jean Giono, La Femme du boulanger, et décida de tourner plutôt l’histoire de ce « pauvre homme habité par un grand amour et qui ne faisait plus de pain parce que sa femme était partie ». C’est le fameux film de 1938, avec Raimu dans le rôle titre, qui fit l’admiration d’Orson Welles.

Le scénario est assez différent du récit violent que Giono insérera dans Jean le Bleu. Les bergers de Giono sont des mâles fiers et sauvages qui dansent autour de grands brasiers ; les villageois en viennent aux poings ; le marquis est un seigneur mystérieux accompagné de créatures sensuelles.

Pagnol avait déjà adapté trois œuvres de Giono : Jofroi de la Maussan donna le film Jofroi en 1933, Un de Baumugnes devint Angèle en 1934 et Regain fut porté à l’écran sous ce même nom en 1937. La Femme du boulanger est donc le dernier film de la « période Giono ».

Autres adaptations[modifier | modifier le code]

Michel Galabru en 2012 interprétant la femme du boulanger

En 1943, Giono, en bisbille avec Pagnol, adapte sa nouvelle pour le théâtre. Le boulanger, abandonné par sa femme, tente au départ de se faire passer pour mort afin « d’effacer la vie » et il en profite pour dire ses quatre vérités à tout le village.

Après la Seconde Guerre mondiale, Pagnol adapte son propre film pour la scène et une troupe de jeunes comédiens en donna une unique représentation.

En 1985, sa pièce est reprise par Jérôme Savary avec Michel Galabru dans le rôle du boulanger.

En 1998, une nouvelle version du film de Pagnol est tournée pour la télévision par Nicolas Ribowski avec Roger Hanin.

En décembre 2010, une pièce filmée en direct, version adaptée et mise en scène par Alain Sachs, est diffusée sur France 2, à nouveau avec Michel Galabru dans le rôle du boulanger. Philippe Caubère y est le marquis, Titoff le curé, Jean Galabru l'instituteur et Patrick Fiori le berger donnant la sérénade. Autres interprètes : Bernadette Lafont (Céleste), Laëtitia Milot (Aurélie, la boulangère), Bernard Larmande (Barnabé), Maxime Lombard (Maillefer), Roger Souza (Antonin), Jean-Claude Baudracco (Pétugue), Jean-Claude Bourbault (Casimir), Michèle Garcia (Miette), Jean-Marie Lecoq (Arsène, le boucher), Clémence Massart (Céleste), Julien Baudraco (Esprit) et Emmanuelle Galabru (Petite).

En 2012, la pièce est de nouveau jouée avec Michel Galabru au Théâtre Hébertot à Paris avec pour compagnons de scène Christophe Abrial, Julien Cafaro, Jean Galabru, Sylvie Genty, Marianne Giraud, Bernard Larmande, Maxime Lombard, Christophe Mondoloni, Dominique Régnier, Roger Souza et Philippe Uchan. Il s'ensuit une tournée en province à partir du mois d'octobre 2012 jusqu'à février 2013 pour plus de 200 dates jouées par Michel Galabru et sa troupe de Comédiens dans une mise en scène d'Alain Sachs.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Maupi correspond à la description du boulanger par Jean Giono : « C'était un petit homme, et il était tellement maigre, que l'on ne trouvait jamais de maillots assez petits pour lui... » : Paul Olivier, Raimu ou l'épopée de César.
  2. a et b Raymond Castans, Marcel Pagnol, Éditions de Fallois, 1995.
  3. Paul Olivier, Raimu ou l'épopée de César, Éditions France-Empire, 1977

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Pagnol, La femme du boulanger, Collection « Fortunio, Éditions de Fallois, 2002, p. 18. Film à lire.
  • Jean Giono, Jean le Bleu, Collection « Le livre de poche », LGF, 1995
  • Jean Giono, La femme du boulanger, Collection « Folio », Éditions Gallimard, 1979.
  • Marcel Pagnol, La femme du boulanger, L’Avant-scène théâtre, 1985.
  • Marcel Pagnol, La femme du boulanger, Collection Fortunio, Édition de fallois

Liens externes[modifier | modifier le code]